‹ Des maladies nerveuses en général, de l'épilepsie en particulier, et des moyens de les combattre avantageusement; recherches précédées d'un court examen physique et moral du système nerveux, et mêlées de réflexions sur quelques changemens à faire subir à notre législationChapitre 21 sur 33 · JJ · texte numérisé non relu

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Nous trouvâmes, à sa lace interne, une tubérosité de forme olivaire , que nous conservâmes. Le blessé éprouva plusieurs accidens annonçant la commotion cérébrale. Ses facultés se rétablirent insensiblement, son corps prit de la force et de Faccroissement. Ce militaire lit les campagnes suivantes, devint sous-officier et officier,* il est aujourd’hui receveur des contributions directes dans une ville du midi , oit il se fa il remarquer par son exactitude et son intelligence.

Nous ne craignons pas de le répéter, la trépanation diminuerait de beaucoup le nombre des malheureux qui encombrent les maisons d’aliénés, malgré les soins bien dirigés de nos habiles médecins, MM. Pariset, Esquirol , etc.

Les habitans de quelques-unes de nos cirés seraient moins exposés à voir circuler dans les rues les insensés qui y excitent la pitié et l’effroi. Il est incontestable, que les maisons propres à recevoir les aliénés, ne sont pas suffisantes en France.

Section complète des Nerfs. Galien, Nuck,

Maréchal , Louis, Sabatier, Pouteau, Guérin, \alsalva, Marc-Antoine, Petit, etc., ont pratiqué > avec plus ou moins de succès, cette opération dans le traitement de quelques névralgies.

Un grenadier russe est frappé d’un coup de crosse de fusil au-dessus de l’orbite du coté droit. Les marques de la contusion furent bien vite effacées par le seul moyen des applications d’eau froide,* mais une quinzaine de jours après, au moment où le blessé se croyait guéri, la partie contuse devient sensible , la vue s’affaiblit dans l’œil droit , bientôt elle est nulle. Le soldat nous déclare qu’il est prêt à tout supporter pour guérir. Nous pratiquâmes sur-le-champ une incision sur l’endroit même où la contusion avait eu lieu; nous fîmes suppurer la plaie pendant près de vingt jours, et le malade recouvra insensiblement la vue.

Un officier danois, atteint de tétanos à la suite d’une plaie d’arme à feu , avec déchire-

menl de toutes les parties charnues et fracture des os de la jambe droite , allait succomber inévitablement à ces accidens. L’amputation de la cuisse fut faite , et cet officier guérit parfaitement.

Une demoiselle , auteur d’un roman où respire la plus vive sensibilité, éprouvait depuis dix-huit mois un tic douloureux de la face, lequel avait épuisé les forces de la malade, altéré ses facultés morales, et résisté à toutes les tentatives.

Nous parlâmes à cette demoiselle de la section du nerf sous-orbitaire, auquel nous attribuions la cause de ses longues souffrances : elle s’y soumit sans balancer. Ce rameau fut complètement incisé à sa sortie du trou du même nom, et elle marcha de jour en jour vers une guérison qui ne se fit attendre que deux mois.

E. Traitement moral .

Ici les secours religieux, proprement dits.

sont les grands ressorts que la Providence a mis à la disposition des ministres de la religion , pour calmer le désordre moral dans lequel sont tombés plusieurs individus , surtout depuis quelques années. Nous ne balançons pas à le déclarer, le jour où le sacerdoce et la médecine se donneront franchement la main, nous verrons

les plus redoutables de nos maux fuira jamais de

notre pays ; nous verrons les maladies de l’esprit disparaître devant cet accord , comme les affections physiques s’effacent par l’effet des saignées et autres moyens sagement administrés.

Est-ce par des substances ingérées ou appliquées à l’extérieur? est-ce par des opérations, qu’on peut espérer de combattre l’hypocondrie, la mélancolie , la monomanie , la démonomanie, etc., qui dépendent d’erreurs, d’inconduite , d’abandon de la vertu, de revers de fortune , d’ambition, etc.? Non, le traitement moral est, ici, seul capable de triompher. Et qui, mieux qu’un ministre de la religion, mais un ministre bien pénétré de ses saints devoirs, zélé

et éclairé , sage, prudent, adroit, peut employer, avec succès, les consolations, les encouragemens, les conversations rassurantes? Qui, mieux que lui , peut nous faire entrevoir la véritable félicité? Qui, mieux qu’un ministre de l’Evangile, peut inspirer la crainte de Dieu et démontrer sa miséricorde infinie ; calmer la terreur que fait naître l’oubli des devoirs envers l’Auteur du monde?

Un médecin por tugais renditla santé à un démonomaniaque, en introduisant dans sa chambre, pendant la nuit, un individu sous la forme d’un ange , qui annonça au malade que Dieu lui avait pardonné. Nous avons rendu le calme à un malade semblable, en nous entendant avec son confesseur. Qui , mieux qu’un bon prêtre , enfin , peut donner aux esprits bourrelés de remords, l’opinion que le Ciel se déclarera en leur faveur , doubler leur espérance, raffermir leur cœur, et guérir des affections que la médecine pharmaceutique attaquera toujours en vain?

Lorsqu’un gouvernement n’a pu, par un bon

système d'éducation et par des lois basées sur l'hygiène publique, prévenir les crimes , autres maladies sociales, effets des passions , il doit sans doute s’occuper de les punir , afin d’en diminuer le nombre.

Une législation criminelle, bien conçue, est donc le dernier moyen qui lui reste ; car, comme le dit Montesquieu : « Ce n’est point le peuple naissant qui dégénère ; il ne se perd que lorsque les hommes faits sont déjà corrompus. »

On ne doit donc pas être étonné de nous voir aborder une question comme celle-ci : les lionnes lois et leur action. Nous les considérons comme des moyens extrêmes d’arriver au but que nous nous sommes proposé, l’extinction des maladies sociales (les névroses), si on peut s’exprimer ainsi j rar elles seules conduisent aux délires les plus affreux, tels que le suicide, le parricide , le régicide. Ce sont elles qui ont fait passer sous nos yeux les atrocités des Léger , des Papavoine, des Gorniet* , etc. , que les siècles \e& plus barbares avaient à peine connus.

Les lois , faites d’après les caractères des peuples, et basées sur celles de l’Église, sont donc des moyens de modifier les mœurs, et, par conséquent, de rendre moins fréquentes. les maladies qui nous occupent, et les crimes inouïs qui en sont si souvent les suites.

Pour ne pas nous exposer au reproche d’avoir parcouru trop longuement un sujet qu’il ne nous appartient pas de traiter d’une manière particulière, qu’il nous suffise d’exprimer nos désirs sur les lois qui seraient les plus propres à extirper le suicide, le duel, etc.

io Punir sévèrement les auteurs d’ouvrages qui vantent les avantages de la mort volontaire, autres que ceux qui résultent du sacrifice de la vie pour son Dieu , son roi , son pays ou son prochain.

20 Défendre positivement de jouer, sur les théâtres, des pièces où sont représentées les infirmités auxquelles l’homme est sujet, comme

celles qui font naître on entretiennent certaines passions.

3o S’opposer à l’annonce (dans les feuilles publiques) des suicides 7 des meurtres, surtout des circonstances qui les ont précédés ou suivis. « Ces récits fréquens , dit M. Esquirol , familiarisent avec l’idée de la mort , avec le crime , éveillent certaines passions , remuent les sens, et font regarder avec indifférence la mort volontaire. » Les exemples fournis tous les jours à l’imitation sont contagieux et funestes , et tel individu poursuivi par les revers ou par quelque chagrin , ne se serait pas tué s’il n’eût lu dans son journal l’histoire du suicide d’un ami , d’une connaissance. La liberté d’écrire ne saurait prévaloir contre les vrais intérêts de l’humanité.

« Je finirai comme lui, » nous disait un monomaniaque confié à nos soins , en lisant , dans une gazette, les détails de la mort que s’était donnée un anglais affecté de spleen, et, quelques jours après , ce malheureux imitateur n’était plus.

Une très respectable mère de famille rapprend, en lisant une feuille publique, que son fils aîné, officier dans un régiment, a été tué en duel: elle tombe aussitôt dans un délire qui ne tarde pas à la priver de la vie. Une annonce moins brusque n’eût point amené une semblable fin.

« Quelques individus, dit M. Laplace , dans son ouvrage sur les Probabilités, tiennent de leur organisation ou de pernicieux exemples, des pencbans funestes qu’excite vivement le récit d’une action criminelle devenue l’objet de l’attention publique. Sous ce rapport, la publicité des crimes n’est pas sans danger. »

4° Ordonner que les corps des suicides les plus mutilés fussent exposés aux regards du public, et ensuite livrés aux amphithéâtres de dissection , comme cela a lieu en Saxe depuis peu de temps. Il faudrait toutefois empêcher que les femmes enceintes et les nourrices ne pussent approcher des lieux où ces corps seraient déposés.

5° Ne serait-il pas temps que la France, si

elle veut rester à la tête de la civilisation , s'occupât sérieusement d’atteindre les pareils qui abandonnent leur fruit?

« Quoi qu’on fasse, nous dira-t-on, vous aurez toujours des enfans délaissés , et si vous voulez vous opposer à cet abandonnement , vous multiplierez les crimes d’infanticide. » Sans blâmer l’une des institutions qui honorent le plus le cœur humain , sans prétendre mettre un frein à la pitié, qui, jusqu’ici, a recueilli ces êtres si inhumainement repoussés , nous répondrons que ce délaissement est lui-même l’attentat que nous voulons éviter , et qu’il est possible de diminuer au moins le nombre d’enfans trouvés, dont l’accroissement progressif est vraiment effrayant sous tous les rapports.

L’avortement , l’exposition de part et l’infanticide, sont, suivant notre manière de voir, trois monstres qui n’en font qu’un , et que les lois doivent punir avec une égale rigueur. Faut-il que ce soit chez des Barbares que nous rencon-

trions un concile (celui de Constantinople en (>99.) qui assimile l'avortement à l’homicide? Homo est , qui futurus est , dit saint- Augustin ; cet axiome est clair et doit être décisif. En effet , l’infanticide, proprement dit , n’entraîne pas de conséquences plus funestes pour la société , que Favortement ; il peut se faire même que les intérêts de celle-ci soient moins compromis dans le premier que dans le second de ces forfaits dont l’atrocité, nous le répétons, 11e diffère en rien.

Ainsi, sans avoir recours au bûclier, à la submersion , à l’empâlement , au hart ou au glaive , on peut trouver des moyens capables d’empêcher la célation de grossesse.

Poursuivre, par exemple, avec persévérance , les séducteurs, dont les excès seraient moins à déplorer, s’ils étaient contraints de subvenir aux besoins de leurs victimes.

Recevoir, dans des établissemens de maternité (en observant discrétion et décence), les

filles enceintes qui viendraient elles-mêmes annoncer leur défaite et leur honte.

Sévir, avec rigueur, contre les païens et les maîtres qui maltraiteraient ces malheureuses , négligeraient de prévenir un accouchement secret , ou ne communiqueraient pas leurs soupçons à l’autorité.

Enfin , se montrer moins indifférent sur les remèdes abortifs , et plus redoutable aux personnes qui les administrent ou les conseillent.

« Quant aux peines, c’est un grand mal parmi nous , dit Montesquieu , de faire subir la même peine à celui qui vole sur un grand chemin , et à celui qui vole et assassine. Il est visible que, pour la sûreté publique, il faudrait mettre quelque différence dans la peine. A la Chine, les voleurs sont coupés en morceaux ; les autres non : cette différence fait que l’on y vole , mais que l’on n’y assassine pas. »

Autrefois les peines étaient plus fortes : on pendait pour le vol , et l’on comptait un voleur

sur mille qu’il y a à présent; et le nombre va en croissant clans la progression la plus effrayante. Lorsque la société tuait un homme dans ce temps-là , elle le faisait d’après un droit divin; Dieu était la source de toute justice. Maintenant qu’on a rejeté Dieu de la société , on recule contre la peine de mort, et l’on a raison; car un homme, comme homme, n’a et ne peut avoir aucun droit sur la vie d’un autre. De là ce peuple de voleurs et d’assassins qui se multiplie au milieu d’un autre peuple, et qui l’envahit de toutes parts. Nous délions qu’on s’en tire, si l’on ne revient à la peine de mort , et par conséquent à Dieu. Le législateur, qui fait des lois sous son inspiration , peut appliquer consciencieusement la peine de mort à tout délit que cette peine lui semblera propre à réprimer; c’est même son devoir. Hors de Dieu, notre législation athée sera toujours funeste à la société, sous ce rapport.

Que signifie la loi qui vient de paraître sur le duel? Quel est son but moral?... Encore une fois, si vous ne condamnez le duel au nom de

Dieu ? vous n’avez aucun droit de vous y opposer , pas plus qu’au suicide. On peut prouver cela sans réplique. Enfin , si vous ne voulez pas considérer Dieu comme la source de toute justice, rappelez-vous que la mort prompte, surtout, est ce que le Français craint le moins. Ce qu’il ne supporte pas, c’est le remords, la douleur et l’exil. Transportez donc les duellistes dans les colonies ; faites-les traîner sur la claie, comme sous le règne d’un roi qui se connaissait en véritable honneur. Obligez- les à passer vingt-quatre heures, ou plus, avec leurs victimes; privez-les pour jamais des emplois auxquels ils pouvaient prétendre ; vous ne verrez bientôt plus couler le sang français que dans les combats légitimes. Ce préjugé barbare, cette action par laquelle on arrache froidement la vie à son semblable, sera détruit pour toujours. Mais encore attachezvous à rendre le peuple vertueux, et il vous faudra rarement recourir aux peines, toujours si difficiles à appliquer.

Au moment où nous sommes occupé à trans-

erire le paragraphe ci-dessus de cet opuscule , pour le livrer à l'impression, on vient nous engager à nous rendre chez un père de famille qu’on nous annonce être en danger de perdre la raison. Nous croyons devoir suspendre un instant le cours naturel de notre travail , pour faire connaître la cause à laquelle nous n’avons pu nous dispenser d’attribuer l’état vraiment alarmant du malade.

Cet homme, connu par son zèle pour la religion, venait de lire le dernier ouvrage de l'abbé Martial Mar cet de la Roche Arnaud (multiplicité de noms, dans laquelle on trouve abdallah , mécréant , traître , mouchard ), lorsqu’il est tout-à-coup saisi d’un emportement violent suivi d’égarement de l’esprit. Cette nouvelle victime des tristes et affhgeans effets des lectures de mauvais livres, s’exhale en propos, en menaces, contre celui qu il nomme « lâche apostat. »

Nous administrons les premiers secours, tels que fréquentes et larges saignées du pied , bains

généraux , applications réfrigérantes sur la tête,, et demandons une consultation.

Un médecin distingué de Paris est appelé. Après avoir conseillé de continuer les mêmes moyens , ce docteur déclare aux pnrens qu’il prévoit la démence. En effet 7 rien ne peut apaiser le malade ; la fureur est épouvantable, le délire est presque perpétuel ; nous avons même craint un moment que la mort ne terminât promptement l’existence de ce malheureux.

Aidé toujours des lumières de notre confrère , nous persistons dans le traitement débilitant, et parvenons enfin à obtenir une journée de calme, de laquelle nous profitons pour faire venir auprès du malade un de ces prêtres qui apportent avec eux ce calme que donne la religion , ce baume si salutaire , et qu’ils savent si bien faire pénétrer dans notre âme.

Ce vénérable ecclésiastique parvient à faire croire au malade que fauteur qu’il accable de

son indignation et de sa colère est aliéné • qu’il faut avoir pitié de lui, et adresser de ferventes prières au ciel pour sa guérison. Le père de famille dont nous venons de tracer la courte, mais cruelle histoire , ne se ressent plus que d’un peu de faiblesse , et prie sans cesse pour Fauteur de la plus horrible production qui ait souillé les marches du sanctuaire.

Nous recevons, à l’instant même, des nouvelles du malade, qui paraît être entièrement débarrassé du désordre intellectuel qu’il éprouvait, et que ni lui, ni aucun des siens n’avait jamais offert. Il est néanmoins convenablement surveillé , et on ne lui permet aucune lecture capable de renouveler son exaltation.

Nous pourrions , sans trop d’efforts , citer d autres faits à l’appui de notre opinion sur le danger des mauvais livres.

Ce ne sont Là, toutefois, que des maux partiels. La perle d un homme de bien est peu sen-

sible clans un royaume; sa famille seule en sent tout le prix. Mais si l’on s’arrête aux coups mortels que préparent à la société des productions telles cpie celle de l’abbé Martial , si la croyance religieuse s’altère dans le peuple , à quels horribles événemens ne doit-on pas s’attendre ! Des considérations plus fortes que la crainte des supplices retiennent les hommes dans l’observation des lois et des devoirs qui leur sont imposés. Laissez ces considérations s’affaiblir, et vous verrez.

Marcel , ministre d’un Dieu pauvre, ministre de la Croix , ministre d’un Dieu de paix , contemplez d’avance votre ouvrage ; voyez le mal que vous, surtout, pouvez faire à votre pays, et soyez seul comptable des orages que vous seul aurez soulevés! Mais tremblez à votre tour, Martial , car une révolution est comme un spectacle : tous les acteurs , quelque rôle qu ils aient joué , sont égaux , au mérite près .

f. Terminaison des Névroses.

Il est sans doute des névroses qui sont incu-

râbles , et ce sont particulièrement celles aux quelles nous avons donné le nom de congéniales, parce qu’étant toujours dues à une cause inconnue , on ne peut espérer de faire cesser l’action de celle-ci.

Il en est de même des affections nerveuses qui tiennent à des lésions organiques de l’encéphale, ou d’une branche du système nerveux, ce qui est plus rare • mais toutes ces névroses sont susceptibles de durer un temps infini , et de ne point se terminer d une manière fâcheuse.

Plusieurs névroses peuvent néanmoins causer promptement la mort; ce sont celles qui se compliquent tout-à-coup avec d’autres maladies dangereuses, telles qu’une inflammation intense, une fièvre de mauvais caractère, une goutte vague et violente , etc.

Il paraît qu’en général les autres affections des nerfs tendent presque toujours à la guérison, parce qu’on peut faire cesser les causes qui les

ont produites; ainsi les névroses sympathiques et symptomatiques peuvent se terminer favorablement par un traitement bien ordonné, et même spontanément, ou par une crise, comme une éruption à la peau, un abcès, une hémorragie, etc. Il existe enfin des névroses qui, sans amener l’extinction de la vie, font perdre l’usage d’un ou de plusieurs membres, d’une ou de plusieurs fonctions ; parmi celles-ci , la plus grave est X amaurose ou goutte sereine , que plusieurs praticiens considèrent comme tout-à-fait au-dessus des ressources de l’art. Nous en avons cependant vu guérir par les purgatifs violens. Enfin les névroses, la folie même, se terminent, comme les autres maladies, par induration ou par suppuration, par la mort, ou par une guérison plus ou moins solide.

G. Résultat des Nêciopsies (i).

Nous avons vu qu’on meurt de névrose , par

(1) Nous préférons ce mot à celui d’autopsie; il exprime plus positivement l’action de celui qui fouille la mort.

complication d’inflammation ou de toute autre maladie grave, \ oici, en peu de mots, ce que 1 inspection cadavérique a laissé apercevoir dans ce cas.

Les parties où siège la maladie sont phlogosées et tuméfiées* les os du crâne sont souvent épaissis ou amincis; on remarque quelquefois ries enfoncemens à sa surface extérieure , et des tubérosités à sa surface interne. Les éminences du crâne sont parfois effacées; d’autres fois elles affectent une direction contre nature. Les membranes du cerveau sont adhérentes aux os ou à cet organe ; d’autres fois elles sont injectées et ont perdu de leur transparence. Le cerveau est tantôt considérable et ramolli; d’autres fois il est petit et ferme.

Tantôt ce sont des épanchemens séreux , sanguinolens ou purulens dans les ventricules ; tantôt c est à la base du crâne , d’autres fois entre les membranes elles-mêmes ; tantôt tout le système vasculaire cérébral est considérablement injecté;

d’autres fois il est infiniment réduit et même ossifié ; tantôt on remarque des excroissances charnues à la faux du cerveau ; d’autres fois des granulations dans le ventricule du cervelet.

Tantôt les plexus choroïdes présentent un grand nombre de tumeurs enkystées ; d’autres fois des liydatides viscérales.

Tantôt les couches des nerfs optiques sont très volumineuses ; d’autres fois elles sont à peine perceptibles et desséchées ; tantôt le canal rachidien est aussi envahi par beaucoup de sérosité ; d'autres fois il est singulièrement rétréci et laisse a peine entrevoir la moelle qu’il contient ; tantôt la glande pinéale est presqu’ invisible ; d’autres fois elle est grosse et pierreuse ; enfin on trouve des lésions de différente nature , suivant le lieu où siégeait la névrose. Ainsi , tantôt c’est une tuméfaction d’un nerf; d’autres lois c’est un engorgement œdémateux, une dilatation variqueuse des vaisseaux ; d’autres fois le nerf est en suppuration, atteint de gangrène, infiltré, ou pré-

sentant des altérations organiques , telles que des ganglions très gros, qui, situés sur un ou plusieurs nerfs, peuvent causer des névroses très graves. Cette circonstance est difficile à rencontrer; car dans le grand nombre de nécropsies que nous avons pratiquées dans les hôpitaux ou dans des maisons particulières, nous n’avons eu occasion de l’observer qu’une seule fois.

Nous avons surtout remarqué , à la suite des plaies d’armes à feu, des déchiremens, des ruptures de branches ou de rameaux nerveux , avec augmentation ou diminution de volume des troncs principaux.

Nous aurions pu nous étendre davantage sur les nécropsies faites à la suite des morts occasionnées par des affections du système nerveux; mais nous nous réservons pour la dernière partie de cet essai , qui traite spécialement d’une névrose dont les suites sont plus souvent mortelles.

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