L. SIMON
a lable^ il remarque vers la couronne du gland, trois (( à quatre petites végétations verruqueuses, fendillées, (( assez molles, légèrement douloureuses, laissant (( suinter une matière claire et blanche comme du « petit-lait. » La maîtresse est alors examinée, et Ton trouve chez elle, à V orifice du vagin, un grand nombre de végétations absolument semblables à celles du malade. Quant à la femme légitime, elle eut, quelques jours après, des végétations, sans la moindre apparence d'aucun écoulement ni même d'inflammation delà muqueuse, autour des végétations {\).
Évidemment ici, la maîtresse de cet ouvrier avait communiqué la maladie à son amant, et celui-ci Tavait transmise à sa femme. Tout se réduisait alors à savoir d'où la première pouvait la tenir. Elle-même Findiqua, en avouant qu^eile avait eu des relations avec un militaire pendant Fabsence de l'ouvrier.
Pour compléter cette observation, il aurait fallu pou^ voir examiner ce soldat; ce fut impossible. Mais s'il n'est pas permis d'affirmer qu'il eut aussi des végétations, on est tout au moins autorisé à le supposer» Toujours est-il qu'une femme atteinte de végétations en a donné de toutes semblables à son amant, que celui-ci les a transmises à une autre femme ; qu^ainsi, il est parfaitement établi que certaines végétations se transmettent avec tous leurs caractères; ce qui explique leur apparition chez des sujets qui n'ont jamais eu de verrues.
' (1) Baumes, toc. cit., p. 326 et passim.
DE LA SYCOSE. 255
2° Mais il n'en est pas toujours ainsi, comme on peut rinduire de Inobservation suivante : Un jeune ménage, uni depuis trois mois, consulte M. Baumes. Le mari « avait un suintement, suite d'une blennorct rhagie qu'il avait contractée trois mois auparavant. « Dix jours après le mariage, sa femme, qui avait tou- « jours joui d'une parfaite santé, se plaignit d'une .(( violente cuisson aux grandes lèvres. Aucun écoule- « ment ne parut d'abord, mais les grandes lèvres se « couvrirent rapidenïent de végétations qui devinrent c( énormes. Ce n'est que plus tard qu'il se présenta un (( léger écoulement jaunâtre à l'entrée du vagin. Une c( matière semblable suintait de la surface des végéta- « tions. ))
Ce fait paraîtrait extraordinaire s'il n'était expliqué par le premier. Il est parfaitement reconnu que des végétations se forment souvent dans le canal de l'urètre (1), ce que Hahnemann a indiqué, ce que tous les chirurgiens admettent. Tantôt ces excroissances sont assez voisines du méat pour que l'œil puisse les reconnaître, tantôt elles sont plus profondément si° tuées, et leur prçsence ne peut être constatée que par le cathétérisme ou par les effets du liquide qu'elles sécrètent. Il ne serait pas téméraire d'affirmer alors que tout malade paraissant atteint de gonoirhée et qui a communiqué des excroissances, en portait lui-même, que seulement elles étaient cachées dans le canal. Dans ce cas, l'existence du condylome serait constatée
(1) Voijez V Iconographie de M. Ricord, pi. 49.