EW FRANCE
jrment h cour ; on y enchaîne les aliénés sur une lierre, c'est ce qu'on appelle faire prendre l'air à ces nalheureux. Lorsqu'il y a des salles de réunion , les chauffoirs , ces salles sont basses , étroites , noires , t plus propres à inspirer la tristesse que la distraction.
fj" Les aliénés ne sont pas servis, ou le sont très mal. :1s n'ont de serviteurs presque nulle part ; lorsqu'ils m ont, leur nombre est insuffisant; ils sont livrés à ies geôliers, à des guichetiers durs, barbares et ignorans. Cet abandon est d'autant pkis déplorable que ces nfortunés n'ont pas l'intelligence nécessaire pour récîaner les soins que l'humanité accorde partout à l'homme malade. Sont-ils soignés? quels soins, grand Dieu! Que peut-on exiger d'un geôlier, d'un concierge qui a rente, cinquante, soixante individus à diriger ? Quel ientiment de bienveillance peut-on espérer d'hommes grossiers, qui ne voient dans un aliéné qu'un être nalfaisant, dangereux et nuisible ? Ils ne connaissent oour les conduire , pour les contenir , pour les ramener iu calme, que les injures, les menaces, la terreur, les :oups et les chaînes.
8° Les chaînes sont mises en usage presque partout : i°parceque les bâtimens sont mal distribués; 2" parce que les serviteurs nesont pas assez nombreux; 3° parce qu'on ne connaît point d'autres moyens; 4° parce que l'usage du gilet de force est dispendieux. J'ai envoyé des gilets pour servir de modèle dans plusieurs villes ; on ne s'en sert point par économie; il est certain que les chaînes coûtent moins d'entretien : c'est ce qui faisait dire au docteur Monro (enquête du Parlement d'An-
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gleterre) que les chaînes étaient préférables pour les pat wes. L'abus des chaînes est révoltant. On met des co liers de fer, des ceintures de fer, des fers aux pieds « aux mains. Dans une des grandes villes que je craindra de nommer, les furieux sont contenus avec un collic de fer attaché à une chaîne longue d'un pied et demi laquelle est scellée au milieu du plancher inférieur, i l'on m'a assuré que ce moyen était le plus sûr pour cal mer la fureur. A Toulouse , dans une salle d'enviro vingt lits, qui est sous les toits, on a suspendu aux mi railles et au-dessus de chaque lit une chaîne qui por | une ceinture de fer; les aliénés , en montant dans lei lit, secouent ces chaînes qui vont les accabler pendai la nuit. Dans quelques maisons on distribue des ner de bœuf aux garçons de service; le trousseau de cle est dans leurs mams un instrument de correction. Ui bonne administration fei^ait supprimer les chaînes pai tout, comme elles le sont depuis long-temps dans 1( établisseniens de Paris , et la France donne au monc civilisé l'exemple de plus de deux mille aliénés de toi âge, de tout sexe, de tout état, de tout caractère, d rigés, contenus et traités avec égard et bienveillance sans coups et sans chaînes.
9° Les médecins ont fait de vaines réclamations dai toutes les villes; privés des premiers moyens de tra tement, ils sont découragés, ne visitent les alién( que lorsqu'il survient des maladies graves. Raremci les visite-t-on en vue de les guérir de leur folie , et est quelques maisons où les serviteurs ordonnent 1( bains de surprise, la réclusion, etc. A Toulouse, o