‹ Des maladies nerveuses de l'estomacChapitre 3 sur 5 · DIVERSES BRANCHES DES SCIENCES MÉDICALES · texte numérisé non relu

DIVERSES BRANCHES DES SCIENCES MÉDICALES

De la cardial gie , de la gastrodynie, des crampes d'estomac et de la pyrosis.

Cette question se trouve traitée ci-dessus.

Quelles sont les fibres organiques élémentaires que d’après nos connaissances actuelles on peut admettre P En démontrer l'existence et les caractères distinctifs.

L’analyse microscopique est à l’étude des tissus organiques ce que l’analyse chimique est à l’étude des fluides , et c’est peut-être dans la réunion de ces deux analyses que se trouve l’avenir de la physiologie et de la médecine.

{Communie, partie, de M. Sente , de Vlnetitut.')

Cette question, toute neuve, difficile à résoudre, aussi difficile à traiter, me semblait inabordable, et plusieurs anatomistes m’avaient engagé à n’y répondre qu’en peu de lignes ; mais l’inlérêt que me présentèrent quelques expériences microscopiques, me détermina

à donner plus de développement à mes réponses. Un de mes amis, M. Cherest, prit une large part aux recherches et aux investigations qui devinrent communes, et nous pouvons espérer que la question, si elle n’est pas entièrement résolue, au moins est au courant de l’état actuel de nos connaissances.

Tous les tissus qui entrent dans la composition de l’organisation animale sont réductibles par l’analyse chimique à un petit nombre de corps simples appartenant eux-mêmes au règne minéral : pour arriver à ces éléments, la science des Fourcroy et des Vauquelin détruit nécessairement l’organisation , elle en fait abstraction dans les produits qu’elle passe par son creuset; qu’elle y existe ou non en définitive, peu lui importe. La chimie dite organique, comme la chimie minérale, cherche partout à dissocier les individualités qui, sous l’influence des lois qui régissent le monde, se sont associées les unes aux autres pour former les corps: de l’oxygène, de l’hydrogène, du carbone, de l’azote, etc., voilà ce qu’elle décèle toujours; elles les trouve dans les muscles comme dans les nerfs; c’est dans quelques changements de proportion que réside toute la différence. Certes , les découvertes d’une pareille science sont belles , mais pourtant insuffisantes pour le médecin et le physiologiste: s’ils sont avides de savoir quelle est la nature intime des éléments inorganiques qui, diversement rapprochés, se trouvent toujours en nous vivants ou non , combien ne le seront-ils pas d’interroger cette organisation elle-même, si grandiose dans son ensemble, si sublime dans ses détails ; aussi Bichat avait-il bien senti le besoin de l’anatomie générale, et, créateur de cette science , nous a-t-il légué un livre, précieux héritage sur lequel on ne porte la main qu’en tremblant. Pourtant sa trop rapide mais bien riche carrière ne lui a pas laissé le temps de corriger quelques erreurs; ainsi, si elle s’était prolongée jusqu a ce jour , il n’aurait certainement pas dit que le microscope était impuissant à fournir les résultats désirables dans l’étude de la composition intime et primitive, en un mot de la structure élémentaire des tissus. C’est qu’en effet , avec le secours des instruments grossissants seulement et per-

feclionnés comme ils le sont aujourd’hui , on peut scruter ces replis oix tant de fois se sont laissé- égarer , par des causes d’erreur que nous allons indiquer, les hommes qui ont voulu en sonder la profondeur.

Comme le chimiste, le micrographe arrive à la découverte de parties élémentaires, mais d’un ordre tout différent; il ne prétend pas dire que ce qu’il appelle ainsi soit un corps simple dans l’acception du premier, il en applique le nom atout produit se montrant toujours avec des caractères identiques, indivisible par des moyens mécaniqtjes- quelconques , en des parties présentant des caractères différents, et même inappréciable avec le seul secours des sens. D’après cela , les parties simples des tissus sont des cristaux, un fluide aqueux, un fluide gélatineux, des granules, des fibres et des lamelles; ce n’est pas dire toutefois que cette division soit à jamais fixée , qu’un jour ne viendra ,,pas où quelques-unes de ces formes ne pourront plus être regardées comme élémenta'res , où il ne faudra pas leur en adjoindre de nouvelles; elle est soumise aux mêmes vicissitudes que celle des chimistes, et comme ils admettent cinquante-six corps simples, nous admettons six formes microscopiques élémentaires dans l’état actuel de la science. Il y a déjà loin de là à ce qu’elle était quand Meckel ,. auquel nous touchons pourtant encore , faisait son anatomie générale , et quand M„ Milne Edwards , presque à la même date, établissait sa grande unité de structure, tant ont été rapides les progrès depuis quelques années. On se rappelle que, pour le physiologiste allemand, les parties constitutives éloignées, de la forme organique , se réduisaient à deux , les globules et une substance coagulée; qu’elles produisaient deux formes : dans l’une’ la dimension en longueur l’em- [)orte de beaucoup sur les autres (fibreuse); dans la deuxième elle se rapproche de la dimension en largeur, mais ces deux dimensions surpassent la troisième ( lamelleuse ).

Nous ne chercherons pas à prouver l’exactitude de la classification que nous venons de donner, car nous ne voulons pas faire foute une anatomie de tissus; c’est à un seul type que nous devons nous attacher, à celui, du reste, qui est sans contredit le plus important et

le plus commun de tous, au type fibre. En le poursuivant dans les différents systèmes d’organes, nous aurons que'quefois besoin d’en-: Irer dans des détails qui ne paraîtront pas s’y rattacher immédiatement, nous tâcherons alors de faire ressortir les rapjtorts des points dont il sera question avec le sujet capital de la dissertation. Décrire la fibre de quelques organes, c’est en faire l’anatomie générale, complète: tels sont les muscles , tels sont les nerfs ; aussi , tout en traitant avec exactitude des différents tissus, nous n’avons pu nous défendre d’une étude plus approfondie de ceux-ci. N’appeler les choses que par des noms rigoureusement définis, c’est un moyen d’être toujours compris; nous nous sommes donc efforcé de n’.employer que le langage précis que réclament toutes les sciences exactes, et la microscopie est appelée à tenir un haut rang parmi celles-ci; malheureusement la chose toujours facile , et nous allons en trouver la preuve au premier paSi Que si, en effet, nous cherchons à définir la fibre, nous en sommes presque réduits à dire, comme Mcckel, que c’est une forme dans laquelle la dimension en longueur l’emporte de beaucoup sur les autres. Nous ne nous dissimulons pas la peine qu’une telle définition aurait à soutenir, tous les arguments qu’on serait logiquement en droit de lui adresser; aussi tâcherons-nous de la rendre un peu moins incomplète. Remarquons, d’ailleurs, qu’en anatomie le but principal doit être de donner une idée des formes; or la phrase que nous venons de citer l’atteint bien en partie; si, d’autre part, nous nous rappelons ce que nous avons dit des formes élémentaires en général , nous en . donnerons une définition peut-être suffisante. Il ne suffit pas poui qu’un corps mérite le nom de fibre, qu’il présente plus, d’étendue en longueur qu’en largeur et en épaisseur, il faut qu’il soit organisé, qu’il ne soit visible. qu’à un grossissement considérable, etc., etc. Les fibres , si l’on veut réunir tout cela en une proposition, sont des corps longs, grêles, derniers filaments auxquels on arrive par la dissection des animaux et des végétaux , et qui , par leurs dispositions et leur arrangement, donnent naissance à certains organes , soit seuls , soit mêlés à d’autres éléments. Nous ne nous arrêtons à l’opinion des

anciens qui admettaient deux classes de fibres, les un. s simples et les autres composées, que pour faire remarquer qu’ils étaient loin d’y attacher la même idée que nous; leur fibre simple était une pure abstraction de l’esprit, elle ne pouvait point tomber sous les^sens; elle était inorganique et composée de parties terreuses très déliées, unies entre elles par un fluide visqueux: les fibres composées étaient formées de plusieurs de ces fibres simples; elles avaient assez d’épaisseur pour être distinguées faeilement sur tout le corps. Elles s’appelaient, suivant leurs directions, et surtout la composition des organes dans lesquels elles entraient, fibres membraneuses, charnues , aponévrotiques, osseuses, vasculaires, tendineuses ; mais, outre que ces fibres avaient souvent une nature identique, cette classification présentait le désavantage de créer des espèces de fibres qui n’existent pas, telles que la fibre osseuse.

Plusieurs ont été comme celle-ci successivement admises et rejetées; de là une grande variété dans le nombre des fibres qu’ont reconnues les auteurs. Nous ne ferons pas ce travail en général, il trouvera mieux sa place à l’examen de chaque tissu, à propos desquels passant en revue les diverses opinions, nous verrons quels anatomistes se sont décidés pour ou contre cette strueture; ne préjugeons rien non plus sur le nombre que les observations forcent aujourd’hui à admettre. Toutefois, avant de passer outre, renvoyons ceux qui nous demanderaient pourquoi nous ne discutons pas la question d’une fibre élémentaire unique, à Leuwenhoeck, qui y a déjà répondu, à Meckel, etc. Si d’ailleurs il faut une discussion, elle se trouvera tout entière dans les faits que nous allons exposer, et leur éloquence sera plus persuasive que des raisonnements à priori. On a dit bien des fois aussi que la fibre n’est pas un élément organique, que c’est encore un organe eomplexe;on l’a dit comme on a prétendu que toutes les fibres étaient couvertes de ramifications nerveuses (Monro), qu’elles étaient constituées par des vaisseaux lymphatiques (Mascagni), apparences qui sont bien reconnues avoir été l’effet de l’irisation , et dont il sera parlé en lieu et place. Certes, ce n’est pas le dernier mot de la divisibilité

aux yeux des physiciens. De la définition qui en a été acceptée, a ressorti la possibilité de la partager encore dans le sens de sa longueur, mais cette division altérerait son organisation, les particules qu’on obtiendrait alors seraient des débris organiques , mais non des matières organisées. Nous rejetons donc l’organisation des globules qui passent pour constituer la fibre : loin de là , c’est celte prétendue constitution même qtre nous attaquons, il n’est plus possible de la soutenir aujourd’hui. En vain cherche-t-on la vérification des travaux de Mascagni et de Mllne Edwards, il faut abandonner aux liquides ces globules tant de fois adoptés et rejetés , érigés en dernière raison de l’organisation par ce dernier, et puis détrônés par lui. Ce n’est pas toutefois que Milne Edwards ait rien publié de nouveau sur cette matière, du moins que nous sachions; mais il y a peu de temps encore, un homme haut placé dans la science nous disait que ce naturaliste, découragé par l’uniformité des résultats que lui avaient donnés ses recherches sur les principaux tissus, y avait renoncé, et qu’il avait d’ailleurs été abusé par un mauvais microscope. 11 ne faut pas cependant rejeter toutes les erreurs sur l’imperfection du microscope, et sur les illusionsd’optique, comme on agénéralement grande tendance à le faire, ce qui ne contribue pas peu à discréditer la science ; elle donne au contraire le moyen de se rendre compte d’erreurs dues à des causes toutes différentes et auxquelles'le remède est facile. Elles sont assez intéressantes pour être passées en revue, elles expliquent d’ailleurs complètement comment a été si commune cette disposition à admettre des globules : 1" Tout le monde sait que les matières gra.sses divisées mécaniquement en très-petites parties ou soumises à la macération qui produit le même effet, se divisent en globules : ce qui arrive hors du microscope se reproduira nécessairement dans les parties .soumises à l’examen quand ces parties contiendront de la graisse ; 2° tous les tissus (aussi bien ceux qui sont privés de graisse que ceux qui en renferment), exposés longtemps à la macération, finissent par se désagréger et ne former à la fin qu’une accumulation de masses Informes, presque opaques, très-petites, de ‘/^oo à de millimètre. Avant que les fibre-s

se dissocient, les molécules déjà presque séparées restent encore suspendues les unes aux autres, et forment des espèces de chapelets. Qu’on n’oublie pas leur petitesse ; qu’on n’oublie pas que les anciens observateui-s se sont servis en général de microscopes, dont la clarté et la précision étaient bien inférieures à celles de nos instruments actuels; qu’on se rappelle enfin qu’un corps vu de loin, fût-il carré, semble arrondi, et il paraîtra tout simple qu’une molécule, quelle que soit sa figure, puisse se montrer sous forme de globule, et qu’on en ait reg^aj-dé comme des séries, les fibres formées de ces molécules à demi dissociées ; 3“ une autre cause d’erreur peut se trouver dans la manière d’observer des auteurs. 11 serait long d’exposer tous les détails, mais ii suffira de dire qu’un corps dans l’eau, éclairé par une lumière non convenable, peut, par suite de l’interférence, paraître sous forme globuleuse; 4“ une dernière, qui à la rigueur pourrait rentrer dans les précédentes, est celle-ci : l’eau employée à la macération des tissus est chargée de matières albumineuses, graisseuses, etc., coagulées en forme de molécules très-petites, et ces molécules se déposant à la surface des tissus examinés, peuvent produire naturellement la même erreur de lapartde l’observateur, que la désagrégation des tissus eux-mêmes.

On voit donc que dans tout cela il s’agit bien moins d’illusions d’optique, que de l’inexpérimentation ; on leur a fait jouer un rôle beaucoup trop important. Les auteurs ont bien décrit ce qu’ils ont vu; mais ce qu’ils ont vu n’était pas l’état normal, l’état vivant; ce qu’ils ont vu tenait à des circonstances accidentelles qu’ils n’ont pas su distinguer. Chaque instrument, chaque expérience demande un usage poursuivi longtemps, pour que l’expérimentateur, ne soit pas dupe de ses observations. Si ces conditions sont exigées du chimiste et du physicien, pourquoi ne seraient-elles pas réclamées du micrographe? Quand elles lui auront appris à se mettre toujours en garde contre les causes d’erreurs que nous venons d’énumérer, quand les essais lui auront fait reconnaître la justesse de ce précepte auquel on a tant de peine à se conformer : qu’il faut moins rechercher le grossissement que la clarté, l’erreur ne lui sera plus possible, çt surtout il ne dira

pas que les fibres sont composées de globules, ou si d’abord il l’a dit, comme Leuwenhoeck et tant d’autres, il appellera de son jugement.

Deux moyens se présentaient pour élucider les nombreux points obscurs que contient cette histoire. Nous pouvions, après avoir recherché avec le microscope les fibres dans tous les tissus, exposer le résultat de nos observations. Quel poids eussent-elles eu? Au lieu d’exposer l’état de la science, comme nous nous en sommes efforcé , c’eût été la faire remonter à son enfance. D’un autre côté, nous pouvions nous contenter de réunir les opinions qui ont dominé, et celles qui sont aujourd’hui en faveur: ce rôle de simple historien ne convenait pas non plus à nos désirs. Nous devions dire aussi ce que nous avions vu, ce que, comme quelques observateurs, nous avions constaté; nous l’avons cependant fait le moins souvent possible. Quand il s’est agi de coordonner nos matériaux un nouvel embarras s’est présenté : contre les différentes classifications admises par les auteurs modernes on peut toujours diriger des reproches fondés. « Toute division de tissus est par elle-même artificielle, et répugne un peu à la nature, disait, il n’y a pas encore une année, en ouvrant son cours, le savant» professeur que vient d’acquérir le Muséum d’histoire naturelle (1); aussi nous déclarons ne pas plus tenir à l’une qu’à l’autre, car, du reste, il importe assez peu dans quel ordre on étudie graphiquement les différents tissus. Nous n’avons cependant pas voulu le faire au hasard; un ordre méthodique a toujours de grands avantages. Nous avons donc, comme M. Gerdy, divisé les tissus généralement répandus dans l’organisme sous six chefs : le premier comprend le tissu gélatineux de M. Gerdy, albugineux ou résistant, sous lequel viennent se ranger le tls-su cellulaire et les différentes parties qu’on en a souvent considérées comme des modifications; le deuxième, les cartilages; le troisième, les os; le quatrième, le système nerveux; le cinquième, les muscles; et le sixième, enfin, l’épiderme et les appendices tégumentaires.

(1) M. Serres, Cours d’anatomie et d’histoire naturelle de l'homme^ 1839. 1 840. — Bouvaist.

S Du tissu cellulaire.

Le tissu cellulaire est une masse sub-gélatineuse, pellucide, décolorée, qui çà et là contient des fibres en vestiges, d’une extrême ténuité. Dans des auteurs on trouve pourtant la négation de ces caractères; ils sont factices pour beaucoup d’entre eux; dus aux préparations qui, selon la volonté de l’anatomiste, montrent le tissu composé de cellules, de lames ou de fibres. Ainsi, tandis que, d’après Haller et Biefiat, ces éléments existent déjà pendant la vie, selon Wolff, Rudolphi et Meckel , ils n’apparaissent qu’après la mort, parla coagulation. Quesnoy, Bordeu, Blumenbach, Platner, Autenrieth, Prochaska, Tréviranus n’y admettent pas non plus l’organisation; ce n’est toujours qu’une substance tenace, visqueuse, amorphe, continue, ne présentant pas de cellules normalement; tels sont les hommes qui se déclarent contre l’organisation. Voici en résumé les raisons qu’ils apportent : 1° L’inspeetion ne démontre aueune apparence de fibres, ou de lames; si elles viennent à s’y développer elles sont dues aux préparations. 2° Les prétendues cellules n’existent jamais, elles sont dues à la présence de corps étrangers, comme l’air insufflé. 3® Dans le fœtus comme dans les dernières classes d’animaux, on ne découvre non plus aucune organisation. Certes, si ces trois négations étaient fondées, nous conclurions bien vite avec les auteurs desquels elles émanent; mais par une observation minutieuse on arrive aux résultats opposés. Nous n’avons d’autres preuves à donner que de dire: Examinez avec soin et sans dilacérations, sans préparations, vous verrez des cellules, des lamelles et des fibres; examinez-le à son état primitif, et dans cette masse gélatineuse vous verrez encore des vestiges de filaments très-grêles, ou plutôt vous verrez en suivant sa génération, des corpuscules qui passent peu à peu de cet état à celui de filament par un allongement progressif. Si vous ne vous contentez pas de l’examen chez l’homme , vous trouverez encore le même état de choses chez les mammifères, les oiseaux, les amphibies et les poissons, car

J. Muller s’est aussi trompé quand, sortant de la simple observation pour scruter des vues qui échappent à notre faiblesse, il a dit que, la nature voulant des différences, le tissu cellulaire doit varier, à moins qu’on n’excuse sa pensée par les simples différences de grosseur dans le calibre des fibres, qui, en effet, varient sous ce rapport.

Quoi qu’il en soit, elles existent assurément, et à chaque époque il s’est trouvé des hommes qui les avaient vues à opposer à ceux qui les ont niées, et pour ne parler que des professeurs que nous avons pu connaître, Béclard, Richerand, Cruveilhier, de Blainville, Cloquet, qui s’en sont particulièrement occupés, admettent avec presque tous les contemporains, que le tissu cellulaire est formé de fibres et de lames, qui par leur entre-croisement forment des cellules.

11 ne semble donc plus possible qu’on se refuse à y voir l’organisation, mais quelle est-elle intimement? C’est toujours sur ce point que nous trouverons des dissidences plus grandes, car à me.siire qu’on pénètre plus profondément, l’obscurité augmente. Comme toutes les autres, les fibres du tissu cellulaire ont été vues composées de globules (voir les considérations générales et le ^Muscle)', Krause et Jourdan disent seulement qu’il est composé de lames pâles et élastiques. Ruysch consïclère le tissu cellulaire comme vasculaire; Mascagni, Arnold, M. Cruveilhier, admettent qu’il est composé de vaisseaux blancs. Fontana et Tréviranus ont décrit des tortuosités; elles sont tout à fait accidentelles , et ne proviennent que de la manière dont la partie est disposée sous l’objectif. Certes des vaisseaux nombreux parcourent le tissu cellulaire ; mais le tissu lui- même est autre chose : il est composé de grandes vésicules à parois ; ces parois sont formées de fibres trèsdélicates , cylindriques , d’autant plus fortes, d’un diamètre d’autant plus grand, qu’elles appartiennent à un animal plus fort et plus grand. Réunies en faisceau de cinq à dix, d’un diamètre, chez l’homme, de 0,0005 de ligne, trois fibres du tissu cellulaire prises entre les couches de l’aorte du bœuf égalent, d’après M. Rœuschell (1),

(1) Rœuschell, De arteriarum et venarum structura. Vratislaviæ, 1836.

Vm c’est-à-dire qu’une fibre égale 0,00208. C’est dans leurs

intervalles que se trouvent les vésicules qui logent la graisse; janoais elles ne s’anastomosent; Valentin en donne une figure qui les représente exactement.

Modifications. — Dans plusieurs tissus on rencontre des fibres qui paraissent à juste titre devoir être rapprochées de celles du tissu cellulaire : tells sont les membranes séreuses, synoviales, aponévrotiques, les ligaments, les tendons, le tissu jaune. Quand on les examine successivement, on est presque tenté d’admettre ce principe, que les différents tissus se rapprochent par quelques points , et qu’ils se repoussent par d’autres, au moins est-ce vrai dans ce cas : en suivant cette série, on constate en effet des différences mais aussi des analogies bien grandes, qui ne permettent pas d’y trouver plusieurs types. 11 faut avoir cherché ces différences, l’œil sur le microscope, pour savoir combien il est difficile de les montrer, souvent même de les apprécier; combien ne le serait-il pas davantage de les décrire ?

langage sait si peu se prêter aux mille nuances dont les organes nous transmettent les sensations ; aussi à ces minimes ^ariétés près, dont l’habitude des observations est seule propre à donner l’idée; l’histoire anatomique des séreuses, des aponévroses, des ligaments, etc., est tout entière dans ce qui précède, au point de vue de la fibre élémentaire bien entendu. Dans la séreuse, à peine avec l’habitude pourra-t-on trouver autre chose que des fibres de tissu cellulaire parfaitement, normales toujours même aspect, toujours même diamètre, de V400 à Vsoo de millimètre en général : nouvelle raison à joindre à tant d’autres en faveur de leur identité. Mesure-t-on ensuite les fibres des aponévroses, on les trouvera un peu plus épaisses, celles des ligaments, surtout, comme déjà on a vu le tissu cellulaire varier lui-même, soit dans les différents organes , soit chez les animaux de forces inégales : les préparations les laissant dans un état plus complet d’intégrité, on sera aussi en droit de conclure à une plus grande solidité. A elle

se joint dans les tendons un arrangenaent plus régulier; elles étaient dans les tissus dont nous venons de dire un mot, jetées au hasard, disséminées çà ^et là, s'intriquant sans ordre, les fibres desmeuses, au contraire, sont directement et parallèlement disposées, un peu ondulées, comme l’avait déjà vu Fontana, et de plus réunies en faisceaux. Voilà, nous semble-t-il, tout ce qu’on peut en dire sans sortir de l’observation. Un ancien aide de clinique de l’école de Dijon imprimait, à la fin de l’année scolaire dernière , dans sa thèse inaugurale (1), quelques caractères qui nous parurent un peu hasardés: ainsi il a dit que la fibre desmeuse est très-ténue, blanche ou grise, souple, peu élastique, insensible, mais surtout comme trait caractéristique fortement résistante; quant à cette dernière qualité, nous partageons pleinement l’avis de M. Agnely. Par la solidité comme par la disposition des fibres les aponévroses et les ligaments tiennent pai’faitement le milieu entre les séreuses et les tendons. Le diamètre des fibres du tissu scléreux est en général de 0,0030 de ligne, selon Schultze (2), ou de 0,0015 à 0,0018, d’après Krause (3).

A l’égard des artères et des veines bien peu de travaux existent ; il nous a été possible seulement de prendre connaissance d’une thèse, publiée en Allemagne par M. Rœuschell. Jusqu’à ces derniers temps on ne connaissait de la structure des artères et des veines que ce que la vue seule pouvait nous montrer, leurs diverses membranes, leurs situations , etc. ; le microscope devait aussi nous apporter sa puissante autorité, et avec ses secours on a pu se demander et trouver quelle est l’expression de leur organisation.

Bichat a émis l’opinion qu’il y a analogie entre leurs fibres et celles des ligaments jaunes, surtout celui du ligament cervical des quadrupèdes, leur texture mieux examinée a fait voir des fibres d’une nature toute particulière et différente de celle qu’on peut voir dans les tendons.

(t) Thèses de la Faculté; Agnely, 1839.

(2) Sj stematisches Lehrbuch der vergleichenden Anatomiej t. i, p. 124.

(3) Handbuch der menschlichen Anatomie, t. i, p.51.

Si on soumet au foyer du microscope une portion d’artère dans une coupe transversale, on remarque des fibres qui, en partie, suivent un ordre longitudinal , et en partie se dirigent transversalement ou d’une manière oblique , en sorte que ces fibres analysées décrivent de petits circulaires, ce sont des fibres longitudinales; ou des ellipses, ce sont les fibres obliques; leur diamètre peut être défini d’une manière certaine.

Ainsi les membranes des artères et des veines sont composées de ces fibres primitives à peu près rondes , dont on aperçoit deux couches dans une coupe transversale. Dans la couche interne on les voit former les fibres circulaires de l’artère, dans l’externe elles apparaissent différentes entre elles, par leur grandeur et leur transparence, et sont composées de petits cercles et d’ellipses; elles forment les fibres longitudinales et les fibres obliques. L’espace que ces fibres laissent entre elles est rempli par des fibres de tissu cellulaire, plus ténues dans la couche interne, mais plus fortes dans la couche externe, elles varient entre Vsoo et Vgoo de millimètre de diamètre.

L’anatomie comparée a aidé à la reche.'’che de ces caractères , mais elle a mal inspiré M. Rœuschell qui, dans une coupe transverse voyant des points noirâtres au centre de chaque fibre, dans le bœuf et l’oie, en a induit qu’ils étaient dus à des vaisseaux qui, comme dans les cheveux , parcourraient chaque fibre.

Outre ces parties constitutives, on rencontre encore des fibres cellulaires: ces fibres, au microscope, diffèrent des fibres élémentaires élastiques, par leur extrême ténuité et leur transparence plus grande. Nous renvoyons à la fibre cellulaire pour ses autres caractères.

On rencontre des fibres élastiques élémentaires dans la tunique interne et dans la tunique moyenne : l externe , soumise au microscope, ne fait voir que des fibres tendineuses et des fibres cellulaires, suivant, quelques-unes une direction oblique, mais la plupart une direction longitudinale. M. Rœuschell prétend y avoir trouvé quelques fibres élastiques filiformes, telles qu’on les voit dans la fibre moyenne; elles suivent la même direction que les fibres celluleuses et se mêlent quelquefois avec elles.

La tunique la plus interne des artères est composée de fibres filiformes très-petites comme broussailleuses. Ces fibres se séparent trèsinégalement en différentes directions, viennent à se toucher l’une et l’autre, puis continuent en se divisant, et laissent entre elles de petits espaces , ce qui donne à cette membrane une apparence plane avec des points nombreux et des interstices plus grands. On ne peut pas la confondre avec la couche interne de la tunique moyenne qui lui est adjacente, parce que celle-ci renferme des fibres longitudinales remarquables , commme nous allons voir.

La membrane moyenne présente les fibres les plus nombreuses : la plus petite portion de membrane les fait voir distinctement, composées de fibres élastiques filiformes, suivant diverses directions et séparées entre elles par des lanières minces et transparentes qu’on prendrait facilement pour des fibres plus épaisses; évidemment ce sont des fibres cellulaires placées parallèlement à des intervalles égaux, formant des lames qui ont pour mission de séparer les diverses couches de fibres : on reconnaît qu’elles sont du tissu cellulaire, parce qu’après avoir fait dessécher une portion de membrane, si on la trempe dans l’eau , pour lui rendre sa première mollesse, on remarque qu’il est plus facile de décoller les fibres élastiques , qui ne sont plus retenues que par une substance molle transparente qui manque tout à fait de forme fibrillaire.

La direction des fibres est variable: près de la tunique interne elles sont longitudinales; dans la partie moyenne et la portion externe elles sont en partie transversales et en partie obliques.

Les couches de fibres, admises dans les artères, ne se rencontrent plus dans les veines: ici elles ne sont plus distinctement séparées, la membrane interne paraît avoir la même structure que celle des artères, la tunique celluleuse aussi, mais l’apparence de ce tissu est bien plus mou et plus lâche.

Dans la peau et les membranes muqueuses, abstraction faite du tissu cellulaire qui s’y trouve, il ne paraît réellement pas qu’il y ait des fibres. Ce n’est pas que ceux qui ont dit le cont raire aient donné des observations

dont il resteàdémontrer les erreurs; nous l’avons déjà fait pour celles de • Milne Edwards, qui les a reconnues lui-naême. On ne trouve guère, en faveur de l’opinion que nous contredisons, que des vues à priori comme celle-ci : Considéré sous le point de vue de sa substance, le système cutané aparaît à Burdach (1) comme un développement supérieur de celui du tissu cellulaire; il serait formé, lui semble-t-il, par des couches nombreuses, superposées et condensées. Il y a là de la philosophie; plus que personne nous la désii’erions dans les études naturelles, mais elle n’y doit venir qu’en son temps, c’est-à-dire après l’observation des faits : nous aurions donc voulu voir Burdach prendre d’abord le microscope et décrire une fibre observée dans le derme. S’il en existait , on peut dire qu’elles n’auraient pas échappé à MM. Breschet et Roussel (2), pour lesquels la structure de la peau n’a rien conservé de caché.

S II. Tissu cartilagineux.

Les cartilages ont été peu étudiés jusqu’ici , et même les hommes qui s’en sont occupés ont à peine publié des notes abrégées de leurs travaux.

Ils sont, d’après leurs caractères microscopiques, divisibles en deux grandes classes : dans l’une, il y a des fibres; dans l’autre, on n’en rencontre pas. La première n’est qu’un développement supérieur de l’organisiition de la seconde ; il est facile de s’en rendre compte. En effet, dans celle-ci existent des corpuscules qu’on voit, lorsqu’on en étudie les transformations , abandonner leur état primitif et s’en éloigner insensiblement de plus en plus par leur allongement, jusqu’à ce qu’enfin ils aient pris la forme fibreuse. Ces corpuscules sont

(1) Burdach, Physiologie, t. iv.

(2) Breschet et Roussel , Nouvelles recherches sur la structure de la peau, 1835. Voy. aussi Dissert, de epidermide humana , art. Wendt et Purkinje. V ratisl.,

tout à fait caractéristiques; ils se présentenl sous l’apparence d’un tissu jaunâtre, oblongs, elliptiques, de ‘/joo de millimètre, et disposés en séries assez régulières. Les fibres sont réunies en faisceaux qui constituent des lames par leur rapprochement ; dans la même lame , elles suivent toutes une direction semblable, mais celles des lames superposées se croisent entre elles sous des angles très- réguliers. Nous aurions voulu dresser deux listes des cartilages, basées sur ces différences ; mais le temps nous a manqué pour répéter le nombre considérable d’expériences qu’exigeait ce travail, et nous avons mieux aimé y renoncer que de les donner incomplètes.

D’a|)rès cela, on ne peut pas plus con.«idérer le cartilage comme une modification du tissu cellulaire que comme un os non achevé. Ce sont deux opinions vieillies, et qu’il faut abandonner. C’est un type d’organisation spéciale.

S III. Des os.

Les auteurs anciens se prononcent tour à tour pour ou contre une structure fibreuse: beaucoup adoptent des lamelles; des canalicules ne trouvent pas moins de partisans, et, pour un très-grand nombre, la vérité est dans la fusion des opinions exclusives.

Les os sont composés de filaments réunis entre eux, longitudinaux et parallèles dans les os longs (tubulosés), et divergents du centre vers la circonférence dans les os larges. Ces filaments primitifs sont celluleux. Ils s’incrustent de la matière osseuse. Telle est une des opinions les plus éloignées de nous ; exprimée par Malpighi (1), elle parcourt un long espace, et malgré les ouvrages qui souvent ont tendu à lui en substituer d’autres, elle arrive encore dans sa pureté native à Bichat (2), qui la transmet, sans la moindre modification, à

(1) Malpighi, Anat. plantarum. Lond., t675. — Opéra posthuma^ Lond. , 1698.

(2) Bichat, Anat. générale , t. II.

1840. — Bouvaist.

Meckel (1). Bœhmer(2), Reichel (3), Halier (4), Blumenbacîi (5), Duhamel (6), De Lassone (7), Marrigiies (8), avaient admis que des fibres entraient dans la composition des os ; mais elles ne les constituent pas essentiellement pour tous: aux yeux de quelques-uns, il s’y joint des lamelles. Haller adopte successivement l’une et l’autre forme, Sœmmering (9) les regarde comme composés, soit de fibres, soit de lamelles ou cellules. Des lamelles pures sont décrites par d’autres: ce sont Gagliardi (10) et Clopton Havers(ll) : celui-là parle de squames en nombre infini; celui-ci dit que les parties les plus minimes sont oblongues, adhérentes par leurs extrémités, disposées sans ordre. C’est entre ces lamelles que pénètrent les vaisseaux : ainsi apparaît l’opinion des canaliculcs, aujourd’hui si plein; ment confirmée. Albinus (12) répète exactement Havers ; Caldani (!3) proh-sse dans le même sens à Padoue. Non loin de lui, Medici(14) recourt à l’anatomie comj>arée pour prouver plus péremptoirement l’existence des

(I) Meckel, Manuel d’anat. hum. descrip. et path., t. t.

1^2) Bœhmer, Institiitiones osteologic..e, p. 13 et 14.

(3) Reichel, De ossium ortii et structura. Leipz., 1769.

(^4) Haller, Opéra minora^ t. ii, p. 1. — Eletn. phys., t. vili.

(5) Blumenbach, Gesch. u. Beschr. d. Knochen d. mensch. Kôrpers. Gœlting.,1786.

(6) Duhamel, Mém. de l’Acad. roy. des scienc.j 1741. t

(7) De Lassoue, Mém. de l'Acad. des scienc., 1751-1752.

(8) Marrigues.

(9) Sœmmering, De corporis humani fahrica, t. i.

(10) Gagliardi, Anatome ossium, novis inventis illustrata. Lugd.-Batav., 1723.

(II) Clopt. Havers, Novœ quasdam observationes de ossibus. Lugd.-Batav., 1734.

(12) Albinus, Adnotationes Acad., lib. vii, de constructione ossium.

(13) Caldani, Mcm. sulla struttura delle ossa umanc e bovine. Padova, 1804.

(14) Mediei, Esperienze inierno alla tessitura organica delle ossa , opusc. scient.; Bologna, 1818.

lamelles; mais il trouve en mémo tenjps des filaments et cl; s fibres: de là sa polémique avec Scarpa (!).

Avant de passer aux ouvrages contemporains, résumons ceci en un mot , car nous ne devotjs pas oublier le point de vue sous lequel nous nous sommes proposé d’envisager la question si difficile de la structure des princi{)aux systèmes d’organes. Nous sommes resté jusque-là dans ses limites, car nous avous cheiché quels auteurs avaient admis des fibres; mais gardons nous de nous laisser entraîner par le puissant attrait de ces recherches à toutes celles qu’elles soulèvent. Y a-t-il des fibres dans les os ? Nous avons besoin de nous replacer en face de notre but, dans la crainte d’en être détourné par le charme qui s’attacherait à l’analyse des beaux ti avaux dus aux dernières années. Ils ont probablement basé pour longtemps l’histoire de la structure osseuse; mais, encore une fois, ce n’est pas dans son entier que nous étudions cette structure: nous n’en considérons qu’un point. Or, deux idées capitales, faciles à résumer par les mots fibres et canalicules, dominent les travaux de nos auteurs. La fibrosité, instituée, pour ainsi dire, par Malpighi , réunit autour d’elle de grands noms : Meckel , Autenrielh (2) , Ruysch , Bichat , et même Haller et Sœmmering. On compte jusque-là moins de partisans des canalicules ; mais arrivons aux travaux modernes, ils fourniront une ample compensation. On y rencontre bien encore l’expression fibre; mais on s’est tant de fois servi de ce mot sans en préciser la valeur, qu’il nous est indispensable de puiser aux sources mêmes pour l’apprécier.

M. Gerdy (3)ayant trouvé le tissu osseux composé de tissu compacte, de tissu canaliculaire, de tissu réticulaire ou réticulé, et de tissu aréolaire ou celluleux, dit, en parlant du premier, qu’il a dans certains os l’apparence fibreuse. Ces fibres semblent longitudinales dans les

(1) Scarpa, Comment, de ossium penitiori structura.

(2) Autenrielh J Handbuch d. empir. mensch. Phjrsiol., t. ui, p. 359.

(3) Gerdy, Note sur la structure des os. — Bulletin clinique, N® 4, 1®'' août 1835.

os longs, rayonnées ou irrégulièreinent divergentes dans plusieurs os plats, tels que les pariétaux, la partie supérieure du frontal, de l’occi* pital et du temporal. Pour M. Gerdy, comme pour Scarpa, cette apparence n’est qu’illusoire ; elle est due à des sillons, ou même à des canaux vasculaires. Ils sont parallèles entre eux dans les os longs, très fins et très-serrés, à parois criblées de trous vasculaires. Ils ne diffèrent du tissu canaliculé que parce que les diamètres de ces trous, et leurs diamètres propres sont beaucoup moindres que ceux qui se rencontrent dans celui-ci. Rien n’est plus facile à concevoir que l’origine de l’erreur consistant à regarder ces parties comme des fibres, quand on réfléchit que chez l’adulte, et dans un os sain, on ne distingue presque aucun canal, presque aucun trou. H faut, pour la dissiper, invoquer les secours de l’anatomie comparée, de l’anatomie pathologique, et de l’ostéogénie ; il faut examiner des os d’enfants, des os de fœtus, et des os malades : alors, comme M. Gerdy, on trouvera le tissu compacte tout à fait semblable au tissu canaliculé , on ne doutera plus de la vascularité des prétendues fibres osseuses. «M. Gerdy n’a, d’ailleurs , point fait usage du microscope dans ses recherches, et nous le regrettons, dit le savant rapporteur (1) de l’Académie des sciences, parce qu’à l’aide de cet instrument , il aurait pu donner à son travail tout le fini désirable, et ne rien laisser à trouver après lui. » Il y a peu de différence entre ces faits et ce que publiait, en dernier lieu, M. Bourgery (2) ; car, tout en donnant un autre usage à la fibre, il la considère aussi comme voie circulatoire.

Voilà pour les recherches faites à l’œil nu ou à la loupe. On doit> en grande partie, aux Allemands celles pour lesquelles on s’est aidé du microscope; et on éprouve ici la grande satisfaction de voir que les résultats qu’elles ont fournis sont presque toujours^ identiques , et

(1) Breschet, Rapport sur le mémoire de M. le docteur Gerdy (Commissaires, MM. de Blaiiiville, Serres et Breschet), 28janv. 1839.

(2) Bourgery, Traite de Tanat. de Thomme, t. iv, p. 144 , 1838.

de plus, confirmatifs des précédents. Leuwenhœck, auquel il faut remonter pour l’étude de chaque tissu en particulier, tant ont été variées ses investigations , reconnaît la structure canaliculée. Clopton Havers , Reichel, Howship (1), MM. Purkinje, Valentin, Deutsch (2), Miescher(.3}. Blainvllle, Serres et Breschet l’admettent tous ; mais nous cherchons en vain des descriptions de fibres. Il s’en faut toutefois que pour tous ces observateurs l’os ne soit composé que de canalicules. MM. Miescher, Deutsch, etc., décrivent en outre des lamelles, principalement dans le tissu compacte. Leuwenhœck, d’abord, et récemment M. Purkinje, etc., ont décrit des corpuscules, etc. Il serait facile et bien intéressant sans doute d’analyser ces nombreux travaux; mais les limites de notre ouvrage ne le comportent pas, et ils ne se rattachent pas assez immédiatement à ce qu’il a pour but d’élucider. La conclusion générale qu’on en peut tirer, c’est la négation des fibres comme élément de la structure des os. Nous n’avons certes jamais pensé à nier l’existence des parties du tissu compacte auxquelles on en a trouvé l’apparence. Ce serait nier la lumière; mais ces parties sont canaliculées. Les travaux de M. Geidy Tout suffisamment démontré; et puis, fussent - elles même solides, nous demanderions qu’on en changeât le nom, trop propre à induire en erreur : car, quelle analogie y a-t-il entre une partie visible à l’œil nu et ces organes si déliés que nous avons trouvés dans les muscles , dans les nerfs , etc. , et appelés Jibres élémentaires P

Nous ne disons pas, soyons bien compris à cet égard, qu’il n’y a pas de fibre élémentaire osseuse ; nous disons seulement qu’elle n’a pas été vue ju.squ’à présent. Agir autrement, ne serait-ce pas nous assimiler volontairement aux anciens chimistes, pour lesquels il y avait

(1) Howship, Transactions de la Société médico-chirurgicale de Londres.

(2) , De penitiori ossium structura obserrationes. Vratislaviæ, 1835.

(3) Miescher, De injlammatione ossium eorumque analome generali. Berolitii ,

quai re éléments ? Qui peut assigner des limites à la nature ou à la science; ce que celle-ci ne connaît pas aujourdhui peut-être le connaîtra t-elle demain. Nous savons que M. Serres vient de s’emparer de ce point d’iiystologie ; espérons que, traité avec le talent d’observation dont tous les travaux qu’il a livrés aux savants portent le cachet, il acquerra un nouveau degré de certitude.

§ IV. Du système nerveux (f).

Instrument des facultés les plus élevées , le système nerveux a été un objet de prédilection pour un grand nombre d’anatomistes. Le scalpel, la loupe, le microscope, sont les armes dont ils se servirent pour connaître son ensemble, ses rapports avec les autres tissus, sa disposition particulière dans chacun , et l’arrangement propre des parties qui le constituent. De ces différents points, le dernier seul est de notre ressort, et certes c’est le plus difficile, car il reste fort peu à dire sur les autres, après les travaux (sans excepter ceux des anciens) des Vicq-d’Azyr, Rolande, Sœmmering, Gall , Spurzheim, Meckel, Tiedemann, Cuvier, Carus,' Burdach , Bichat, Serres, Cruveilhier, etc.

A la première inspection , certaines parties de la substance constituant le système nerveux paraissent composées de fibres; dans la moelle, on les distingue, tant d’après leur couleur, quand elles traversent la substance grise, qu’en comparant l’aspect de coupes longitudinales et transversales, et en essayant de la déchirer ou de la râcler dans diverses directions. Là même où sa mollesse ne permet pas de la traiter ainsi, et fait qu’elle semble une masse complètement homogène, sa texture fibreuse se manifeste dès qu’elle acquiert plus de consistance, soit par des circonstances pathologiques, soit par les préparations qu’on lui fait subir à l’aide de réactifs chimiques. Dans les

(t) Nous avons puisé dans les livraisons (muscles et uerls) de V Anatomie microscopique de M. Mandl, d’utiles renseignements sur les ouvrages à consulter.

nerfs, l’aspect fibreux est encore plus patent. Après avoir incisé leur gaine névrilématique , on aperçoit un grand nombre de petits cordons parallèlement placés les uns auprès des autres; mais cherche-t-on à les écarter, on reconnaît qu’ils sont séparés par du tissu cellulaire, qu’ils s’intriquent entre eux de mille façons , en s’envoyant des anastomoses, paraissant se décomposer et se recomposer sans cesse, et qu’ils sont inégaux dans des nerfs différents comme dans le même nerf. Pousse-t-on plus loin l’examen, comm-nce-t on à faire de l’anatomie fine, on voit que chaque cordon, comme les nerfs eux-mêmes, est pourvu d’une enveloppe fibreuse, d’un névrilème propre, et dans le névrilème apparaît une organisation jetée comme dans le même moule que la précédente. Mais la loupe ne donne pas de renseignements plus précis; pour pénétrer intimement, il faut toujours recourir au microscope. Ces choses, faciles à constater par des expériences presque superficielles, ont fait presque en général admettre l’idée d’une structure fibreuse , soit que les hommes qui l’ont adoptée s’en soient contentés, soit qu’ils aient eu recours à des procédés d’investigation plus puissants. Elle n’a cependant pas été unanimement reconnue, et nous trouvons dans l’histoire de la structure du système nerveux deux faits à citer; mais ce n’est que comme historiques qu’ils peuvent être rapportés aujourd’hui. L’un, pourtant, est encore moderne, et il mériterait d’être réfuté, si son auteur n’avait été égaré par des illusions d’optique : c’est celui de Mascagni (1), qui a vu là, comme partout, des vaisseaux I absorbants; l’autre date de l’enfance de la science : on sait que Malpighi (2) voulait que la structure du cerveau fût glanduleuse ; il a trouvé des sectateurs, mais il n’en est plus aujourd’hui.

Puisque nous en sommes au chapitre des erreurs anciennes , finis sons-en avec une autre du même genre, pour n’avoir plus à y reve-

(1) MascagDÎ, Prodromo délia grande anatomia. Fireoze, 1819.

(2) Malpighi, Account of some discoveries concerning the brain, optic. nerves^ etc., Phil. trans., 1667, p. ^ opéra posthuma. Amslelodami, 1700.

uir. Deux ou trois ans auparavant , Nebel (1) regarde les nerfs comme composés de fibres entortillées comme des intestins; cinquante ans plus tard, Molinelli (2) en reparle comme d’une disposition visible, non-seulement avec un minime grossissement, mais encore à l’œil nu. Et enfin , le docteur Smith de Birmingham aurait dit à Monro (3) l’avoir trouvé : celui-ci insiste en en parlant. Il n’y a pas de fibres droites dans les nerfs : elles sont entortillées, convolutées, de V%o de pouce de diamètre, non creuses, mais solides; il réclame l’honneur de la découverte, nous aurions pu dire de l’invention; on voit, du reste, qu’elle ne lui appartenait pas. En tout cas, il n’y aurait pas eu grand mérite , puisqu’il était dans l’erreur; il en a eu davantage à la publier, lorsque, rencontrant partout ces fibres, même à la surface des métaux, il fut forcé ne n’y plus voir des nerfs. Que cet exemple n’estil plus suivi, nous aurions moins de mensonges, énoncés d’abord avec bonne foi , soutenus ensuite par amour-propre. Notons pourtant que le professeur d’Edimbourg a peut-être vu autre chose que ces lignes sinueuses qui se retrouvent partout, et que, dans sa description , il y a peut-être du vrai; mais , en tout cas, en acceptant cette possibilité, faisons bien observer que ce qu’elle rapporte ne se retrouve pas normalement, et que ce ne serait que le produit d’une altération. Cette remarque nous est suggérée par l’observation de Tréviranus qui , (4), après avoir assez bien entrevu la structure des nerfs à l’état frais , a vu, en les faisant macérer pendant vingt-quatre heures dans l’alcool, des masses en forme d’intestin. Fontana (5) avait aussi parlé d’une

(t) Nebel, De nervorum et tendinum fibris cincinnatis. Miscell. Acad, natur, 1697 et 1698.

(2) Molliaelli, Comment, institut. Bononiens , t. iii, 1755.

(3) Monro, Observations on the structure, and functions of the nervous System. Edimburg, 1783.

(4) Tréviranus, f^ermischte Schriften. Gœttingen, 1816.

(5) Traité sur le venin de la vipère, t. il. Florence , 1781.

substance intestinale; elle est conaposée de cylindres ou canaux trans- ])arents irréguliers, se repliant en manière d’intestins, à parois toutes raboteuses, et dans l’intérieur desquelles se retrouve un autre cylindre plus petit et uniforme. On verra, quand nous aurons donné la description exacte de ces organes, tout ce qu’il y a de vrai et de bien observé dans ces deux lignes; mais on pensera probablement avec nous que cette apparence intestinale trouva ses raisons dans des modifications accidentelles si faciles à produire dans une substance délicate comme le cerveau par la compression , la division mécanique plus ou moins forte, la macération plus ou moins prolongée, selon qu’elle se trouve à l’état frais ou desséché, etc,, toutes circonstances qui ont tant influé sur les différents aspects avec lesquels on l’a décrite. Aussi, nous n’hésitons pas à le dire, la fibre élémentaire nerveuse est, de tous les organes , celui dont l’étude exige le plus d’habitude du microscope. Que faut-il de plus pour prouver une proposition comme

celle-là, que les détails dans lesquels nous allons entrer, détails des-

quels il résulte qu’il faut arriver jusqu’aux travaux d’Ehrenberg (1 ) pour avoir des observations microscopiques exactes, et encore luimême n’a point vu la fibre élémentaire : ce que les autres ont donc décrit, tous en y croyant avoir trouvé le dernier terme de la divisibilité organique, n’était que la réunion d’un nombre inouï d’organes , c’était un faisceau de fibres.

D’après cela, devrions-nous passer tous leurs travaux sous silence ? Cela n'était pas possible: en pareille matière, les assertions n’ont pas de valeur. Il faut les preuves à l’appui, et les preuves ne se trouvent que dans les faits. Parmi les observations qui ont précédé celles de M. Ehrenberg, il s’en trouve de fort exactes : c’est un mélange de vérités et d’erreurs , où les premières sont au moins en aussi grand nombre que

(1) Ehrenberg, Mémoires de V Académie de Berlin pour 1834 ; Berlin, 1836.

J 840. — Bouvaist.

los secondes; et d’ailleurs, n’y seraient-elles éparses que çâ et là, encore faudrait-il les distinguer : dci pareilles recherches fournissent toujours d’utiles renseignements.

;‘Si donc nous jetons d’abord un coup d’œil d’ensemble, nous voyons les observateurs se diviser en deux classes; Les uns, et c’est le plus grand nombre, affirment une structure globuleuse; les autres ont signalé des tubes plus ou moins réguliers. Cette opinion aujourd’hui est généralement admise; leur existence est hors ide doute; les globules , au contraire, n’existent pas primitivement; ils ne sont que le produit de la macération et de la compression. Leuwetdioeck (1) l’avait déjà bien entrevu : après les avoir décrits et avoir dit qu’ils présentent des différences dans la substance corticale, qu’ils sont trente six fois plus oetils que les globules sanguins, il dit qu’ils peuvent bien être le résultat d’une altération: enfin plus tard, comme nous le verrons bientôt, il -abandonne cette opinion. Elle compte parmi ses partirans Délia Torre (2), qui donne la description suivante : Les nerfs sont composés de filaments droits, non transparents, d’une délicatesse extrême, non caiialiculés; entre eux existent une foule de globules ronds et transparents. Dans la 8ubstance..corticale duncerveaii jil, a trouvé des globules et des corpuscules oblongs plus grands que ceux des nerfs: ils forment ensemble' des espèces de ramifications ; ils diminuent de grandeur, et augmentent de nombre par la compression; la moelle en contient aussi un grand nombre, Malacarne (3) en signale l’existence ; Prochaska i(4) les dit huit fois plus petits que ceux dui sang, très-ir- •régulieps non en rapport avec les différentes; parties du système nerveux ; toutefois, dans les nerfs proprement dits, ils sont disposés en

(1) Leuwenhoeck, Philosoph. transac., 1G74 et t677.

(2) Délia Torre, Nuove osservazioni microxcopiche^ in Napoli, 1776.

(3) Malacarne, Nuovi espositione dell. cereveletlo humano. Torino, 1776,

(4) Prochaska, De structura nervorum traclatus anatomicus. Vindobonæ, 1779.

séries régulières. En opposition avec lui, Reil (1) les allribue à une iliu.sion d’optique; Barba (2), au contraire, en trouve particulièrement dans les centres, comme dans les parties périphériques: ils soèt transparents, égaux, et disposés en séries rectilignes, très-visibles dans les nerfs de l’ouïe et de l’odorat; mais' n’oublions pas que c’est après une forte compi’ession et une macération de deux jours, et nous n’avons pas besoin de rappeler ce que nous avons dit de ces moyens. Ils sont aussi mis trop en usage par S. et C. Wenzel (3) pour qu’on puisse tirer quelques conclusions de leurs recherches; Sprengel (4) est simplement porté à y croire. Dans l’intérieur des tuyaux de Tréviranus, il y a de petits globules, les fibres mêmes en sont formées aux yeux de Bauer et Home (.5); ils sont plus petits dans la substance grise, où ils présentent un diamètre de V3200 à ^4000 de pouce anglais; il est de %m dans ceux de la moelle. MM. Edwards (6), Prévost et Dumas (7] ont trouvé la fibre de Fonlana formée de quatre fibres constituées par une série de globules de V300 de diamètre, dont deux se trouvaient au bord des tuyaux, et deux dans l’intérieur; la fibre primitive de Fontana est donc la fibre secondaire de Prévost et Dumas, et les quatre fibres intérieures sont pour eux les véritables fibres élémentaires. Les fibres secondaires ont un diamètre de Vm à V75 de millimètre; elles ne s'anastomosent pas ensemble. Les globules sont encore dessinés dans les planches de Carus(8) représentant les nerfs et

(1) Reil, Exercilationum anatomicarum /ascicnlus primus. — De structura nenoritin. Halæ Saxonum , t796.

(2) Barba , Osservazioni microscopiclie sut cerevelto c sue parti adjacenli. Napoli , t807.

(3) Weüzel , De penitiori structura cerebri hominis et brulorum. Tubingæ , I8t2.

(4) Sprengel, Amstelodami , 1809.

(5) Philos, transact. 1818.

(6) Edwards, Mémoire sur la structure élémentaire tleS principaux tissus. 1823.

(7) Prévost et Dumas , Magendie , Journal de physiologie. 1823.

(8) Carus , ^&\\er, Nalurlehre des Menschen. Dresden , 1826.

la substance corlicale du cerveau ; ils existent dans le cerveau d’après Hodgkin et Lister (t) , naais les nerfs en seraient dépourvus, tandis que M. Dutrocliet (2) les considère conoreie un cylindre dont les parois sont composées de globules juxtaposés confusément. On ignore, du reste, si ce cylindre est plein ou tubuleux. Ils y sont retrouvés aussi bien que dans le cerveau par Weber (3) : les premiers ont de Veooo à V8400 de pouce, c’est-à-dire d’un tiers plus petits que les globules sanguins; Arnold (4) les adopte ainsi que Burdach, qui avait particulièrement connaissance des travaux d’Ehrenberg ; celui-ci est combattu aussi par Krause (5), qui prétend que le cerveau est formé de fibrilles solides composées d’une masse soluble dans l’eau, et de globules blancs sphériques du diamètre de Vsoo de ligne. Valentin (6) parle enfin de globes placés entre les fibres d’une façon assez compliquée. Us ont une existence isolée les uns des autres, comme de celle des fibres; si celles-ci se trouvent parallèlement les unes à côté des autres, elles constituent la formation des nerfs; si, au contraire, le parallélisme est détruit, cette forme est appelée formation de plexus. La forme des globules est très-variable, plus ou moins ronde, ou allongée, avec un nucléus tout à fait transparent. Toutefois, nous ne les plaçons à côté des descriptions précédentes que pour ne point paraître les avoir oubliés , car, s’il y a de l’analogie entre ces globes et les globules des auteurs , il y a aussi bien des différences.

On serait effrayé de la pensée de s’attaquera une opinion soutenue par tant d’observateurs du premier mérite, si on n’avait été précédé

(1) Hogdkia et Lister, o/" philosophf for aug. 1827.

(2) Diitrochet , Mémoires pour servir à l'histoire des animaux et des végét. 1837.., 3) Weber. Hildebrandt’s Anatomie des Mcnschen. 1830.

(4) Arnold. Physiologie des Menschen. Zarieh, i836.

(5) Krause, Poggendorf, Annaleh der physik. 1834.

(6) Valentin , Vratislaviæ, 1836.

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