‹ Des maladies mentales [electronic resource] (volume 3)Chapitre 25 sur 37 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

ire observation. — P.-Y. E , âgée de 53 ans, ap-

partient à une famille qui compte plusieurs aliénés; une de ses cousines est devenue folle à la suite de couches. E fut menstruée à l’âge de 16 ans et sans ac-

cident; peu après elle grandit beaucoup; à chaque époque menstruelle elle éprouve des coliques; son caractère est doux, facile et timide; elle vit à la campagne.

Mariée à 20 ans, E devient mère de cinq enfans;

au quatrième mois de la cinquième grossesse, elle est effrayée par un homme qui courait dans les rues brandissant un sabre nu : dès-lors elle a des pressentimens; elle craint que son accouchement ne soit malheureux, elle est persuadée qu’elle deviendra folle.

Trente ans: accouchement heureux le 1 5 avril 1 8 1 1. Trois jours après, hémorrhagie utérine qui fait craindre pour sa vie, et qui ne cesse qu’après huit jours. Alors

E est active, agitée, mais sans délire. On prescrit un

régime analeptique; le lait monte aux mamelles. Cette femme allaite son enfant; mais au vingt-neuvième jour,

elle délire, fait mille extravagances, veut se détruire; elle frappe, injurie; pendant quinze jours elle refuse obstinément de boire et de manger.

Au quarante-quatrième jour depuis l’accouchement, on prescrit des vésicatoires aux jambes et une nourriture abondante. E continue à donner à téter, quoi-

qu’elle ait peu de lait.

Soixantième jour. Le lait est devenu abondant; la malade mange beaucoup; néanmoins manie. Quelques

jours après, E est conduite à la Salpêtrière le 25

juillet 1 8 1 1 ; elle est triste, ne parle pas; l’abdomen est volumineux; on retire le nourrisson; le lendemain fureur.

27 juillet. Boisson laxative , vésicatoire à la nuque, Uniment camphré souvent renouvelé sur les mamelles, qui sont distendues par le lait ; écoulement muqueux blanchâtre par la vulve; le vésicatoire coule très abondamment; selles faciles.

20 août. Cessation du vésicatoire; la malade parle et marche plus volontiers; elle mange un peu; les digestions sont faciles, les seins ne contiennent plus de lait.

6 septembre. Cette femme est mieux quoique triste; elle répond juste; elle Iravaille : on la croit convalescente.

Ier octobre. Mélancolie profonde, refus de parler, de prendre des alimens et de faire de l’exercice.

3 octobre. Vésicatoire entre les épaules, qui est suivi d’un mouvement fébrile, lequel persiste pendant quinze jours.

19. Cessation des symptômes fébriles. Pendant la durée de la fièvre , le retour de la raison a été progressif.

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