EXPÉRIENCES GALVANIQUES
Les expérienccsflont nous venons de rendre compte , avaient suffisamment établi que l’aclion galvanique se transmet trèsbien du cerveau aux parties inférieures ; mais cette action estelle purement mécanique , et peut-elle être portée des extrémités au cerveau : c’est ce que nous avons tâché de résoudre par l’expérience suivante ;
Nous avons placé les deux conducteurs de l’appareil galvanique dans la moelle de l’epine , vers la partie moyenne de îa région dorsale : cette application a déterminé des contractions dans les muscles du tronc et des extrémités Inférieures , placés au-dessous de la partie de la moelle sur laquelle les conducteurs étaient implantés : les muscles de la tête , des extrémités supérieures et du tronc , placés au-dessus des conducteurs , sont restés dans l’inaction la plus complète.
Cette expérience , que l’on a variée de plusieurs manières, a toujours prouvé que l’action galvanique transmet le mouvement du cerveau aux membres , et non des membres et de la moelle de l’épine au cerveau.
Dans le cours de nos expériences galvaniques , nous avons trouvé un fait qui nous a paru devoir répandre un jour une grande lumière sur les fonctions du cerveau.
Nous avons remarqué que lorsque l’action de l’appareil galvanique est peu énergique , et que l’animal a cessé de vivre depuis quelques minutes , si l’oii porte l’irritation sur un seul point du cerveau , l’on détermine les contractions isolées de muscles des cils , des ailes du nez , des lèvres , des paupières , du côté du lobe du cerveau où l’application a été faite , et en raison du Heu de cette application : les muscles de la face du côté opposé , quelquefois même les muscles les plus voisins de celui auquel l’irritation s’est transmise , n’éprouvent aucun mouvement.
Ces résultats , quelque surpreuans qu’ils puissent paraître , ont été vérifiés à diverses reprises et sur dlflércns
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animaux. Comme ces expériences n’ont été faites que sur de petits qiiadruj)èdes , elles ont besoin d’ètre répétées pour déterminer d’une manière invariable à quelle partie du cerveau correspondent les contractions partielles des muscles de la face.
Nous terminerons ce premier aperçu par une expérience qu’il sera bon de renouveler sur de grands animaux , et qui ne laissera pas d’être de quebpie intérêt.
Eu portant rirrltatlou galvanique sur le cervelet d’un animal encore vivant , l'on n’a déterminé les contractions d’aucun muscle , soit des muscles du tronc , soit de ceux des cavités internes ; tandis que cette Irritation portée au même instant sur le cerveau du même animal , déterminait les contractions précédemment indiquées.
Cette expérience ne semble-t-elle pas annoncer que ces deux organes ont des fonctions distinctes , et que le cerveau , la moelle alongée , la moelle de l’épine et les nerfs , sont les seuls qui fournissent aux muscles le principe du mouvement , tandis que le cervelet a des fonctions d’un autre ordre qui demandent de nouvelles études.
Il ne faudrait pourtant pas pousser trop loin ces inductions, ni adopter l’opinion de quelques auteurs qui pensent que le cervelet est le siège de l’intelligence et du sentiment.
Les belles expériences de Zinn ont assez démontré que l’on peut Impunément blesser cet organe, sans priver subitement de la vie les animaux sur lesquels on fait cette expérience , et sans leur faire perdre, pendant un temps plus ou moins long, leur sensibilité et leur Intelligence. Il est d’ailleurs un terme au-delà duquel nous sommes obligés de nous arrêter ; et lorsque l’expérience se tait , il faut mettre des bornes à l’imagination. »
iV. B. Les expériences que je reproduis ont établi dans le temps , ce qui a été depuis confirmé avec plus de précision par