DES CONVULSIONS
La figure se décompose , les traits s’altèrent , et prennent un caractère convulsif ; tout le corps se raidit , et il se fait dans le ventre , et spécialement dans la région utérine , des mouvemens qui correspondent à ceux du corps ; l’enfant participe à ces mouvemens, et il vient à chaque instant heurter contre les parois de l’abdomen.
Les convulsions ne durent ordinairement que l’espace de quelques secondes : mais elles se l’cnouvellent fréquemment dans un très -court espace de temps. Parfois elles se prolongent presque sans interruption durant plusieurs jours.
Elles ne peuvent avoir une longue durée, lorsque la femme est enceinte , sans produire l’avortement ou raccouchemcnt : quand l’enfant est à terme , pour l’ordinaire le col se dilate , la tète s’engage , et l’accouchement se termine comme dans le travail naturel.
On a vu des femmes accoucher de la sorte , quoiqu’elles eussent entièrement perdu connaissance et qu’elles fussent dans un état comateux.
D’autres fois le col de l’utérus se dilate avec peine , et ne permet que difficilement l’introduction de la main. L’enfant se présente dans une mauvaise position , et l’on éprouve de grandes difficultés pour terminer raccouchemcnt.
De même que l’hystérie, les convulsions peuvent se compliquer de la lésion du système céix*bral et de la lésion du système nerveux de divers organes ; ainsi la femme peut éprouver en même
DE t'UTÉRtS.
temps un accès d’épilepsie, de manie, une sulFocation,el d’autresaccidens du même genre( 1 ) . Souvent il se manifeste une hémorrhagie foudroyante.
Quelquefois la malade se trouve soulagée, du moment où les convulsions ont cessé. D’autres fois elle s’assoupit, ou elle tombe dans un état comateux qui dure plus ou moins long-temps.
Cette maladie survient aux personnes d’une constitution délicate , comme à celles d’une constitution forte.
Assez souvent les convulsions sont occasionées pendant la grossesse par une percussion sur le bas-ventre, par une frayeur, un mouvement de colère, une irritation biliaire ; la cause la plus fréquente , principalement vers la fin de la grossesse, est une congestion sanguine, ou même une hémorrhagie cérébrale , produites elles-mêmes par le défaut d’une ou de deux saignées, qu’aurait indiquées l’état de la femme.
Une saignée faite mal à propos chez une personne faible , des hémorrhagies utérines abondantes , tant durant la grossesse qu’au moment de l’accouchement ou de la délivrance , peuvent encore occasionner les convulsions. On les a vues produites par la rigidité ou l’endurcissement du col de l’utérus , qui ne lui permettent pas de se dilater au moment de l’accouchement ; il en résulte des contractions utérines impuissantes et un
(1) Voypï Du Spastne de Vulérm.
DES CONVCLSIO.NS
Irouble dans tout le système nerveux. Enfin la maladie survient souvent, sans qu’on puisse en déterminer la cause.
Les convulsions de rutérus pendant la grossesse sont peu inquiétantes pour la mère , lorsqu’elles ont peu de durée. Elles le deviennent pour Tenfant , qui est sujet à être expulsé avant terme. Au moment de l’accouchement , elles sont très-dangereuses , et sont fréquemment suivies de la mort de la malade. Après l’accouchement , et surtout après la délivrance, il est rare qu’elles soient suivies d’accidens.
Dans le traitement des convulsions , on doit s’attacher à modérer l’irritahilité du genre nerveux, et à détruire , s’il y a possibilité, la cause qui a déterminé la convulsion.
Si les convulsions sont légères , on commence par donner une potion calmante , par cuillerée ; on applique sur le front des linges trempés dans l’eau.froide, avec un peu de vinaigre, et sur l’abdomen des compresses trempées dans une décoction de plantes , émollientes et narcotiques; on donne des lavemens et l’on fait des injections dans les parties sexuelles avec la même décoction. On fait prendre un bain général ou un bain de siège. On donne à l’intérieur une infusion de feuilles d’oranger , et de fleurs de tilleul , avec une cuillerée à café de sirop d’éther pour chaque tasse. On applique des sangsues aux parties sexuelles , ou sur l’abdomen ou au fondement.
DE l’utérus.
Ces moyens sont surtout nécessaires , lorsque l’affection est survenue à la suite d’une frayeur , de quelque passion vive, ou d’autres circonstances propres à mettre en jeu l’excitabilité des système cérébral et nerveux.
Si la malade éprouvait des douleurs de tête, si la langue était chargée et qu'il y eut des symptômes d’une irritation dans le système biliaire, on prescrirait un vomitif et les évacuons.
Quand la face est rouge, animée , que la pléthore cérébrale est manifeste , on pratique une ou deux saignées du bras, qui sont préférables à celles du pied. On applique des cataplasmes synapiques aux pieds, des vésicatoires aux jambes ou à la partie interne des cuisses.
Si la maladie tient à un état d’épuisement, par suite d’une saignée ou d’hémorrhagies abondantes , on donne des caïmans toniques , du vin généreux , des consommés , et l’on fait usage de substances éminemment restaurantes. Les vésicatoires volans aux cuisses et sur les jambes , les sinapismes aux pieds sont très-convenables.
On remédie aux convulsions qui tiennent à la rigidité ou à l’end urcissêinent du col, en portant des opiacés sur son orifice , et eu tâchant d’en opérer la dilatation. Si elle n’est pas possible , il ne faut pas hésiter à faire la section du col, au moyen d’un bistouri. Il n’en résulte pour l’ordinaire aucun accident.
Lorsqu’on s’aperçoit que la convulsion déter-