MARIAGE DES ALIENES DANS LES ASILES
de lui, par terre, se trouvaient quelques mètres d'intestin com plètement détachés. La mort survint le lendemain.
« 2° Au mois de décembre 1873, une veuve M..., née M..., âgée de soixante-deux ans, diabétique, opérée d'une cataracte double, hémiplégique à gauche, affaiblie intellectuellement et gâteuse, se trouvait placée dans l'asile privé du docteur Rota.
« Un sieur G..., avait vécu maritalement avec elle, et en avait eu une fille. Pour légitimer cette lille et lui laisser légalement toute sa fortune, il demanda à épouser la veuve M..., et adressa à cet effet une requête à M. le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de la Seine et un certificat du docteur Rota.
« Le chef du Parquet délégua notre honorable collègue , M. Motet, qui dans une pièce médico-légale d'un grand intérêt et que nous avons tous lue dans le numéro de mai 1874 des Annales médico-psychologiques, conclut à la possibilité du mariage projeté. Le Procureur de la République autorisa.
« Le Maire s'est transporté dans l'asile de la rue Picpus, et là, muni de ses insignes et en présence de témoins, il procéda à la célébration du mariage.
« Et maintenant en face de l'espèce nouvelle qui a donné lieu à cette discussion, pourquoi n'autoriserait -on pas le mariage du paralytique de l'asile de Yaucluse et la légitimation de ses trois enfants naturels, s'il est cliniquement démontré que. le malade est dans une période très franche de rétrocession pathologique, que la rémission est de bon aloi et que la volonté du futur peut se manifester sainement et librement ?
« J'ai l'honneur d'affirmer à la Société qu'aucun texte de la jurisprudence française ne s'y oppose. »