‹ Des maladies propres aux femmesChapitre 34 sur 58 · DE LA STÉRILITÉ · texte numérisé non relu

DE LA STÉRILITÉ

chardon rolland, la noix muscade et les autres moyens indiqués contre l’atonie de l’utérus.

Les eaux minérales acidulés, alcalines, ferrugineuses et sulfureuses , et principalement celles de Plombières, de Vichy, d’Aix-la-Chapelle et de Barèges, jouissent , pouroette infirmité, d’une célébrité qu’elles justifient quelquefois.

On les donne à l’intérieur ou sous forme de bains, de demi-bains, d’injections, de douches dirigées sur les reins , de pédiluves et de lavemens.

Les frictions sur les tégumens avec une flanelle chaude , imprégnée d’huile de pétrole , de safran ou de rhue , de la vapeur du succin et du benjoin, produisent de même de bons effets. Ces moyens , stimulant les organes de la génération , peuvent faire cesser leur engorgement , et augmenter l’action des nerfs qui vont s’y distribuer.

Il faut , dans l’union des sexes , saisir l’ipstant de l’approche des règles ou de leur disparition ; c’est le moment où le col de l’utérus est ouvert , où cet organe a le plus d’action , et où il est le plus propre à opérer la fécondation. C’est en recommandant une semblable attention que Perrin eut le bonheur de procurer un [dauphin à la France.

Chez les personnes d’une constitution trop forte , la saignée et les boissons acidulés pourraient être employées avec succès.

La stérilité déterminée par les excès dans

de la stérilité.

les plaisirs des sens exige qu’on mette de la ino^ dération dans l’usage de ces plaisirs , et qu’on ait recours ensuite à des toniques légers et caïmans.

Enfin , quand elle est produite par des vices de conformation, par des déplacemens de l’utérus, par des fleurs blanches abondantes , par des vices dans la menstruation , ou par d’autres maladies des organes utérins , on a recours aux moyens indiqués contre chacune d’elles. Il en serait de même si la stérilité tenait à une affection dont le siège serait éloigné de l’organe utérin : on em-r ploierait les moyens appropriés contre cette affection,

De la Grossesse extra-utérine.

Le développement du foetus dans la grossesse extra-utérine se fait dans les trompes , les ovaires , le bas-ventre , ou dans une cavité formée aux dépens du tissu même de l’utérus. Cette grossesse a reçu , à raison de la diversité de son siège, les noms de tubaire, d’ovarique, d’abdominale et d’utérine.

Ses signes sont d’abord les mêmes que ceux d’une vraie grossesse, de la présence des corps étrangers dans l’utérus , ou de divers spasmes tant de cet organe que des intestins. Les règles se sup^ priment, le ventre se distend, les seins prennent plus de développement. Quoique l’utérus ne soit pas le siège de la grossesse , son corps prend beaucoup d’accroissement , augmente de volume , et

DE LA GKOSSESSE

pèse sur le doigt comme chez une personne enceinte. On remarque cependant que le ventre est distendu plus irrégulièrement ; la femme est plus souflVante que dans une vraie grossesse ; les douleurs quelle éprouve, les mou ve mens de l’enfant, se font ressentir plus en arrière et vers les fosses iliaques.

11 n’est guère possible de distinguer entre elles les diverses variétés de la grossesse extra-utérine , et souvent même cette dernière, d’avec une vraie grossesse ou d’autres maladies.

J’ai rapporté l’observation d’une grossesse de ce genre , qui a été prise , par les plus habiles praticiens, pour une grossesse ordinaire compliquée de rétroversion de l’utérus (i) ; et des praticiens non moins recommandables viennent tout récemment de commettre une semblable méprise, en regardant cette grossesse comme une péritonite.

Les circonstances qui empêchent l’œuf fécondé dans l’ovaire de pénétrer dans la trompe , et d’arriver dans la cavité de l’utérus, peuvent donner lieu à la grossesse extra-utérine : ainsi un vice de conformation dans les trompes , une maladie de ces conduits, un trouble dans leurs fonctions produit par une frayeur ou par un spasme, pourraient l’occasioiier ; mais le plus souvent elle arrive jsans qu’on puisse lui assigner une cause évidente.

Cette grossesse parvient rarement à son terme :

(jj Voy. Delà Hétroeersion de l’ulérus.

extua-utkuijnk.

quelquefois la nature s’ouvre une voie insolite par, le rectum; niais le plus souvent la présence du fœtus donne lieu, vers les quatrième ou cinquième mois, à un mouvement fébrile. La femme 'tombe dans le marasme, et succombe. Chaussier a rapporté il y a quelques années, un fait de ce genre à la Faculté de médecine.

La femme qui fait le sujet de son observation , était âgée de trente ans , et avait eu trois grossesses heureuses ; elle éprouva d’abord tous les symptômes d’une quatrième grossesse. Mais vers trois mois et demi , époque où l’enfant remua , elle ressentit des douleurs dans la fosse iliaque gauche , la fièvre survint , et cette femme périt dans un état d’épuisement. A l’ouverture du corps on trouva un fœtus de quatre à cinq mois , renfermé dans un kyste formé par la trompe gauche ( i ). M. Bonnie a été plus heureux : il est parvenu, dans un cas de grossesse extra-utérine, à reconnaître cet état de la femme , à faire l’extraction pièce à pièce de la tête et du corps du fœtus par le rectum, et à sauver la vie de la mère.

La conduite à tenir dans le cas de grossesse extrautérine ne présente aucune règle fixe. Lorsque l’existence de cette grossesse est bien constatée , on pourrait peut-être dans quelques cas faire l’extraction du fœtus, au moyen de la gastrotomie; mais l’on est obligé de se conduire en général , d’après

(i) Voy. Journal de Médecine MM. Leroux , etc. , i8i4.

DES ACCIDENS

684 DES ACCIDENS

1 état de la femme , et d’après la marche que la nature prend pour opérer l’expulsion du fœtus.

Des accidens de la Grossesse.

Quoique la grossesse soit une fonction naturelle , elle peut devenir une source d’incommodités et d’accidens graves , qui varient suivant son terme , les organes qui en sont le siège , et la cause qui détermine ces accidens,

La conception a lieu habituellement sans que les femmes s’en aperçoivent. Souvent elle est marquée par une sensation de malaise dans les organes génitaux. La menstruation cesse , est interrompue, ou devient irrégulière dans ses retours.

S’il existait des flueurs blanches , elles se suppriment ou deviennent moins abondantes ; d’autres fois , leur quantité augmente , ou il en survient aux femmes lorsqu’elles n’en avaient pas.

Le col de Futérus a plus de chaleur , est plus sensible que dans l’état ordinaire. Son orifice interne est fermé. L’utérus est dans un état d’irritation , de pléthore locale ; ce qui rend raison des phénomènes qui se remarquent dans les organes génitaux.

Indépendamment de ces accidens locaux , il se manifeste souvent des douleurs à la partie postérieure ou au sommet de la tête, de l’insomnie, des envies de toutes sortes , un alfaiblissemenl

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