‹ Des maladies vénériennes et de leur traitement homéopathiqueChapitre 22 sur 86 · L. SIMON · texte numérisé non relu

L. SIMON

Elle peut avoir lieu entre le moment où le chancre vient de disparaître et celui où la syphilis constitutionnelle commence^ aussi bien qu'entre deux poussées de symptômes secondaires. Elle se produit lorsque la maladie est à Tétat latent, ou quand elle est en complète expansion.

La mère transmet la syphilis à son enfant, soit au moment de la conception, soit pendant le cours de la gestation.

Dans le premier cas, Finfection est certaine. La vérole étant une maladie générale, totius substantiœ, l'ovule lui-même y participe, et, lorsqu'il est appelé par la conception à une vie individuelle, son organisation commence sous l'influence du désaccord syphilitique. A mesure que l'enfant se développe, il reçoit des éléments organiques syphilisés; créé pendant l'existence de la diatbèse, c'est sous sa puissance qu'il se développe physiquement.

Si la mère contracte la maladie après la conception, l'enfant y échappe quelquefois. Il est d'observation que le mal se communique moins sûrement, quand la grossesse est à son début, que si elle est arrivée à sa période moyenne.

Si le père et la mère sont syphilitiques, l'enfant hérite à coup sûr de leur maladie, et ses souffrances sont d'autant plus redoutables qu'il en a puisé la cause à une double source.

Le médecin se trouve donc autorisé, et par la transmission possible de la syphilis secondaire par le con- \ tact, et par la communication assurée de cette maladie

SYPHILIS CHANCREUSE. 171

par voie de génération, à défendre tout rapport sexuel entre un sujet syphilitique et un sujet sain, et plus encore entre deux sujets véroles. Ce qu'il doit faire comprendre à rhomme syphilisé, c'est qu'en suivant ses désirs, en s'abandonnant à ses passions, il compromet la santé de la femme qui lui accorde ses faveurs, qu'il voue ses enfants à une mort prochaine ou à des souffrances sans fin. Ce qu'il doit apprendre à la femme vérolée, c'est qu'elle expose la santé de l'homme, et plus encore celle de l'enfant qu'elle peut concevoir; qu'ainsi la continence est une conséquence nécessaire de l'état de maladie dans lequel elle se trouve.

Cette conduite doit être observée aussi longtemps qu'existe la diathèse; d'où la nécessité pour le médecin de cherchera en abréger la durée, de faire appel à toutes les ressources de son art, à toutes les richesses de la thérapeutique. Mais tant que la syphilis existe, ou d'une manière évidente, ou à l'état latent, il ne lui est pas permis de fléchir; c'est pour lui un devoir de maintenir sa proscription; car si l'homme et la femme peuvent échapper aux conséquences d'une semblable action, l'enfant ne jouit pas du même privilège. C'est ici surtout que malades et médecins doivent se rappeler que les virus chroniques sont « le lien de solidarité « matérielle et physiologique que la Providence a établi c< entre tous les membres de l'espèce humaine ; que « c'est par ce lien que les générations se touchent les (f unes les autres physiquement, et qu'elles sont res- « ponsables les unes des autres, de même que, sous le « rapport moral et politique, les pères répondent du

« bonheur de leurs enfants, et par Téducation qu'ils a leur donnent , et par les institutions qu'ils leur lè- « guent (1). »

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