DE LA MALADIE SYPHILITIQUE
farineuses, et du laitage dont elle usait , ils lui ordonnèrent les anti-scorbutiques combinés avec les mercuriaux, pour boisson ordinaire une infusion de fleurs de tussilage et de saponaire édulcorée avec le sirop de guimauve , des demi-bains , un exutoire, et des sangsues à la vulve : l’évacuation qu’elles procurèrent apporta beaucoup de soulagement à la poitrine , et la dégagea insensiblement, A mesure que les ulcérations fistuleuses se remplirent , la tuméfaction des parties se dissipa , et les ouvertures se fermèrent et se cicatrisèrent. Les glandes tuméfiées cédèrent au Uniment volatil, les douleurs thorachiques s’affaiblirent; enfin , après huit ou dix mois de traitement , tous les symptômes disparurent, et la malade guérit.
De ta Maladie syphilitique des organes propres anse
femmes.
Cette maladie peut se développer localement dans ces organes, et y occasionner l’inflammation de la membrane interne du vagin et de l’utérus , plus connue sous le nom de blénorrhagie ( 1 ) ; des inflammations circonscrites qu’on désigne sous le nom de chancres, des pustules , des végétations et des excroissances. Elle peut y être accompagnée
(2) Voy. JJe l’ Inflammation de la membrane interne de V utérus et du vagin.
DES ORGANES, etC. 54^
OU suivie de symptômes syphilitiques dans d’autres organes, tels que les bubons , les ulcérations de la gorge , et de la bouche , des fosses nasales , du rectum, diverses alFcctions des os, l’alopécie.
Les pustules , les fongosités et les autres altérations morbides , ont surtout lieu aux parties externes de la génération , sur les mamelles ; on en trouve fréquemment <!ans le conduit vulvo-utérin, et sur le col de l’utérus, depuis que l’usage du spéculum a permis de mieux procéder à l’examen de ces parties.
Dès que la maladie syphilitique se montre au dehors, on la reconnaît facilement ; il n’eu est pas de même quand ses effets ont lieu dans le vagin et l’utérus. On ne la soupçonne qu’à raison de la douleur, des écoulemens de matière muqueuse, et des altérations dans les fonctions qu’elle y détermine ; la menstruation est souvent dérangée ; les règles sont supprimées , dimin uées de quantité , ou plus fréquentes; elles sont plus abondantes, plus irrégulières , et viennent souvent décolorées, pales , etc. Les femmes sont plus exposées à des fausses couches; si leur enfant est à terme, il est rare qu’il vienne bien portant. Les lochies sont ordinairement interverties ; la cessation des règles est plus irrégulière. Quelquefois la maladie est primitive dans les organes propres aux femmes ; d’autres fois elle est consécutive. On ne saurait mettre trop d’attention aux dérangemens des fonctions de ces organes , lorsqu’il existe une
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aflection sypliilitique prononcée dans quelque autre partie. On a souvent fait cesser tous les accidens extérieurs sans avoir soupçonné que l’utérus est affecté, et qu’il recèle un principe maladif, dont les suites ne peuvent manquer d’être funestes.
On opère la destruction de la maladie syphilitique , et des accidens primitifs ou consécutifs qu’elle détermine, par l’emploi de divers moyens consacrés par l’expérience, sans pouvoir rendre raison , pour la plupart , de leur manière d’agir à cet égard.
Ces moyens sont la méthode antiphlogistique , les préparations mercurielles, les sudorifiques; les préparations d’or, diverses préparations antimoniales et ammoniacales.
Toutes les fois que la maladie syphilitique se manifeste par des symptômes inflammatoires un peu intenses , on doit la traiter par la méthode antiphlegmasique. On peut , par son moyen , guérir beaucoup d’affections de ce genre : mais lorsque les symptômes inflammatoires out cessé et que la maladie se prolonge , doit-on toujours insister sur cette méthode? C’est une question qu’on agite en ce moment. Des praticiens très -éclairés sont pour l’affirmative; ils ont vu cette maladie, quelle que fût sa forme, céder à cette seule méthode de traitement. Ce sont des faits bons à noter; mais ils ne sont pas conformes à ceux que j’ai observés dans ma pratique. J’ai remarqué que dans le plus grand
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nombre de cas , la maladie ne se termine pas par la méthode antiphlegmasique aussi promptement et aussi sûrement qu elle le fait par l’emploi des préparations mercurielles, ou par les autres moyens spéciaux employés contre cette maladie.
Les préparations mercurielles ont toutes une action marquée sur la maladie syphilitique; il en est dans lesquelles cette action est plus prononcée que dans les autres , ce sont celles qui ont pour base le deuto-chlorure de mercure. Parmi ces préparations , la dissolution de 6 à 8 grains de ce sel dans une livre d’eau distillée , est la plus usitée : on la donne à la d ose de deux cuillerées à bouche par jour dans un verre d’une décoction de graine de lin ou d’autres plantes mucilagineuses ; et on la continue d’après ses effets , pendant l’espace de vdeux ou de trois mois, à la même dose, et, selon les circonstances , à des doses variées.
Quelquefois les malades vomissent cette dissolution , ou ne peuvent la supporter : on peut y substituer deux cuillerées à bouche par jour d’uu mélange de parties égales de sirop de gomme arabique et de sirop de salsepareille , avec addition de 8 grains de deuto-chlorure de mercure, pour un demi- litre de ce sirop.
Dans cette mixtion, le deuto-chlorure, de mercure se décompose à la longue, et revient à l’état de proto-chlorure ou mercure doux; mais il est préférable à ce dernier.
On fait faire des frictions sur les parties sexuelles