‹ Des maladies propres aux femmesChapitre 31 sur 58 · GG · texte numérisé non relu

GG

DE LA MÉAOUIUiÉE.

De la Ménorrkée.

Quoique l’on ne puisse pas dclerniiuer la quan-, tité de sang fournie à chaque évacuation périodique , et que cette quantité soit variable en raison du climat, du lieu qu’on habite, de la constitution et de la manière de yivre du sujet, on juge que l’évacuation est trop forte lorsqu’elle se prolonge immodérément, qu’elle est précédée de douleurs, d’étoulTemens, et suivie d’une diminution dans les forces vitales.

11 arrive i-arfois que les femmes ont des règles plus abondantes et d’une plus longue durée que ne le comporte leur constitution, sans qu’il y ait hémorrhagie : le sang .coule d’une manière régulière aux époques ordinaires ; son évacuation est précédée de douleurs flans les régions lombaires , d’étourdissemeus et de pesanteurs à la tête, accidens qui diminuent à mesure que l’écoulement s’opère. Lorsque l’écoulement se prolonge long-temps et qu’il est trop abondant à chaque évacuation, il est suivi d’abattement, de débilité générale , de flueurs blanches , et même de l’œdématie des pieds.

La grossesse et rallaitement empêchent ordinairement le cours des règles ; il est cependant des femmes enceintes chez lesquelles cette évacuation a lieu durant les premiers mois, et même jusqu’à la fin de la grossesse.

Le retour des règles se remarque aussi chez

DE LA iMÉNOUIlIlEE. GG"

beaucoup de nourrices le sixième ou huitième mois après raccouchement , ou même plutôt.

La menstruation trop abondante a lieu également chez les personnes d’une forte complexion avec prédominance du système artériel , et chez celles d’une constitution grêle , délicate , avec prédominance du système nerveux. Elle peut être entretenue , de même que les hémorrhagies utérines, hors de la grossesse , par un excès d’action, une pléthore générale ou locale du système artériel, par un spasme des nerfs de l’organe utérin, par celui du cerveau ou de quelque autre partie du système nerveux; enfin, elle paraît être produite dans quelques cas par une atonie générale ou locale du système artériel , ou par un état de collapsus du système nerveux.

La menstruation prolongée chez les nourrices se rencontre surtout chez celles d’une constitution pléthorique, et affectées d’un engorgement de l’utérus. Les nourrices dont le lait est trOp abondant , ou dont les enfans sont trop faibles pour le consommer , sont le plus exposées au retour de leurs règles pendant l’allaitement.

On ne saurait trop se hâter de dimiuiier la quantité des règles lorsqu’elles sont immodérées , ou que leurs retours sont trop fréquens : leur excès chez les jeunes personnes peut produire une faiblesse à laquelle il est difficile de remédier ; il dispose les femmes aux avortemens , surtout dans les premiers mois de la grossesse , et à

DE LA MÉNORRHÉE.

des hémorrhagies utérines foudroyantes à la suite de raccouchement ; il rend plus graves les accidens de la cessation des règles.

La menstruation, pendant la grossesse , est généralement peu alarmante : lorsqu’elle est la suite d’une lésion organique , elle constitue une hémorrhagie, et présente du danger, moins par ellemême qu’à raison de l’engorgement de l’utérus.

Le retour des règles , chez un nourrice mercenaire , inquiète assez souvent les parens de l’enfant. On demande fréquemment si ce n’est pas un motif suffisant pour changer de nourrice : la réponse est facile. Quand l’enfant est fort , robuste, il n’y a aucun inconvénient à conserver la nourrice. Dans le cas contraire, il est avantageux de la changer.

Pour obtenir la diminution dans la quantité des règles , il faut avoir égard à la constitution du sujet , et à l’état des forces vitales , comme dans le cas de menstruation difficile : la malade estelle forte , robuste , éminemment pléthorique ? on cherche à modérer l’excitation générale des systèmes vasculaire et nerveux , par l’usage des mucilagineux et des caïmans. On coupe habituellement son vin avec une décoction froide de gruau , d’orge perlé , ou d’amidon. Ce moyen seul est quelquefois suffisant ; on peut aussi donner du bouillon de veau ou de poulet , des émulsions de gomme arabique , de graine de lin , d’amandes , de semences de potiron , etc. Le lait

DE LA MÉ^iORRHÉE. 66g

d’ânesse est aussi très-convenable : on diminue la quantité des alimens , et l’on choisit de préférence les légumes herbacés , tels que la chicorée, la laitue, les épinards, qui nourrissent moins et passent plus facilement par les urines. On prescrit aussi les légumes farineux ; ils semblent donner plus de consistance aux liquides , et diminuent sensiblement l’évacuation. On fait aussi usage des boissons aqueuses légèrement acidulées , comme les décoctions d’orge avec le sirop de limon , d’épine-vinette , ou de vinaigre. On prescrit le repos du lit, avec la précaution de tenir le bassin plus élevé que le reste du corps.

Lorsque la trop grande quantité des règles paraît tenir à un état spasmodique de l’utérus ou de quelque point du système nerveux , on prescrit les moyens indiqués contre ce spasme.

La maladie est -elle ancienne , et paraît-elle tenir à une débilité générale , à une faiblesse des organes de la digestion , on cherche à rétablir les forces digestives et à ranimer l’action vitale dans toute l’économie. On prescrit à cet effet les boissons toniques légèrement astringentes , les infusions de camomille, de tilleul, les conserves d’aunée , de cynorrhodon , de roses ; la thériaque , le diascordium. On donne pour aliment des substances nourrissantes et de facile digestion : le bouillon de coq , le mouton rôti , etc. Si la maladie était entretenue par un engorgement , ou par un déplacement de l’utérus , on se compor-

DES ACCIDENS DE LA

terait comme U a été indiqué en traitant <le ces maladies (t).

La menstruation chez les femmes enceintes mérite peii d’attention : elle exige seulément que la femme prenne des boissons muqueuses et adoucissantes , s’interdise les travaux pénibles , les courses forcées , les exercices violens , et qu’elle évite tout ce qui peut porter le sang vers l’utérus.

On peut quelquefois faire cesser le retour dés règles chez les nourrices, en diminuant’ l’exubérance des forces de la femme ou son excès d’in'itabilité. Pour cela on preserit • l’eau d’orge , une décoction de gruau ou de gomme arabique , le petit-lait',; le bouillon de poulet , les boissons acidulées ; ' on fait prendre des ali mens en petite quantité et peu nourrissans.

Il est bon aussi d’augmenter les forces "assimilatrices dé l’enfant , en remédiant aux maladies dont* il pourrait être affecté , et en rendant ensuite du ton à son estomac et à ses organes digestifs. ‘ .

Des Açcidens qui arrivent à. l'epoque de la cessation

des règles.

La cessation des règles est aussi naturelle que leur éruption. Cependant elle est souvent aggravée par des accidens qui affectent toute l’économie, ou qui se bornent à l’organe utérin.

Des Déptacemens et du Cancer del’iilérus.

Page 1