DE LA STÉRILITÉ
et elles devieDaent néanmoins enceintes , soit par la cohabitation avec la même personne, soit par un second mariage.
La stérilité survient quelquefois aux personnes d’une constitution avec prédominance du système nerveux. Les organes utérins ont alors trop de sensiljilité : il en résulte des spasmes irréguliers dans quelques-unes de leurs parties , ce qui rend ces organes moins propres à l’exercice de leurs fonctions.
Les femmes qui ont un excès d’embonpoint , suivant la remarque du père de la médecine (1) , sont encore plus exposées à la stérilité. Elles sont généralement indolentes , apathiques , et peu portées aux plaisirs des sens. Il existe une diminution de sensibilité dans toute leur constitution, et plus spécialement dans les organes utérins.
On a remarqué que les personnes d’une complexion forte , et , pour ainsi dire , masculine , qui ont les goûts et les habitudes de notre sexe , et jusqu’à ce duvet qui couvre notre menton, sont de même sujettes à être stériles. Cette disposition tient quelquefois à un excès de pléthore tant générale que locale; mais le plus souvent elle a lieu sans qu’on puisse rendre compte de ce qui l’a produite.
Les femmes qui abusent des plaisirs des sens ,
(2) Voy. La nouvelle Traduction des aphorismes dTlippocrate^ tl comment, parle chev. de Mercy, scct. VU , apli. 45.
DE LA STÉniLITÉ.
celles de mauvaises mœurs sont aussi sujettes à la stérilité. Leurs organes se trouvant dans un état d’excitation presque, continuelle, finissent par perdre de leur sensibilité , et par n’être plus aptes à la conception.
Les nourrices deviennent rarement enceintes , surtout dans les premiers mois qui suivent l’accouchement. C’est un bienfait de la nature qui porte alors aux organes ife la lactation la surabondance des forces vitales, et ne permet que rarement à l’utérus d’en devenir le siège ; ce qui ne pourrait être qu’au détriment de l’enfant.
Des causes matérielles très-nombreuses peuvent produire la stérilité. Elle peut dépendre de l’absence de l’utérus et de ses dépendances , du défaut de développement de cet organe, du resserrement du col et de l’iraperforation de son orifice, du défaut de longueur ou de largeur des ligamens , ce qui occasionne l’inclinaison de l’utérus en divers sens ; de l’oblitération des trompes , des adhérences qu’elles contractent avec le péritoine ou les parties voisines , et qui ne permettent pas au pavillon d’embrasser l’ovaire dans le moment du spasme vénérien; de l’absence des ovaires ; de celle du vagin , de son défaut de longueur, de son imperforation (1) : dans ces derniers cas , la maladie porte le nom d’impuissance.
(1) Voy. Des Vices de conformation des organes génito-mammaires , p. 70.
DE LA STÉUIUTÉ
La faculté de concevoir existe; mais el|e ne peut avoir son effet , à raison des difficultés que présente la copulation.
La stérilité peut encore dépendre de la plupart des maladies des organes utérins : ainsi, elle est souvent produite par l’élévation, le second et le troisième degré de la descente , l’antéversion et le renversement de l’utérus ( 1 ) ; par la présence des corps étrangers dans c^organe ou dans ses dépendances (2) , par l’inflammation chronique du tissu propre et de la membrane interne de l’utérus , par les hémorrhagies utérines , les spasmes et l’atonie tant de l’utérus que des trompes et des ovaires , par les maladies spécifiques de ces parties, enfin par la plupart des dérangemens de la menstruation.
Quelquefois la stérilité est occasionnée par une maladie de quelque organe éloigné de l’utérus, à raison vraisemblablement de la débilité qui en résulte dans toute l’économie. Elle peut encore être produite par une lésion des organes sexuels de l’homme , comme l’hypospadias , vice qui consiste en ce que l’urètre s’ouvre à une distance trop rapprochée de sa racine, par les rétrécissemens de ce conduit, et par diverses affections des testicules et des vésicules séminales (5). Quel-
(1) Voy. Des Déplacemens de Vuiérus.
(2) Voy. De la Présence des Corps étrangers.
(3) Voy. Mondât , de la SlériUié de l’homme et de la femme. ^
DK LA STÉHIUTK.
qiiefois elle est l’effet d’un défaut de convenance entre les époux , de la vieillesse , ou d’autres causes moins connues et qui échappent à nos sens.
On ne parvient guère à faire cesser la stérilité qui tient aux vices de conformation et aux maladies de l’utérus, ou à la lésion des organes sexuels de l’homme , qu’en remédiant à ces vices et à ces maladies.
On voit quelquefois la stérilité qui tient à des causes peu connues et inappréciables, cesser contre toute attente; mais les cas en sont rares.
Pour obtenir la guérison de cette infirmité , il faut s’attacher d’abord à diminuer la prédominance du système qui est en excès dans la constitution.
Existe-t-il une trop grande sensibilité dans le genre nerveux? on a recours aux bains, aux bouillons adoucissans , aux boissons acidulées , aux émulsions, et aux antispasmodiques , tant généraux que locaux , indiqués contre le spasme de l’utérus (1).
La femme a-t-elle un excès d’embonpoint ? on tâche de rendre de l’énergie à toute la constitution , et de ranimer l’action de l’utérus.
On administre à l’intérieur la menthe , la mélisse , la roquette , la racine et les semences de
(i) Voy. Du Spusme de l’ulérus.