DE LA MALADIE SYPHILITIQUE
avec l’onguent napolitain double , ou avec la pommade de concombre, contenant par once vingt grains de proto-chlorure de mercure.
Quelquefois les malades ne peuvent supporter les préparations de deuto-chlorure ou de protochlorure de mercure , à quelque dose que ce soit. On se trouve mieux de l’acétate ou du nitrate de mercure, quoiqu’ils aient une action plus faible sur la maladie syphilitique : on en fait dissoudre de 6 à 1 6 grains , dans une livre d’eau distillée , avec addition de demi-once d’éther acéteux, et on les donne à la dose de deux cuillerées à bouche par jour , dans une boisson adoucissante.
On peut employer aussi le mercure gommeux en liqueur de Plenck , à la dose de deux cuillerées à bouche par jour ; la poudre de mercure saceharin de M, Lagneau ( i ) , à celle de i 2 grains dans une tasse de chocolat ou de café; le sirop inercuriol gommeux de Plenck , à la dose d’une cuillerée à bouche par jour , ainsique beaucoup d’autres préparations dont les effets viennent d’étço appréciés par MM. Lagneau et Jourdan, dans leurs exGollens traités sur les maladies syphilitiques. 11 arrive parfois que l’estomac ne supporte aucun de ces inédicamcns : on est obligé d’employer les frictions mercurielles, à la dose d’un gros par jour, pratiquées alternativement sur les jambes et sur lés cuisses , le soir en se couchant.
(l) Trnilé pralique des Maladtes syphilitiques , I. Il , p. 78- S.'i. Paris, i8a8.
DES ORGANES , OtC. 547
On a aussi recours aux bains mercuriels préparés avec 2 gros de deuto-chlorure de mercure , dissous dans une demi -livre d’eau , et délayés dans l’eau d’une baignoire , avec addition d’un peu de sou.
On augmente graduellement la quantité du deuto-chlorure , de manière à la porter à 4 , à 6 gros , et même à celle d’une once pour chaque . bain ; on peut encore dans quelques circonstances employer les fumigations mercurielles.
Quelle que soit la préparation mercurielle employée , il faut toujours la commencer par une dose faible , qu’on augmente progressivement ; et l’on s’attache à prévenir la salivation par l’usage journalier des bains tièdes , en évitant de s’exposer au froid , à l’humidité , et en suivant un régime sévère. On fait prendre dans la journée ti’ois pastilles soufrées , de 1 2 grains chaque ; et l’on fait gargariser la bouche avec de l’eau contenant de 1 5 à 20 grains de teinture d’opium pour un demiverre d’eau. Si cependant la salivation survient, si les gencives se gonflent , s’il se forme des ulcères à la bouche, il faut suspendre l’usage de la préparation mercurielle , insister sur les bains tièdes, prescrire des pédikivesetdes lavemens irritans ; donner des laxatifs, tels qu’une limonadeavec un peu de crème de tartre soluble , deux onces de manne dans du lait, ou une cuillerée à café d’huile tle rien dans une tasse de bouillon. On recommande les gargarismes adoucissans, jusqu’à ce que
r>48 DE LA MALADIE SYPHILITIQUE
la hoviche soit entièrement guérie , et que la salivation soit cessée. On revient ensuite à Id préparation mercurielle, en la recommençant par une moindre dose qu’auparavant. L’usage des eaux d’Enghien , ainsi que celui des eaux sulfureuses , hâtent quelquefois la terminaison de cet accident.
Les sudorifiques sont encore un moyen énergique pour détruire le vice syphilitique ; il est rare cependant qu’ils puissent seuls en opérer la destruction. On les combine avantageusement avec les préparations mercurielles et autres.
Quelquefois les malades ne peuvent supporter aucune préparation mercurielle ; ou celle-ci , soit seule, soit unie aux sudorifiques, ne paraît avoir aucune action sur la maladie.
On retire alors des avantages inespérés du remède d’Arnout , delà tisanne de Feltz, du décoctum de Zittmann, (•) et des préparations qui ont pour base le sulfure d’antimoine.
Il faut avoir l’attention dans ces cas, de proscrire entièrement les légumes farineux et le sel dans tous les alimens, et de faire précéder ces traitemens pendant quelques jours, de boissons adoucissantes et d’un léger purgatif.
M. Chrestien a proposé des frictions sur la langu e avec l’hydrochlorate d’or et de soude , avec l’oxide d’or, et avec l’or dans son état mélallique et bien porphyrisé. Ces moyens opèrent en effet
(i) Cadet de Gassicoiirt , Formulaire magistral; 6"'® édit. ,
DÛS ORGANES, CtC. S/Jf)
la guérison de la maladie ; mais c’est bien plus lentement que par les autres procédés. Peyrilhe avait proposé le sous-carbonate d’ammoniaque, àladose d’un gros à un gros et demi par jour, dans une lx»isson appropriée; ce moyen n’est pas à dédaigner : je l’ai vu produire de bons elFets dans diverses circonstances ; on te combine avec le muriate sur-oxygéné de mercure à parties égales , et avec l’opium. Voici une formule dont je n’ai eu qu’à me louer : eau dist. Ife j , muriate sur-oxygéné
de mercure, 6 grains, sous-carbonate d’ammoniaque 6 grains, laudanum de Rousseau, 4^ grains, à prendre à la dose de deux cuillerées à bouche par jour, dans un verre de décoction de graine de lin. '
Les pustules cèdent par l’effet de ces traitemens. Les végétations ont souvent besoin d’étre extirpées , ou d’être détruites au moyen d’un caustique. Il suffît souvent, pour en opérer la destruction , de les toucher avec la liqueur de Plenck , ou mieux encore , avec une dissolution, jusqu’à saturation , de bichromate de potasse , dans de l’eau distillée.
Les accidens consécutifs , comme les ulcérations à la gorge, cèdent, pour l’ordinaire, à l’un des traitemens généraux que nous avons indiqués.
DES AFFECTIONS DARTREÜSES
Des Affections dartreuses des organes propres aux
femmes.
Diverses dartres peuvent se fixer sur les léguinens des mamelles , et des parties externes de la génération , ainsi que sur Tutérus et le conduit vulvo-utérin : elles y occasionnent des irritations , des iiîflammations superficielles, des vésicules, des pustules , des ulcérations , l’issue d’un liquide séreux ou de consistance sirupeuse, dos écailles, des croûtes de diverses formes.
Lorsque la maladie n’affecte que l’épiderme , elle détermine une rougeur à peine sensible sur la peau , et l’accroissement de la sécrétion de ses follicules muqueux : la matière qui en provient , est séreuse et acide ; en se desséchant elle forme de petites écailles farineuses. D’autres fois il se développe , dans le tissu même des tégumens , de petites vésicules remplies d’un liquide limpide , peu consistant et alcalin , qui s’épaissit , se colore en jaune , et finit par sortir de ces vésicules : il s’accumule à leur pourtour , et , suivant sa consistance et le temps qu’on l’y laisse , il y fornie des croûtes d’apparence diverse , désignées sous le nom de faveuses , crustacées , etc. Enfin , les partjes qui sont le siège de la dartre , peuvent s’ulcérer , donner issue à des matières sanicnscs , fétides , et produire des dégénérescences locales. Les dartres sont souvent un effet des vices syphilitique , rhumatismal , scrofuleux , psorique ,
DES ORGANES , ClC.
goulloux. D’autres fois ou ne peut les rap[)ortcr à aucun d’eux : elles tiennent à d’autres vices dont la natuivest inconnue ; car il existe, pour les adbetions chroniques de la peau , des principes divers , connue il en est pour les exanthèmes aigus.
Oui n’a pas été frappe de la grande quantité des éruptions et des exanthèmes qui surviennent aux enfans avec l’apparence d’une rougeole ou d’une scarlatine , et dont la plupart n’ont pas été classés? Chacun d’eux présente indubitablement un jirincipe particulier ; il en est de même pour les éruptions dartreuses : ce serait à tort qu’on voudrait les rapporter au mêjne principe.
Ce principe vient du <lehors,ou il s’engendre dans l’économie à la suite d’écarts dans le régime, d’un trouble dans la sécrétion de la bile , du lait , ou d’un dérangement dans d’autres fonctions.
On éprouve une grande diflTiculté pour distinguer si ce principe est inconnu, ou s’il rentre dans ceux des vices syphilitique et autres.
- On n’y parvient qiVen faisant attention aux circonstances qui ont précédé ou qui ont suivi son développement.
H est des dartres qui se guérissent par les seuls efforts de la nature ; mais elles sont peu nombreuses : le plus souvent elle ne font qu’augmenter d’intensité et devenir incurables. Elles disparaissent lorsqu’il se manifeste des inflamrnatiojis dans d’autres organes, ou lorsqu’on aeinployéd(;s traiteinens perturbateurs contre elles.
DES AITECTIOiNS DARTREUSJÎS
Se portent-elles dans ce cas sur les autres organes affectés ? C’était, il y a peu de temps , une opinion généralement reçue et qu’il est bien difficile de démontrer. Il est certain que des maladies internes graves succèdent à la disparition des dartres, et ne cèdent que lorsqu’elles ont reparu.
Les personnes atteintes d’une dartre habituelle supprimée pendant le cours d’une maladie, ne sont véritablement rendues à la santé que lorsqu’elle a reparu dans les lieux qu’elle affectait primitivement.
Il est aussi des dartres qui résistent à tous les moyens curatifs ; lorsqu’elles sont anciennes , leur cure obtenue trop promptement est souvent dangereuse. Raymond (i) a signalé les dangers de ces guérisons intempestives ; les exemples fâcheux des accidens qu’elles occasionnent , ne sont que trop communs.
M. * * * * J âgé de 78 ans , d’une constitution forte, avec excès d’embonpoint, avaitaux jambes , depuis près de 20 ans, des dartres qui les recouvraient entièrement , et surtout celle du côté gauche.
Ces dartres donnaient lieu à l’écoulement d’une sérosité abondante, qui, en se desséchant sur les jambes , y formait de larges croûtes , d’apparence crustacée.
Le malade n’avait é[)rouvé aucune affection
(1) Voy. Ues Maladies iju' il est dangereux de guérir ; édition de M. Giraudy.
DES ÜIIGAINES, etc, '' 555
syphilitique : il avait eu anciennement quelques symptômes de goutte ; mais ils n’étaient pas suffisans pour lui attribuer ces dartres , et leur priuf cipe était entièrement inconnu.
Cette maladie , à raison de l’étendue des parties qu’elle occupait et de son ancienneté , pouvait être regardée comme incurable ; on appliquait , tous les soirs , des cataplasmes émolliens sur les jambes , d’après les conseils de M. Lacaze , chirurgien en chef de l’hospice Beaujon , tant pour calmer les démangeaisons , que pour faire tomber les croûtes.
Une personne, étrangère à la médecine, ayant promis une prompte guérison , en enveloppant les jambes avec de la sciure de bois , le malade le fît sans m’en prévenir. Dès le premier jour , les dartres furent presque entièrement desséchées ; les démangeaisons disparurent. 11 me montra ses jambes avec une sorte de triomphe : je cherchai en vain à le dissuader de continuer ce traitement ; il ne tint pas compte de mon avis.
Le soir, il fut pris d’une lésion cérébrale , accompagnée de mouvemens convulsifs dans les membres, par secousses, semblables à ceux qu’aurait occasionnés la décharge d’une machine électrique.
Ces mouvemens se succédaient presque sans interruption, et étaient extrêmement fatigans. La fîgure était rouge, la respiration gênée. Cependant il n’y avait aucun trouble dans les facultés intellectuelles.
DES AFFECTIONS DAKTREUSES
Je prescrivis , de concert avec M. Lacazc , une saignée du bras , l’application de deux larges sinapismes aux pieds , des frictions sur les jambes aux lieux qui avaient été le siège de la dartre, avec la teinture de mézéréum.
Les accidens eédèrent promptement ; la dartre reparut sur les deux jambes , et le malade fut rétabli en peu de jours.
Quelques mois après, les mêmes accidens cérébraux commençaient à se manifester de nouveau; je m'aperçus que les dartres rendaient moins , et qu’elles tendaient à se dessécher ; je fis appliquer de nouveau des cataplasmes sinapiques aux pieds , et recouvrir les jambes avec des linges trempés dans une dissolution de farine de moutarde : les dartres reparurent, et les accidens cérébraux cessèrent.
Dans le traitement des dartres, il faut d’abord combattre l’état inllammatoire, qui fait un de leurs élémens, par les bains, les applications locales émollientes.
On combatensuite le principe qui leur a donné naissance ; s’il est syphilitique, scrofuleux, goutteux , on emploie les moyens usités contre ces vices. S’il est inconnu, qu’on ne puisse le rapporter à aucun d’eux , on a recours aux médicamens dont rex})ériencc a constaté l’utilité contre les alfeclions dartreuses.
Ce sont les préparations antimoniales , sullureuscs, d’or, etc. ; les plantes antiscorbiiliques, les
DES ülUiANES , etc. 555
sucs dépurés de ces plantes, à la dose de 4 onces, tous les matins ; diverses plantes consacrées par l’usage: la douce-amère , la scabieuse, la ciguë, les tiges de pommes de terre , la fumeterre , la pensée sauvage , etc.
Les vésicatoires , les cautères et les autres exutoires peuvent être employés comme moyens de dérivation. Il en est de même des purgatifs : divers topiques stimulans locaux produisent les meilleurs effets ; tels sont , l’application d’un emplâtre de poix de Bourgogne , ou de toute autre substance légèrement excitante , sur les parties affectées , les bains tièdes , les bains gélatineux et sulfureux , les bains contenant de 2 onces à 1 6 de sous-carbonate de potasse et que pour cette raison on désigne sous le nom d’alcalins ; les bains de vapeurs ; les ablutions avec une émulsion d’amandes , contenant 2^ grains de sulfate de zinc pour 6 onces d’émulsion. 11 est essentiel d’insister sur
le régime.
En variant ces moyens , on obtient souvent des guérisons inattendues. Cependant , lorsqu’on n’y parvient pas , il ne faut pas trop s’obstiner à les rechercher. On se borne, par des bains, des ablutions, des soins de propreté , à diminuer les incommodités que ces maladies pourraient occasionner.
Lorsqu’au lieu d’être guéries , on soupçonne les dartres d’avoir été répercutées , ou combal , par la méthode antiphlogistique , les accidens inflammatoires qu’elles ont occasionnés dans d’au-
très organes ; et l’on tâche de les faire repa^ raître dans la partie qui en était primitivement le siège, au moyen de frictions irritantes et de l’application de vésicatoires sur ces parties.
Ap rès qu’on a obtenu la guérison d’une dartre , si elle était ancienne et qu’elle eût une certaine intensité, il est nécessaire d’établir un cautère ou un vésicatoire à la cuisse , à la jambe ou au bras , afin d’y entretenir un jToint d’irritation permanent, et de remplacer, par une évacuation artificielle , celle à laquelle la nature était habituée depuis long-temps. L’expérience pratique a établi combien les exutoires sont indispensables. On les voit très-souvent faire disparaître des accidens graves , au-delà de ce qu’on aurait dû en espérer.
De la fixation de la Gale sur les organes propres, aux femmes.
Les tégumens des mamelles, comme ceux des autres parties, peuvent être affectés de la gale; elle y forme de petites vésicules transparentes, remplies d’un liquide séreux et visqueux. Quand ces vésicules se rompent ou qu’on les déchire , ce liquide se répand sur la peau , et y forme des croûtes jaunâtres, minces et peu adhérentes.
Ces éruptions sont accompagnées d’un prurit incommode, et sont susceptibles de se communiquer par contagion.
Lorsqu’il se développe une inflammation dans
SUR LES ORGANES , ctc.
ruténis , le foie ou un autre organe interne , ces vésicules disparaissent; et les accidens de cette maladie en sont augmentés.
On se demande si, dans ce cas, il y a eu rétrocession de la gale , et si elle s’est portée sur l’organe alFefcté.
C’était naguère un point de doctrine généralement admis, et qu’on veut actuellement révoquer en doute. 11 me paraît cependant bien démontré. On voit tous les jours des personnes chez lesquelles la gale a été mal traitée , être prises d’affections graves , dont on ne peut obtenir la guérison que par le retour de cette éruption dans les parties qu’elle afl'ectait primitivement.
Je donne des soins, en ce moment, à une dame dont les accidens ne laissent guère d’incertitude sur cette rétrocession. Elle eut, en i8i4, lors de l’arrivée des alliés , une éruption aux bras et aux mains , d’apparence psorique , qu’elle soigna peu. Quelque temps après , il se manifesta un catarrhe pulmonaire aigu, qui passa à l’état chronique, et pour lequel j’employai les évacuations sanguines , les eaux sulfureuses de Bonnes. De nouveaux boutons , d’apparence psorique , se développèrent aux mains. Leur apparition fut suivie d’une grande amélioration dans le catarrhe pulmonaire. Quelque temps après , il survint un catarrhe utérin avec de fortes démangeaisons , et les boutons disparurent : ils ne tardèrent pas à se reproduire , et d’être suivis d’une grande dimi-
nution dans le catarrhe utérin. Depuis ce moment, CCS boutons s’en vont dans le courant du mois , et reviennent presque constamment à l’approche des règles ; l’écoulement catarrhal cesse pendant qu’ils ont lieu , pour revenir lorsqu’ils disparaissent. *
Lorsque la gale se fixe sur l’utérus ou le vagin , elle y produit des démangeaisons , des irritations , des inflammations aiguës et chroniques ; quelquefois des boutons plus ou moins volumineux.
La gale peut être occasionnée aux mamelles par un contact impur. Sa repercussion sur le conduit vulvo-utérin , et sur l’utérus, a lieu à la suite d’un traitement irrégulier de cette maladie, d’écarts dans le régime , ou du développement d’une maladie aiguë dans ces organes.
On a cru reconnaître dans quelques circonstances l’existence d’un ciron auquel on a attribué cette maladie : il est bien dos auteurs qui ne l’ont pas’ rencontré; et il n’est pas démontré que, lorsqu’il l’a été , il n’en fut pas aussi bien un effet que la cause , ensortc que nous no connaissons guère mieux le principe de la gale que celui des autres dégénérescences spécifiques.
Lorsque celte maladie affecté les mamelles , elle ne présenle aucun danger particulier : il n’eri est pas de même quand elle est répercutée sur f utérus ; sa inarche est aloi's irrégulière , et sa guérison difficile.
SCR LES ORGANES, CtC. SSg
Le traitement , clans le premier cas , est celui t|n’ûn emploie ordinairement contre la gale.
11 faut d’abord calmer les symptômes inflammatoires au moyen des bains , de la saignée , s’ils sont intenses, si la personne est d’une constitution forte i on a recours ensuite à divers excitans dont l’expérience a constaté l’utilité pour la guérison de cette maladie. Ce sont , le soufre, la potasse, les mercuriaux, la poudre de charbon, la suie de cheminée , diverses plantes narcotiques , ou âcres.
Le soufre et ses combinaisons sont le moyen le plus énergique ; on donne le soufre à l’intérieur, à la dose de i 5 à 20 grains par jour, ordinairement sous forme de pastilles ; on en fait des frictions sur les tégumens avec une pommade d’axonge, contenant un cinquième ou un quart de soufre; on le donne en vapeur sous forme de fumigations : c’est un moyen utile , mais qui est loin d’avoir tous les avantages qu’on lui a attribués. Les personnes d’une constitution forte et pléthorique sont exposées à des étourclissemens , à des coups de sang , et à d’autres graves accidens.
On se sert beaucoup de diverses préparations sulfureuses, et surtout du sulfure de potasse: on le donne dissous dans les bains, à la dose d’environ c[uatre onces pour chaque bain ; c’est le moyen le plus énergique et le plus commode de traiter la gale. .
M. l)u]>uytren l’administre en lotions , à la ilose
de quatre onces , dissouS dans une livre et demie d’eau ; on en lave deux fois par jour les parties recouvertes de vésicules : on peut employer de même le sulfure de chaux et celui de soude. On peut combiner avec ces sulfures , la jDotasse , le sel ammoniac , la chaux , le sel marin. Ces médicamens paraissent en augmenter l’énergie ; d’autres fois avec l’opium , lorsqu’il y a une trop grande sensibilité chez la malade.
Comme le soufre et ses combinaisons ont l’inconvénient d’une odeur qui leur est propre , beaucoup de personnes ne peuvent en faire usage. On le remplace fréquemment par des frictions avec l’onguent citrin > avec une pommade contenant du muriate de mercure doux , dans la proportion d’un gros de ce muriate pour une once de pommade. On emploie aussi la dissolution du muriate sur - oxygéné de mercure en lotions , comme dans la quintessence antipsorique de M. Mettemberg. Les préparations mercurielles guérissent bien la gale : mais elles n’agissent avee sûreté que lorsqu’on les porte à des doses assez fortes pour déterminer la salivation ; ce qui est un grand inconvénient.
M. Pihorel a proposé le sulfure de chaux en poudre , à la dose de 2 gros , délayé dans une petite quantité d’huile. On en fait des frictions sur les poignets et sur les mains.
J’ai employé aussi avec avantage la suie de che-
SUR LES ORGANES , elc. 56 1
minée ; on en forme une pommade avec une once d’axonge , et deux gros de suie brillante , bien porphyrisée , et l’on en fait des frictions sur les parties affectées , comme avec la pommade soufrée.
Celle de suie a l’avantage de guérir aussi promptement j et de ne pas occasionner d’éruptions cutanées par irritation.
La pommade acide , et dite oxigénée d’alyon , peut encore être employée avec avantage.
On peut de même se servir de lotions préparées avec les infusions de staphysaigre , d’ellébore , de ciguë , et autres plantes excitantes ou calmantes ; mais elles sont généralement insuffisantes pour opérer seules la guérison de la maladie.
Lorsque la gale paraît s’être fixée sur le vagin ou l’utérus , on insiste sur les moyens propres à combattre l’irritation et l’inflammation dont ces organes sont le siège.
On tâche d’obtenir le déplacement de la gale , au moyen des pédiluves irritans , des sudorifiques , des légers purgatifs , des vésicatoires appliqués à la partie interne des cuisses , sur les lieux les derniers occupés par la maladie , des bains , d’un cautère à un bras, des ventouses scarifiées.
On a aussi recours aux moyens qui paraissent combattre le principe psorique, et spécialement au soufre que l’on donne dans ses diverses combinaisons , tant à l’intérieur qu’en douches , en bains et en frictions.