‹ Des maladies vénériennes et de leur traitement homéopathiqueChapitre 50 sur 86 · L. SIMON · texte numérisé non relu

L. SIMON

jaunâtre, qui tombe en laissant une tache cuivrée caractéristique. La vésicule est toujours entourée d'une aréole de cette nuance.

Avec la forme eczémateuse les vésicules sont plus petites, disséminées ou réunies en groupes. Le liquide qu'elles renferment ne se trouble pas comme celui de la forme précédente. Il est souvent résorbé, sinon il s'écoule après la rupture de la vésicule, mais ne forme pas de crQÛte. Tout se borne alors à une petite tache rouge, qui devient le siège d'une légère desquamation.

Parfois cette sérosité s'épaissit davantage et forme des croûtes minces, d'un jaun clair, analogues à celles de l'eczéma impétigineux.

La forme herpétique peut offrir deux variétés : être phlycténoïde ou circinnée.

On la dit phycténoïde quand elle se compose de vésicules globuleuses, renfermant une sérosité citrine et reposant sur des taches cuivrées ; elle est circinnée si ces groupes sont arrondis , ovales , formés de petites vésicules qui renferment un liquide limpide. Celui-ci se résorbe, et l'éruption se termine par la chute de lamelles épidermiques, minces ou épaisses, laissant à découvert le derme, qui a une teinte rougeâtre, cuivrée. Ces taches sont parfois disposées en cercle.

La syphilide vésiculeuse à base papuleuse se distingue exclusivement par la consistance de cette base. Autrement les vésicules sont semblables à celles de la varicelle ou petites comme celles de l'eczéma ; elles

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sont hémisphériques dans le premier cas, acuminées dans le second^ renferment un liquide trouble ou limpide, sont disséminées irrégulièrement ou réunies en groupes. Il arrive fréquemment que la base persiste longtemps après la disparition des vésicules, ce qui donne à l'éruption une apparence papuleuse.

La syphilide vésiculeuse est celle qui cause le plus de prurit, nouvelle preuve de sa nature mixte. Sur le scrotum, elle donne de la chaleur et de la douleur. Elle laisse partout de petites cicatrices violacées ou cuivrées, déprimées ou pointillées.

Sa marche est lente ; elle se développe successivement sur plusieurs points; elle dure de deux à cinq mois, souvent plus. La période franchement vésiculeuse est toujours assez courte ; celle de rougeur, d'induration et de desquamation est de beaucoup la plus longue.

Les syphilides vésicuteuses sont toujours accompagnées d'une autre dermatose : d'érythème , de papules et de pustules. Il y a, en outre, des douleurs ostéocopes, du mal de gorge, de la céphalée, du malaise et un grand sentiment de faiblesse, sensations générales qui cessent lorsque l'éruption est complètement développée.

Le pronostic n'est grave que comme signe d'une infection virulente profonde.

Le diagnostic s'établit au moyen de l'aréole cuivrée, qui entoure les vésicules et les groupes qu'elles forment; au moyen de la saillie papuleuse qui persiste après elles ; par les cicatrices cuivrées et pointillées.

et par l'existence de symptômes syphilitiques concomitants.

C'est toujours une syphilide précoce.

4° Syphilides bulleuses. — Elles se composent de larges ampoules peu élevées, auxquelles succèdent des croûtes ou des squammes.

Il y a deux espèces de syphilides bulleuses : le pemphigus et le rupia.

Le pemphigus est rare comme symptôme de syphilis constitutionnelle acquise ; il est très-fréquent, au contraire, comme forme de syphilis congéniale. Il existe d'ordinaire à la plante des pieds et à la paume des mains : on le rencontre aussi sur la surface du corps des nouveau-nés. Les bulles qui le composent sont discrètes ou confluentes ; elles renferment une sérosité trouble, muco-purulente, ou séro-sanguinolente ; elles sont entourées d'une aréole rouge foncé, cuivrée; elles se terminent par desquamation.

Le pronostic du pemphigus est très-grave chez l'enfant, pour lequel cette dermatose est souvent d'un présage funeste ; il est beaucoup plus favorable chez l'adulte.

Le diagnostic est difficile, en ce sens que les caractères distinctifs du pemphigus syphilitique et du pemphigus ordinaire sont peu tranchés. Le premier se reconnaît cependant à sa couleur cuivrée, aux symptômes constitutionnels qui l'accompagnent, à l'érosion de la surface du derme, enfin à l'âge du sujet, une éruption de ôette espèce étant toujours syphilitique chez les trèsjeunes enfants.

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Le rupia se comporte tout autrement, caries adultes seuls en sont atteints. Il est plus fréquent que le pemphigus^ occupe presque toujours les membres inférieurs, où il se présente sous la forme de bulles discrètes, larges et peu nombreuses.

Il paraît tout d'abord une tache rouge, légèrement douloureuse, au niveau de laquelle Tépiderme se soulève sous forme de bulle. Cette tache peut acquérir jusqu'à 3 et 4- centimètres de diamètre.

La bulle est plate, remplie d'un liquide séro-sanguinolent. Celui-ci, en se desséchant, forme une croûte caractéristique. Cette croûte est d'abord mince, jaune verdâtre ; elle s'épaissit peu à peu, devient brune et même noire; elle prend une forme conique, reste inégale et rugueuse. Une aréole, d'une teinte cuivrée sombre, l'environne de toutes parts.

Au-dessous de cette croûte se trouve un ulcère profond, à bords taillés à pic, et dans la circonférence duquel la croûte est enchâssée de toutes parts.

Lorsque la guérison arrive, le fond de l'ulcère s'élève, sa cavité se comble, la croûte devient sèche et friable ; en tombant, elle laisse à nu une ulcération saillante.

La cicatrice qui succède au rupia est cuivrée, blanchit lentement, mais reste indélébile.

La marche du rupia est lente. Cette dermatose peut persister pendant deux ou trois mois à la même place.

Son pronostic est grave, parce qu'il laisse dos marques indélébiles, et parce qu'il indique|une constitution très-délabrée.

Ses symptômes accessoires sont : des ulcères profonds du pharynx, des exostoses ramollies ou éburnées.

Il se distingue du rupia ordinaire par la couleur cuivrée de ses aréoles, la profondeur de ses cicatrices, la forme des ulcères, Texistence d'autres symptômes constitutionnels, et la préexistence d'ulcères primitifs ou d'accidents secondaires.

5° Syphilides pustuleuses. — Elles sont formées par des éruptions d'ampoules remplies d'un liquide purulent, reposant sur une base dure, d'un rouge sombre, formée par le derme.

Il y a trois espèces de syphilides pustuleuses : 1*^ la syphilide pustuleuse à forme d'acné; 2° à forme d'impétigo; 3° à forme d'ecthyma.

Le cuir chevelu et les membres inférieurs en sont le siège le plus fréquent. Elles se forment autour des follicules pileux. Du reste, aucune région n'en est à l'abri. D'ordinaire elles débutent sur un point limité, au cuir chevelu, par exemple, et s'étendent successivement aux parties voisines.

La syphilide pustuleuse à forme d'acné est la plus rare. La base est dure ; il n'y a dans l'ampoule qu'une très-petite quantité de pus, qui y reste longtemps avant de se concréter. Les croûtes sont petites, sèches, grises, jaunâtres ou brunes ; elles laissent, après être tombées, une éminence papuleuse ou une tache sans élévation, l'une et l'autre d'une couleur cuivrée caractéristique. Parfois le derme est exulcéré,ce qui donne lieu à des cicatrices. La marche est lente ou subaiguë.

La syphilide pustuleuse à forme d'impétigo se com-

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pose d^ampoules purulentes, aplaties, dont la base est saillante, indurée, et d'un rouge cuivré ; un bourrelet saillant, de même nuance, entoure chaque pustule. Les croûtes sont jaunes, jaune verdâtre, ou grisâtres.

Cette éruption se rencontre surtout à la face, parfois au scrotum, sur le tronc et sur les membres, dans les sourcils, la barbe, sur les ailes du nez, et au niveau de la commissure des lèvres.

Les pustules sont isolées ou réunies en groupes circulaires.

Lorsqu'elles sont isolées, elles sont phlysaciées ; les croûtes qui leur succèdent sont jaunes, granulées, adhérentes, comme dans Teczéma impétigineux. .

Aux lèvres et dans le sillon labio-nasal, elles forment des cercles qui sont limités par un bourrelet d^un rouge sombre ou cuivré.

Au cuir chevelu, au front, sur le thorax et sur les membres, les pustules reposent sur une base dure, élevée, d'un rouge sombre. Les croûtes sont jaune verdâtre ou rougeâtres ; elles recouvrent souvent des ulcérations qui se creusent toujours davantage {syphilide pustulo-crustacéé) .

La syphilide pustuleuse à forme d'impétigo peut aussi comprendre des pustules phlysaciées, disposées en cercles assez rapprochés pour devenir confluents, formant de larges croûtes rougeâtres ou verdâtres, sous lesquelles se creusent des ulcérations. Celles-ci s'étendent peu à peu en profondeur, et la croûte se déprime ; mais il se fait d'autres pustules à la circonférence. Les croûtes sont entourées d'une aréole couleur rouge

sombre^ formée par le derme engorgé, ulcéré et taillé à pic.

Lorsque Fulcère marche à cicatrisation, la cavité se comble, la croûte tombe, laissant à découvert des saillies papuleuses rouges, que remplacent des cicatrices déprimées. Celles-ci sont d'abord rouges, puis elles deviennent d'un blanc mat, et leur surface reste souvent squammeuse. Lorsque l'ulcère a été profond, la cicatrice ressemble à celle d'une brûlure du troisième et du quatrième degré.

Syphilide pustuleuse à forme d'ectkyma. C'est de beaucoup la plus fréquente; elle peut occuper tous les points de la surface du corps, se montre de préférence sur les jambes et au cuir chevelu. Les pustules sont isolées ou groupées les unes auprès des autres.

Il y a deux variétés d'ecthyma : Vecthyma superficiel, et Vecthyma profond.

Uecthyma superficiel débute par une tache rouge, sur laquelle naît une vésicule occupant d'ordinaire l'orifice d'un follicule pileux. La sérosité se trouble promptement, devient purulente, tandis que la base de l'éruption s'indure, et prend une teinte plus sombre.

Tantôt l'épiderme se rompt, et la sérosité s'écoule ; tantôt celle-ci se dessèche, en formant des croûtesbrunâtres. A la chute de ces dernières, on trouve une surface rouge, irréguUère, sèche ou érodée, des ulcérations superficielles, qui laissent des cicatrices indélébiles.

Uecthyma profond débute comme le précédent; seulement la croûte, une fois formée, s'étend en lar-

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geur et en épaisseur, est saillante, hémisphérique, et composée de couches superposées et concentriques. Cette croûte s^étend quelquefois en largeur seulement; alors elle se déprime au centre.

D'ordinaire la croûte dépasse Tulcération qu'elle recouvre ; elle est souvent aussi débordée par cette dernière ; de sorte qu'une partie deTulcère se trouve à nu.

Lorsque la croûte se détache, on trouve le derme cicatrisé ou profondément ulcéré. Dans cette dernière circonstance, les bords de Tulcère sont taillés à pic, le fond est grisâtre, la suppuration est claire et d'un jaune gris. Le fond bourgeonne pour se cicatriser. Les traces qui survivent à Tulcère sont indélébiles ; elles ont tout d'abord une teinte cuivrée et violacée, qui s'efface et fait place à une tache blanche et mate. Les cicatrices les plus superficielles sont gaufrées comme celles du vaccin; ce qui n'arrive pas pour les cicatrices plus profondes.

Les différentes espèces des syphilides pustuleuses existent souvent sur le même sujet; d'autres syphilides s'y joignent souvent.

On observe des symptômes fébriles avant l'éruption pustuleuse; ces symptômes diminuent ensuite, pour s'aggraver de nouveau, lorsqu'une seconde éruption doit se faire. Les papules sèches et les papules humides, les ulcérations de la gorge, l'iritis, l'exostose, le sarcocèle, la boulimie, les sueurs nocturnes et les autres formes de la fièvre hectique, accompagnent fréquemment les syphilides pustuleuses, avec lesquelles on peut retrouver aussi des signes d'eczéma ou d'im-

pétigo non syphilitique ; preuve certaine de complications psoriques.

La marche de ces dermatoses est celle des autres maladies chroniques ; sa durée se prolonge des mois entiers, et même dépasse une année.

Les syphilides pustuleuses superficielles sont toujours précoces; celles qui sont profondes viennent plus tard, jamais avant une année, à partir du moment de rinfection.

L'ecthyma profond apparaît chez des sujets qui ont eu des accidents primitifs compliqués de phagédénisme. Il semble, sous ce rapport, qu'il y ait une corrélation exacte entre la gravité de Pulcère primitif et celle des éruptions consécutives.

Ces dermatoses récidivent souvent.

Leur pronostic est grave, en raison surtout du développement que les ulcérations peuvent prendre.

L'acné syphilitique se distingue de Tacné psorique par plusieurs caractères. Il se forme sur toutes les parties du corps, tandis que le second n'occupe que le visage ou le tronc, surtout n'existe jamais sur les membres inférieurs, où le premier se rencontre fréquemment. L'acné syphilitique a, en outre, une base rouge cuivré, et s'accompagne d'autres signes de vérole.

L'impétigo syphilitique a des croûtes granulées, fendillées, d'un gris terne ; celles de l'impétigo ordinaire sont d'un jaune franc, transparentes comme de la gomme. La base du premier est cuivrée, humide ; ce qui' n'arrive pas au second. Il se complique toujours de symptômes franchement syphilitiques.

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L'ecthyma peut être confondu avec la variole ; mais il ne s^'accompagne pas de fièvre, se développe en suivant la marche des maladies chroniques, et non celle des maladies aiguës ; les pustules ne sont pas ombiliquées ; avec Fecthyma vulgaire, dont la coloration et la tendance qu'affecte Tulcère à s'étendre toujours le distinguent suffisamment ; enfin avec le lupus, mais celui-ci commence par un tubercule, et non par une pustule.

6° Syphilides tuberculeuses. — Elles se composent d'élevures solides, à base profondément enchâssée dans le derme et ayant une grande tendance à s'ulcérer. Parfois elles affectent la forme de furoncles ou celle d'indurations, qui existent alors sur le trajet des vaisseaux lymphatiques.

Il y a des tubercules syphilitiques secs et des tube?'cules ulcérés.

Ces formes sont toujours tardives ; elles sont précé^ dées, en général, de la forme exanthématique, ou de pustules plates. On les rencontre partout, mais plus souvent à la face et sur le tronc. Elles occupent, comme siège anatomique, les follicules pileux ou le tissu cellulaire de la face interne du derme, comme il arrive pour les furoncles ordinaires, ou le tissu cellulaire souscutané ou sous-muqueux. Dans ce cas, le tubercule rentre dans la catégorie des gommes.

Les tubercules secs ont un aspect variable. Ils occupent toute répaisseur de la peau ; leur volume diffère depuis celui d'un grain de chènevis jusqu'à celui d'une cerise. Ils sont plats, coniques ou hémisphériques; ils

sont isolés ou réunis en groupes irréguliers, arrondis ou ovalaires, distants les uns des autres, ou très-serrés. Dans ce dernier cas, le derme sous-jacent s'empâte et s'indure. Les plaques tuberculeuses ont parfois Taspect d'une grappe, ou bien elles forment des cercles qui s'étendent à leur circonférence, tandis que le centre tend à se guérir. On trouve ainsi des tubercules au pourtour de la plaque, et des squammes au milieu. Ces cercles se touchent quelquefois par un point.

Leur couleur est rouge, violacée ou noire ; elle pâlit à mesure que l'éruption se développe. Les tubercules sont aussi très-luisants, cuivrés, recouverts d'un épiderme fin, mais intact. Ils se couvrent souvent de squammes ou de croûtes minces, sans ulcérations sousjacentes. Ces croûtes se forment seulement si l'éruption affecte une marche un peu aiguë.

Ceci est rare, les tubercules secs se développant toujours à la manière des maladies chroniques. La durée de cette dermatose est longue : on l'a vu persister pendant dix ans chez le même sujet.

Les tubercules secs se terminent par résolution, plus souvent par desquamation.

Tubercules ulcérés. Ils se forment de plusieurs manières. Parfois c'est un tubercule sec qui s'ulcère, ou bien qui se couvre d'une croûte, sous laquelle se fait une ulcération; d'autres fois, l'éruption est constituée par des nodosités qui se forment dans l'épaisseur du tissu cellulaire, sont d'abord mobiles, deviennent plus tard adhérentes, s'enflamment et s'ulcèrent. Dans ce cas, la suppuration commence par le centre du tuber-

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Cille, et celui-ci finit par être réduit à une coque que la suppuration détruit, de sorte qu'il ne reste plus qu'un ulcère.

Les tubercules sont réunis par groupes épars, qui naissent successivement sur plusieurs parties du corps. Ces groupes sont arrondis, forment des cercles irréguliers, ou bien ils sont disposés par bandes allongées, ou encore ils décrivent des spirales. Ils occupent une surface de 2, 15, 20 centimètres de diamètre, et, en s'étendant, finissent quelquefois par couvrir une grande partie du corps.

Les ulcères qui succèdent à ces tubercules ont trèssouvent une tendance serpigineuse.

Ces ulcérations sont superficielles ou profondes. La croûte qui les recouvre est d'autant plus épaisse que la solution de continuité pénètre plus loin ; cette croûte est parfois presque squammeuse, et, dans ce cas, laisse une cicatrice qui finit par disparaître : autrement, cette cicatrice est indélébile.

Les croûtes sontjaunes,verdâtres, ternes; elles sont brunes si l'ulcère a saigné ; elles sont convexes, formées de couches concentriques dues à ce qu'elles s'accroissent par leur face interne. Elles sont souvent enchâssées dans le derme, les bords de l'ulcère étant taillés à pic. Les croûtes se renouvellent plusieurs fois.

Cette éruption se développe lentement, se prolonge très-longtemps, s'accompagne de douleur et d'engorgement des ganglions cervicaux. Elle paraît après l'infection, dans un intervalle de temps qui varie entre onze mois et quarante ans. Elle récidive souvent.

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Les tubercules ulcérés se terminent toujours par la cicatrisation. On voit le fond de Tulcère s'élever ; la suppuration devient plus claire^ forme des croûtes de plus en plus minces, qui finissent par devenir squammeuses.

Les cicatrices sont superficielles ou profondes, lisses ou traversées par des brides, toujours déprimées. Leur teinte est d'abord brune, cuivrée, puis elles pâlissent et blanchissent peu à peu. Elles sont disposées comme Tétaient les tubercules.

Les symptômes généraux qui accompagnent cette espèce de sypbilide ne diffèrent pas de ceux des autres dermatoses que j'ai décrites ; seulement la maigreur est plus prononcée, la fièvre hectique plus forte. Les symptômes concomitants sont : la céphalée, Texostose, et l'induration du testicule.

Les syphilides tuberculeuses existent seules.

Leur pronostic est toujours grave, cette éruption annonçant que la diathèse est arrivée à une période très-avancée.

Le diagnostic offre quelque difficulté. Celte éruption peut être confondue : 1" avec le chancre serpigineux phagédénique ; mais celui-ci a toujours pour point de départ un chancre primitif ou un bubon suppuré. Il est unique, tandis qu'il y a toujours plusieurs tubercules. 11 s'étend par continuité de tissu, une partie de l'ulcère s'avançant à travers les parties saines, tandis que l'autre se cicatrise; les ulcères tuberculeux sont, au contraire, séparés les uns des autres. De plus, la suppuration des chancres serpigineux est claire et abondante, se concrète rarement pour former des croûtes :

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c'est le contraire avec les tubercules ulcérés. Enfin^ le chancre serpigineux n'est pas accompagné de symptômes constitutionnels.

2° Les syphilides tuberculeuses se rapprochent aussi de la syphilide pustulo-crustacée ; mais celle-ci débute par une pustule, et non par un tubercule. Elles se distinguent de la même manière des papules sèches.

3° L'acné induré pourrait être également pris pour un tubercule syphilitique ; mais la première de ces éruptions est rouge, violacée, laisse de petites cicatrices ; la seconde a une teinte cuivrée très-prononcée.

4° Le lupus sec se compose de petits tubercules d'un rouge amarante, tandis que les tubercules syphilitiques sont gros, luisants, cuivrés.

5° Le lupus ulcéré vient avant la puberté; ses ulcères reposent sur des tissus engorgés, œdémateux, ce qui leur donne une certaine saillie; ils ont une teinte violacée. Les ulcères syphilitiques sont profonds et taillés à pic; ils envahissent de larges surfaces, et laissent des cicatrices profondes, au lieu que celles du lupus sont plus unies.

6o Le cancer se distingue de l'éruption qui nous occupe par sa dureté et par la dégénérescence des ganghons lymphatiques voisins; les tubercules syphilitiques sont mous et sans aucune hypertrophie ganglionnaire.

7'' Enfin, le farcin pourrait offrir quelque analogie avec la dermatose vénérienne; mais son origine est différente, puisqu'il se communique du cheval à l'homme. Il altère bien plus la constitution.

7" Syphilides squammeuses. — Elles se composent

de lamelles épidermiques^ qui se soulèvent et se détachent sous la forme de poussière furfuracée ou de lamelles épaisses^ sans autre altération appréciable des téguments, ou avec une saillie légère d'une teinte rouge cuivré.

M. Bassereau pense que cette forme est bien plus une terminaison des autres syphilides qu\me éruption spéciale. Le fait est que l'érythème, les papules,, les vésicules se terminent par desquamation épidermique, et que les cicatrices des ulcères qui succèdent aux bulles et aux pustules sont aussi le siège d^une desquamation passagère.

Il arrive cependant quMl y a desquamation, sans autres altérations appréciables. Dans ce cas, Tauteur dont je rappelais le nom tout à Fheure, pense qu^il y a eu avortement d'une syphilide, laquelle, ne pouvant pas se développer, à cause du traitement, arrive à sa dernière période, sans avoir pu parcourir toutes les autres.

On comprend, d'après cela, que les squammes soient très-communes à la suite du chancre. On en trouve au cuir chevelu, sous forme de pityriasis ; à la paume des mains et à la plante des pieds, sous forme de plaques cornées et de psoriasis ; au tronc et sur les membres, avec Tapparence du psoriasis, de la lèpre et de Tichthyose.

Le pityriasis syphilitique existe au cuir chevelu surtout ; il y forme une poussière abondante ou une crasse épaisse ; il s'étend parfois à la face, dans les sourds etjdans la barbe. Il succède surtout à l'éry thème.

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aux pustules et aux papules, amène la chute des cheveux, lesquels peuvent repousser. Il se reconnaît à l'existence de symptômes syphilitiques concomitants.

Vichthyose se compose de lamelles épaisses, rendant la peau terne et rugueuse ; la desquamation est peu abondante. En même temps, les ongles se couvrent de taches blanches qui s^exfolient.

L'ichthyose succède souvent à une syphilide pustuleuse.

La syphilide squammeuse, lorsqu'elle se forme dans la paume des mains ou à la plante des pieds, forme des plaques tantôt réguhères, tantôt irrégulières, ovales ou arrondies, qui succèdent à des macules ou à des papules. Les squammes sont quelquefois minces, mais plus souvent épaisses et larges, ayant même parfois une consistance cornée. Dessous, le derme est rouge, rarement d'une nuance cuivrée franche. Les plaques sont entourées d'une espèce de collerette épidermique frangée. Tout autour, la peau est dure, raboteuse et douloureuse au toucher. Le derme est sans souplesse, ce qui rend les mouvements pénibles, et fait que la peau se gerce en sillons profonds et écailleux.

Quatre caractères permettent d'établir le diagnostic de cette dermatose: 1° la coloration cuivrée du derme; 2° les bords de la plaque, qui sont plus élevés que le centre ; 3° les cicatrices superticielles, qui succèdent à la période de résolution; 4° la coexistence d'autres éruptions syphilitiques.

Celles-ci ont une importance d'autant plus grande . que ia syphilide squammeuse succède le plus souvent

à des papules, à des pustules ou à des tubercules qui avortent, et qu'on rencontre souvent, sur une région, une de ces éruptions incomplètes, tandis que sur d'autres elles ont atteint à leur apogée.

Le psoriasis syphilitique affecte toutes les formes du psoriasis vulgaire; il est dit psoriasis guttufa, quand les plaques sont petites; diffusa, lorsqu'elles ont plus d'étendue : on le nomme lèpre, si elles sont circulaires.

Ces plaques ont toujours une marche lente; elles ont une teinte cuivrée ou lie de vin, ou tout à fait terne {lepra nigricans) . Ce qui constitue le véritable caractère différentiel^ c'est la dépression du centre des plaques, laquelle se trouve en opposition avec l'élévation de celui des éruptions squammeuses ordinaires.

Chute des poils et des cheveux. Elle est partielle ou générale. Tantôt elle est le résultat de la desquamation de l'épiderme ; tantôt elle a lieu sans qu'aucune espèce de syphilide puisse en rendre compte. Les cheveux surtout tombent à poignées ; la plus légère traction les arrache. Ils repoussent quelquefois, quand le malade est guéri, ce qui n'arrive jamais pour les poils de la barbe ou pour ceux du corps.

L'alopécie a quelquefois lieu par cercle ; au début elle n'affecte jamais de forme déterminée. Elle ne devient générale que dans le cas d'un état cachectique très- avancé.

L'oNYXis est une seconde forme morbide qui se rapproche naturellement des syphilides. Elle est ulcérative ou sans ulcération.

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Dans le premier cas, la matrice de l'ongle se gonfle, prend une teinte rouge cuivré, puis violacée. Les tissus s'ulcèrent ensuite. L'ulcération a un fond grisâtre, ses bords sont irréguliers, le liquide sécrété est sanieux et fétide.

D'autres fois le bourrelet s'avance sur l'ongle; la pression en fait sourdre du pus qui est mêlé à du sang noir.

La peau, en se détruisant, laisse la racine de l'ongle à découvert; le pus fuse entre lui et la phalange, d'où résulte un décollement complet, puis la chute de l'ongle. On voit alors sa matrice ulcérée et entourée d'un bourrelet saillant. Dans ce cas, l'ongle ne repousse jamais; la cicatrice qui se fait plus tard est froncée et se couvre de plaques cornées tout à fait informes.

Si la matrice n'est pas détruite, l'ongle se reforme. Cette affection, qu'elle soit ou non ulcéreuse, s'accompagne toujours de vives douleurs.

L'onyxis ulcérative est la forme la plus rare; elle atteint plus souvent les doigts que les orteils. On ne peut la confondre qu'avec l'ulcère primitif des doigts, accident rare, et que l'inoculation permet de distinguer.

Il y a une autre forme d'onyxis, dans, laquelle il n'existe ni inflammation, ni suppuration, ni ulcération ; seulement l'ongle se couvre de taches blanches ou grisâtres; il devient cassant à son extrémité Hbre, s'épaissit, se durcit, prend un aspect chagriné, s'exfolie.

Cette dégénérescence n'occupe quelquefois qu'une partie de l'ongle, et il existe une ligne de démarcation

très-te-anchée entre la portion altérée et celle qur reste saine.

Les ongles présentent encore une troisième altération; ils deviennent, dans toute leur étendue, secs, grisâtres^ raboteux et friables; cette forme est la plus fréquente.

Traitement. — Pour fixer d'une manière précise le choix des médicaments appropriés aux syphilides, il faut se rappeler que ces dermatoses ne constituent jamais qu'une partie de la maladie, que d'autres groupes de symptômes les accompagnent, d'où il résulte que ces derniers doivent être pris en sérieuse considération. Il y a plus, chacune des formes décrites plus haut existe rarement seule, la polymorphie s'observe généralement, et il faut toujours s'arrêter aux substances dont la pathogénésie répond à l'ensemble de celles qui se rencontrent chez un même sujet.

La description de cette partie des symptômes syphilitiques, telle qu'elle est donnée par les auteurs, telle que je l'ai présentée plus haut, est donc un tableau analytique que l'observation ne confirme pas toujours; c'est rénumération d'éléments qui se trouvent le plus souvent réunis. Ce que je me propose, en ce moment, c'est d'indiquer les substances qui sont en rapport d'homœopathicité avec ces éléments divers, afin d'offrir un résumé des indications dont la synthèse ne peut être faite qu'au lit du malade.

1° Syphilides exanthématiques. — Les médicaments les plus appropriés à cette espèce si commune de dermatoses syphilitiques, sont :

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a. Pour la roséole (érythème maculeux syphilitique)^ le LACHESis et le sulpbur, auxquels il faut joindre le crotolus.

Le LACHESIS convient surtout au début de Téruption, lorsqu'elle a encore une teinte rouge vif. Le plus souvent même, il suffit de donner ensuite le sulphur, non-seulement pour arrêter le développement de la roséole, mais encore pour la faire disparaître. Ces deux médicaments ont besoin d'être continués pendant plusieurs semaines, pour arriver à ce résultat ; il est toujours nécessaire de les répéter, en suivant la méthode indiquée plus haut. (V. p. 349.)

Lorsque Texanthème a changé sa teinte rouge en une nuance plus jaune, plus cuivrée, crotalus est préférable au lachesis.

Quant au mercure, il est toujours infidèle. Lorsqu'on est obligé de le donner à cause de la coexistence de symptômes à la gorge ou à la bouche , il arrive presque toujours que Fon voit les symptômes de la gorge s'amender ou disparaître, tandis que la roséole persiste , mais en pâlissant. Le lachesis et le sulphur, donnés alors, complètent la guérison.

Plusieurs autres substances pourraient être recommandées en raison de leurs effets pathogénétiques. D'abord le guajacum^ ce rival, parfois heureux du mercure, s'il faut en croire l'enthousiasme qu'il suscita, lorsque, par les efforts d'Ulrich de Hùtten aidé d'un grand nombre de praticiens, il essaya de détrôner les préparations hydrargyriques. Parmi plusieurs symptômes évidemment en rapport avec ceux de la vérole.

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cette substance produit^ en effet, chez Thomme en santé, une éruption semblable à la roséole, et sans fièvre (1). Cela ne suffit pas pourtant pour en faire un agent curatif . On ne doit pas oublier que les plus beaux succès du guajac eurent pour sujets des malades saturés de mercure, chez lesquels cette racine a pu agir bien plus comme antidote de ce dernier qu'à titre d'antivénérien.

La même remarque s'applique au nitri acidum, que nous trouvons indiqué par la plupart des auteurs contre un grand nombre de manifestations syphilitiques, mais toujours avec cette restriction : a pourvu qu'il ait été fait abus de mercure. » Preuve certaine que cet acide est bien plutôt un antidote de ce médicament qu'un spécifique de la maladie.

Le carbo animalis, indiqué par M. de Bœnninghausen lui-même pour les éruptions cuivrées, est très-infidèle. Ceci s'explique aisément par ce fait : que cette indication repose sur un seul symptôme de la matière médicale de Hahnemann (2), le cent soixante-unième, et que ce symptôme n'a été observé ni par le maître ni par ses élèves, qu'il a été emprunté à un ouvrage étranger (Ruffs Magazin).

Le petroleum, qui produit des taches rouges aux bras; la sassaparil la, qui en fait naître sur tout le corps, pourraient être également consultés; mais seulement

(1) Voyez Noack et Trincks, Manuel de mat. me'd,, art. Guajac, sympt. de la peau (en allemand).

(2) Voyez Traité des maladies chroniques (en allemand). Ce symptôme est ainsi conçu: « Éruption cuivrée au visage, »

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après le lachesis^ le crotalus et ie sulphur qui restent les médicaments les plus utiles.

b. Éry thème papuleux. L'aspect que prend Téruption dans cette seconde forme de syphilides^ tient à ce que la congestion vasculaire a envahi les papilles de la peau. Il n'y a ici rien de spécial, rien de nouveau; c'est toujours la même altération étendue seulement à d'autres éléments anatomiques.

Il suit de là que les médicaments appropriés à la roséole le sont aussi à Térythème papuleux. Le la- CHEsis, le CROTALUS, le SULPHUR doivcnt toujours être administrés les premiers.

Après eux, phosphorus et aurum metallicum seraient parfaitement indiqués ; phosphorus lorsque les taches sont cuivrées et saillantes, aurum quand elles présentent une teinte d'un rouge brun parfaitement accusé.

2° Syphilides papuleuses. — Les variétés de forme sur lesquelles sont établies les trois espèces de papules sèches, sont trop peu importantes, au fond, pour faire varier beaucoup le choix des médicaments. Aussi trouve-t-on des signes non équivoques de papule lenticulaire, conique ou miliaire dans la pathogénésie d'un certain nombre d'agents thérapeutiques, ce qui est d'autant plus précieux que ces différentes espèces d'une même dermatose sont souvent réunies.

Lachesis et SULPHUR sont encore les substances les mieux indiquées par la matière médicale, celles dont l'observation clinique a le mieux justifié la puissance. Le lachesis doit toujours être donné le premier, le sulphur venant après, à titre d'intercurrent.

Parmi les préparations mercurielles, le mercurius solubilis et surtout le cinabaris seraient préférables à toutes les autres; le dernier^ quand les papules sont miliaires, rouges et disposées en groupes arrondis; le premier, lorsque les papules sont disséminées.

Phosphori acidum répond parfaitement aussi aux différentes espèces de papules; c^est un médicament générai auquel on doit songer après ceux que je viens de nommer, pourvu qu'il réponde à l'ensemble des symptômes concomitants.

On pourrait recourir encore, pour les papules lenticulaires, au lycopodium, lorsque ces papules sont sèches, jaunâtres et se rapprochent un peu des verrues; surtout si elles occupent la paume des mains et la plante des pieds ; et à staphysagria lorsqu'elles sont plus molles et plus rouges. Les papules miliaires et celles qui sont coniques, réclament cinabaris, ainsi que je l'indiquais tout à l'heure, ou daphne mezereum^ quand il existe en même temps des croûtes au cuir chevelu; nitri acidum, lorsqu'elles occupent de préférence le visage et les parties velues; metallum album, quand elles sont accompagnées d'une sensation de brûlure ou de prurit brûlant, et qu'il y a en même temps des vésicules; enfin, petroleum, quand elles existent sur des tissus semi-muqueux, comme le gland ou le prépuce.

2° Les médicaments les plus appropriés au traitement des papules humides sont, parmi les mercuriaux, le mercuf. prœcip. ruber (précipité rouge) quand elles existent au visage, souvent aussi, et dans les mêmes

SYPHILIDES. 4 09

circonstances^ le kalihydriodicum. Toutefois, le lyco-

PODIUM;, le NITRl ACIDUM, le THUYA, la STAPHYSAGRIA, la

SEPIA, paraissent avoir un effet plus direct sur cette espèce de sypliilide.

Le succès de ces naédicaments serait justifié, du reste, par la dénomination que les syphilographes allenaands appliquent à cette sorte d'éruption. Ils la nomment condylomes plats, ce qui explique comment les médicaments que nous retrouverons en première ligne, lorsqu'il s'agira de la sycose, trouvent ici leur application.

En général, le malade a subi un traitement mercuriel avant l'apparition des tubercules plats. Dans le cas où il s'est adressé dès l'abord à l'homœopathie, il est bien rare que le mercure soluble ou le mercure vif ne lui aient pas été administrés. Dans ce cas, nitri AcmuM est le premier agent auquel il faille recourir, surtout quand les tubercules plats existent à l'anus ou sur les parties génitales, ce qui arrive presque toujours. Thuya succède parfaitement à l'acide nitrique, complète son action et la continue. Sous l'influence de ces deux médicaments, les papules se sèchent, s'aplatissent et tombent.

Si elles résistent, lycopodium doit remplacer le thuya^ mais seulement lorsque le suintement a diminué.

La SEPiA trouve son application lorsque le suintement est peu abondant ; elle convient principalement aux femmes.

Enfin, Vantimonium crudum pourrait être utile, lors-

que des papules humides du cuir chevelu résistent aux substances précédemment nommées.

3" Syphilides vésiculeuses. — Les médicaments homœopathiques aux syphilides vésiculeuses à forme de varicelle sont : mercurius solubilis et thuya.

Le premier suffit souvent au traitement. Pour peu qu'il y ait quelque signe de psore, sulphur doit lui succéder^ sinon, thuya le remplacera toujours avec avantage. Il suffira souvent de donner ces deux médicaments Vuïi après Tautre pendant plusieurs semaines, faisant prendre le premier durant cinq à six jours, le second pendant le même temps, pour revenir ensuite au so/wè?7/s aussitôt que Taction du thuya sera épuisée.

Mercurius solubilis est encore Tagent spécifique de la syphilide à forme d'eczéma et de la syphilide à forme d'herpès. Il est souvent nécessaire d'interrompre son administration pour donner le sulphur, mais il faut ensuite revenir au solubilis.

Lorsque ces deux médicaments ne suffisent pas, LACHESis leur succède avec avantage; enfin V acide nitrique serait utile, s'il y avait exubérance de l'action mercurielle.

Si l'herpès est circinné, sepia sera préféré au lachesis.

Enfin la syphilide vésiculeuse à base papuleuse devra être traitée par aurum et hepar sulphuris donnés dans l'ordre où ils sont énumérés.

4° Syphilides bulleuses. — 1° Pemphigus. Le mercure n'est jamais très-utile contre cette dermatose, à laquelle arsenicum, cantharides, causticum, ledum

SYPHILIDES. 411

PALUSTRE^ PHOSPHORUS et RHus sont beaiicoup mieux appropriés.

Arsenicum convient > lorsque les bulles sont accompagnées d'un vif sentiment de brûlure.

Canthârides^ quand elles sont volumineuses^ remplies d'un sérum transparent^ entourées d'un cercle rouge assez vif.

Causticum^ quand elles sont superficielles et qu'elles se terminent par résorption de leur contenu.

Ledum palustre^ si elles sont accompagnées de prurit, et entourées d'un cercle œdémateux.

Rhus, enfin, est, avec arsenicum et cantharides, le médicament le plus utile. Il doit être choisi, quand le contenu de la bulle est sanguinolent, et que la rupture de l'épiderme est suivie de la formation d'un ulcère à bords taillés à pic, renversés, ulcère qui a de la tendance à s'étendre en profondeur. Dans ce cas, mercurius solubilis doit succéder au r/ms, après la destruction de l'épiderme et la formation de l'ulcère.

Ce qu'il faut bien savoir, c'est que le pemphigus se compose d'éruptions successives, de sorte qu'on ne doit pas considérer la disparition des bulles comme le signe d'une guérison certaine. Il faut même s'attendre à une récidive, aussi longtemps que la peau conserve une teinte terreuse, et que les cicatrices de l'épiderme ont une teinte brune, jaune ou cuivrée. Il ne faut donc pas cesser de suite tout traitement; et pour choisir le médicament qui convient alors, il faut tenir compte des symptômes généraux et concomitants. Toutefois, ce sont toujours mercurïus solubilis , sul-

phur, lachesis, auxquels il faut avoir recours^ en ayant le soin de revenir à un des agents précédemment indiqués, lorsque les bulles réapparaissent.

Le lecteur remarquera, sans aucun doute, que les médicaments sus-indiqués sont ceux du pemphigus ordinaire; mais il sera facile de comprendre qu'il en doive être ainsi, en se rappelant que cette forme ne paraît pas être exclusivement syphilitique.

2° Rupia. Deux médicaments se trouvent en rapport direct avec le rupio,^ lorsqu'il n'est pas gangreneux. Ce sont Tarsenicum et le mercurius solurilis. Le premier de ces médicaments convient à toutes les périodes de l'éruption, aussi bien quand elle est à l'état de bulle, qu'au moment où des croûtes épaisses, proéminentes, verdâtres, se sont formées.

Mais lorsque, ces croûtes étant tombées, il reste un ulcère à bords chancreux, à fond violacé, vermoulu, le MERCURE doit remplacer l'arsenic.

Si le rupia est gangreneux, antimonium crudum, LACHESis, SECALE coRNUTUM, sout de bcaucoup préférables.

Le premier, quand l'éruption se compose de bulles noirâtres, remplies d'un liquide séro-sanguinolent, et donnant lieu à des croûtes sous lesquelles l'ulcère creuse jusqu'aux muscles.

Lachesis, quand un ulcère franchement gangreneux succède à une vésicule noirâtre, entourée d'un cercle rouge brun. ( Arsenic conviendrait après lachesis, si celui-ci ne suffisait pas à nettoyer la surface de l'ulcère de toutes les parties mortifiées.)

SYPHILIDES. 413

Enfin^ SECALE cornutum serait préférable encore^ si les parties environnantes étaient insensibles. .

5° Syphilides pustuleuses. — Les syphilides pustuleuses exigent des médicaments divers, suivant la formo sous laquelle elles se présentent.

1° Uacné syphilitique réclame deux médicaments qui lui sont essentiels : cfnabaris et aurum metallicum. Il faut les donner dans Fordre de leur énumération, insister pendant une semaine, au moins, sur chacun d'eux, et les séparer par un intervalle de repos nécessaire à répuisement de Taction médicatrice.

Si Féruption persiste ou se renouvelle, hepar sul- PHURis est la seule préparation sulfureuse à laquelle on puisse songer ; mais elle est très-efficace , sinon comme médicament direct, tout au moins comme antipsorique intercurrent.

Nitri acidum, carbo animolis et vegetabilis pourraient être également employés, mais avec moins de certitude que les précédents.

2° L'impétigo syphilitique cède à mercurius solu-

BILIS OU SUBLTMATUS, SULPHUR, PETROLEUM, NITRI ACI- DUM, CAUSTICUM.

Il serait très-difficile d'indiquer les différences qui séparent le mercure soluble du sublimé, parce qu'elles se trouvent tout entières dans l'existence des symptômes concomitants.

SuLPHUR n'est jamais un médicament primordial; il succède au mercure, lorsqu'il y a des signes de psore.

Nitri acidum convient surtout quand l'éruption existe au visage; c'est encore un médicament qui peut

succéder aux préparations hydrargyriques, mais qui ne doit pas être donné avant elles.

Causticum serait utile si les pustules s'accompagnaient de prurit; il ne vient non plus qu'après les inercuriaux et le sulphur.

Quant à petroleum^. il n'est utile que contre les éruptions impétigineuses de la face.

3° Uecthyma doit être traité par le mercurius solu- BiLis, qui est souvent infidèle^ et par, I'acidum phos- PHORicuM, dont les effets sont généralement heureux, quand on le donne en second lieu. Sous Hnfluence de ces deux agents, le fond des ulcères s'élève, et la cicatrisation se fait.

Kreosotum est souvent utile, lorsque l'ecthyma est profond et que les ulcères se recouvrent de croûtes épaisses; si ces ulcères persistent, sassaparilla doit remplacer kreosotum; mais il est rare qu'il ne faille pas revenir au mercure soluble, quand une fois l'éruption a été modifiée par les deux médicaments précédents.

Antimonium tartaricum succéderait avec avantage à l'acide phosphorique, lorsque l'éruption occupe le scrotum.

6° Syphilis tuberculeuse. — Toutle monde sait que cette espèce de syphilide est chaque jour traitée avec succès, par l'école adverse, à l'aide du biiodure de MERCURE, soit qu'elle se présente sous la forme de tubercules secs, soit qu'il s'agisse de tubercules furonculeux.ou ulcéreux. Il restait à savoir si une telle action rentrait sous la loi des spécifiques, ou si elle constituait

SYPHILÎDES. 41b

seulement un effet empirique, dont la valeur eût été (Fautant plus incontestable qu'elle eût été moins expliquée.

Un de nos maîtres en homœopathie, homme d'expérience et d'étude, dont la mort a laissé de bien justes regrets dans le cœur de tous ceux qui l'ont connu, Andrieu (d'Agen) (1), avait abordé ce problème. En soumettant le biiodure de mercure à l'expérimentation sur l'homme sain, il avait vu ce médicament produire les différentes formes de tubercules dont je rappelais tout à l'heure les noms. Les uns « ressemblaient à des « tubercules syphilitiques, de manière à tromper un œil G exercé; » les autres avaient la forme de véritables furoncles; souvent des éruptions pustuleuses les accompagnaient, ce qui s'observe très-fréquemment chez les syphilitiques. Ce médicament développe donc, chez l'homme en santé, des éruptions en tout semblables à celles qu'il a puissance de guérir, son action rentre de tous points sous la loi thérapeutique de l'homœopathie. Il faut même ajouter que cette analogie est tellement étroite que les tubercules syphilitiques et les tubercules mercuriels ont une même prédilection pour la face et le cuir chevelu.

C'était en faisant usage de la troisième trituration, qu'Andrieu avait obtenu ce résultat, d'où il concluait

(1) Voyez Pathogénésie comparée du biiodure de mercure, du mercure soluhle et du bisulfure de mercure. Mémoire lu au congrès homœopathique, de Bruxelles, par le docteur Andrieu (d'Agen), in Journal delà société gallicane de méd. homœop., t. VIII, p. 141.

que cette puissance serait préférable à toute autre pour guérir la maladie. Cette conclusion cependant ne peut être absolue; car il est bien démontré que les malades sont plus impressionnables que les sujets sains, et que les actions thérapeutiques s'obtiennent chez eux avec des doses beaucoup plus faibles que les effets pathogénétiques eux-mêmes.

Dans le cas où le biiodure de mercure ne suffirait pas à résoudre complètement les tubercules, aurum METALLicuM Serait d'un grand secours pour achever leur résolution, pourvu qu'il n'y ait pas d'ulcération.

Nitri acidum viendrait en troisième lieu, surtout si l'éruption occupe la face; phosphori aciduniy si les tubercules sont rouges, sans suintement, mais avec une desquamation légère; et staphysagria, quand ils sont lenticulaires et accompagnés de prurit.

Les tubercules furonculeux réclament, après le biiodure, hepar sulphuris, lorsque la suppuration tarde à se faire: conium maculatum, quand elle s'accompagne de douleurs tractives, et iodium, quand l'ulcère qui succède à l'expulsion du bourbillon, a de la tendance à se gangrener; kali hydriod., si les bords de l'ulcère sont indurés.

Si le tubercule s'ulcère sans prendre l'aspect d'un furoncle, le précipité rouge et Viodure de potassium (kali hydriodicum) sont parfaitement indiqués. Le premier, quand l'ulcère est superficiel, plat, rongeant, mais rongeant en surface et non en profondeur, que la suppuration est jaune et abondante, que les parties environnantes sont rouges, gonflées et douloureuses;

SYPniLlDES. 417

le second^ si Tulcère a un mauvais aspect^ qu'il s'étende jusqu'au tissu cellulaire, et qu'il sécrète un ichor fétide et roussâtre. Le kali hydriodicum convient parfaitement aussi^ lorsque l'ulcère est formé par la réunion de plusieurs petits furoncles.

Syphilides sqlammeuses. — Elles affectent quatre formes principales : celle du pityriasis, celle du psoriasis, celle de la lèpre, et celle de Vichthyose.

1 ° Le pityriasis syphilitique cède au mercurius so- LUBiLis, lorsqu'il succède lui-même à une éruption vésiculeuse ; autrement kreosotum^ lachesis^ nitri aci- DUM, SEPiA, MEZEREUM et RHUs lui sout parfaitement appropriés.

Kreosotum convient au pityriasis capitis, que celui-ci se compose de squammes sèches^ ou qu'il s'accompagne de cette espèce de suintement qui réduit ces squammes en une sorte de pâte.

Lachesis, lorsque la desquamation occupe la face et le cuir chevelu, s'accompagnant d'un prurit qui augmente beaucoup la nuit, et qu'elle succède à une éruption papuleuse.

NiTRi ACiDUM vient parfaitement après lachesis, lorsque les squammes sont sèches et accompagnées d'une grande sécheresse de la peau^ surtout du cuir chevelu.

Sepia est préférable, lorsque la desquamation s'opère par places arrondies, qu'elle détermine la chute des cheveux et celle des poils des parties affectées.

Mezereum et RHUS conviennent parfaitement, lorsque les squammes succèdent à une éruption papuleuse.

418 DES MALADIES VENERm?<NES.

2o Le psoriasis syphilitique est en rapport d'homœopathicité avec arsenicum, iodium^ mercurius so-

LUBILIS^ PHOSPHORUS^ PHOSPHORI ACIDUM, SEPIA.

Arsenicum, lorsque Téruption est répandue sur toute la surface du corps, et accompagnée d'un prurit brûlant.

loDiUM^ si la peau des parties affectées s^est épaissie, qu'elle soit devenue comme du parchemin et d'une couleur foncée. La coexistence d'un engorgement ganglionnaire induré serait un signe absolument déterminant.

Mercurius solubilis est préférable, si les plaques psoriasiques ont une teinte rouge assez unie, avec tendance au suintement.

Phosphorus, si ces taches sont jaunes, et couvertes de squammes minces, peu adhérentes.

Phosphori acidum, si elles sont rouges, brûlantes, surtout si elles s'accompagnent d'insensibilité de la peau.

Sepia, quand les taches sont bien arrondies, formant des cercles d'un brun jaune, sur lesquels s'établit une desquamation manifeste, surtout sous Tinfluence du moindre frottement.

Si le psoriasis a le scrotum pour siège, petroleum, NiTRi ACIDUM et THUYA doivcut être préférés aux substances précédentes.

Petroleum^ quand l'éruption est rouge et lisse.

NiTRi ACIDUM, lorsque les squammes sont sèches.

Thuya; quand elles sont rouges et accompagnées de suintement.

SYPHILIDHS. 419

3° La lèpre syphilitique cède à Tarsenicum, à I'aci-

DUM PHOSPHORICUM et à la SEPIA.

L^ARSENicuM, lorsque les taches sont noirâtres.

L^ACiDUM PHOSPHORICUM, quand elles sont insensibles.

La SEPiA^ quand elles sont jaunes et exactement arrondies.

4° Uichthyose réclame le lachesîs et le thuya^ médicaments qui se spécifient à Taide des symptômes concomitants.

Un point très-important dans le traitement des syphilides squammeuses^ est de faire intervenir le soufre à propos. Par sa pathogénésie, comme par ses applications cliniques, ce médicament répond, en effet, aux différentes formes comprises dans cette catégorie; mais il ne peut les guérir à lui seul. Il faut donc Talterner souvent avec les médicaments indiqués plus haut.

5° Rhagades. — Autrefois les syphilographes décrivaient à part un autre symptôme de la peau, auquel ils donnaient le nom de Rhagades. Svs^ediaur leur consacre un article spécial, et les place à côté des verrues et des poireaux (1).

Au premier aspect, ces rhagades sont des fissures qui se forment à la paume des mains, entre les orteils, à Panus ou au pourtour des organes génitaux; en réalité, ces solutions de continuité tiennent à Texistence d^une des dermatoses précédemment décrites sur des régions

(l) Traité des maladies vénériennes.i. \, p. 452.

OÙ la peau forme des piis. Elles sont constituées, le plus souvent, par des papules humides, développées sur les points que j'indiquais tout à l'heure; elles ne réclament pas alors d^autres médicaments que ces papules elles-mêmes, c'est-à-dire lachesis, lycopodium, nitri acidum, thuya, staphyso.gria , sepia et mercwnus solubilis (V. p. 408), Ou bien, elles sont le résultat de la présence d'une éruption squammeuse, et doivent être traitées par une des substances précédemment indiquées (V. p. 417).

Enfin, on observe encore deux autres symptômes syphilitiques à la surface du corps : Valopécie et IV nyxis.

6° Alopécie. Elle est souvent le résultat d'une éruption papuleuse, tuberculeuse ou squammeuse, ayant envahi le cuir chevelu. Dans ce cas, la dermatose est le signe caractéristique pour le choix du médicament; on n'a pas à tenir compte de l'alopécie, qui s^'arrête dès que la dermatose est guérie.

Mais ce symptôme existe très-souvent en dehors de cette condition, et comme effet d'une syphilis constitutionnelle récente. Mercurius solubilis et lachesïs sont alors les deux substances qu'il faut lui opposer. L'une et l'autre sont souvent nécessaires. Dans tous les cas, mercure doit être administré avant lachesis.

Onyxis. On confond généralement sous ce titre des altérations différentes, dont les ongles peuvent être le siège; d'abord, l'inflammation et l'ulcération; ensuite, les taches et l'exfoliation.

Lorsque le bourrelet enflammé qui entoure l'ongle

SyPHILiDES. 421

malade n'est pas encore ulcéré, mercurius sollbilis est le médicament essentiel. Il en est encore ainsi, lorsque l'ulcération est complètement formée, pourvu qu'elle offre les caractères de Tulcère syphilitique simple.

Si cet ulcère végète, qu'il soit violacé, fongueux, LACHESis d'abord, nitri acidum ensuite, doivent être préférés. Si cet ulcère offrait quelque point de gangrène, ARSENicuM et CARBO VEGETABiLis devraient être prescrits. A l'aide de ces médicaments, la marche destructive de la maladie est arrêtée, les tissus prennent une teinte rouge vif, le fond de l'ulcère bourgeonne, et la cicatrisation s'opère.

Si elle tardait à s'accomplir, une dose de soufre^ administrée après les médicaments indiqués plus haut, lui donnerait une impulsion nouvelle, et silicea compléterait la guérison, dans le cas où la cicatrice ne se formerait pas franchement.

Dans d'autres circonstances, les ongles, au lieu de s'enflammer et de s'ulcérer, s'épaississent.

Mercurius solubilis, suivi de sulphur, et quelquefois de SEPiA, sont très- utiles alors.

Ou bien les ongles se couvrent de taches blanches; nitri acidum, sepia, sulphur sont préférables. Dans ce cas, il faut les choisir en raison des symptômes concomitants.

Lorsque enfin les ongles s'exfolient, mercurius, sulphur et graphites sont très-utiles ; il faut les donner dans l'ordre où je viens de les énumérer.

Mode d'administration. 11 est de règle pour le

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