CHAPITRE IV
Connexions intimes de l notion cérébrale avec les J onctions d organisation et de reproduction.
Le cerveau est, comme nous l’avons dit, le centre primitif de tous les phénomènes de la locomotion. La volonté est excitée par le jugement et les passions; la volition est le résultat de son exercice, et, transmise par les cordons nerveux, elle est exécutée par l’appareil musculaire. Tous les mouvemens ont pour but l'entretien de nos relations avec les objets extérieurs , la conservation de l’individu ou celle de l’espèce; ainsi, tantôt ils se rapportent aux actes de l'intelligence , tantôt aux déterminations instinctives.
i ° L action cerebrale est liee avec la digestion , puisque la section de la paire vague affaiblit les forces digestives, puisque des dissections fréquentes ont fait voir une correspondance réciproque
entre les maladies du bas-ventre, et les altérations du produit des facultés mentales.
2° L’action cérébrale est unie avec les mouvemens respiratoires, puisqu’une lésion du nerf vague ou du nerf diaphragmatique les fait disparaître.
3° L’action cérébrale est intimement liée avec la circulation puisqu’en interrompant leurs relations on suspend l’une et l’autre à-la-fois; les battemens du coeur cessent par une blessure de la partie supérieure de la moelle épinière ; la ligature des artères carotides et des vertébrales , est suivie de la mort la plus prompte ; l’alllux plus abondant du sang artériel vers la tête développe les opérations de l’intelligence.
4° L’action cérébrale a des rapports particuliers avec la génération : ainsi , lors de certaines époques, le développement du système reproducteur , créant un nouvel ordre de sensations , entraîne des changemens remarquables dans les
dispositions morales, comme dans la constitution physique.
Enfin, l’action cérébrale est nécessaire aux sé-
çrétions, à la nutrition, à la calorification , et se rattache d une manière générale à l’organisme animal: les passions violentes , les méditations profondes , se peignent , en effet , par des signes manifestes dans tout 1 individu • la cessation subite de tous les phénomènes vitaux est la suite d’une apoplexie foudroyante : les acéphales ne pourraient donc subsister.
Nous avons successivement examiné l’appareil renfermé dans le crâne et dans le canal vertébral, etc. ; mais le cerveau serait-il partagé en plusieurs départemens organiques, suivant l’ingénieuse expression de Bordeul et serait-ce sur chacune des divisions de ce viscère que le principe intellectuel agirait tour— à— tour pour décider les différens actes de la pensée ? Celle hypothèse appartient à des physiologistes du premier oi dre, et nest point entièrement dépourvue de
vraisemblance. Elle peut, au moins, faciliter l’explication de certaines aliénations mentales, limitées à une série particulière d’idées ; de certains phénomènes partiels de l’intelligence (comme les rêves, le somnambulisme ) ; enfin, de cette espèce de délassement qui suit le changement de méditation, et qui semble indiquer le changement de siège du travail de l’esprit. Peut-être aussi la multiplicité des fonctions cérébrales, et la différence d’énergie de chacune d’elles , se concevraient-elles mieux par l’existence de la pluralité des portions organiques, et par leurs divers degrés de dével oppement .
Ces subdivisions de l’encéphale n’excluraient
toutefois pas l’unité de son action : ainsi une vie
s’exerce bien avec plusieurs appareils, et une seule
volonté avec les nombreux instrumens de la loco- * / motion.
Peut-être les parties cérébrales nous laisserontelles un jour apercevoir leurs différens usages , et si chacune d’elles remplit une destination parti-
culière. Le Créateur, qui ne fait rien en vain , aurait-il mis inutilement tant d’art dans la formation du cerveau? aurait -il déployé, dans la structure de ce viscère , un arrangement si varié, sans attacher aucun dessein à chacune des pièces de cette savante architecture? mais nous doutons que ces usages puissent se transmettre à nos sens par la forme différente des protubérances du crâne.