CONSIDÉRATIONS
ration morbide dans les parties qui en avaient été le siège.
Dans l’inflammation, il y a exaltation de sensibilité, changement dans les propriétés vitales, développement d’un nouveau mode de sécrétion dans le tissu affecté , altération dans ce tissu plus ou moins forte, dont il est rare qu’on ne trouve pas de traces bien marquées après la mort.
Il est souvent difficile de distinguer les spasmes primitifs, de ceux qui sont secondaires, de discerner même les spasmes des diverses parties entre eux.
On y parvient en se faisant rendre compte minutieusement de la manière dont ils se sont manifestés , et des accidens qui se sont montrés successivement. La connaissance des symptômes propres à chacun d’eux , sert ensuite à établir les différences qu’ils présentent.
Nous avons indiqué les symptômes généraux du spasme de plusieurs divisions de l’encéphale : ceux qui sont propres au spasme des divers organes , sont pour l’ordinaire assez distincts ; ainsi personne ne confond le spasme des poumons ( asthme ) , avec celui des intestins ( colique nerveuse ).
On a cru qu’il y avait delà difficulté à distinguer le spasme de l’utérus ( hystérie ) , d’avec celui des viscères du bas-ventre ( /ij/wcondr/é;). Cela provenait de ce qu’on ne regardait comme spasme de l’utérus, que celui qui était accompagné du spasme
SUR LE SPASME
cérébral , tandis que ce dernier peut également accompagner le spasme des viscères du bas-ventre. On retrouve les mêmes symptômes dans les deux maladies : mais en isolant ceux qui sont propres cà chaque spasme, la distinction sera facile.
On éprouve parfois des difficultés à discerner divers spasmes partiels d’avec d’autres maladies. Ainsi on jDCut confondre les spasmes du cerveau avec l’apoplexie ; les spasmes de divers nerfs ( névralgies ) , avec des rhumatismes ; on les en distingue par un examen réfléchi des symptômes propres à chacune de ces affections.
En nous occupant du spasme de l’utérus , nous montrerons combien on éprouve de peine ‘ pour détruire cette maladie , et combien les moyens doivent en être variés. M. Broussais a beaucoup simplifié , à la vérité , ce traitement ; mais quelle que soit mon estime pour ce savant , je ne saurais être entièrement de son opinion.
Le spasme , dit-il , les convulsions , « étant » toujours l’effet d’une irritation locale fixe , ou «ambulante, cèdent au traitement de cette ir- » ritation , c’est-à-dire , aux antiphlogistiques , et » quelquefois aux révulsifs , lorsqu 3 le tissu irrité » n’est pas désorganisé ( i ) . »
Cette proposition , si elle était exacte , rendrait facile le traitement du spasme , et donnerait l’espoir d’en obtenir la cure plus souvent qu’on ne le fait. Malheureusement , il n’en est pas ainsi :
(i) 871'= Propos, de médec.
DU SPASME
la recommandation des antiphlogistiques est un précepte trop général qui, loin d’être applicable à tous les cas de névrose, peut rarement convenir aux divers états de la même maladie.
Du Spasme de l’utérus.
Ce spasme, qu’on désigne sous le nom d’hystérie , de névralgie, est une excitation désordonnée dans l’action des nerfs et dans le tissu propre de l’utérus.
Le peu de connaissance que nous avons fréquemment de la cause de cette maladie , la résis- ' tance qu’elle oppose aux moyens employés, ne nous permettent pas de parler avec assuiance sur sa nature , et sur la fixation de son traitement.
En elfet , dans la plupart des spasmes , il y a le moment de l’accès , et l’intervalle qui se passe entre ses retours.
Pendant l’accès, quelle que soit la cause déterminante de la maladie , il y a probablement , comme le pense M. Broussais , excès d’irritation ; les antiphlogistiques conviennent souvent : néanmoins , dans leur administration, on doit toujours avoir égard à l’état des forces , de la chaleur , et même à la manière dont les accès antérieurs se sont terminés.
Lorsque les accès se prolongent , il est rare qu’on n’ait pas besoin, pour sauver les jours de la
DE l’uTÉKES.
inahule , d’avoir recours aux plus Ibrts excilans. Après l’accès, pour prévenir ses retours, c’est encore l’état particulier de la malade , la cause présumée de la maladie , les effets des moyens qu’on a employés , qui doivent guider dans le traitement.
Mais lorsque les forces sont affaiblies , que la chaleur est diminuée, qu’on ne trouve aucune trace d’inflammation dans les organes , que la cause des accès spasmodiques est inconnue ou irrémédiable , qu’on a insisté long-temps sur les débilitans, faut-il persister sur ces derniers moyens quelque peu de soulagement qu’on en retire ? iNon , sans doute, une pareille conduite ne serait pas justifiable ; il convient de changer le mode de traitement.
Après avoir employé inutilement les moyens de débilitation , il faut alors avoir recours à divers excitans qui sont propres à rendre de l’énergie à la constitution , tels que le quinquina , les bains froids, la glace, la valériane, dont l’emploi est fréquemment suivi de succès : l’auteur ne l’ignore pas, puisqu’il dit, dans un autre paragraphe, que les antispasmodiques toniques peuvent suspendre les phénomènes nerveux; il ajoute, à la vérité, qu’ils ne font qu’exaspérer la maladie , et qu’on ne peut la guérir qu’au moyen des antiphlogistiques et des révulsifs : mais , en cela , il est dans l’erreur. On voit continuellement des spasmes rébelles résister aux antiphlogistiques , ('t céder aux <'xcitans.
DU SPASME
Je dois même ajouter que les antiphlogistiques trop long-tsmps continués , ne sont pas sans inconvénient. J’ai vu bien des personnes dont ils avaient aggravé les accidens.
Rarement le spasme est borné à ces parties. Il se transmet à l’estomac , au conduit intestinal , au cœur , aux poumons , aux mamelles , au cerveau , et aux organes avec lesquels Tutérus a des connexions nerveuses ou sympathiques. Il en résulte les accidens les plus variés : les uns tiennent à l’excitation de l’utérus , au dérangement de ses fonctions ; les autres à la transmission de l’irritation aux autres organes et à l’altération de leurs fonctions.
Un sentiment de tension , de pesanteur , une douleur sourde , une dureté , une chaleur dans les régions hypogastrique , lombaires ou inguinales , et qui ont lieu par accès , sans continuité ; la difficulté de se tenir debout, de rester en place ; des pulsations dans les artères du bas-ventre , des démangeaisons aux parties sexuelles sans éruptions dartreuses , une sécrétion plus abondante de la matière muqueuse qui abreuve ces parties , ou la suppression de cette sécrétion , des excitations aux plaisirs des sens et beaucoup d’autres symptômes, annoncent le spasme de l’ulérus. S’il arrive chez une jeune personne, les règles ne peuvent pas s’établir. Si elles ont déjà paru , elles reviennent avec peine , en petite quan-
DE l/UTÉnuS.
tité , à des époques irrégulières , et sout accompagnées de coliques , de douleurs vives. Il^se manifeste pendant leur cours , ou dans leurs intervalles, des hémorrhagies utérines. Le sang des règles se décolore, et paraît changer de nature. D’autres fois elles s’arrêtent. Les accidens de la conception , de la grossesse , sont rebelles. Les lochies augmentent de quantité , s’altèrent dans leur nature, ou se suppriment. Il en est de même des écoulemens de matières muqueuses, dus au catarrhe utérin chronique.
Quand l’excitation se transmet aux organes de la digestion , la malade éprouve des douleurs d’estomac, des nausées , des vomissemens : elle rend une énorme quantité de vents. Elle a le hoquet, des météorismes dans les intestins qui simulent une grossesse , de manière à en imposer aux personnes les plus expérimentées ; des coliques, des tranchées,’ des ténesmes, une diarrhée ou une constipation, souvent le sentiment d’une boule qui remonte à l’estomac et au cou. Quelquefois le sphincter de l’anus se resserre ; il ne permet pas d’y introduire la plus petite canule , et s’oppose à la sortie des vents. Le trouble a-t-il lieu dans les organes de la déglutition ; les femmes croient sentir dans l’arrière-bouche un corps qu’elles ne peuvent avaler. Elles éprouvent un serrement , un chatouillement , une chaleur, incommodes , dans cette partie ; le cou se gonfle extrêmement.
DU SPASME
Quelquefois l’action du cœur et celle des organes de la respiration sont altérées. Leur trouble est suivi de palpitations , de batteinens dans l’aorte ventrale , dans le tronc cœliaque, d’accès de toux convulsifs de plusieurs heures de durée sans expectoration , d’étonlfemens, d’un sentiment de suffocation.
L’excitation se transmet enfin aux organes encéphaliques ; les accidens qui en sont l’effet, varient selon le lieu et la portion afi’ectés de ces organes.
Quand elle se porte au siège des facultés intellectuelles, à celui des sensations , et du principe d’action des organes des sens , ce qui est fréquent , même dans les plus petits dérangemens des fonctions de rulérus, il en résulte de l’insomnie , de l’agitation , une crainte exagérée de la mort, et les autres accidens ci-dessus indiqués.
Si c’est au siège de l’influx nerveux, ce sont des convulsions générales ou partielles , et les mêmes accidens ci-dessus énoncés , et qui varient suivant que l’excitation a lieu dans l’ensemble, dans une partie ou dans un seul point de l’encéphale et du système nerveux.
Le spasme de l’iitérus , comme celui de beaucoup d’autres organes , ne laisse aucune altération après la mort ; ce qui a fait penser à plusieurs auteurs qu’il n’était déterminé ])ar aucune cause matérielle , mais cela ne me paraît pas exact.
Il peut arriver, en effet, de ne pas trouver de