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qu’ils y déterminent. L’inflammation , tant aiguë que chronique, de ce viscère , y dispose moins ; il semble qu elle enlève à l’utérus l’intégrité nécessaire à cette excitation spasmodique ; les hémorrhagies utérines sont plus souvent l’elFet que la cause d’un spasme : elles peuvent cependant le produire quand elles sont abondantes.
.S.® La fixation sur l’utérus des vices scrofuleux , syphilitique, rhumatismal, scorbutique, psorique, goutteux et cancéreux , est encore une cause du spasme de ce viscère ; il en est de même de l’irritation et de l’inflammatipn des nerfs qui s’y distribuent.
6." Le spasme a souvent son principe hors de l’utérus. 11 est fréquemment une suite de celui du cerveau ou de ses dépendances. On ne peut douter, par exemple, que les peines , les chagrins, les passions , n’exercent plus spécialement leur influence sur cet organe. Cette influence est transmise , par l’intermède des nerfs , à l’utérus. C’est ce qu’annoncent les règles immodérées , ou les hémorrhagies utérines subites , la suppression des règles , l’altération du sang de cette excrétion , l’augmentation des écoulemens blancs , leur suppression à la suite de ces impressions cérébrales, ou des dérangemens dans les fonctions des organes encéphaliques.
■y.” Suivant Hamilton (i) , le spasme dépend
(i) Obs. sur l’emploi des purgatifs , trad. par M. Lafisse, cil. IX. Paris, i Sa.*).
DU SPASME
toujours d’une lésion de l’eslomac , des intestins y qui donne lieu à ses divers symptômes, et spécialement à la constipation; il peut, en effet, avoir sa source dans ces organes : mais on s’aperçoit facilement qu’ils ne peuvent en être l’unique cause. Quelquefois , il dépend d’une disposition héréditaire et de toute autre cause inconnue.
Suivant George t , le cerveau est le foyer principal du spasme , et l’utérus y est étranger. Une semblable opinion provient de ce qu’il n’a pas assez distingué les sym ptômes nerveux qui tiennent à ce viscère , de ceux qui ont leur siège dans les autres organes , et de ce qu’il ne regarde comme symptômes hystériques que ceux dans lesquels il y a mouvemens convulsifs dans les membres. Dans ce dernier cas , il est vrai , l’organe encéphalique est presque toujours affecté, soit primitivement , soit consécutivement ; mais ces convulsions ne sont pas inhérent es essentiellement au spasme de l’utérus ; e.l}es n’en sont qu’une complication.
Pour discerner les symptômes du spasme, il faut les étudier dans leur principe, lorsque la maladie est récente et a peu d’intensité. On en suit le développement, et on peut mieux les rapporter à l’organe qui en est la source : plus tard ils se multiplient , se compliquent ; l’excitation nerveuse se communique de proche en proche , les systèmes cérébral et nerveux s’ad'ectent, et il est bien dillicile do rapporter à chaque portion do ce système
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les accidens qui en dépendent : on n’y parvient qu’en renionlaut à ceux qui se sont manifestés lors de l’apparition de la maladie. Puisqu’on admet des spasmes dans divers organes , tels que l’asthme pour les poumons , les gastralgies , les coliques nerveuses pour l’estomac et les intestins , comment n’en admettrait-on pas de même pour l’utérus ? Ce n’est pas , au surplus , une simple supposition : on voit journellement des faits qui l’établissent indubitablement.
Le spasme de l’utérus est bien difficile à être distingué des autres affections de ce viscère ; les accidens qu’il détermine , ne sont pour la plupart que des dérangêmens peu appareils dans les fonctions. Aussi les confond-on avec ces dérangemens , quoiqu’ils doivent souvent leur être rapportés.
On peut reconnaître ce spasme par l’examen des circonstances qui l’ont précédé, et des effets du traitement qui le coneerne ; c’est aussi par les mêmes moyens qu’on le distingue d’avec celui de l’encéphale et des autres organes , et qu’on détermine son siège primitif et le nombre d’organes qui en sont affectés.
Une jeune personne se porte bien ; elle a des règles difficiles , leur éruption est constamment accompagnée d’accidens nerveux , tantôt légers et bornés à l’utérus, tantôt plus forts et intéressant un plus ou moins grand nombre de parties : ces accidens cessent du inomont que; les règles
DU SJ’AsaJIi
suivent leur cours. Coumient , d’après cela, méconnaître un spasme dont le siège est dans l’utéterus ?
Une femme jouit de la plus belle santé : elle n’est point à l’époque de ses règles ; on lui apprend une nouvelle fâcheuse ; elle éprouve subitement des accès nerveux de tous genres : elle revient à elle , reprend le libre exercice de toutes ses facultés, de ses fonctions, et il ne lui reste que de la pesanteur à la tête , une diminution dans les facultés intellectuelles ou d’autres accidens cérébraux ; ses règles reparaissent à leur époque ordinaire: peut-on, d’après cela, ne pas juger que l’afFection nerveuse a été purement cérébrale ?
D’un autre côté, on voit fréquemment des accès nerveux , dans lesquels ni Tutérus ni le cerveau ne sont affectés ; c’est ce qui a lieu dans diverses névroses des poumons , de l’estomac, des intestins.
Ce n’est au surplus qu’avec beaucoup d’attention qu’on détermine si l’utérus est le siège primitif des spasmes ou s’il ne l’est pas , s’il y est ou non intéressé ; et quelquefois on ne peut y parvenir. J’ai vu prendre , malgré mes observations, par un très-habile praticien , ce spasme pour un anévrysme de l’aorle ventrale ou du tronc cœliaque.
Le spasme de l’utérus , récent , borné à cet organe , est ordinairement de peu de durée. Sa guérison est plusdiflicile, lorsqu’il se complique de celui de la moelle de l'épine , du cerveau ou de
ÜE L LTE 11 LS.
mielque aulre partie : quelqueCois ne peut-un pas l’obtenir. Il cesse parfois au bout de quelques années , se prolonge rarement jusqu’au retour d’âge , et ne se continue guère après la cessation des règles.
Il peut arriver que l’utérus , après avoir été primitivement le siège de cette maladie , cesse d’en être affecté, quoiqu’elle se continue dans d’autres organes.
De même que pour les autres spasmes , lorsqu’on en a été atteint , la maladie a toujours de la tendance à se reproduire.
Le spasme simple, borné à l’utérus, exige peu de soins. Quand il est accompagné de tranchées , de coliques , de douleurs dans les reins , dans les aines , dans les environs de l’organe utérin , on varie les sédatifs tant locaux que généraux : on prescrit des bains de siège tièdes, des lavemens opiacés , des fomentations, des cataplasmes émoiliens , un emplâtre de ciguë ou d’opium sur le bas-ventre , des injections dans le vagin avec des cataplasmes liquides , une décoction de plantes émollientes et calmantes , ou avec de l’eau distillée de laurier cerise , des fumigations avec la décoction des mêmes plantes en dirigeant la vapeur sur les parties sexuelles ; des frictions sur les extrémités inférieures, sur le bassin avec la teinture de ciguë , de digitale , du laudanum de Rousseau , mêlée à l’huile de jusquiame.
On peut employer des suppositoires vaginaux
DU SPASME
de beurre de cacao , avec addition d’un , de deux ou de trois grains d’opium. On applique des sangsues, ou des ventouses scarifiées, aux aines , aux hanches, à la partie interne des cuisses.
Quelquefois des bains de siège , des lavemens froids , des applications sur le bas-ventre d’une vessie remplie de glace ou d’eau froide, des compresses trempées dans la même eau , réussissent mieux que les moyens précédons.
11 est aussi nécessaire d’avoir recours à la saignée du bras , aux boissons adoucissantes , aux potions opiacées.
On emploie en même temps divers dérivatifs : les bains de pieds stimulans , les cataplasmes sinapiques aux pieds , les lavemens purgatifs , les frictions avec l’éther ou un liniment ammoniacé sur les cuisses et les environs des parties sexuelles.
Si le spasme est accompagné d’un trouble dans la menstruation , s’il a lieu durant la grossesse , l’accouchement , ou l’écoulement des lochies, si, par suite de ce spasme , il est survenu des hémorrhagies utérines, de flueurs blanches, une su])pression de ces derniers flux, on se comporte comme dans le cas de lésion des fonctions de l’iitérus , et des maladies de cet organe. Dans le spasme compliqué de celui de l’encéphale ou d’un autre organe, on diminue leur excitation par des sédatifs locaux ou généraux; on cherche à déplacer le spasme sans perdre de vue la lésion
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primitive de l’utérus , et à remédier aux accidens que produit cette complication.
Quand l’excitation alFecte le principe des sensations et des fonctions intellectuelles , on prescrit l’application des sangsues aux tempes , le long des jugulaires ou au fondement; des boissons adoucissantes, des bains de pieds alternativement émoiliens ou irritans , des cataplasmes sinapiques derrière le cou , au dos , aux lombes , des cautères , des moxâs sur ces parties, un séton au cou, des purgatifs doux ; à l’intérieur , des lavemens et les autres moyens de dérivation analogues.
Les bains tièdes soulagent fré que initient ; parfois ils semblent augmenter l’excitation cérébrale : il faut les donner à la température de 20 à 26 degrés’ au thermomètre de Réaumur , appliquer un corps froid, ou faire une allusion d’eau froide sur la tête , pendant qu’on est dans le bain.
Si l’excitation se porte sur le siège des mouvemens , et qu’il survienne des accès convulsifs , on expose la malade à l’air, on la desserre , on la débarrasse de toute ligature pour ne pas gêner la respiration et les mouvemens. On fait respirer la vapeur de l’eau de fleur d’oranger, et de l’éther. On insiste sur les dérivatifs aux extrémités inférieures, et l’on attend que le spasme se passe. Si la malade a perdu connaissance, et que l’accès soit violent et de longue durée ; indépendamment de l’éther et de l’alcali volatil, on dgime à respirer la vapeur du papier, ou des plumes
dl' spasme
brûlées, pour que l’odeur de l’anmioniac qui s’en exhale, concoure à réveiller le sentiment. Si la lace est colorée , si la malade est d’une constitution forte , ou pratique une saignée au bras , on applique à la partie interne des cuisses des sangsues, des ventouses scarifiées; on donne des bains de pieds synapisés , des bains entiers : on fait aux pieds des applications légères d’un fer chaud , tel que la pelle, les pincettes.
On place sur la tête, de l’eau froide , de la glace dans une vessie : on donne des lavemens froids et à la glace ; il faut cependant mettre beaucoup de réserve dans l’emploi de ces moyens; car les réfrigérans , comme l’observe judicieusement M. Bompard (i) , produisent instantanément un sentiment de fraichenr, qui ne se prolonge pas, et qui est bientôt remplacé par un mouvement de réaction , ou par une excitation plus ou moins vive. On applique sur le ventre des cataplasmes émoiliens , ou des flanelles trempées dans une décoction de plantes émollientes; on donne pour boisson une émulsion d’amandes ou d’orgeat.
Si l’accès se prolonge, on insiste sur les dérivatifs les plus forts aux extrémités inférieures. On applique des ventouses sèches , des vésicatoires aux jambes, des synapismes aux pieds très-actifs, tels que ceux qu’on prépare avec de la farine de
( 1 ) Considérât, sur quelques maladies de l' encéphale ; a® édil. . p. 56 , Paris, 1838.
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moutarde, en y joignant une quantité suffisante d’acide muriatique , ou même d’ammoniaque liquide , pour former une pâte liquide : ce dernier svnapisme est extrêmement violent. On ne peut le laisser que l’espace de huit à dix minutes.
Quand la femme est d’une constitution faible, avec pâleur , et diminution dans la chaleur du corps, on est réservé sur les évacuations sanguines; et l’on insiste sur les dérivatifs puissansaux extrémités inférieures.
L’excitation portée sur la moelle épinière et bornée à cette partie , exige l’application des sangsues, et des autres sédatifs sur le dos, avec les dérivatifs aux extrémités inférieures.
On se conduit d’après les mêmes principes quand l’excitation s’est communiquée à divers' organes , et a déterminé des accidens locaux ; et l’on modifie les moyens en raison du siège et de l’intensité de ces accidens.
Les migraines , les douleurs de tête intolérables bornées à un seul point, et désignées sous le nom de clou-hystérique, le délire momentané, cèdent, pour l’ordiuaire, à l’applif a’ion de la glace pilée, ou de l’eau froide renfermée dans une vessie sur la tête et sur l’endroit douloureux, en donnant ensuite des bains lièdes.
Cette guérison n’est })as toujours ])erinanente : les accidens reparaissent souvent le lendemain ou le surlendemain , et les mêmes moyens n’ont plus d’efficacité ; ils augmentent le malaise , l’agitation : on est obligé de recourir à d’autres.
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On tente alors les frictions sur la tête avec l’éther acéteiix, la liqueur d’HolTinann, l’huile de camomille camphrée , l’huile chaude , ou une forte dissolution d’opium ; l’application de serviettes chaudes , de cataplasmes émolliens et caïmans ; on fait rester les malades couchées. Ces douleurs sont souvent rebelles ; elles passent , ou se reproduisent sans que l’art ait d’influence sensible à leur égard; mais aussi elles se dissipent au moment où l’on conserve le moins l’espérance de le voir cesser.
Lorsque la déglutition est impossible , et qu’il y a une forte constrictiou dans l’arrière bouche , on donne des lavemens opiacés , on fait des frictions avec une teinture d’opium sur le cou , on applique sur cette partie des cataplasmes émolliens.
Les palpitations de cœur violentes , exigent la saignée du bras , l’application de sangsues ,• de ventouses , des fomentations sur la région du cœur , avec un liniment contenant de la teinture étherée de digitale; on ajoute aux boissons quelques gouttes de cette teinture ; on prescrit l’acétate de plomb en pilule, à la dose d’un à quatre grains par jour, l’hydrocyanate de zinc à la même dose ; les purgatifs doux, le nitre , et les autres diurétiques; l’application de la glace p ilée , ou d’un vésicatoire sur la région du cœur.
La toux convulsive, les suffocations cèdent souvent à l’emploi des pédiluves irritans , des sangsues aux parties sexuelles, des préparations opiacées. <ji«elquefois ces |)réparations augmenU'ut les
DE l’utérus. [{Si
accès de toux au lieu de les calmer : on retire les meilleurs elTets de la gomme arabique sèche ou en décoction ; des pilules d’extrait de semences de stramoine à la dose d’un quart de grain à un demi, et à un grain ; d’extixiit de laitue , à celle d’un à six ou huit grains par jour ; d’extrait d’aconit , de jusquiame blanche à des doses d’abord moindres , et augmentées successivement ; on donne aussi utilement la poudre de belladonne à la dose d’un demi grain , à un et à deux grains par jour ; l’eau distillée de laurier-cerise, à la dose de demi-once; l’acide hydrocyanique médicinal , à celle d’un ou de deux grains par jour. Les cataplasmes émolliens sur la poitrine , le lait d’anesse , les eaux de Bonnes, ou d’autres eaux sulfureuses à l’intérieur, peuvent être employés avec avantage.
Dans le cas des douleurs d’estomac , l’eau sucrée pour toute boisson, même au repas ; le petit lait, le bouillon de poulet, froid; les alimens préparés au maigre , et froids , conviennent parfaitement : quelquefois il faut avoir recours aux excitans, à l’eau à la glace, à l’application de la glace sur le creux de l’estomac , d’un vésicatoire volant sur cette partie, à l’usage de l’extrait mou de quinquina, et à d’autres substances analogues.
Dans le cas de vomissemens, on applique des sangsues sur le creux de l’estomac, des cataplasmes émolliens et narcotiques sur celte partie ; on donne des préparations opiacées à l’intérieur, des bains,, des demi-bains, l.e suc exprimé decarottes, lors-
DU SPASME
que les malades n en sont pas incommodées , l’application de la glace pilée, des ventouses scarifiées sur le ventre , sont parfois utiles.
Il en est de même du sirop de douce-amère , contenant demi-once d’extrait de ciguë par pinte , à la dose de deux cuillerées à bouche par jour , dans une tisanne de douce-amère.
Les substances qui produisent un dégagement de gaz acide carbonique, sont avantageuses : de ce nombre est la potion anti-émétique de Rivière, de même que la suivante. Prenez souscarbonate de soude , i5 grains dissous dans un verre d’eau sucrée; ajoutez deux cuillerées à bouche do vin-blanc ; prenez un paquet d’acide citrique ou tartariqne de cinq grains ; mêlez.
Il se dégage aussitôt une grande cjuantité d’acide carbonique qui donne au verre de boisson l’aspect du vin de Champagne. Les eaux alcalines gazeuses sont encore utiles. J’ai vu céder, ])ar ces moyens diversement variés, des voinissemens rebelles , qui, à raison de leur ancienneté et de leur ténacité , faisaient craindre qu’ils ne tinssent à des désorganisations dans le tissu de l’estomac.
Le hoquet, suivant Pomme, cède à l’usage du petit lait et des bains ; mais il s’en faut de beaucoup que ce soit toujours ainsi : quelquefois il devient inquiétant, et se calme par rem[)loi du musc, et de l’opium à haute dose , pris à l’intérieur; on retire aussi de bons effets des frictions sur le ventre
DK L UTERUS.
avec les teintures de castéoriiiii , de safran , d’assa fœtlda , avec l’huile de camomille camphrée. Les demi-lavemens avec addition de vingt-quatre grains de camphre et d'assa fœtida dissous dans un jaune d’œuf, sont aussi très-utiles.
Les mêmes moyens conviennent dans le météorisme des intestins : l’introduction d’une canule de gomme élastique dans le fondement , pour donner issue aux gaz intestinaux, produit quelquefois cet effet ; le plus souvent on n’en obtient aucun.
Si la malade éprouve des douleurs de ventre , une diarrhée colliquative , on applique , sur le point douloureux , des compresses trempées dans une décoction de plantes émollientes ; on donne des lavemens opiacés : lorsque la constriction de l’anus ne le permet pas, on fait des injections dans les parties sexuelles , et des frictions de substances opiacées à la surface du corps , et spécialement à la partie interne des cuisses.
La constipation , suivant M. Hamilton, étant le symptôme le plus important de l’hystérie, les purgatifs sont , d’après lui , le moyen par excellence pour en obtenir la guérison. Ce moyen peut , en effet, avoir de l’avantage, comme dans toutes les affections spasmodiques ; mais il est loin d'être le seul curatif. Les observations de guérisons rapportées par M. Hamilton , ne sont nullement concluantes : elles ne font mention que de quelques malades qu’il n’a pas traités plus de huit jours. Comment, d’après cela , juger si les accès hystériques ont été
DU SPASME
guéris sans retours ? Lors des constrictions spasmodiques du rectum, on introduit dans cette partie des mèches enduiles de cérat simple, de cérat opiacé , de pommade |de concombre , contenant un gros d’extrait de belladone ; on fait diriger des douches ascendantes et émollientes sur le fondement.
Dans le cas si fréquent de refroidissement des extrémités , de sentiment d’un froid glacial dans les membres , ou dans diverses parties du corps, on prescrit avec avantage des boissons sudorifiques , et spécialement la décoction de squine , l’infusion de fleurs de sureau , avec addition de quelques gouttes d’acétate d’ammoniaque , ou d’alcali volatil. On frotte les pieds avec de l’huile d’amandes pliosphorée.
Le spasme cessé , on tâche de remédier à la cause qui a pu y donner lieu.
Celui qui tient à une maladie propre de l’utérus , à un vice fixé sur ce viscère , à la lésion de ses fonctions , n’exige que le traitement de ces maladies , combiné avec les moyens propres à diminuer l’excitabilité de cet organe.
Si le spasme est compliqué de l’excitation du cerveau et de la moelle de l’épine, on emploie le même mode de traitement uni à celui qu’exige la sur-excitation de ces parties.
Le spasme de l’utérus , secondaire ou sympathique, qui tient à une excitation primitivement cérébrale , à la présence des vers dans le conduit intestinal ou à l’affection de tout autre organe ,
DE l’lTÉUüS,
cède aux iiioyens employés contre ces affections.
Si la cause des spasmes a cessé , si elle est héréditaire, inconnue ou irrémédiable, il faut s’opposer , autant que possible , au retour des excitations , par des moyens propres à modérer l’impressionnabilité des systèmes cérébral et nerveux, ainsi que celle de l’organe utérin.
Ces moyens se tirent de la continuation des antiphlogistiques , des dérivatifs , et de l'usage de divers médicamens auxquels on a reconnu une action sédative sur le système nerveux. Il convient d’insister sur les boissons adoucissantes, et de les varier ; ainsi on prescrit les bouillons de veau , de mou de veau , de poulet, de gi'enoyilles , de tortue , le petit-lait , les infusions de laitue , les décoctions de graine de lin, dechenevis, de gruau , d’orge , d’avoine , de racine de nymphæa , de guimauve , de scorsonère , de la moitié d’une tête de pavot , des râpures de corne de cerf , les émulsions d’amandes, de chien- dent , de psillium, de grémil , de gomme arabique , de semences de concombre , de potirons , le lait d’ânesse. Les bains tièdes sont très-usités , et l’on en éprouve les meilleurs effets ; il est bon de les rendre plus adoucissans en y ajoutant la décoction d’une livre de colle de Flandres, du son, de la graine de lin, le bouillon d’une fraise de veau, une livre de gélatine en dissolution , la décoction de cinq à six laitues , trois ou quatre têtes de pavots , l’addition d’un ou de deux gros de sous-acétate de plomb
DU SPASME
liquide, de lo à 1 5 gouttes de laudanum dePiousseau , de quelques gouttes d’éther , s’il ne porte pas à‘“la tête , de 8 à lo gouttes d’ammoniaque liquide. Ces bains doivent être à la température de 22 à 26 degrés, au therjnomètre de Réaumur: à une température plus élevée ils occasionnent souvent des doideurs de tête, et sont plus nuisibles qu’utiles.
On se trouve bien , comme dans le cas d’inflammation chronique de l’utérus, de faire appliquer sur la tête un linge trempé dans l’eau froide, une vessie remplie de cette eau , ou d’y faire des affusions d’eau froide pendant qu’on est dans le bain.
Il arrive fréquemment que les bains tièdes augmentent Icsaccidens , et en produisent de nouveaux, tels que les palpitations de cœur, des étouffemens ; on est alors forcé d’en suspendre l’usage : les bains de vapeur calment de même quelquefois l’excitation ; souvent ils la rendent plus forte. 11 est bon, pendant leur usage , d’appliquer des corps froids sur la tête.
On peut encore avoir recours aux évacuations sanguines ; observons cependant qu’il faut être attentif sur leurs effets : la saignée , l’application des sangsues , quand la malade est forte et pléthorique , préviennent parfois les accès ; d’autres fois elles les déterminent , et les rendent plus intenses.
On peut faire la même observation pour les narcotiques ; ils sont utiles pour rendre les accès
de l’etktiijs.
moins violons ; mais on en n^tire rarement de bons effets pour les prévenir. Qu’ils proeurent ou ne procurent pas de sommeil, ils augmentent d’ordinaire la durée et l’intensité des:' spasmes qui surviennent après leur usage.
L’acide hydrocyanique se prescrit encore avec avantage. On ne peut pas le donner pur ; il faut qu’il soit mêlé à une certaine quantité d’eau, qui en affaiblisse l’action : on en commence l’u-. sage ]3ar une faible dose , par celle d’une ou de deux gouttes par jovir, délayées dans une once d’eau.
11 faut avoir soin de remuer le vase chaque fois qu’on s’en sert , parce que cet acide a une grande tendance à remonter à la surface du liquide qui le contient.
J’ai eu plusieurs fois à me louer de] l’usage de cet acide dans les accès de spasmes convulsifs; quelques malades m’ont paru avoir obtenu leur; guérison par l’emploi seul de ce moyen.
Il ne faut pas augmenter trop promptement la dose de cet acide , ni en continuer l’usage trop long-temps. Ce médicament occasionne le dépouillement de la langue , des douleurs de tête , des étourdissemens , et d’autres accidens variés : observons aussi que le calme qu’on obtient par son usage n’est souvent que momentané , et qu’on est obligé d’avoir recours à d’autres moyens.
L’eau distillée de laurier-cerise produit parfois de bons effets ; on peut l’administrer à la dose
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d’un à quatre gros par jour ; elle paraît n’agir que par l’acide hydrocyanique qu’elle contient. Son usage est loin d’être aussi indilFérent que semblent l’indiquer les essais de M. Fouquier : ce profesfesseur dit l’avoir donnée à la dose d’une livre par jour, sans qu’il en soit résulté d’inconvénient: ce n’est pas ce qui a lieu le plus communément. J’ai vu une seule cuillerée à bouche de cette eau délayée dans un verre d’eau sucrée , produire des incommodités assez fortes pour nécessiter son emploi à une plus faible dose : prise d’ailleurs en petite quantité , elle produit souvent de meilleurs effets qu’à une quantité plus considérable.
' ‘ On peut donner aussi l’huile essentielle de laufïer-cerise , à la dose d’une à quatre gouttes par jour : à une dose plus élevée, il pourrait y avoir du danger dans son usage.
Il arrive souvent, que les médicamens tirés de la classe des émolliens, loin de réussir à calmer les accidens nerveux, ne font que les accroître. Les fonctions digestives se détériorent ; il survient des douleurs d’estomac, un dégoût invincible pour tout ce qui est doux et sucré ; les malades tombent dans une sorte d’anéantissement.
Lorsqu’il n’y a pas de fièvre, ni de circonstances qui puissent faire craindre une inflammation locale, il ne faut pas hésiter à avoir recours à divers excilansdu système fibrillaire, qui paraissent jouir en même temps d’une action sédative sur le systèiûe nerveux , et qu’à raison de cetlc action pré-
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sumée, on a placés dans la classe des anlispasmotliques toniques. On doit placer au premier rang, les bains froids : il faut les prendre par immersions plusieurs fois réitérées l’espace d(î quelques minutes ; on se couvre la tète avec une coilFe de taffetas gommé pour la faire tremper dans l’eau en même temps que le corps : il serait avantageux qu’elle y fût plongée la première.
Après la sortie de l’eau , on se fait frotter avec de la flanelle , ou des vêtemcns de cette étoffe , et l’on marche pendant une demi-heure.
On prend 5o ou 4o de ces bains , si l’on n’en est pas incommodée ; les malades doivent s’en abstenir pefidant les règles , lorsqu’elles toussent , ou qu’elles sont sujettes aux sueurs.
Les bains de rivière, pris surtout dans la saison de l’automne , produisent souvent les meilleurs effets.
11 en est de même des bains sulfureux pris chez soi, ou dans des établissemens destinés à cet objet. Je connais des personnes dont les spasmes ne sont calmés que par ces derniers bains , et chez lesquelles les bains tiédes ne font qu’augmenter les accidens : il est bon de rendre les bains sulfureux moins irritans, en y ajoutant de la gélatine, du son , ou des tiges de pommes de terre.
On se sert avantageusement de la glace pilée tant à l’intérieur qu’en frictions sur le tégumens , dés bains de neige , des frietionS' de neige , des douches d’eau froide sur la tête; tandis que le
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corps csl clans un bain tiède, des bains d’immersion sur la tête , d’eau fraiche à i ^ ou 1 8 degrés de chaleur au thermomètre de Réaumur : l’on doit cependant être très-réservé sur ces moyens; ils occasionnent des coryzas, des douleurs de tête violentes, et d’autres accidens.
On se sert avec avantage de nrédicamens qui , tout en ayant une action excitante sur la force fibrillaire , paraissent , comme les précédens , en avoir une sédative sur la force nerveuse ; le quinquina est de ce nombre : son emploi est surtout indiqué lorsque les spasmes ont un caractère périodique; on le donne de diverses manières.
La suivante est une des meilleures : bn verse deux tasses de bouillon gras, sur deux gros de quinquina concassé; on laisse infuser pendant une heure, et l’on passe : on fait prendre ces deux tasses le matin à jeun , à une heure de distance l’une de l’autre, et l’on ajoute une cuillerée à café de sirop d’éther pour chaque tasse.
Le sulfate de quinine peut remplir le même objet , eu faisant observer qu’il occasionne des irritations dans les intestins, pour peu que la dose en soit élevée.
La valériane est ensuite un des médicamens dont l’action est la plus active, et l’usage le plus répandu; il faut, comme l’observe M. Guibert, la porter graduellement à des doses très-élevées. L’expérience apprend qu’elle procure souvent les meilleurs effets.
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On la donne en décoction à la dose de demi-once à line once par pinte , en substance à celle de 1 2 à 24 grains. On donne de la même manière, les racines de pivoine et de ginseng.
On fait aussi un grand usage de ïassa fœtida ; on la donne en forme vde pilules , à la dose de 20 à 4o grains par jour , on l’incorpore dans un julep , on en administre la teinture; on la fait prendre eu lavement, on la fait entrer dans la composition des emplâtres, que l’on place sur le creux de l’estomac ou sur les reins ; on la combine aussi heureusement avec la gomme amoniaque , le galbanum , l’opopanax, et les autres gommes résines fétides.
Le musc, le castoréum , l’ambre, le succin, sont aussi très-utiles. On les administre sous forme de pilules , à la dose de 10 à 20 grains par jours ; on en prescrit la teinture , à celle de 20 à 4© grains , dans un verre d’infusion appropriée.
Le camphre, combiné avec \assa fœtida, s’emploie aussi avec succès : il en est de même de l’éther sulfurique, et du sirop de cet éther, de la liqueur minérale anodine d’Hoffmann, de l’éther martial ou teinture nervine de Bestucheff : c’est une dissolution de muriate de fer dans de l’éther sulfurique , qui contient un dixième de son poids de cette substance; elle est un puissant anti-spasmodique tonique ; on la prescrit à la dose d’un demi-gros, à un gros, ajoutée à 4 onces d’une potion qu’on fait prendre froide ; dans une boisson chaude , cet
DU SPASME
éther se décompose ; il faut avoir l’attention de ne pas le donner dans une cuillière d’argent, parce cju il noircit fortement, et que les malades en prendraient de l’inquiétude.
L’éther ferré deKlaproth, composé de neuf parties d’acétate de fer liquide, et de trois parties d’éther acétique alcoolisé , produit des elFets analogues , et exige les mêmes précautions ; on le donne à la dose d’un scrupule à un demi-gros : on prescrit aussi avec avantage , l’acide boracique , ou sel sédatif de Homberg, à la dose d’un gros, dans une potion calmante.
La poudre de Stalh n’est pas seulement diurétique ; c’est encore un bon antispasmodique : on l’incorpore à la dose d’un demi-gros à un gros , dans une potion calmante ; on la fait prendre par paquets de 12 à 24 grains par jour , dans un peu de vin.
L’ammoniac dissous dans une pinte d’eau, à la dose de 10 à 20 gouttes; l’alcool ammoniacal, dissous de même, à la dose de 20 à 4o gouttes, le carbonate , le phosphate et le muriate d’ammoniac, le savonule ammoniacal , l’acide pyrozoonique affaibli, à la dose de 5 à 10 grains dans une pinte d’eau , sont de même employés avec avantage. Ces derniers médicamens sont très-usités en Angleterre : on croit qu’ils ont une action marquée sur l’utérus.
On ne peut leur refuser une action &tiinulant(?, légèrement sudorifique , très-utile lorsque le
DE l’utérus.
principe de la maladie est mobile comme dans les cas de rhumatisme , de goutte ; ce qui est assez fréquent.
On fait encore usage de fleurs de zinc à la dose de 5 grains , que l’on peut porter graduellement à celle de 5o ; on les donne en pilules , ou mêlées à une boisson.
J’ai retiré de bons effets de l’usage du cyanure ou hydrocyanate de zinc, en pilules, à la dose d’un à quatre grains par jour. On a préconisé l’hydrocyanate de fer ; mais il est bien moins actif : on peut porter graduellement la dose de ce dernier à 20 ou 3o grains par jour.
La poudre de guttète, à la dose d’un scrupule à un gros; la poudre dorée de Zelle à celle de huit grains à un scrupule ; le julep musqué de Fuller, l’essence anti-hystérique, de Lemort; la poudre anti-spasmodique, l’élixir de propriété de Paracelse; les pilules de Selle, et beaucoup d’autres préparations contre les affections nerveuses , peuvent être administrés avec succès , seuls ou combinés avec les antispasmodiques légers , tels que les fleurs de tilleul j de camomille , de mille-feuilles, de pivoine, les stigmates de fleurs de safran, la menthe poivrée , la menthe officinale , le caillelait, les feuilles d’ oranger en infusion ; ces dernières en poudre , à la dose de deux gros par jour , produisent souvent de très-bons effets.
Quelques malades se sont bien trouvées de fumer au lieu de tabac, des fleurs de tilleul, des feuilles
DU SPASME
d’oranger, de slramoine ou de quinquina en poudre.
En général, dans l’administration de ces médicamens, s’ils produisent de l’irritation dans le système circulatoire, un accroissement de chaleur, une accélération dans le pouls, il faut en discontinuer l’usage, revenir aux adoucissons, pour re-prendre plus tard les excitons.
On prétend que le mariage est un bon moyen pour empêcher les accès spasmodiques ; cependant il est loin d’être aussi efficace que les auteurs semblent l’annoncer : on voit autant de femmes mariées que de jeunes personnes sujettes à ces spasmes.
Le régime doit être doux et rafraiebissant; il convient de faire usage des alimens froids, ou presque froids. Les voyages, l’équitation, les exercices de corps, concourent puissamment au rétablissement : il faut aussi éviter la contention d’esprit , et se livrer à tout ce qui peut le distraire.
Des Spasmes du clitoiùsj et des parties extérieures de la génération.
Le spasme du clitoris est connu sous le nom de clitorimanie (i), de nymphomanie (2), de fureur
(1) Vitet , Méd. expectante , t. V , p. 2 1 7.
(?) Voy. Pinel , Sosogr. philosophique.
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ulérine (1) ; il s’annonce par de la chaleur, des démangeaisons dans les parties sexuelles, la rigidité et le gonflement involontaire du clitoris : les malades manifestent quelquefois sans aucune pudeur, un désir immodéré des plaisirs des sens, par des propos et des gestes obscènes ; elles ont un délire furieux.
Cette maladie est tantôt continue, tantôt temporaire et par accès de plus ou de moins de durée. Georget la regarde comme une variété de la folie ou d’une passion exaltée ; mais elle en est indépendante : je l’ai vue chez des personnes d’un âge avancé affectées d’un cancer de l’utérus, quoiqu’elles eussent toute leur raison et fussent sans aucune passion. Ces personnes étaient tourmentées par l’orgasme des parties extérieures de la génération , et par des désirs qu’elles cachaient avec soin , et dont elles étaient vivement contrariées.
Ce spasme arrive à tous les âges. Une constitution faible , avec prédominance du système nerveux, y prédispose beaucoup ; mais on le rencontre aussi chez des personnes d’une constitution forte avec prédominance du système artériel : ce spasme peut être déterminé par des excès dans les plaisirs des sens, dans l’abus de soi. Il dépend souvent de la fixation d’un principe dartreux sur les parties extérieures de la génération , d’une afl’ection cancéreuse de l’utérus , d’une dégéné-
(i) Senncrt, t,. IV, p. G23.
DU SPASME
rescence des ovaires ; ces maladies finissent par affecter les nerfs des organes sexuels , par produire leur excitation , leur inflammation. Cette excitation donne lieu aux symptômes locaux que nous avons énumérés : elle se transmet symptomatiquement au cerveau et provoque les désirs immodérés , le délire furieux , et les autres accidens qui tiennent à la lésion de ce viscère.
Quelquefois ce spasme provient d’une maladie même du cerveau , comme dans la plupart des aliénations mentales J et de sa transmission sympathique aux organes sexuels.
Cette maladie est toujours grave, moins par ellemême qu’à raison des causes qui la déterminent. Les malades qui ne veulent pas la réprimer ou qui n’en ont pas la raison , tombent dans le marasme , et finissent par succomber.
Dès qu’on s’aperçoit de sa présence , on s’attache à détruire l’affection des organes sexuels ou celle du cerveau qui a pu y donner lieu ; on diminue en même temps l’excitation nerveuse des organes génitaux au moyen des sédatifs locaux usités pour le spasme de l’utérus. Les plus utiles sont ; les bains de siège long-temps prolongés dans une décoction de laitue ou de plantes émollientes avec addition de deux gros à une once de sousacétate de plomb liquide pour chaque demi-bain ; les bains de siège froids de peu de durée, et fréquemment réitérés ; l’application d’un linge trempé dans l’eau froide, ou des aspersions d’eau
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froide sur la région des reins , sur le bas-ventre , sur la partie interne des cuisses ; des ablutions sur les parties sexuelles , avec une émulsion d’amandes contenant 24 grains de sulfate de zinc ou 5 grains d’acide hydrocyanique pur, ou bien 12 grains d’iiydrocyanate de plomb pour une livre de cette émulsion ; l’injection de cette même liqueur dans le conduit vulvo-utérin ; des onctions sur les parties extérieures de la génération avec de la pommade de concombre opiacée ou avec l’addition d’un huitième d’extrait de belladone , de stramoine ou d’aconit ; les lavemens d’eau froide ou d’émulsion d’amandes ou des semences de potiron.
Quelquefois les bains de siège d’eau de Barèges factice ont plus d’avantage; d’autres fois, ce sont ceux de jusquiame , de morelle ou d’autres plantes narcotiques.
S’il existait des habitudes vicieuses , surtout chez les enfans , on les préviendrait par une grande surveillance. Ou mettrait leurs bras hors du lit ; ou placerait un drap roulé en huit doubles autour de leurs reins. On aurait recours à des instrumens contentifs pour éviter qu’ils ne puissent suivre leurs habitudes.
On tâche de ramener à la santé , au moyen des restaura ns et des analeptiques, les personnes qui, par suite de leurs excès ou de leurs maladies, sont tombées dans répuisement.
DU SPASME
Du Spasme des mamelles.
Ce spasme peut occuper toute la mamelle, ou être borné au mamelon.
Le spasme de la mamelle a lieu fréquemment dans cette partie , sans qu’on s’en aperçoive ; il se manifeste ordinairement par le gonflement , la tension de la mamelle sans douleur vive , sans changement de couleur. Il se fait parfois une excrétion d’une matière séreuse ou même d’un peu de sang par le mamelon. Lorsque la femme est accouchée depuis peu de temps , le lait coule de nouveau quoique sa sécrétion eût été supprimée. Je connais une dame , d’une constitution nerveuse , chez laquelle le gonflement des mamelles , leur endurcissement et la sécrétion du lait se sont reproduits quinze mois après son accouchement , pendant qu’elle prenait les eaux d’Aix en Savoie, sur les lieux.
Pendant que les femmes nourrissent , le spasme s’annonce souvent par la suppression subite de la sécrétion du lait ; d’autres fois c’est par l’augmentation de cette sécrétion , par des changemens dans la nature du lait lui-même.
Le spasme du mamelon est marqué par la coustriction de ses conduits excréteurs ou par leur relâchement; ce qui fait, lorsque la femme allaite , que l’écoulement du lait est arrêté, ou qu’il a lieu involontairement.
DES MAMELLES
Des coups , des violences extérieures sur les mamelles , la présence d’une maladie éruptive sur ces parties peuvent donner lieu au spasme des mamelles. Quelquefois ce spasme leur est transmis sympathiquement par celui des organes génitaux ou par le cerveau.
Cette maladie exige peu d’attention hors l’allaiteinent : dans ce dernier cas , elle peut nuire à la sécrétion et à l’excrétion du lait , et devenir la source d’accidens secondaires variés. On la combat par les mêmes moyens généraux et locaux que pour le spasme de l’utérus. On remédie aux vices dans la sécrétion du lait par ceux que nous indiquerons en traitant des ces vices ( i ) .
Dès Convulsions de l’utérus.
Les convulsions de l’utérus peuvent avoir lieü durant la grossesse , pendant le travail de l’accouchement, avant et après la délivrance.
De même que pour le spasme de l’utérus , les convulsions sont quelquefois précédées de pesanteur de tête, d’éblouissemens, de vertiges, de vivacités , d’impatiences sans motifs , qui annoncent une pléthore , ou un excès d’irritabilité dans le système cérébral. Plus souvent, elles se manifestent subitement, sans symptômes précurseurs, par des mouvemens déréglés dans les membres.
(i) Voy, Des Vices de la sécrétion du lait.