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lèvres, surtout de la supérieure, du nez, des yeux, des paupières, du lobule des oreilles.
La remarque que nous venons de faire sur le faciès s'applique à la complexion scrofuleuse, à cet embonpoint tout particulier que l'on observe surtout chez la femme. Elle n'est pas constante dans le cas de scrofule prédisposante, d'ailleurs elle est caractérisée par une peau blanche et colorée, un teint frais et rose, des yeux un peu humides, à cornée transparente et légèrement bleuâtre, par des formes tout arrondies. Cet ensemble constitue une apparence de beauté trompeuse pour les personnes étrangères à notre art, mais que le médecin doit toujours tenir suspecte.
« En général, dit Lugol, les sujets scrofuleux ne suppor- » tent ni fatigue corporelle, ni contention d'esprit. Ils ont » quelquefois de l'esprit, mais point de suite ni d'application » dans les idées. Ils n'éprouvent aucune vivacité soutenue des » appétits physiques non plus que des facultés intellectuelles » et des sentiments moraux ; ils n'ont rien de normal, rien » de fort, rien de durable. Toutes les phases de leur existence » avortent ; ils n'ont ni puberté ni âge viril ; les difficultés qu'ils » ont à croître n'ont point de lin ; leur développement phy- » sique et intellectuel reste inachevé. »
B. — Nous avons dit qu'un autre caractère de l'hérédité était la mortalité qui règne dans les familles scrofuleuses. On en voit beaucoup dans lesquelles il ne reste que deux enfants sur huit ou dix, et les survivants sont scrofuleux (1).
Une mortalité aussi fatale ne peut trouver une explication que clans la santé des descendants. Les causes extérieures ne sauraient être incriminées. « Ces deux caractères, dit Lugol, à )> savoir la généralité de la scrofule dans la famille, et, par suite,
(1) La mort peut avoir lieu dans le sein de la mère. — Lugol a connu une dame scrofuleuse qui a perdu cinq enfants dans son sein, et qui a donné le jour à deux filles scrofuleuses.
» la mort du plus grand nombre des enfants, non-seulement » démonlrentl'origine héréditaire de cette maladie, mais encore » doivent être regardés comme les signes de l'hérédité au plus » haut degré que l'on connaisse. Aucune autre maladie ne peut » être comparée, sous ce rapport, à la scrofule ; l'épilepsie, le » suicide, l'aliénation mentale, le cancer, la goutte, l'apoplexie, » ne sont pas aussi généralement répandus, et ils n'occasion- » nent pas une mortalité aussi hâtive, aussi générale que celle » que l'on observe dans les familles scrofuleuses.
» Peut-être même pourrait-on avancer que les maladies » héréditaires, en général, sont d'origine scrofuleuse à un » degré plus ou moins éloigné, et que les caractères de l'hé- » rédité sont en raison de la parenté des maladies héréditaires » avec la scrofule (1). »
On le voit, Lugol, dont la pratique était très étendue, professait sur l'influence de l'hérédité dans le développement des maladies scrofuleuses, les idées les plus larges et les plus solides.
11 croyait la transmission inévitable lorsqu'elle prenait sa source dans la santé du père, mais elle lui a paru souffrir quelques exceptions, quand un homme sain fécondait une femme strumeuse.
Suivant lui, dans un assez grand nombre de cas, les parents transmettraient la même espèce de scrofule que celle dont ils auraient été affectés. Et il ajoute que, lorsqu'un observe la scrofule sur trois générations successives, le plus souvent la troisième s'éteint presque en naissant.
Lebert est loin d'être aussi affirmatif que Lugol, sur l'influence de l'hérédité dans le développement de la scrofule et des tubercules. Il résume, dans le tableau suivant, le résultat des faits qu'il a recueillis :
(!) Lugol, Oiiv. cit., p. 50.