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SÉANCE DU 21 MARS

De l'influence des lésions traumatiques sur les vésanies.

M. Baillarger, à propos du procès-verbal, revient sur quelques faits signalés dans la dernière séance. M. Billod, dans son intéressant Mémoire sur les opérations à faire chez les aliénés, a signalé l'existence de la paralysie générale comme une contreindication à ces opérations ; je crois à cette occasion, devoir rappeler deux observations dans lesquelles les malades ont subi

l'amputation, l'un do la cuisse et l'autre de la jambe. Or ces malades chez lesquels la paralysie générale était parfaitement caractérisée, ont guéri tous les deux. Ces faits rentrent dans la catégorie des rémissions ou guérisons sur lesquelles j'ai, il y a plus de dix ans, appelé l'attention et qui se produisent chez les paralytiques à la suite de suppurations abondantes.

M. Billod fait observer que clans la paralysie générale on obtient des rémissions par l'action des caustiques, du moxa, des sétons.

M. Lunier a observé également dans plusieurs circonstances l'influence heureuse des grandes suppurations et des grands traumatismes survenus accidentellement sur la marche des affections mentales ; mais il ne faudrait pas en conclure qu'on obtiendrait des résultats aussi favorables en produisant artificiellement les mômes phénomènes. En ce qui concerne les grandes suppurations notamment, les expériences qui ont été tentées ne sont pas encourageantes. C'est qu'il y a sous ce rapport une très grande différence entre les grandes suppurations qui surviennent spontanément sous l'influence d'un travail organique intime, et celles qui sont déterminées artificiellement.

Les faits qui viennent d'être rappelés par M. Baillarger n'en conservent pas moins leur importance et peuvent fournir d'utiles indications pour le traitement de l'aliénation mentale.

M. Delasiauve : M. Baillarger, à propos des grandes désorganisations intercurrentes ou accidentelles, a touché un point important de thérapeutique mentale. On s'est jadis, Esquirol, entre autres, très occupé de terminaisons critiques de la folie. Les faits dont notre collègue vient de nous entretenir présentent la question sous un aspect particulier. Il s'agit, non de cas jugés par des mouvements spontanés de la nature, mais de suspensions morbides par des maladies graves et étrangères ou des lésions imprévues.

Il est peu d'entre nous qui, ayant par devers eux de semblables exemples, n'aient songé à en tirer des indications, en déterminant dans l'économie des centres puissants et plus ou moins permanents de dérivation morbide. Nous ne voyons pas cependant, si des essais ont été tentés, que, poursuivis méthodiquement, ils se soient généralisés. Pour mon compte, j'ai souvent employé avec profit, indépendamment des exutoires à demeure, les purgatifs drastiques à intervalles rapprochés, et notamment à l'extérieur, soit les onctions stibiées, soit de larges et fréquentes applications d'huile de croton tiglium.

Ce dernier moyen m'a surtout permis de constater chez un dément paralytique, paraissant arrivé au moment suprême, et pour lequel je fus consulté en 1867, un amendement tel que le malade, ayant recouvré une partie de sa raison et de ses forces» put, Tannée suivante, se rendre à une station du Midi et vivre un assez long temps encore.

Dans l'épilepsie, sujette à tant de complications, l'interruption brusque des crises comme conséquence de ces fortuites, n'est pas rare ; un de mes condisciples avait achevé ses humanités lorsque, atteint du mal caduc, il fut obligé de renoncer à une carrière libérale. Il vécut tristement chez ses parents qui tenaient un hôtel. Les crises devenaient de plus en plus nombreuses. Un jour, au milieu d'un accès, il tombe dans un foyer incandescent et se fait au visage une horrible brûlure. Environ deux ans après, ayant eu occasion de passer dans sa ville, j'eus peine à le reconnaître tant il était défiguré. Le malheureux, cependant, se félicitait d'un événement qui avait coupé court à la maladie. Sa joie, hélas, fut passagère : quelques mois après, il fut repris, et finit par succomber à la violence des attaques.

MÉMOIRE LU À LA SOCIÉTÉ MÉDICO-PSYCHOLOGIQUE DANS LA SÉANCE DU 26 MARS 187G.

I. De l'état mental des aphasiques considéré surtout au point de vue médico-légal.

Parmi les questions qui se rattachent à l'étude de l'aphasie, il en est une qui me paraît offrir un intérêt particulier, ne fût-ce qu'au point de vue médico-légal, et qui ne me semble pas avoir été encore complètement élucidée : c'est celle de savoir si l'aphasie, avec hémiphlégie droite ou gauche, n'est pas, dans certains cas, compatible avec une intégrité telle des facultés intellectuelles, que les actes du malade et plus spéciament un testament fait par lui, puissent être considérés comme valables.

Je n'ai pas la prétention de résoudre cette question, et mon but, en prenant la parole en ce moment, est uniquement d'apporter quelques éléments à l'étude

qui pourrait en être entreprise et poursuivie par de plus compétents.

Je l'ai vue se poser, il y a un certain nombre d'années, à l'occasion d'un fait très remarquable dont je vous demande la permission de vous présenter une relation aussi succincte que possible.

Je n'ai pas été témoin de ce fait sur lequel j'ai été appelé à émettre, à distance, un avis tout de principe et sous les réserves les plus expresses. La personne qui m'a demandé cet avis, m'avait d'abord manifesté l'intention de me faire commettre pour un examen direct, mais elle n'a pas donné suite à cette intention, soit qu'elle ait reculé devant la notoriété spéciale qui se serait attachée à une consultation d'aliéniste, dans un procès qui ne pouvait manquer d'être très retentissant dans tout le ressort de la Cour où il devait être plaidé, soit qu'elle ait pressenti de ma part une appréciation qui ne fût pas favorable à ses prétentions.

Mais, les renseignements qui m'ont été fournis des deux parts, et en particulier ceux que je dois à l'obligeance du Dr Letourneux, de Laval, qui, alors qu'il exerçait la médecine dans une autre localité, a été appelé à soigner le malade et à émettre son avis devant le tribunal, m'ont permis de suppléer assez complètement, je crois, à un examen direct ; voici le fait :

M. X..., riche propriétaire d'un de nos départements de l'Ouest, homme très aimé et très considéré, fut frappé subitement, à l'âge de quarante-sept ans, en 1861, d'une attaque d'apoplexie avec perte de connaissance, paralysie complète du bras droit, incomplète de la jambe du même côté ; la sensibilité était conservée.

Lorsque la connaissance revint, on constata l'impossibilité où était le malade de prononcer une seule parole.

Cet état s'améliora peu à peu, et M. X... commença par prononcer : oui, non, puis quelques autres mots, mais, en très petit nombre. « Ces quelques mots, me dit M. Letourneux, étaient toujours dits à propos.

« Tous ses amis qui ont continué de le voir, ont constaté qu'il avait conservé toute son intelligence ; — la mémoire paraissait même augmentée. — Lorsqu'il y avait plusieurs personnes avec lui, il prenait part à la conversation, en approuvant ou désapprouvant, par oui et non, ce que chacun disait.

« Il jouait assez souvent chez lui à un jeu de cartes qu'on nomme mistron ou trente-et-un et dans lequel il faut dire : Je m'y tiens. Pendant les quelques années qu'il est resté aphasique, il a continué à jouer ce jeu avec les personnes qui allaient le voir. Il prononçait très bien : m y tiens, et nous reconnaissions tous qu'il jouait aussi bien que le plus habile d'entre nous. Nous lui demandions même assez souvent un conseil. »

Telle paraissait être l'intégrité reconnue des facultés intellectuelles de M. X..., que, maire de sa commune et Conseiller d'arrondissement lorsqu'il fut frappé en 1861, il fut maintenu dans ces fonctions et continua à les exercer jusqu'à sa mort, qui est arrivée le 2 mai 1867, c'est-à-dire pendant cinq ans, dans les conditions d'une aphasie à peu près complète, avec l'hémiplégie droite qui avait persisté.

Il avait, en ces deux qualités, de nombreuses signatures à donner, et cette raison le détermina à apprendre à signer. Il y parvint en assez peu de temps.

Non content de ce résultat, il appliqua, avec une énergie de volonté très rare, son intelligence à réaliser son intention formelle d'écrire de la main gauche, et il y parvint également en un temps assez court. Il put alors donner toutes les signatures qui lui étaient demandées. On le vit même écrire quelques lettres privées, mais c'était pour lui un travail assez pénible.

Son écriture était fort lisible ; les lignes n'étaient pas observées ; mais les mots étaient bien détachés ; la rédaction était correcte, aussi bien que l'orthographe.

Il comptait parfaitement l'argent que lui versaient ses fermiers.

Il s'intéressait, m'assure-t-on, à la conversation, et, lorsqu'on énonçait un fait inexact, il le déniait et par ses gestes et par sa parole en répétant jusqu'à ce qu'on l'eût rectifié : Non! non! non!...

Il saisissait très bien la plaisanterie , aimait les réunions, et, chez lui, dans son château, où il y avait souvent des dîners, son regard manifestait visiblement à ses convives le plaisir qu'il avait à les recevoir.

Il lisait son journal, notait les passages les plus intéressants.

Dans ces conditions M. X... fit un long testament olographe, suivi de deux codicilles, et par lequel, changeant l'ordre de sa succession, il disposait de la totalité des biens et valeurs composant son hérédité.

Après avoir désigné les personnes que le testateur instituait pour légataires universels, pour les parts de la succession afférentes aux lignes paternelle et mater-

nelle, le testament contenait des legs particuliers d'une importance telle qu'ils réduisaient très notablement la part des héritiers du sang.

Parmi ces legs particuliers s'en trouvaient deux : un d'une rente viagère de 1,000 fr., au profit de la domestique de confiance du testateur, et un autre d'une somme de 3,000 fr., une fois donnée, au profit de son valet de chambre, époux de cette dernière.

La modicité de ces deux legs, qui ne représentaient qu'une très minime partie de la succession, et qui n'étaient, après tout, que la juste rémunération de bons et dévoués services, exclut la pensée de toute captation exercée sur l'esprit du testateur par ses deux domestiques.

M. X... était resté célibataire.

Ce testament écrit en double et refait à deux fois, comprenait plusieurs feuilles de timbre. M. X... avait mis assez longtemps à l'écrire, ne faisant chaque jour que quelques lignes. On constatait très bien, paraît-il, le commencement et la fin de ces lignes, en ce sens que l'écriture tremblée d'abord, devenait de plus en plus ferme, pour être à la fin assez tourmentée, comme étant l'œuvre d'une main qui se fatigue.

Le testament était, d'ailleurs, parfaitement libellé, si bien libellé même que les héritiers du sang l'ayant attaqué, se prévalurent de cette perfection même, pour le présenter comme ayant été rédigé par un homme d'affaires, mais dicté en fait, dans toutes ses dispositions, par la personne qui avait pris le gouvernement de sa personne et de ses biens.

M. X... n'aurait fait, suivant eux, ce testament qu'en copiant machinalement un modèle, et cet acte n'aurait

été, par suite, qu'une œuvre d'intrigue imposée habilement à la faiblesse d'intelligence et de volonté d'un paralytique.

Au début de l'affaire, un des héritiers, magistrat éminent du ressort, m'ayant demandé mon avis personnel sur quelques points, j'ai cru devoir lui faire une réponse dont j'extrais les passages ci-après :

« Cette question est on ne peut plus délicate, et sa solution suppose une étude approfondie de tous ses éléments, en suivant une direction scientifique.

« Tout ce que je puis en dire d'une manière générale et d'après les données d'ailleurs très précises fournies par votre lettre, c'est que l'aphasie est considérée bien moins comme une maladie que comme un symptôme de maladie. Or, la signification de ce symptôme varie suivant la maladie dont il constitue un des signes ; il varie, par exemple, suivant que l'aphasie résulte d'une altération circonscrite à la faculté d'articuler les mots propres à la représentation des idées, ou, suivant que l'aphasie procède d'une altération qui ait porté à l'intelligence une atteinte assez profonde pour entraîner une absence plus ou moins complète d'idées, et pour rendre par suite leur représentation plus ou moins inutile ou sans objet. Dans le premier cas, l'intelligence de l'aphasique est intacte, ses idées sont saines et entières, mais il ne peut les exprimer par la parole. Dans le deuxième cas, l'aphasique n'exprime rien, parce qu'il n'a plus rien à exprimer. L'aphasie suppose toujours alors l'amnésie, c'est-à-dire la perte de la mémoire ; je n'ai pas besoin d'ajouter que cette dernière espèce est susceptible de degrés, et qu'en dehors des cas où l'amnésie à laquelle se lie

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l'aphasie est complète, il en est d'autres dans lesquels la mémoire n'est qu'incomplètement lésée.

« Le premier cas, celui dans lequel l'aphasie ne coexiste avec aucune altération de l'intelligence, est beaucoup plus rare que le deuxième.

« D'après ce qui précède, et, pour le cas particulier dont il s'agit dans votre lettre, le nœud tout entier de la question serait dans l'appréciation de l'état intellectuel coexistant avec la paralysie du testataire, et c'est sur ce point essentiel que devrait porter la consultation médico-légale, s'il en était provoqué une pour les besoins de la cause.

« Pour faciliter, du reste, votre édification, je ne crois pouvoir mieux faire, Monsieur, que de vous adresser un volume dans lequel vous trouverez le résumé le plus complet de l'état de la science sur la question dont il s'agit. (Art. Aphasie du Dictionnaire encyclopédique de Decha?nbre.)

« Bien que l'auteur soit un de mes meilleurs amis, je n'hésite pas à recommander son travail à vos méditations. »

Cet auteur', Messieurs, vous l'avez nommé, c'est notre savant collègue, Jules Falret.

Dans une deuxième lettre, le même magistrat me posait cette question :

« 1° S'il est vrai qu'on puisse réapprendre la lecture et l'écriture à un aphasique, est-ce que cette nécessité même de recommencer une éducation enfantine ne dénonce pas un grand trouble de l'intelligence ?

« En effet, ajoutait-il, un homme frappé, même temporairement d'une maladie qui le prive de l'écriture

et de ses connaissances, ne doit-il pas reprendre de lui-même et sans éducation nouvelle, l'usage de l'écriture, s'il a une intelligence saine et intacte ? »

Cette objection n'est pas sérieuse ; il est évident, en effet, que si, d'une part, la nécessité de recommencer une éducation est l'indice d'un premier trouble dans l'intelligence, la possibilité pour cette dernière de recevoir cette éducation et d'en profiter, fournit une preuve du retour de son intégrité.

Quant à l'observation qui suit l'énoncé de cette question, elle ne peut émaner que d'un homme étranger à notre science.

N'est-il pas évident, en effet, que M. X..., qui écrivait de la main droite, avant de devenir hémiplégique de ce côté, ne pouvait reprendre l'usage de l'écriture de cette main, et que, pour apprendre à écrire de la main gauche, il a eu besoin d'une éducation nouvelle.

Ces objections n'ont, vous le voyez, Messieurs, rien de sérieux, et je ne les ai relevées devant vous que parce qu'elles ont dû entrer dans l'argumentation de l'avocat des héritiers du sang, lequel avocat n'était autre que Me Jules Favre.

Cette argumentation du reste n'a pas prévalu, car le tribunal de..., a, par son jugement, prononcé la validité du testament que l'on attaquait. Ce jugement a été confirmé par un arrêt de la Cour de...

Les légataires particuliers dont la cause a triomphé, ont été défendus par Me Nicolet, qui a été, paraît-il, on ne peut plus remarquable, surtout dans la plaidoirie d'appel. Il était assisté de Mes Waldeck Rousseau, du barreau de Nantes et Faire, du barreau d'Angers.

Il ressortait explicitement du jugement rendu : 4° Que les enquêtes, contre-enquêtes et expertises ordonnées par le tribunal, avaient établi péremptoirement que le testament et ses deux codicilles étaient bien écrits en entier, datés et signés de la main gauche de M. X... et étaient dès lors son œuvre matérielle ; 2° que, dans l'esprit du Tribunal, comme dans celui de la Cour d'appel, le testataire avait, au moment où il a écrit son testament, une intégrité suffisante des facultés intellectuelles pour pouvoir en comprendre et en saisir l'esprit et la portée.

En me donnant sur M. X... des renseignements dont je me suis inspiré dans cette communication, M. le Dr Letourneux me dit qu'il avait, à la même époque, dans sa clientèle, deux autres aphasiques avec hémiplégie droite, chez lesquels l'intelligence s'était conservée intacte. Un de ces deux aphasiques est mort depuis, l'autre est encore vivant. « A l'époque du procès auquel j'ai fait plus haut allusion, » ajoute M. Letourneux, « MM. les Drs Simon et Jousselin furent envoyés pour examiner avec moi M. X..., et voir s'il était capable de tester; je les conduisis auprès de cet homme, qui est boulanger, Il avait près de lui un journal.

« Nous lui demandâmes s'il pouvait le lire ; il nous fit signe que oui, et nous désigna du doigt le cours des farines .

« Lorsqu'il est seul et que quelqu'un veut prendre du pain à crédit, il inscrit sur le livre-jourual le nom de la personne, ainsi que la quantité de pain qu'elle prend. Sa femme nous désigna un assez grand nombre de notes prises ainsi par lui. Il fit en notre présence

plusieurs opérations d'arithmétique ; nous lui citions les chiffres et il opérait seul.

« Il était évident pour nous qu'il avait toute son intelligence. Avant cette attaque d'apoplexie, il faisait partie d'un cercle où il continue d'aller tous les jours et d'y faire sa partie. »

J'ai observé moi-même, il y a plusieurs années, deux cas d'aphasie complète, avec hémiplégie droite, dans lesquels l'intelligence avait conservé toute son intégrité. Un des deux me touchait d'assez près pour que j'aie pu suivre et constater toutes les manifestations qui témoignaient de cette intégrité.

Je me souviens de quelques tentatives faites par lui, pour apprendre à signer de la main gauche, mais qui restèrent infructueuses.

L'intégrité de l'intelligence ne me paraît pas un seul instant douteuse, dans le cas de M. X..., comme dans les autres que j'ai cités, non plus que dans celui qui est l'objet de la communication si intéressante de notre savant collègue Mesnet, et je ne doute pas que l'expérience de chacun de nous ne lui permette d'en citer d'analogues.

En admettant, pour ce qui me concerne, cette intégrité, je crois devoir réserver la question de savoir si, dans l'appréciation de l'état mental du malade dont il s'agit, il ne convient pas d'établir une distinction entre l'intelligence et ce que l'on est convenu d'appeler la force morale, ou en d'autres termes, l'énergie du caractère.

Ce sont, en effet, deux choses assez distinctes pour que l'on ne puisse pas dire que le degré de l'une donne toujours la mesure de l'autre.

Ne voit-on pas souvent cette force morale faire complètement défaut chez les personnes les mieux douées sous le rapport de l'intelligence et vice-versa?

Ne faut-il pas faire la part de la sensibilité qui s'exalte facilement chez les apoplectiques et dont l'exaltation tend évidemment à amollir le caractère, à le rendre accessible à des influences qui ne seraient pas exercées sur lui dans d'autres conditions ?

La différence qui existe entre l'homme et la femme, sous le double rapport que j'examine, ne fournit-elle pas un argument à l'appui de ce que j'avance ?

L'attribut de sensibilité qui distingue la nature de la femme, ne détermine-t-il pas, en général, chez elle, cette faiblesse de caractère qui, dans nos mœurs, fait, il est vrai, sa force ; et n'est-ce pas lui encore qui imprime à l'enfance ce caractère de débilité que l'on retrouve chez le vieillard et qui rapproche ainsi les deux extrêmes de la vie : senectus velut altéra est pueritia ?

Je n'hésite pas, pour ma part à déclarer que, si, chez certains aphasiques avec hémiplégie, on peut constater une intégrité paraissant entière des facultés intellectuelles, il me semblerait bien téméraire d'affirmer que ces malades ont conservé le même degré de force morale, et que cette force morale n'ait pas subi des atteintes qui, rendant les sujets accessibles à certaines influences, les laissent désarmés devant le danger des captations. Parmi les impressions qui dominent l'aphasique avec hémiplégie persistante, il faut placer en première ligne la crainte d'être délaissé, crainte qu'exploitent avec habileté les gouvernantes qui, voulant se substituer aux héritiers, s'attachent à exagérer II. 4

leur sollicitude, pour la rendre nécessaire ; j'ai établi plus haut qne ce n'était pas le cas dans l'affaire de M. X...

Gomme témoignage de cette diminution de la force morale chez les aphasiques, on peut citer la facilité avec laquelle on les voit s'émouvoir et pleurer, facilité qui témoigne d'une évidente exaltation de la sensibilité, laquelle rapproche ces malades de l'enfance ou de la sénilité.

Pour se prémunir contre les risques de captation qui résultent d'un tel état mental, les héritiers n'ont qu'un moyen, c'est de provoquer l'interdiction. Mais ils hésitent à y recourir, et ils ont raison ; car, c'est une arme dangereuse qui se retourne souvent contre ceux qui l'emploient.

Rien ne prouve, d'abord, qu'ils doivent l'obtenir, en présence d'une intégrité d'esprit aussi complète que celle qui s'observe chez quelques aphasiques, et dont le malade que j'ai cité plus haut, me paraît avoir réalisé un des types les plus complets.

Le doute à cet égard est d'autant plus permis que, dans des cas où l'altération de l'intelligence est des plus manifestes, on la voit souvent méconnue par les juges commis pour procéder à l'interrogatoire des individus dont on demande l'interdiction, et à qui il suffit souvent de faire des réponses indiquant que ces individus savent compter et qu'ils assignent leur valeur véritable aux pièces de monnaie qu'on leur montre, pour que ces magistrats concluent de ces réponses à l'intégrité de l'intelligence.

Il importe de rappeler à cette occasion que, tandis que pour les procès au criminel, des médecins sont

presque toujours commis pour examiner l'état mental des inculpés, il est très rare que, pour les procès au civil, et notamment pour les demandes en interdiction, les tribunaux aient recours à des expertises médicales. Je n'ai vu qu'une fois un tribunal, c'était celui de Tours, prononcer l'interdiction sur les conclusions d'un rapport qui m'avait été demandé, à la suite d'un interrogatoire dans lequel un aliéné des plus délirants avait assez complètement dissimulé son délire pour ne faire que des réponses absolument sensées.

Je dois dire, cependant, que M. Motet m'a récemment communiqué un document qui prouve qu'il était commis dans une affaire d'interdiction, et je serais heureux de conclure de ce fait, que le tribunal de la Seine fait exception, sous le rapport de Ferrement dont je parle.

Rien n'est donc plus incertain que le succès d'une demande en interdiction. Or, dans le cas où elle ne devrait point aboutir, les héritiers qui l'auraient formée seraient sûrs d'indisposer contre eux le testataire, de s'exposer par suite à sa vindicte, et de transformer ainsi en un danger certain, ce qui n'était encore qu'une appréhension plus ou moins fondée. Il ne saurait être douteux, en effet, que la gouvernante dont on redoute l'influence, ne se fasse contre les héritiers, une arme de leur tentative, et qu'elle ne l'exploite à son profit, avec toutes les chances de réussite.

A l'appui de ce que je viens de dire, de l'insuccès possible des demandes en interdiction, dans des cas cependant où elles sembleraient devoir aboutir, je pourrais citer plusieurs faits. Je me borne à un seul, c'est celui de l'oncle, oncle à héritage d'un de nos

plus distingués confrères de l'Anjou, qui, dans un état de démence apoplectique, se trouvait sous la domination d'une domestique dont l'influence était à redouter.

Appelé par notre confrère auprès du malade, je constatai une altération des plus caractéristiques des facultés intellectuelles, et en particulier de la mémoire, pour ce qui se rapportait aux choses récentes, et je fournis un certificat dans lequel je relevai des faits patents d'amnésie dont la vérification était on ne plus facile. Malgré les preuves les plus évidentes résultant de ce certificat, comme de l'interrogatoire auquel le malade a été soumis par le juge délégué, l'instance n'a pas abouti, le tribunal ne se trouvant pas suffisamment édifié. Heureusement pour notre confrère, que la domestique dont il redoutait les tendances s'est trouvée plus consciencieuse qu'il ne l'avait pensé, et qu'elle n'a usé de son ascendant sur l'esprit de son maître que pour en obtenir un legs assez modeste.

Une autre personne de ma connaissance a été moins heureuse, car elle a expié le tort d'avoir voulu provoquer l'interdiction, dans un cas où les preuves d'insanité étaient cependant des plus notoires, par une exhérédation complète.

La question est donc on ne peut plus délicate, et je ne me croirais pas, pour ce qui me concerne, autorisé à conclure toujours, de l'intégrité de l'intelligence, à celle de la force morale et, par suite, à la responsabilité entière.

Malheureusement, les tribunaux qui sont appelés à prononcer sur les questions de testament, n'admettent pas d'autre critérium de la validité de ces documents,

que l'intégrité de l'intelligence, et s'en tiennent trop, sous ce rapport, à la lettre de Fart. 901 du Gode civil, lequel est ainsi conçu : « Pour faire une donation entre-vifs ou un testament, il faut être sain d'esprit. »

Je ne puis, du reste, pour ce qui se rattache à l'état mental des aphasiques, que m'en référer aux considérations qu'on peut lire dans une excellente thèse sur l'aphasie, présentée par M. Legroux au concours pour l'agrégation et qui, ainsi que le déclare l'auteur, ont été empruntées à une leçon restée inédite de M. le professeur Lasègue.

De ces considérations il résulte, ainsi que le déclare M. Legroux, que, si l'état mental des aphasiques a préoccupé les observateurs, on n'a guère fait que poser le problème, ou plutôt, qu'il s'est imposé sans qu'on ait essayé même de le résoudre.

Il en résulte encore, et ici je laisse parler M. Legroux, « que la situation de l'aphasique, au point de vue médico-légal, ne peut se résoudre par une formule, chaque cas particulier comportant une appréciation différente, suivant le degré d'altération de la faculté du langage, et suivant l'atteinte portée à l'intelligence.

« Il y a quelques années, M. Jules Falret concluait dans ce sens, dans un rapport sur un cas d'aphasie avec hémiplégie droite, dans lequel on demandait l'interdiction. {Annales d'hygiène et de médecine légale, 1869, tome XXXI, page 430.)

« M. Tardieu dit aussi dans son livre sur la Folie (1872, page 117), que l'aphasie, quoique étant quelquefois compatible avec l'intégrité des facultés intellectuelles, s'accompagne très ordinairement d'un affaiblissement marqué de l'intelligence et doit donner lieu,

pour chaque cas particulier, à un examen attentif.

« En thèse générale, l'aphasique ne peut être considéré comme un aliéné, ou un incapable ; aussi la Société de médecine légale a-t-elle combattu les conclusions d'un travail de M. Jules Lefort, avocat distingué, lequel proposait de pourvoir les aphasiques d'un conseil judiciaire pour les assister dans la gestion de leurs affaires. [Annales d'hygiène et de médecine légale, novembre 1872.)

« Dans les leçons sur l'aphasie faites à la Pitié en décembre 4874 {Union médicale, mars 1875), M. Gallard rapporte que la question d'incapacité de l'aphasique en matière de testament avait été posée une fois en Hanovre, et que le tribunal, jugeant pour le cas particulier, s'était prononcé pour la validité de l'acte en litige. Le rôle du médecin, en semblables circonstances, doit donc se borner à constater si l'intelligence du malade est ou n'est pas suffisante et à spécifier que ce sont les moyens d'expression des idées qui lui font défaut, dans une mesure que seul il peut apprécier et qu'il doit préciser. »

Je crois devoir encore, pour les besoins de cette communication, emprunter à la même thèse le passage ci-après :

« On a prétendu que l'intelligence était conservée chez les aphasiques ; cela n'est vrai que dans le plus petit nombre des cas. Si l'on réfléchit que presque toujours l'aphasie persistante est le symptôme de lésions cérébrales profondes, ramollissement, hémorragies, toutes lésions qui, même alors qu'elles n'entraînent pas l'aphasie , altèrent constamment les facultés, on comprendra que l'intelligence ne peut

conserver toute son intégrité. Il est d'ailleurs très difficile de juger l'état mental de ces malades qui ne peuvent, en général, ni parler, ni écrire correctement pour traduire leurs pensées. Il est vrai que souvent ils peuvent, par la mimique, indiquer qu'ils comprennent et qu'ils associent des idées. Mais le langage mimique, très inférieur au langage articulé pour exprimer la pensée, ne peut nous permettre d'apprécier le degré de netteté ou de force de leur intelligence. D'ailleurs, il suffit d'étudier quelques aphasiques, pour savoir que presque toujours leur volonté est affaiblie. Ils se fatiguent vite en efforts impuissants, s'impatientent d'abord, puis se découragent et perdent peu à peu le désir de parler. L'amnésie verbale qui existe très souvent en même temps que l'aphasie, doit constituer aussi une entrave considérable au fonctionnement de la pensée.

« Dans l'aphasie incurable, dans l'aphasie avec hémiplégie persistante, l'intelligence tombe peu à peu et se limite étroitement : les malades prennent un caractère enfantin, irritable ou bienveillant.

« Il y a une paresse intellectuelle des plus évidentes et une inaptitude à récupérer les moyens du langage.

« Dans une autre catégorie, les malades, après la guérison de l'hémiplégie, prouvent que leur intelligence n'a pas subi une atteinte très grande, par ce fait que beaucoup d'entre eux, tout en étant restés incapables d'articuler les mots, peuvent lire, échanger des idées et indiquer la conservation de leur intelligence dans une large mesure.

« Dans les aphasies transitoires de courte durée, l'intelligence peut ne pas être atteinte ; nous en avons

pour exemple le cas célèbre de Rostan et bien d'autres.

« Toutefois, dans beaucoup d'exemples, alors que l'aphasie a disparu, les qualités de l'esprit restent quelque peu altérées : Trousseau rapporte le cas du professeur Lordat qui, « brillant improvisateur auparavant, était obligé après son accident de lire ses leçons. »

Si peu nombreux que soient les cas d'aphasie dans lesquels l'intelligence reste intacte, il me semble, en présence de faits semblables à celui que je viens de citer, impossible de ne pas les admettre. Je les admets donc, avec tous les observateurs, sous les réserves que j'ai exprimées plus haut.

Dans les cas où cette intégrité de l'intelligence me paraît devoir être admise, elle ne peut, ce me semble, s'expliquer que par une suppléance cérébrale, suppléance d'un hémisphère par un autre ; mais je dois dire ici comment je comprends cette suppléance.

En localisant la faculté du langage dans la deuxième ou la troisième circonvolution frontale du lobe gauche, et plus particulièrement dans la partie postérieure de la troisième, M. Broca n'a sans doute pas voulu attribuer à cette partie du lobe gauche une capacité fonctionnelle exclusive de celle du lobe droit, et annihiler cette dernière. Dans le cas contraire, il me serait impossible, pour ce qui me concerne, d'admettre une localisation aussi exclusive. Les deux lobes du cerveau étant congénères,' je ne comprendrais pas plus une localisation du langage dans l'un ou dans l'autre, qu'une localisation de la vue dans un des deux yeux, de l'ouïe dans une des deux oreilles.

La synergie de fonctions des deux lobes me paraît devoir être admise comme une loi, aussi bien que celle des deux yeux et des deux oreilles.

Ce qui paraît incontestable, c'est que le nombre des droitiers étant très prédominant, l'hémisphère gauche , source de l'innervation qui va animer la moitié droite du corps, doit présenter un degré d'activité fonctionnelle plus marqué que l'hémisphère droit.

Ce surcroît d'activité doit s'accompagner d'une tendance hypérémique, et, par suite, dune disposition plus grande aux congestions, aux raptus sanguins et aux hémorragies cérébrales.

En mentionnant, parmi les lésions de l'hémisphère droit, la fréquence plus grande, à gauche, des convulsions, de la rotation de la tête, des yeux, de l'hématome de l'oreille chez les paralysés généraux, l'intensité plus grande de la paralysie des muscles à gauche, M. Brown-Séquard a contribué à la démonstration de cette donnée. M. Charcot, en constatant l'apparition plus fréquente de Peschare de la fesse du même côté ; M. Callender, en établissant que la moyenne de survie est sensiblement moindre dans les lésions de l'hémisphère droit, et M. Jakson, en signalant la plus grande fréquence de la névrite optique à gauche, ont apporté un nouveau contingent de preuves à l'appui de la même donnée qui se trouve confirmée encore par les recherches de M. Luys, sur l'asymétrie normale des deux hémisphères, ainsi que par celles du Dr Boyd qui, se basant sur deux cents faits, a trouvé que le poids de l'hémisphère gauche dépasse presque toujours du huitième celui du côté droit. M. Broca luimême, s'il n'a pas constaté une différence bien sen-

sible entre le poids des deux hémisphères pris en masse, a trouvé le lobe frontal gauche sensiblement plus lourd que le droit.

Cette différence de poids et de volume dans les deux hémisphères est le résultat de leur différence fonctionnelle, et l'augmentation de poids de celui qui fonctionne le plus activement, s'explique par l'effet d'une sorte de gymnastique de l'organe, comme celle des muscles de la jambe chez les danseurs, et.de ceux du bras chez les boulangers, par exemple.

A l'appui de la même donnée, je puis citer un fait qui était bien connu de l'entourage de Donizetti : c'est que l'auteur de Lucie, avant de tomber dans l'état de démence paralytique qui a marqué la fin de sa vie, et qui était devenue telle qu'il ne reconnaissait plus sa propre musique 1, déclarait qu'il avait la conscience de ne composer que d'un seul côté du cerveau, le gauche précisément, dans lequel il éprouvait une sensation de chaleur insolite.

Dans les conditions dont je parle, la troisième circonvolution frontale du lobe gauche doit participer à la prédominance d'activité fonctionnelle qu'il est permis d'attribuer à l'ensemble de l'hémisphère auquel ce lobe appartient.

Ainsi se trouverait expliquée la plus grande fréquence des altérations du lobe gauche et de la troisième circonvolution frontale, et par suite, la prédominance extrêmement marquée de l'aphasie avec

1 Un jour, une dame jouant devant lui un air de son opéra de Lucie, on l'entendit s'écrier : « Ce pauvre Bellini, quel malheur qu'il soit mort si jeune. »

hémiplégie droite, sur l'aphasie avec hémiplégie gauche.

Il est même permis de penser que c'est cette prédominance qui a conduit à localiser tout d'abord la faculté du langage dans le lobe qui semblait être le siège exclusif des lésions productrices de l'aphasie.

Mais d'une prédominance d'action à une action exclusive il y a loin, et, pour être prédominante, l'action de la troisième circonvolution ne doit pas être plus exclusive que celle de toute la partie de l'hémisphère gauche qui préside aux fonctions de la moitié droite du corps.

Il ne saurait être douteux que la disposition inverse dût s'observer chez les gauchers, c'est-à-dire que, dans cette dernière condition, la troisième circonvolution droite dût présenter le surcroît d'activité fonctionnelle attribuée à la troisième circonvolution du lobe gauche, chez les droitiers.

La conclusion à tirer de ce qui précède est, ainsi qu'avec MM. Dax, Moxon et Broca, le déclare M. Lépine dans sa remarquable thèse pour le concours de l'agrégation1, thèse dont j'ai utilisé pour cette partie de ma communication les recherches bibliographiques que : « sous le rapport du langage, nous sommes gauchers du cerveau, ou en d'autres termes, qu'il y a dans les fonctions des deux territoires, des différences sinon qualitatives, au moins quantitatives, très appréciables. »

Étant admis le principe de l'action parallèle, mais synergique des deux hémisphères, ainsi que de toutes

1 De la localisation dans les maladies cérébrales, 1875.

les parties qui les constituent, il est évident que, quand on dit qu'il s'établit une suppléance d'un hémisphère par un autre, cela ne veut pas dire que ce dernier sort de l'inaction pour prendre un rôle nouveau, et remplacer son congénère empêché ; mais qu'il continue à fonctionner en vertu de son activité propre qui s'accroît de ce fait, comme l'œil unique d'un borgne supplée l'œil absent, sans le remplacer dans sa fonction.

D'après cette manière de comprendre la suppléance totale ou partielle d'un hémispère par un autre, il est permis de penser que, dans les cas d'aphasie avec hémiplégie, et où l'intelligence reste intacte, l'hémisphère qui est le siège des lésions productrices de ladite aphasie et de ladite hémiplégie, se trouve forcément suppléé par l'hémisphère du côté opposé, pour l'exercice de l'intelligence ; car, il n'est pas admissible que la partie restée saine de l'hémisphère altéré, puisse conserver cette fonction; mais il ne saurait être douteux que cette suppléance d'un hémisphère par un autre, ne peut s'établir que pour l'exercice de l'intelligence et non pour le langage.

On comprend, en effet, qu'on puisse penser avec un seul hémisphère cérébral, comme on peut voir avec un seul œil, et entendre avec une seule oreille ; mais on ne saurait comprendre qu'on puisse parler avec une seule moitié de larynx. Dans ce cas, la faculté existe, mais l'instrument fait défaut.

Dans les circonstances où l'usage de la parole se rétablit plus ou moins complètement chez un aphasique avec hémiplégie, il faut admettre : ou que l'hémiplégie a cédé, ou que les organes de la voix ont cessé d'y participer.

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