DÉCLARATION DE J
« Je, soussigné, déclare n'avoir jamais été aliéné. Jai simulé saite malade dans l'espoir d'aitre derigé sur une maison de santé dou j'espérai pouvoire mevader plus fasilement, mais voiyant mai ruses inhutile et comperantes parfaiteman que jene peu maître mon projet à esécution jaime mieu jté le masque de peur de venire vraiment fou Jaime mieu retourne à la Maison centrale ou je tacherait par ma conduite d'aporte un un adoucissement à ma paine cait librement et sans pression que je fai céte déclaration. »
Je déclare, pour ce qui me concerne, qu'en dehors d'une coercition en cellule, que les besoins de l'expertise ainsi que les craintes d'évasion ne rendaient que trop nécessaire, il n'a été administré à J... aucune douche, ni employé à son égard aucun moyen de contrainte qui ait pu donner à sa déclaration un caractère forcé.
Cette déclaration avait été précédée de réflexions qui ne pouvaient guère laisser de doutes sur le travail qui commençait à s'opérer dans son esprit.
Ces réflexions, en effet, étaient toutes relatives à
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la déception qu'il avait éprouvée en arrivant à Sainte- Gemmes.
« Oh ! » l'entendit-on, à travers la porte, s'écrier : « si j'avais su, je serais resté à »
Je saisis moi-même en l'écoutant, à son insu, les paroles suivantes : « Oh! les médecins, lorsque je les vois entrer dans ma cellule ! »
Puis, par une réminiscence des rapports que j'ai eus avec lui à la prison : « Pourquoi ai-je fait le fou? pourquoi n'ai-je pas suivi les conseils de M. le directeur de Sainte-Gemmes? »
Semblant ensuite se raviser, il dit : « Si je ne m'étais pas trahi en parlant à M. le directeur de Sainte-Gemmes , on m'aurait mis avec les fous et f aurais pu me sauver. »
Dans une conversation que je viens d'avoir avec lui, en présence d'un interne et du surveillant des services, il m'a renouvelé ses aveux dans des termes qui ne pouvaient laisser aucun doute sur la parfaite intégrité de ses facultés intellectuelles. Il me fit même une réflexion que je crois devoir relever, car elle confirme pleinement les données de la science sur la fatigue du rôle de simulateur de folie et sur les dangers que sa continuation peut faire courir à sa raison. Lui ayant parlé de cette fatigue et de ces dangers, je terminai en disant :
« Si je suis étonné d'une chose, c'est que vous ne soyez pas devenu réellement fou. » — « Gela m'étonne aussi, » me dit-il sur un ton profondément convaincu.
Appelé à s'expliquer sur ses emportements, il me dit : « Mais c'est dans ma nature, j'ai le sang très vif. »
Lui ayant enfin, entre autres questions, adressé
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celle-ci : Pourquoi, après les aveux que vous m'avez faits et contrairement à mes conseils, avez-vous continué à faire le fou à la prison d'Angers, avant et pendant l'audience des assises? c< C'est mon avocat qui me ta conseillé, » me répondit-il; « mais je sais qu'il m! a mis dedans. »
Pour l'honneur du corps, et quelle que soit la latitude accordée à la défense, dans l'emploi de ses moyens, je ne puis que laisser à J... la responsabilité de cette assertion.
Jusqu'au jour de sa sortie, il a continué à être lucide, raisonnable et parfaitement conscient de ses actes.