DU RHUMATISME
Du Rhumatmne des organes propres aux femmes.
Le rhumatisme peut se développer dans ces organes , ou y être rétrocédé. 11 est rarement circonscrit J borné à un tissu ; il en alFecte plusieurs , et même ceux de plusieurs organes à la' fois : il n’y occasionne pas de lésions anatomiques prononcées ; il y produit des irritations , des inflammations aiguës et chroniques. Les irritations s’y manifestent par des douleurs passagères, souvent assez vives , dont on ne reconnaît la nature qu’à raison de leur coïncidence avec d’autres douleurs rhumatismales, et de l’absence de toute autre lésion capable de les déterminer. On les prend fréquemment pour des spasmes ou névralgies des organes génito-mammaircs.
Quand le rhumatisme produit une inflammation aiguë , si c’est dans Tutérus ou le conduit vulvo-utérin , elle s’y manifeste par des douleurs plus vives que dans le cas d’irritation , des ditîîcultés d’uriner , l’écoulement d’une matière muqueuse , la fièvre et les autres symptômes de l’inflammation de ces organes , avec un peu moins d’intensité.
lien est de même quand l’inflammation affecte les mamelles ; il y survient des douleurs vives sans induration apparente, sans changement de couleur à la peau ; la sensibilité y est quelquefois si forte qu’on peut à peine y supporter le plus léger vêtement.
DES ORGANES , Ctc.
L’inflammation aiguë rhumatismale, tant de l’utérus que des mamelles , a peu de fixité ; elle quitte souvent ces parties pour se porter sur d’autres ; elle se termine par résolution , ou par un état chronique , rarement par suppuration et par les autres terminaisons de rinflammation.
Quand le rhumatisme produit une inflammation chronique , il donne lieu à des douleurs passagères , qui s’en vont, reviennent, et coïncident avec les douleurs rhumatismales des autres parties.
Quelquefois les symptômes de ce rhumatisme sont si obscurs qu’on est long-temps sans le reconnaître , ou même le soupçonner.
Pouteau fut appelé, en 1774, pour une dame enceinte pour la troisième fois , et au sixième mois de la grossesse.
Cette dame avait ressenti à trois mois et demi des anxiétés , un malaise et des douleurs dans la région de l’utérus, qui avaient toujours été en augmentant : deux saignées du bras avaient été pratiquées sans aucun avantage. Les douleurs s’étaient accrues au point que cette dame était obligée de rester couchée sur le dos , sans pouvoir se tourner sur ses côtés , le seul contact du ventre les rendait très-vives. Un cataplasme de mie de pain , de lait et de jaunes d’œufs, fut le seul topique qui la soulagea ; on le renouvela toutes les six heures , et l’on en continua l’usage pendant la durée de la grossesse.