‹ Des maladies nerveuses en général, de l'épilepsie en particulier, et des moyens de les combattre avantageusement; recherches précédées d'un court examen physique et moral du système nerveux, et mêlées de réflexions sur quelques changemens à faire subir à notre législationChapitre 29 sur 33 · C. Épilepsies sympathiques génitales · texte numérisé non relu

C. Épilepsies sympathiques génitales

Premier Fait. Un étudiant en droit, âgé de ^3 ans , fort et bien portant , avait depuis longtemps une funeste habitude. Les conseils de ses amis , les représentations de scs pareils , les précautions de son médecin, les tableaux les plus hideux des effets de cette passion , l’épuisement et l’espèce de nullité dans lesquels se trouvait ce jeune homme , rien n’avait pu le corriger.

Enfin, il devient épileptique. Il se soumet alors à tous les traitemens qu’on veut lui faire subir, lesquels se bornent à l’usage des analeptiques, des lave mens de teinture éthérée de castoréum , aux frictions d’éther acétique sur les extrémités inférieures , à lair de la campagne, aux bains froids, etc.

Cet étudiant parvint à se rétablir et promit bien de ne pas recommencer. En effet , nous savons qu’il continue à se bien porter , et à faire des progrès dans la carrière qu’il parcourt.

Deuxieme Fait. M. E. L , élève en mé-

decine, est frappé d’épilepsie pour avoir cruellement abusé des plaisirs vénériens. Même traitement , même résultat.

Troisième F ait . Un séminariste^ âgé de 22 ans , semontre tout-à-coup triste, rêveur, et engraisse à vue d’œil.

Des accès d’épilepsie ne tardent pas à se manifester. Les parens effrayés , nous amènent ce jeune homme très studieux et exempt de tous vices. Aucune affection nerveuse n’a paru dans sa famille • son enfance ne fut traversée par aucune maladie ; sa nourrice était saine.

Nous conseillâmes aux parens de reprendre leur fils , de le soumettre long -temps à un régime atténuant et aux anti-spasmodiques les

plus puissans, traitement qui fut suivi pendant un an sans aucun succès. Le mariage finit par mettre fin à cet état, dont la violence n’aurait pas manqué de causer la mort de cet élève du sanctuaire , qui est aujourd’hui bien portant et à la veille d’être père.

Quatrième Fait. Madame la comtesse de la

D jeune, belle, ayant toujours joui d’une

santé brûlante , ainsi que ses père et mère , se marie et devient promptement enceinte. Au cinquième mois de sa grossesse , elle est frappée d’épilepsie. Les médecins appelés ont aussitôt recours aux saignées, aux anti-spasmodiques , etc. Rien n’est changé dans l’état de la malade. Consulté à notre tour, et , après un mûr examen des circonstances qui ont précédé , nous conseillons d’insister sur un régime doux, sur l’usage des bains , en attendant la fin de la grossesse. On ne s’en tient pas à notre avis , on a recours à d’autres moyens qui ne font que rendre la maladie plus intense , les accès plus fréquens. Enfin l’accouchement a lieu , et la malade guérit comme

par enchantement. Elle perdit son mari quelque temps après , et prit la résolution de ne pas contracter de nouveaux nœuds ; nous l’en félicitâmes; car il aurait pu lui arriver ce qui a eu lieu chez une autre dame , qui , huit fois grosse ,

a été épileptique à chaque grossesse , sans qu’on ait jamais pu prévenir cette régularité.

Nous pourrions citer une femme auteur, très

connue , qui ne devenait épileptique qu’au moment de l’accouchement. Elle a été trois fois mère et trois fois elle a été atteinte d’épilepsie, qui disparaissait constamment le quarantième jour de ses couches.

D. Epilepsies sympathiques de l'irritation de quelques organes extérieurs.

Premier Fait. Un enfant âgé de 9 ans, appartenant à des parens sains , fortement constitué ,

ajant été nourri par une femme fraîche et bien

portante, se promenait aux Tuileries avec un camarade de son âge. C’était dans le mois d’aout ,

vers une heure. Le premier dit à celui-ci : « Je parie fixer le soleil plus long-temps que loi. » Il s’était mis en devoir de soutenir sa gageure , lorsqu’il tomba dans une épilepsie violente. La foule accourt, on entoure le malade ; des secours de différente nature lui sont donnés. Son jeune ami le fait porter dans un fiacre , et de là chez ses païens , qui aussitôt appellent leur médecin. Celui-ci , tr'es sagement , prescrit quelques caïmans , et attend la deuxième attaque. Elle eut lieu le lendemain à-peu-près à la même heure. Le médecin ordonna alors une saignée du pied , prescrivit aux parens de tenir le malade dans une douce obscurité , et de ne le laisser, qu’insensibleinent , s’exposer à une lumière plus vive. Ce conseil fut suivi , et le malade ne tarda pas à recouvrer la santé. On lui lit également porter pendant quelque temps des lunettes planes de couleur verte, dans l’intention de modérer l'activité de la lumière sur les yeux.

Deuxieme Fait. Une demoiselle de 18 ans, forte et bien portante , issue de parens également

sains , nous est, présentée pour recevoir nos soins. Chaque fois qu’une musique douce et harmonieuse frappe son oreille , elle tombe en épilepsie. L’harmonica surtout produit ce terrible effet sur elle. Nous prescrivons tous les moyens propres à fortifier le système nerveux, jusqu’à des douches sur les apophyses mastoïdes ( derrière les oreilles ) ; rien ne peut rendre la malade inaccessible aux attaques d’épilepsie.

Un autre médecin conseille de faire entendre tous les jours à la malade , une bonne musique , en continuant le traitement fortifiant , et de lui faire donner des leçons de harpe par un maître du premier ordre; aujourd’hui les accès sont moins forts et s’éloignent de beaucoup. Tout fait espérer que les nerfs auditifs s’habituent aux vibrations qui les ont ébranlés si souvent, et que la malade ne tardera pas à en guérir.

Troisième Fait. Un enfant de 8 ans , né de païens sains, n’ayant jamais éprouvé d’autre

incommodité qu’un enchifrèncmenl continuel , veut absolument qu’on le débarrasse de celle incommodité. Son médecin conseille l’usage du tabac.

A la troisième prise l’enfant tombe en épilepsie. On continue l’usage de cette poudre, et on prescrit un traitement contre la nouvelle maladie ‘7 celle-ci n’en continue pas moins. Consulté , nous conseillons de cesser l’usage du tabac, d’avoir recours à l’emploi des bas de laine , de la flanelle en caleçons et sur la poitrine , des frictions sèches sur toute la périphérie du corps, et répétées deux fois chaque jour. Le malade est guéri , non seulement de l’épilepsie , mais de l’indisposition première.

E. Epilepsies symptomatiques, .

Premier Fait. Un épileptique , âgé de 25 ans , vient nous consulter après avoir passé par divers traitemens. Nous lui adressons plusieurs questions tendant à nous éclairer sur la véritable

cause de sa maladie , dont il n’est atteint que depuis six mois. Enfin, après avoir répondu à nos différentes demandes , il croit se rappeler avoir supprimé , à cette époque, une sueur habituelle des pieds, à laquelle il était sujet depuis la puberté.

Nous cherchâmes à rappeler cette sueur, et, après y être parvenu , l’épilepsie ne se manifesta plus. Ce jeune homme est maintenant à Aix en ■Savoie , où il jouit d’une santé parfaite.

Deuxieme Fait. Une jeune dame , femme d’un libraire de Paris, vint nous consulter en décembre 1825, pour une épilepsie survenue à la suite de la guérison d’une dartre qu’elle avait gardée long- temps. La dartre fut rappelée par des vésicatoires , etc. , et l’epilepsie ne reparut pas.

Troisième Fait. Un enfant de 18 mois , dont la dentition ne pouvait s’opérer , devint épileptique. Des incisions furent pratiquées sur les gencives - les dents se montrèrent et l’épilepsie ne

se reproduisit plus. Des précautions furent prises pour faciliter l’éruption des dents à venir.

Quatrième Fait. Une demoiselle anglaise, âgée de 18 ans, issue de pareils sains , est atteinte de fièvre scarlatine. Un médecin anglais ordonne des boissons rafraîchissantes froides , l'exposition à l’air. La rougeur de la peau s’efface , et une attaque d’épilepsie a lieu. Un médecin français est consulté , prescrit des boissons légèrement diaphorétiques, couvre la malade de vésicatoires , rappelle l’éruption , et l’épilepsie disparaît. Celte circonstance a eu lieu à Angers en i8a5.

Cinquième Fait. Un colonel de cavalerie, âgé de 52 ans, fortement constitué , mais portant depuis long-temps une gale affreuse qui avait déjà résisté à plusieurs moyens , se débarrasse de cette maladie avec l’eau dite de Metteniberg. Une épilepsie épouvantable se déclare. On cherche à rétablir la gale répercutée ; ou ne put y parvenir qu’avec la chemise d un galeux dont on couvrit cet officier, en le faisant suer considérable-

ment parles moyens connus. La gale revint, et l’épilepsie fut guérie.

Sixième Fait. Une jeune dame, tenant beaucoup à n’altérer aucun des traits de sa jolie figure , est atteinte de la petite-vérole.

La face seule est couverte de pustules. Un médecin savant est appelé, et promet à la malade qu’il ne lui restera aucune trace de cette maladie , si elle veut s’en rapporter à lui. La malade se fie pleinement à cette promesse. En conséquence, le docteur se met à cautériser les boutons avec une dissolution de nitrate d’argent fondu ( pierre infernale ). L’éruption disparaît aussitôt j le lendemain une épilepsie affreuse (que la confiante dame n’avait jamais éprouvée ) se déclare. Un autre médecin arrive , fait couvrir la malade de vésicatoires • l’éruption revient sur tout le corps , parcourt ses périodes , et la malade guérit parfaitement , mais avec quelques coutures du visage. Il faut que l’expérience ait parlé plus liant , avant de se livrer à de pareilles épreuves.

Septième Fait. Nous donnions le bras à une daine bien portante, âgée de 3G ans, pour la conduire des Tuileries chez elle, rue de Grenelle-Saint-Germain.

En parcourant la rue du Bac , nous fûmes arrêtés par un individu qui tomba à nos pieds. Cet individu était atteint d’épilepsie , ou la simulait à merveille. Cette dame s’effraye et devient tremblante au point de ne pouvoir parvenir à son domicile.

Chemin faisant , elle nous dit : « J’avais toujours redouté de voir quelqu’un tomber du hautmal. » Nous l’assurâmes que ce malheureux n’était pas atteint de cette maladie , qu’il avait voulu seulement exciter notre pitié ou surprendre la charité publique. Nos précautions furent inutiles. Arrivée chez elle, la malheureuse est frappée d’épilepsie. On lui donne des soins depuis six ans, sans le moindre espoir de guérison. Elle est en ce moment à i’usage de deux onces d’eau distillée de feuilles de laurier-cerise. Les accc'es

sont cependant moins intenses , mais se reproduisent aux époques menstruelles et lunaires.

Huitième Fait. Un enfant de 8 ans , sujet , depuis sa naissance , aux vers lombricaux, que l’on reconnaît très bien aux signes suivans (comme le disent les docteurs Roman et Valentin ) : petits points d’un louge très vif sur la langue ; dilatation de la pupile ; prurit au bout du nez , concurremment avec les autres signes des maladies vermineuses, etc.

Cet enfant fut tout-à-coup frappé d’épilepsie , dont il guérit promptement par la fougère rnàïe en poudre ; cela devait être, attendu que cette épilepsie était , à coup sûr , symptomatique de l’affection vermineuse.

Troisième Fait. Un officier de grenadiers de la garde royale, âgé de 3q ans, prédisposé , depuis long-temps, aux embarras de l’estomac, devient épileptique. On lui administre l’émétique j l’épilepsie disparaît, et revient au bout de six mois,

ce qui eut lieu plusieurs fois- Enfin , le régime lacté long-temps continué , quelques boissons émétisées, parvinrent à débarrasser ce militaire, et de l’épilepsie , et de l’affection gastrique.

Dixième Fait. Un écuyer de l’ex-cmpereur, âgé de 4-7 ans, d une forte constitution, était dans un état liabitucl de constipation. Après avoir employé , sans résultat , plusieurs moyens pour obtenir la liberté du ventre , il tombe en épilepsie. Un médecin de Genève parvient à le guérir par les purgatifs drastiques.

Nous craindrions de fatiguer notre lecteur, en citant un plus grand nombre de faits d’épilepsies syptôma tiques. Il nous suffira donc de déclarer que, toutes les fois que 1 on voudra venir à bout d’une affection consécutive , il faudra rappeler ou détruire la maladie essentielle

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