‹ Des maladies propres aux femmesChapitre 51 sur 58 · EXPERIENCES GALVANIQUES · texte numérisé non relu

EXPERIENCES GALVANIQUES

SUR l'organe cérébral (i).

De tous temps on a sent! rîmportance de faire des recherches sur les fonctions de l’organe cérébral ; un oigane d une structure aussi compliquée , dont les lésions sont souvent suivies d’effets si extraordinaires et si affligeans , ne pouvait manquer de fixer l’attention de tous ceux qui aiment à se rendre compte des phénomènes de la nature , et qui consacrent leurs veilles au soulagement et au bonheur de leurs semblables .

Sans parler d’Héropliile et d’Erasistrate , dont les écrits ne sont pas parvenus jusqu’à nous , qui ne connaît les belles expé riences des deux Boerhaave, de Haller, de Vleusseiis, de Zinn, et en dernier lieu du célèbre Bichat.

Mais plus leurs travaux ont été nombreux et bien dirigés , plus ils nous ont montré les difficultés de pénétrer plus avant dans la connaissance du mode d’action du cerveau, et de soulever le voile dont la nature a recouvert les fonctions de cet organe.

11 ne fallait pas moins que la découverte d’un nouvel agent, d’un stimulant plus énergique du système nerveux , pour nous déterminer à entreprendre de nouvelles recherches , tant pour vérifier les faits déjà connus , que pour nous procurer quelque lumière sur ceux qui sont un objet de controverse parmi les physiologisfès.

(',) l’uLir mieux faire comprendre ce que j’ai dit, des fonctions du cerveau, à l’occasion du spasme de cet organe , je crois devoir reproduire ici des expériences <pic j’ai faites à la Société galvanique, pendant les années .80, et .808, aidé de plusieurs mcml.res de cette Société savante , et qui ont été insérées dans le Monuear du lO août i8ni).

IiXl’EIUE^CES (iALVAiMQUES.

(Quoique ies résullats que nous avons obtenus soient loin d’avoir acquis le degré d’intérêt que l’on pourrait en attendre , plusieurs d’entre eux nous ont paru assez importans pour mériter l’attention des hommes de l’art . et ouvrir une nouvelle carrière à leurs essais.

Depuis Haller, plusieurs anatomistes avalent remarqué que lorsqu’on met à découvert sur un animal vivant l’organe cérébral , et qu’on l’irrite avec un agent mécanique ou chimique , l’irritation se transmet au système musculaire qui entre aussitôt en action , et que cette action est d’autant plus marquée , que l’irritation est portée plus près de la base cérébrale, tandis qu’elle est nulle à sa surface convexe.

Nous avons cherché à vérifier ces phénomènes en portant les deux conducteurs d’un aj)parell galvanique un peu énergique sur le cerveau d’un animal , soit pendant la vie , soit immédiatement après la mort. Comme ces physiologistes, nous avons remarqué que l’irritation se transmet aux muscles du tronc et des membres , et que les contractions musculaires sont d’autant plus fortes , que l’on se rapproche davantage de la protubérance annulaire ; mais que les contractions sont aussi détérminées, quoique plus faiblement, par le contact des conducteurs avec la surface convexe du cerveau : diversité de résultats qui ne doit être attribuée qu’à la différence des irritans dont on s’est servi.

Chacun se rappelle la belle division des organes musculaires si bien développée par Bichat , en muscles de la vie animale , et en muscles de la vie organique.

Par des expériences réitérées , nous avons cherché à vérifier l’exactitude de cette division.

Nous avons mis en communication les deux extrémités des conducteurs d’un appareil galvanique avec la substance médullaire du cerveau , ayant soin de les placer à une ligne de distance l’une de l’autre , et de les porter profondément dans 1,’intcrieHr de cet organe ; l’irritation s’est tout de suite trans-

EXPÉKIENCES (iAEVAMOEES. yôf)

mise aux muscles du troue et des membres , de manière à déterminer chez eux de vives contractions ; le cœur, la vessie , qui conservaient encore un peu leurs mouvemens , n’ont pas éprouve de contractions plus sensibles ; le mouvement vermiculaire des intestins a paru s’accroilre.

Ces expériences ne semblent-elles pas confirmer ce qu’avait annoncé ce célèbre anatomiste , que les muscles du tronc et des membres reçoivent leur action du cerveau , tandis que les muscles creux ne paraissent recevoir de cet organe qu’une très-faible Impression.

La question si intéressante , tant sous le rapport de la physiologie , que sous celui de la médecine pratique , de l’entrecroisement des nerfs du cerveau, ne pouvait manquer de fixer notre attention.

Nous avons placé les deux conducteurs de l’appareil sur le lobe droit du cerveau. Du moment où la communication galvanique a été établie , les muscles de la face et du tronc sont entrés en contraction ; mais dans des épreuves réitérées et sur divers animaux , l’on a constamment observé que les muscles de la face du côté droit , et ceux de la cuisse et de la jambe du côté gauche, avaient des contractions plus marquées que ceux du côté opposé : en prolongeant l’expérience pendant plusieurs minutes , les muscles de la face de côté droit ont fini par être les seuls qui entrassent en contraction.

Kn plaçant les deux conducteurs sur le lobe gauche du cerveau , l’on a d’abord obtenu des contractions générales , plus marquées dans les muscles de la jambe du côté droit , et dans ceux de la joue du côté gauche; et ces contractions ont fini par n’etre plus sensibles que dans la joue de ce dernier côté.

Il nous a paru résulter de ces expériences , qu’il n’y a pas d’entrecroisement pour les nerfs qui se portent aux muscles de la tête, tandis qu’il y en a un bien marqué pour ceux qui sc distribuent aux muscles des extrémités.

Page 1