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PROPHYLAXIE DES MALADIES VÉNÉRIENNES

La thérapeutique des maladies vénériennes a toujours été envisagée à un double point de vue ; les médecins s^'étant proposé non-seulement de la guérir, mais encore de la prévenir; ce qui oblige à Texaminer comme prophylaxie et comme méthode curative.

Le traitement préservatif a souvent préoccupé les praticiens ; au moins ont-ils été fréquemment mis en demeure de se prononcer sur des procédés divers,ayant tous pour objet de donner à la débauche une immunité à laquelle néanmoins elle n'a jamais pu atteindre.

Il serait désirable^ sans aucun doute, de pouvoir affranchir Inhumanité d'un fléau aussi terrible que celui de la syphilis , mais ce résultat ne peut être dû qu'aux progrès qui pourront s'opérer dans la vie morale des individus. La science n'y fera jamais rien ; et dût-elle arriver^ sous ce rapport, à une découverte réelle, que l'espèce humaine, affranchie de toute crainte, se trouverait sous le poids des tristes conséquences d^une

passion qui n^abandonne ses victimes qu'après avoir épuisé leurs forces physiques et morales.

On ne pourrait le dire trop haut pour l'honneur de la médecine et le salut des générations qui se succèdent^ de semblables moyens n'ont point été découverts. Tous ceux qu'on a recommandés^ depuis les précautions de surveillance administrative imposées aux prostituées (4) jusqu'à la syphilisation^ tous ces procédés ont échoué. La continence ou le mariage chrétiennement observé,, restent les seules conditions qui conduisent d'une manière certaine à l'immunité absolue.

Aussi n'est-ce pas de ce point de vue que les homœopathes ont envisagé le problème de la préservation. Lorsqu'ils ont parlé de ce sujet, ils ont toujours eu en vue des maladies congéniales et seulement elles. C'est à la psore héréditaire que le docteur Gastier a voulu adresser sa méthode prophylactique (2) ; c'est aussi aux affections vénériennes transmises des parents à l'enfant que nous devons appliquer les ressources de l'homœopathie.

Mais alors nous rentrons en quelque sorte dans le traitement curatif ; car empêcher, chez un enfant, le développement de l'action du virus, c'est détruire le germe pathogénique qu'il a reçu de ses parents; en un mot, c'est le guérir.

(1) Voy. De la prostitution dans la ville de Parz5, par Parent- Duchâtelet, 2e édition. Paris, 1868.

(2) De la méthode prophylactique, par le docteur Gastier (de Thoissey).

Tout se borne alors à détruire le virus sans lui permettre de sortir de l'état latent, état dans lequel il se trouve souvent au moment de la naissance. On comprend que ce résultat sera d'autant plus certain que le traitement sera plus direct. La difficulté réelle se trouvera dans le choix du médicament et dans son mode d'administration ; double problème que je ne puis aborder dès à présent, mais que j'aurai à examiner plus tard, lorsque je m'occuperai de la thérapeutique de la syphilis à l'état latent. Entrer dans de plus grands détails, serait empiéter sur le traitement curatif, dont je dois maintenant poser les règles générales.

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