‹ Des maladies propres aux femmesChapitre 32 sur 58 · CESSATION DES RÈGLES · texte numérisé non relu

CESSATION DES RÈGLES

('ctte cessation s’annonce, à l’âge de quarante ou ({uaraiite-cinq ans , par une irrégularité dans la durée du flux menstruel et dans les intervalles de ses périodes. L’écoulement diminue ou se supprime pour deux ou trais inois, et revient ensuite sous forme de perte ; rénergièvitale de l’utérusétant allâiblie, le sang ne se porte plus à cet organe avec la même force , il! devient surabondant dans toute réjGOnomie, La fommé est sujette à des rêves fatigans; elle éprouve; des» étourdisse mens , une respiration pénible ^ dès oppressions avec dureté et pljén,itude. 'du. pouls , ou d’autres symptômes d’une pléthore générale'; il survient une suite d’accidens qui aunoncént que lès .systèmes cérè-» bral et nerveu^., sonjt,; alFpotés : tiutemelis ,aux oreilles,, migraipe p./yer|iges'„; inspmpips , envias et sensations bizarrç'Sç boplFées de chaleur à;la figure, palpitatipns , spasmes tant généraux que locaux j gonfleniens du ventre et. inouvemens dans cette cavité, <]ui y feraient soupçonner ; la présence d’un enfant. ...

A ces accidens se joignent un vice dans lesi digestions cl dans la nutrition , des faiblesses d’estomac , beaucoup de vents , des sueurs abondantes, un état de langueur et de consomption ou un excessif embonpoint ; parfois une irritation au pylore , avec de fréquens vomissemens qui semblent indiquer une maladie organique de cet orifice, quoiqu’ils soient purement sympathiques ; des éruptions d’ajiparenGO psorique à la face et

DES ACCIDENS DE LA

sur les tégumens , des douleurs vagues dans les membres qui simulent les affections rhumatismales et goutteuses , etc.

Ces accidens surviennent principalement aux femmes d’une constitution avec prédominance du système nerveux , qui ont abusé et des excitans et des débilitans ; ainsi, ils peuvent être produits par des exercices violens , des purgatifs drastiques, des accouchemens laborieux ou des irritations trop fréquentes de l’organe utérin ; par l’habitation de lieux bas et humides , par des chagrins profonds , des dérangemeiis dans la menstruation , ou par des maladies chroniques propres à diminuer l’énergie vitale de l’utérus.

Les femmes redoutent , avec raison , l’époque de la cessation des règles. En dérangeant leur constitution, en imprimant une nouvelle manière d’être à leur économie , en augmentant chez elles l’état pléthorique , elle les dispose à une foule d’affections ; fièvres intermittentes, fluxions à la tête , péripneumonie , entérite et autres inflammations locales ; hémoptysie, vomissemens de sang ou autres hémorrhagies supplémentaires des règles ; flux séreux qui reviennent aux diverses époques de la menstruation : enfin , elle peut donner lieu à des maladies organiques tant de l’utérus que des autres viscères; et si ces maladies préexistent , cette cessation leur fait faire des progrès plus rapides.

CESSATlOiN DES RÈC.LES. ()^5

- Tant que la cessation des règles n’occasionne que de légères incommodités , elle n’exige aucun traitement; on pourrait, par des moyens intempestifs , troubler le travail de la nature, qui tend à faire cesser une évacuation périodique désormais inutile (i). Mais si la malade éprouve des étourdissemens , des oppressions et d’autres symptômes d’une pléthore générale , une saignée au bras est nécessaire , en même temps qu’on soutient l’énergie de l’utérus et qu’on rappelle le sang vers cet organe , au moyen de frictions sur le bassin , de fumigations et de l’application de sangsues aux cuisses et aux parties sexuelles.

Y a-t-il des accidens nerveux bien prononcés , les boissons légèrement toniques et calmantes sont alors indiquées , en les alternant , en raison de leurs effets , avec les boissons muqueuses ; on prescrit des lavemens émolliens , ainsi que des bains.

Si les digestions étaient pénibles , et que la malade menaçât de tomber dans un état de dépérissement , on aurait recours , comme nous l’avons dit précédemment (2) , à la conserve d’aunée , à l’extrait d’angélique et aux autres amers et toniques pris quelques heures avant le repas. Les frictions générales seraient aussi très- utiles.

(1) Fothergîll, Conseils aux femmes au moment de leur retour d’âge ; trad. de M. Giraudy.

(2) Voy. De V Atonie des organes propres aux femmes.

DES ACCIDENS DE LA

Quand la débilité est accompagnée d’une irritation au pylore, de vomissemens, on retire de bons effets de l’application d’un emplâtre de thériaque et d’opium ou d’assa fœlida sur le creux de l’estomac , d’un vésicatoire au bras , de l’usage du bouillon de poulet , de la décoction de navets, du petit-lait, de l’émulsion de semences de potiron , et des autres boissons douces , en choisissant de préférence celles qui passent le mieux.

Lorsqu’^il survient des maladies locales de l’utérus , on suit le traitement approprié à chacune d’elles , en observant de diminuer l’action de cet organe , et de hâter la fin de la menstruation , au moyen d’une saignée au bras , de cautères , de vésicatoires et de frictions sur les extrémités supérieures.

Quand , au contraire , il existe des maladieschroniques dans quelque partie du corps , comme un engorgement aux mamelles , une disposition à la phthisie , un crachement ou un vomissement de sang , on cherche à retarder l'époque où ce fluide cesse de se porter vers l’utérus , en entretenant l’énergie de cet organe , au moyen d’un exercice modéré , de pédiluves irritans , de l’application de sangsues aux cuisses ; l’expérience ayant appris que plus la cessation des l'ègles est lente à s’opérer , moins les accidens qui en résultent sont à craindre.

Quelle que soit la nature des ces accidens, il est certaines précautions qui conviennent égale-

CESSATION DES UÈGLES. (3^5

ment à tous. On doit éviter , par exemple , de fréquenter les spectacles , les bals , tous les lieux de rassemblement propres à éveiller les passions et où l’on respire un mauvais air. Il faut s’abstenir des habitations situées dans des lieux bas et humides, se garantir de l’impression du froid, et éviter les compressions sur l’abdomen. Les malades doivent porter des vétemens larges , et se tenir médiocrement couvertes. Elles doivent encore surtout celles qui ont de l’embonpoint , garder peu le lit ^ qui abattrait leurs forces , faire usage de bains , tant pour nettoyer la peau que pour faciliter la transpiration et attirer le sang à la périphérie du corps. Pour prévenir ou calmer les insomnies , il convient qu’elles se livrent à un exercice modéré , et qu’elles s’abstiennent de café, principalement le soir. Leurs alimens doivent être doux et de facile digestion.

De la Stérilité.

A moins que la stérilité ne provienne d’un viée de conformation ou d’une lésion bien prononcée des organes utérins , elle présente peu de signes extérieurs. On voit des femmes bien constituées en apparence , et privées des douceurs de la maternité. Il en est d’autres qui , après avoir eu des enfans , perdent la faculté de concevoir. D’autres enfin sont jugées stériles , d’après le laps de temps qui s’est écoulé sans qu’elles aient eu d’enfans?

Page 1