TUMEUR DU PLACENTA
Nous donnons ici l'analyse d'ùn mémoire de M. Danyau sur deux cas dt' tumeur volumineuse de la face fœtale du placenta, et nous les phiçons ici parce que leur nature ne paraît pas bien nette, même pour M. Danyau.
Placenta {Métnoire sur deux cas de tumeurs volumineuses à la fœtale du), par Ant. Danyau.
Voici d'après l'auteur, la description de l'une de ces tumeurs q^ui fut observée chez une femme d'une santé parfaite, et dont la
grossesse n'avait rien offert de particulier qu'une distension considérable du ventre, qui détermina l'accouchement prématuré à sept mois. Sur la faqe fœtale du placenta, au voisinage de la circonférence, on voit, recouverte par les membr.ines amnios et chorion, une tumeur ovoïde de 11 centimètres de longueur sur 8 centimètres de largeur. Tout près de sa partie externe ou extra-placentaire, les membranes qui la recouvrent sont détachées; mais il est facile de voir qu'en cet endroit ellfe leur était sous-jacenle. La surface est parcourue par quelques grosses branches, artères et veines, des vaisseaux ombilicaux, dont plusieurs ramifications pénètrent sa substance presque jusqu'au centre.
La tumeur est légèrement lobulée à l'extérieur. Oulre l'enveloppe que lui forment les membranes, et spécialement le chorion épaissi par places, elle a une enveloppe générale, mince superficiellement, plus épaisse du côté qui l'epose sur le placenta, qui se déchire facilement quand on cherche à enlever des lambeaux, et paraît formée de lymphe plastique plus ou moins condensée. Fendue dans le sens de son plus grand diamètre, cette tumeur paraît formée de lobes fortement agglomérés et intimement adhérents, les uns d'un blanc sale, les autres d'une teinte rose pâle ou foncée, d'un tissu homogène, très-serré, semblable à du tissu squirrheux, criant sous le scalpel, analogues dans quelques parties à la substance corticale des reins, dont il rappelle la couleur et la consistance, comme mêlé par places de couches de fibrine complète, offrant aussi au milieu des parties des orifices vasculaires dont quelques-uns sont encore remplis par des caillots.
Après cette description, l'auteur décrit une seconde tumeur plus petite, qui paraît offrir tous les caractères de la précédente, mais à un degré moins avancé ; il ajoute ensuite que la partie du placenta sur laquelle reposent ces tumeurs est déprimée ; que les tumeurs peuvent en être détachées et comme énuclées, et que le tissu de cette partie du placenta est très-compacte; un des cotylédons environnants offrait dans son intérieur un caillot sanguin, du volume d'une noisette.
La seconde tumeur a été observée dans des circonstances à peu près semblables à celles de la première, et offrait presque exactement les mêmes caractères ; elle semblait en différer seulement par une homogénéité plus grande du tissu dont elle était formée, et par l'absence de celte couche de lymphe plastique qui environnait presque partout la première.
Passant ensuite à la discussion de la nature de ces tumeurs, l'auteur examine successivement les diverses hypothèses qui pour-
raient les faire rattacher, soit à des produits monstrueux, soit à des môles, soit à une dégénérescence de la membrane caduque, soit enfin à une production cancéreuse. Chacune de ces hypothèses est rejelée successivement, et l'auteur, par des raisons qui nous ont paru très-fondées, est conduit à rapporter ces tumeurs h des épanchements sanguins antérieurs.
L'auteur termine ses remarques sur ces deux faits intéressants, en faisant remarquer que les tumeurs n'ont paru avoir aucune influence fâcheuse sur la grossesse, l'accouchement, la déhvrance, ni sur le rétablissement des malades, et que leur diagnostic, quant à présent, ne saurait être établi d'avance {Journal de chirurgie, janvier \%kk).
Enfin, nous terminons cet article déjà bien long par deux cas de placentas appartenant à des femmes-syphilitiques qui ont été examinés par M. Lebert.
PLACENTAS SYPHILITIQUES.
On trouve des granulations jaunes d'apparence tuberculeuse, en quantité considérable entre les feuillets de l'aranios. Ces granulations isolées ou groupées, du volume d'une tête d'épingle à un grain de chènevis, ressemblent à l'œil nu à des tubercules miliaires. Le raiscroscope montre à leur intérieur des corpuscules semblables à ceux des tubercules.
Dans Tun des deux placentas, à la surface, points volumineux d'une substance blanchâtre, d'apparence fibrineuse (microscope fibrine), situés dans le voisinage de l'insertion du cordon.