‹ Des maladies vénériennes et de leur traitement homéopathiqueChapitre 31 sur 86 · DES MALADIES VENERIE>>ES · texte numérisé non relu

DES MALADIES VENERIE>>ES

par un procédé semblable à celui qui permet d'affirmer^ dans d'autres circonstances^ celle d'un chancre larvé.

Cette hypothèse est d'autant plus admissible que tous les écoulements de l'urètre ne produisent pas de végétations, que l'anatomie pathologique a montré qu'ils ne s'accompagnaient pas constamment d'excroissances; qu'ainsi il doit exister une corrélation intime entre l'existence de ces dernières^ chez le malade, et leur apparition chez le sujet bien portant avec lequel le coït a été exercé.

Toutefois, ceci nous expliquerait seulement la transmission de la maladie du sujet infecté au sujet infectant; et non le développement de végétations externes sur le malade lui-même. Mais il est évident que celles-ci se produisent en vertu de ce même travail pathologique d'après lequel des ulcérations secondaires de la gorge^ ou de quelque autre muqueuse^ succèdent au chancre du prépuce, du gland ou du canal de l'urètre. Dans ce cas, la végétation serait consécutive, comme l'ulcère dont je viens de parler, conclusion d'autant plus admissible qu'il n'est plus permis de considérer le condylome comme une maladie locale.

Lors donc qu'un individu atteint d'écoulement urétral communique des végétations^ c'est que le suintement était dû lui-même à une excroissance primitive; dans ce cas^ une végétation a engendré une végétation. Lorsque des condylomes viennent chez le malade luimême et à la suite de son écoulement, ils appar-

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tiennent^ au contraire, à Tordre des symptômes consécutifS;, et montrent le degré de généralité de la maladie.

Un troisième cas peut se présenter. Il arrive que le malade^ ayant eu des verrues, contracte une blennorrhagie type, et que dans le cours de celle-ci, et à sa suite, il survienne des excroissances sur les organes génitaux.

Dans ce cas, ces excroissances sont sèches, plates, en forme de verrues ; elles ne sont pas contagieuses. Elles sont de Tordra des symptômes consécutifs. Mais la blennorrhagie n'a joué dans leur développement qu'un rôle secondaire; elle a mis en activité un principe général, qui était à Tétat latent, et dont elle a déterminé le réveil, principe général qui est luimême la cause des excroissances. Ceci arrive seulement chez les sujets qui ont eu autrefois des verrues ou qui en présentent encore.

3° C'est dans les mêmes circonstances que Ton voit des végétations succéder à un chancre, et paraître parfois sur le lieu même où celui-ci existait. Ces végétations ne sont point primitives, car elles ne sont pas contagieuses; elles appartiennent à Tordre des verrues, avec lesquelles elles ont une ressemblance parfaite, ainsi que M. Diday Ta constaté (1). Si elles naissent alors, ce n^'est pas qu'elles appartiennent à la syphilis, c'est seulement en vertu d'une complication.

(1) Foi/ez l'Observation, p. 250.

Concluons donc sur ce point : les végétations des organes génitaux se rangent en deux catégories : les unes, molles, spongieuses, suintantes^ affectant des formes diverses, se développent seulement à la suite du coït exercé avec une personne atteinte de végétations semblables ( 1 ) ; les autres sèches, en forme de verrues, succèdent au chancre ou à une blennorrhagie type, n'appartiennent ni à V\m ni à Tautre, et se rapprochent entièrement des excroissances verruqueuses. C'est de celles-ci seulement qu'il est permis de dire : La végétation dite vénérienne n'est qu'une verrue,

La proposition de M. Diday étant ainsi comprise, nous sommes forcés de revendiquer en faveur de Hahnemann llionneur de la découverte. Le fondateur de rhomœopathie avait reconnu, en effet, bien avant M. Ricord, que les végétations n'appartenaient pas à la syphilis (2), et, bien avant M. Diday, que toutes les excroissances dont le corps de l'homme peut se couvrir, se rattachent les unes aux autres sous le double rapport de leur cause et de leur composition anatomique (3).

11 avait même été beaucoup plus loin que les syphilographes modernes, en recherchant quelle pouvait être la cause à laquelle il convient de rapporter toutes ces excroissances, en les signalant comme le

(1) Fo?/e5 l'Observation, p. 263.

(2) En 1789, dans son Traité de la maladie vénérienne.

(3) En 1828, dans la première édition du Traits des maladies chroniques. Des auteurs, aussi jaloux que le sont nos contemporains de la valeur des chiffres, devraient bien aussi tenir compte de celle des dates.

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résultat de la localisation d'une maladie virulente et spécifique à laquelle il donnait le nom de sycose.

Trois raisons essentielles conduisirent Hahnemann à formuler cette opinion. Il lui parut que les végétations appartenaient à une maladie virulente :

1° Parce qu'un certain nombre d'entre elles sont contagieuses^ se transmettant de l'individu malade au sujet sain en conservant tous leurs caractères^ apparaissant chez ce dernier après une période d'incubation ;

2° Parce qu'abandonnées à elles-mêmes, ou mal traitées, elles ne guérissent pas, mais persistent ou se transforment ;

3° Enfin, parce qu'elles se communiquent par voie d'hérédité, alors qu'elles ont perdu la faculté de se transmettre par le contact.

Un mot sur chacune de ces propositions.

4° S'il n'est point juste de soutenir que toutes les végétations soient contagieuses, il ne le serait pas non plus de vouloir prétendre qu'aucune d'elles ne jouisse de cette faculté. La science possède des observations incontestables d'une semblable transmission, observations dont la valeur est accrue par le témoignage d'imposantes autorités. Celles que j'ai citées tout à l'heure suffisent parfaitement à prouver ce fait.

Elles pourraient être appuyées au besoin par beaucoup d'autres; d'abord par celles de Hahnemann, lequel dit avoir souvent observé cette communication du condylome par le coït, durant les guerres qui

dévastèrent l'Europe de 1809 à 1814 (1); puis par celles de MM. Lagneau, Velpeau, Baumes, Ricord, Diday, etc.

Seulement, le tort de plusieurs de ces médecins a été de vouloir confondre les condylomes avec la syphilis, parce qu'ils étaient contagieux, d'avoir admis leur virulence, sans reconnaître leur spécificité.

Au contraire, le tort des partisans des nouvelles doctrines a été de n'avoir pas su enlever les excroissances à la vérole, sans les réduire au rôle d'un accident local sans gravité. Les uns et les autres sont tombés dans l'erreur pour des motifs opposés; les uns pour avoir reconnu la virulence sans la spécificité, les autres pour avoir admis la spécificité sans la virulence.

Hahnemann, seul, a échappé à ce double écueil, en proclamant l'indépendance de la sycose, à laquelle il attribuait une forme primitive essentiellement transmissible par le contact.

Il paraîtra peut-être étrange d'entendre dire que des médecins appartenant à l'école de M. Ricord, que ce chirurgien lui-même, aient admis le caractère contagieux des condylomes. Cela est vrai cependant; seulement, comme ce fait, qu'ils observaient trop souvent pour le mettre en doute, contredisait leurs théories, ils ont essayé d'en donner une expUcation conforme à leurs doctrines.

Dans les notes savantes ajoutées par M. Ricord à

* (1) Maladies chroniques, p. 117.

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la traduction du Traité de la maladie vénérienne de Johii Hunter^ ce chirurgien s'exprime ainsi : « On

0 PEUT RENCONTRER DES INDIVIDUS QUI, AYANT EU DES « RAPPORTS AVEC DES PERSONNES AFFECTÉES DE VÉGÉ- « TATIONS, EN PRÉSENTENT ENSUITE... »

Voilà le fait; il est concluant. Pourquoi donc Fauteur s'est-il empressé d^ajouter que les excroissances paraissent chez ces malades « sans que cependant elles leur aient été communiquées (1). »

Il est vraiment difficile de comprendre cette seconde proposition , lorsqu'on admet la première. Comment se fait-il qu'il n'y ait point communication de la maladie au sujet sain, quand cette affection paraît à la suite d'un contact aussi intime que celui du coït, et lorsqu'elle se retrouve chez le sujet infecté avec tous les caractères qu'elle avait chez le sujet infectant?

M. Ricord a essayé de le dire. « Dans ces cas, ajoute- « t-il, du reste fort rares, il n'y a certainement qu'une « coïncidence et non un fait de contagion, comme « on en trouve de plus nombreux exemples pour la « phthisie et le cancer. »

Il est regrettable que M. Ricord ne se soit pas mieux expliqué sur ce qu'il nomme une coïncidence, car il nous autoriserait à étendre son raisonnement aux autres maladies vénériennes primitives, et à dire que si le chancre et la blennorrhagie naissent à la suite de rapports intimes accomplis entre un sujet sain et une

(1) Loc. cit., p. 275*

personne atteinte de ces mêmes affectionS;, cela tient seulement à une coïncidence. Quant à Tassimilation qu'il essaye d'établir entre la phthisie et la végétation, elle est absolument inacceptable, la première se développant bien loin des organes qui se trouvent en contact pendant les rapports sexuels, tandis que les condylomes, dont je m'occupe en ce moment, paraissent sur le point même où le pus sycosique a été déposé.

On s'étonnerait, à bon droit, de voir le célèbre chirurgien de l'hôpital du Midi, torturer les faits en vue de leur donner une signification qu'ils ne peuvent avoir, si l'on ne savait qu'un point de doctrine,, fort essentiel à ses yeux, est de nier toute faculté contagieuse aux affections qu'il ne peut inoculer. Mais c'est là une prétention exorbitante que nous avons dû abandonner déjà pour la blennorrhagie, et qu'il nous faut mettre encore de côté à propos de la sycose.

Il est bien vrai, sans doute, que les végétations ne sont pas inoculables avec la lancette, mais cela prouve seulement qu'elles ne sont pas syphihtiques. Il est vrai encore que des expérimentateurs (1) ont pu maintenir sous le prépuce de la charpie imbibée de pus sycosique, sans voir se former aucune excroissance; mais nous ne sommes pas autorisés à conclure de ce qui s^est passé alors à ce qui arrivera à la suite du coït, puisque M. Diday nous enseigne que ce dernier :

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