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DES BUBONS

Alors deux choses peuvent arriver : ou bien le pus est celui d'un abcès ganglionnaire simple ; il est formé dans la coque celluleuse qui entoure le ganglion ; ou bien il existe dans cette coque et dans le ganglion luimême. Dans ce cas^, il y a eu presque toujours passage du pus virulent à travers les lymphatiques de la verge, dépôt de ce pus dans le ganglion enflammé. C'est alors que le pus sécrété est inoculable, et que Tulcère qui se forme sur l'ouverture de Tabcès prend l'aspect du chancre.

Le fond de cet ulcère est formé le plus souvent par le ganglion en partie détruit. Quelquefois cette destruction suppurative est complète , et le fond de Tulcère est constitué par le tissu sous-jacent.

Le bubon du chancre mou peut donc présenter trois variétés : l'une qui se termine par résolution, les deux autres qui suppurent. Parmi ces dernières, l'une donne un pus simple, qui s'écoule par des trajets fistuleux, l'autre fournit un pus virulent qui sort par une ouverture à forme chancreuse. Celle-ci passe facilement au phagédénisme.

Il arrive souvent que le ganglion malade se trouve relié au chancre par des cordons durs, noueux et sensibles au toucher ; la peau de la verge présente alors des stries rougeâtres qui suivent la direction de ces nodosités.

Cette coloration n'est autre chose que le signe de l'inflammation spécifique des vaisseaux lymphatiques, qui aboutissent d'un part au fond de l'ulcère, de l'autre au bubon. On a cru longtemps à une phlébite.

mais on sait aujourd'hui qu'il s'agit simplement d'une lymphangite. Il est même admis que ces vaisseaux lymphatiques sont précisément ceux par lesquels le pus virulent a été absorbé.

La seule tumeur avec laquelle ce bubon puisse être confondu est l'engorgement ganglionnaire scrofuleux, dont M. Gabalda a indiqué les signes distinctifs(l).

11 faut signaler au nombre de ceux-ci : 1° La présence de l'ulcère primitif sur une région qui se trouve en rapport anatomique direct avec la tumeur ganghonnaire^ ulcère qui manque au contraire pour le bubon scrofuleux. 2° Celui-ci est^ en outre, plus volumineux que l'autre , moins franchement inflammatoire ; il forme une masse molle^ au milieu de laquelle la fluctuation s'établit difficilement. 3° Il est moins douloureux que le bubon syphilitique. Une fois ouvert/ il fournit un pus grumeleux, mal lié, qui n'a rien de virulent, et qui s'écoule par des trajets fistuleux, entre lesquels la peau s'amincit, se décolle et se détruit quelquefois.

Le bubon induré offre des caractères tout différents de ceux des premiers. Il se compose de plusieurs petites tumeurs dures, élastiques, mobiles, mais indolentes. Il n'y a pas de changement de couleur à la peau. Quand il se trouve dans l'aine, c'est à peine s'il cause un peu d'engourdissement dans le membre inférieur correspondant.

(() Voy. Bullet. gén.dethérap. Janv. et mars 1846.

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