‹ Des maladies vénériennes et de leur traitement homéopathiqueChapitre 53 sur 86 · L. SliMON · texte numérisé non relu

L. SliMON

ce qui fait que la peau reste plus longtemps intacte avec elles qu'avec la gomme. Les antécédents et les symptômes concomitants, enfin, pourraient lever les doutes dans un cas difficile.

Les kystes sont limités, arrondis, offrent une consistance différente de celle de la gomme ; ils restent longtemps dans un état stationnaire.

Les névrômes se séparent des gommes parleur sensibilité et Textrême douleur qu'on détermine en les comprimant.

Les loupes ont une marche et une consistance tellement distinctes de celles des gommes, qu'on ne peut réellement les confondre. Du reste, Taveu d'antécédents syphilitiques et la présence d'autres symptômes vénériens seraient des signes tout à fait déterminants.

Les anévrismes ont un siège déterminé ; les battements qu'on y perçoit, les variations de volume, les signes stéthoscopiques, les séparent suffisamment des tumeurs gommeuses.

Les enchondromes se reconnaissent à leur siège et à leur marche. Les phalanges, le tibia, la parotide, le testicule, sont les endroits où on les observe le plus souvent; ils ont une marche essentiellement chronique, ne se ramollissent que très-lentement, et peuvent durer plus de dix ans avant que les téguments ne s'altèrent. Il n'en est point ainsi pour les gommes.

Enfin, la pèriostose gommeuse se distingue de la périostose syphilitique par sa mobilité, incomplète il est vrai, mais encore assez évidente, et par l'absence de douleurs ostéocopes et de sensibilité à la pression.

Ce qui est plus difficile quelquefois, c'est de distinguer la gomme ramollie d'un abcès froid ; cependant celui-ci offre plus d'empâtement à sa base, la fluctuation y est plus franche^ plus profonde, la peau s'enflamme moins facilement à son niveau. L'âge du malade, ses antécédents, et surtout les symptômes concomitants, seront d'un grand secours pour fixer le diagnostic de ces tumeurs.

Les engorgements ganglionnaires se distinguent des gommes sous-cutanées par leur siège même; les furoncles, par leur marche rapide, la coloration de la peau et la présence d'un bourbillon.

Lorsque les gommes sont ulcérées, on peut les confondre avec le cancroïde, l'encéphaloïde ulcéré, les ulcères psoriques et variqueux, les syphilides ulcérées, l'anthrax, le lupus ulcéré.

Le cancroïde est plus dur, sa marche plus lente; il est en général unique, et n'a pas une coloration cuivrée. Il donne lieu à une sécrétion moins abondante que celle de la gomme.

L'encéphaloïde a généralement une glande pour point de départ. La peau ne s'ulcère que par suite de la marche envahissante du mal; les douleurs lancinantes y sont parfaitement caractérisées. Les antécédents et la coexistence d'autres symptômes syphilitiques doivent être recherchés avec soin.

Les ulcères psoriques, scrofuleux "et variqueux, existent surtout aux jambes ; les gommes se montrent partout. Les premiers n'ont pas de coque; leurs bords sont irréguliers ; avec eux la peau a une teinte violacée

brune ou rouge, jamais cuivrée ; les veines voisines sont variqueuses^ tandis qu'avec les gommes, les tissus restent sains, et les bords de Tulcération sont limités et parfaitement circulaires.

La gomme ulcérée pourrait se confondre encore avec le rupia syphilitique ; mais les croûtes de ce dernier, son point de départ, qui est une éruption buUeuse, le distinguent suffisamment.

Les caractères sont moins tranchés, quand il s'agit d^un tubercule syphilitique; ce qu'il est facile de comprendre par ce fait : que le tubercule ne serait qu'une gomme développée dans l'épaisseur du derme, ou dans la cavité d'un follicule.

L'anthrax a une marche trop aiguë, s'accompagne de symptômes fébriles trop marqués, et d'une mortification du tissu cellulaire trop étendue, pour qu'il soit possible de le confondre avec les gommes.

Quant au lupus ulcéré, ses ulcérations sont superficielles, tandis que celles des gommes pénètrent profondément ; leur surface est molle, violacée, fongueuse et non cuivrée ; les tissus voisins sont œdématiés, et la tumeur se confond avec eux. La gomme, au contraire, est nettement délimitée, et sans aucun empâtement œdémateux.

Le pronostic des gommes sous-cutanées est rarement grave, quand on le considère par rapport aux dangers que causent les altérations locales. Il est rare que l'ulcère s'étende assez pour inspirer de sérieuses inquiétudes, la coque fibreuse qui sert d'enveloppe au tissu propre de la tumeur, lui formant une hmite naturelle.

Il est plus grave si Ton tient compte de l'état diathésique; la dégénérescence gommeuse indiquant toujours que la diathèse est largement développée et précédant souvent des symptômes plus profonds, plus destructeurs.

Envisagé au point de vue thérapeutique, le pronostic est un des plus favorables que l'on puisse porter en syphilographie, Hodure de potassium étant un agent dont Feffet bienfaisant est presque assuré, avec lequel on parvient souvent à empêcher la gomme de s'ulcérer, avec lequel, par conséquent, on arrive, s'il faut en croire les syphilograpbes français, à entraver la maladie dans sa marche et dans son développement.

Traitement. — L'iodure de potassium est le médicament essentiel, le spécifique des tumeurs gommeuses, selon M. Ricord; celui auquel cette forme de la vérole cède à coup sûr, et qui mérite, selon les partisans des nouvelles doctrines, l'enthousiasme le plus complet.

On rencontre bien, il est vrai, quelques voix discordantes au milieu de ce concert d'éloges. M. Virchovs^, par exemple, tout en reconnaissant la puissance de riode, réclame en faveur du mercure. « Ce médi- « cament (Piodure de potassium), écrit-il, semble aussi « faire disparaître la tumeur gommeuse qui subit la « dégénérescence graisseuse ; mais le mal revient, la « carie, la nécrose se produisent ; on ordonne le trai- « tement par les frictions mercurielles, et Ton obtient « les meilleurs résultats (1). »

(1) Voy. loc. cit.,^. 187.

La conséquence à tirer de ces restrictions, c'est que les iodures ont une action positive sur les gommes, mais qu'ils ne réussissent pas d'une manière absolue. De là, pour les homœopathes, une double obligation : celle de rechercher jusqu'à quel point les succès thérapeutiques du kali hi/driodicum renireni sous laloi des semblables, et celle de déterminer quelles substances devront remplacer ce médicament lorsque son action curative aura été reconnue insuffisante.

La solution de la première partie de ce problème est entourée de difficultés. Celles-ci résultent de la connaissance incomplète que nous avons des effets pathogénétiques de Viodure de potassium^ l'étude des symptômes développés sur l'homme sain par ce médicament laissant beaucoup à désirer. Ce que nous en savons cependant, nous permet de dire que la similitude entre les symptômes de la maladie et ceux du médicament est parfaitement établie (1).

Nous trouvons, en effet, dans la pathogénésie de l'iode et dans celle de Tiodure, d'abord les symptômes généraux qui accompagnent les périodes avancées de la vérole; la fièvre venant la nuit, composée de frissons passagers et de sueurs abondantes (Sympt, 295-303) et accompagnée d'une augmentation notable de l'appétit; les douleurs osseuses nocturnes (250), l'engorgement des ganglions lymphatiques, enfin l'altération, de composition du sang signalée par tous les auteurs

(1) Voy. la. Pathogénésie du Kalihydriod., in Reine Arzneimittelléhre, par Hartiaub et Trincks,t. III, p. 37 etpassim. Leipsick, 1831.

(V. Biblioth, de thérap. de Bayle, t. I ; Trousseau et Pidoux^ Traité de thérap, et de mat. méd., 1. 1, p. 248 et passim) ; la couleur terreuse de la peau et Tamaigrissement.

Parmi les symptômes locaux, des nodosités brûlantes et sensibles au coin de la bouche et dans Fépaisseur des joues^ avec une rougeur légère et un peu de gonflement des parties environnantes (274-275); des tumeurs nombreuses,, de grosseurs différentes, apparais sant au visage, au cuir chevelu, dans le dos, sur la poitrine^ et composées de nodosités qui se forment sous la peau, grossissent rapidement^ au point d'acquérir le volume d'une petite noix, offrent la consistance de dépôts purulents, avec une très-légère rougeur de la peau, se rompent et se vident spontanément (1). On objectera, sans doute, que cette description des tumeurs produites par riodure de potassium laisse à désirer (2), qu'il n'y est point question de l'espèce de liquide qu'elles contiennent, pas plus que de l'ulcère consécutif. Ces reproches sont fondés; mais j'ai dit déjà que la pathogénésie de ce médicament est incomplète, qu'ainsi nous ne pouvons espérer d'y rencontrer tous les symptômes qu'il a puissance de produire. L'impossibilité où nous sommes d'établir une similitude absolue entre les gommes et les nodosités dues au médicament, tient

(1) Manuel de Noack et Trincks,t. VI, 2^ partie, p. 967.

(2) MM. Mérat et Delens, Dict. univ. de mat. méd., parlent de boutons enflammés produits par l'iode donné à haute dose (t. III, p. 657), expression plus vague encore que toutes les autres.

donc à notre ignorance et non pas à Timpuissance de ce composé.

Je dirai plus ; c^est que nous trouvons dans les symptômes rappelés plus haut des caractères assez précis pour éclaircir tous les doutes ; car les gommes seules débutent par une nodosité qui se ramollit en grossissant, ne cause pas de douleur et n'altère la peau que consécutivement. C'est donc par erreur que les auteurs du manuel auquel j'ai emprunté ces symptômes, les ont désignés sous le nom de petits furoncles; ceuxci s'accompagnant de douleurs aiguës et des signes d'une vive inflammation.

Il y a encore entre les effets des gommes sur certaines glandes et ceux de Tiodure de potassium une nouvelle analogie. Les premières, par exemple, en se résorbant, amènent souvent la diminution de volume du testicule, et MM. Trousseau et Pidoux accordent la même puissance à l'iode et à ses composés.

Nous sommes par conséquent autorisés à soutenir que les effets spécifiques de ce médicament sont au nombre de ceux que la loi des semblables explique et fait prévoir. Mais comme, en même temps, nous sommes loin de trouver dans les symptômes physiologiques de cet agent tous les caractères de la diathèse syphilitique, nous pouvons comprendre pourquoi il triomphe de la forme revêtue par la maladie sans détruire celle-ci entièrement, sans pouvoir surtout s'opposer à ses transformations ultérieures.

Nous avons ainsi un intérêt puissant à rechercher quelles sont les substances auxquelles il conviendra de

s'adresser pour arriver à uu résultat plus complet : Lycopodium, mercurius solubilis, phosphorus et THUJA sont à coup sûr les plus importantes.

Lycopodium fait naître, sur Thomme sain, des nodosités dures, que Fon rencontre même dans Tépaisseur de la langue; et qui n'entraînent point de changement de couleur à la peau.

Celles que cause le mercurius solubilis s'accompagnent, au contraire, d'une rougeur plus ou moins vive de l'enveloppe cutanée. Le phosphorus engendre des nodosités qui siègent sous la peau, acquièrent le volume d'une noix, sont peu sensibles au toucher, mais avec lesquelles la peau prend une couleur rouge brun, foncé.

Les nodosités produites par le thuya présentent des caractères analogues à celles que produit le phosphorus. Le cuir chevelu et les organes génitaux en sont le siège le plus fréquent.

Enfin, on trouve dans les études de matière médicale auxquelles le bi-iodure de mercure avait été soumis par Andrieu (d'Agen) des éruptions, dites furonculeuses, mais se rapprochant beaucoup de ces gommes à évolution rapide et à signes inflammatoires marqués, qu'on rencontre chez les scrofuleux.

Pour spécifier maintenant les indications diverses auxquelles chacune de ces substances peut répondre, eu égard à la forme morbide qui nous occupe, il faut dire que les gommes à \euv première période réclament

l'iODURE DE POTASSIUM et le LYCOPODIUM.

Lorsqu'elles commencent à se ramollir, phosphorus,

MERCURius soLUBiLis et THI3JA peuvent succéder avec avantage aux préparations iodurées.

Mercurius SOLUBILIS cst le médicament auquel on songera tout d'abord^ surtout si les téguments ont une couleur rouge assez vive. On le choisira d'autant mieux qu'il répond aux symptômes généraux de la diathèse syphilitique.

Phosphorus sera préféré chez les sujets de constitution scrofuleuse ;

Thuja ne viendra jamais qu'après le mercure, et lorsque la tumeur sera entourée d'un cercle brun.

Le bi-iodure de mercure serait réservé pour les cas d'inflammation vive, et chez les scrofuleux.

Pendant la période d'ulcération^ le kali hydrio- DicuM et surtout iodium seraient fort utiles.

Ce dernier médicament se trouve indiqué par l'expérimentation pure et l'observation clinique. La première nous apprend qu'il cause l'éruption de tumeurs furonculeuses, entourées d'un cercle inflammatoire vif, laissant sortir un corps dur (sur la nature duquel les auteurs ne s'expliquent pas, mais qui ne peut être un bourbillon, puisque ce dernier est mou), et donnant ensuite naissance à un ulcère.

L'observation clinique nous apprend que le pansement le plus efficace des ulcères gommeux consiste à les recouvrir de charpie imbibée de teinture d'iode (1). N'en est-ce pas assez pour justifier le choix de ce médicament ?

(1) Van Oordt, loc. cit., p. 30.

TDMEURS GOMMEUSES. 44 8

L^ulcère ayant été modifié sans perdre complètement ses caractères vénériens^ mercurius solu- BiLis succédera parfaitement à l'iode et à ses composés.

S'il prend l'aspect du chancre végétant, nitri acidum, puis thuya remplaceront le mercure soluble.

Enfin, l'ulcère marchant à cicatrisation, ou même ayant complètement disparu, mais en laissant une induration des tissus voisins^ lachesis et sulphur seront employés en vue de faire disparaître cette dernière.

En résumé : kali hydriodicum, iodium, mercurius soLUBiLis sont les médicaments spécifiques des tumeurs gommeuses ;

Lycopodium,phosphoruSf mercurius bi-iodatus, thuya, viennent après, comme ordre d'importance.

Nitri acidum, lachesis, sulphur, sont très-efficaces pour modifier soit la surface de l'ulcère, soit l'induration des cicatrices.

11 y aurait ici une utile remarque à faire, c'est que l'analogie établie par M. Virchow, sous le rapport anatomique entre l'induration du chancre, le tubercule cutané et la gomme, ne se soutient pas au point de vue thérapeutique. Tandis que lachesis et sulphur répondent directement au premier, mercurius bi-iodatus au second, kali hydriodicum, iodium, mercurius solubilis, phosphorus, lycopodium ont plus d'affinité avec la troisième.

Il est bon de remarquer encore que nous n'employons pas, en homœopathie, un médicament unique pour toutes les phases par lesquelles un même état

morbide doit passer ; que notre choix varie au contraire en raison des modifications symptomatologiques qui se présentent. D'après renseignement de Hahnemann, le médicament curatif est celui qui produit sur rhomme sain les symptômes actuels offerts par le malade. De là vient qu'un médicament est homœopathique à une période, et qu'il ne Test plus à une autre ; de là vient aussi que son action curative sera assurée du moment où il renfermera, dans sa pathogénésie, les symptômes de la période à laquelle on l'oppose, alors même qu'il ne produirait ni ceux qui précèdent, ni ceux qui suivent.

Mode d'administration, — Selon M. Van Oordt , « M. Ricord, le premier, sut parfaitement distinguer a les cas dans lesquels l'iodure de potassium a le plus (( d'action : c'est dans les accidents tertiaires de la sy- « philis. Il est tellement convaincu de ses propriétés « curatives, dans ce cas, qu'il dit que c'est le currus « triumphalis de ce médicament. Mais, de même qu'on « échoue souvent dans les effets que l'on veut pro- « duire, parce que l'on n'emploie pas le remède sui- « vaut une bonne méthode, de même l'iodure de po- « tassium donne souvent des résultats incomplets, « parce que son mode d'administration n'est pas G parfaitement bien connu par un grand nombre de c( médecins, qui ont rarement l'occasion de l'appli- « quer (1). »

Or, cette fameuse méthode, qui n'est pas parfaite-

(1) Loc. cit.^ p. 29.

ment bien connue par un grand nombre de médecins , consiste à donner tout d^abord 2 grammes de ce médicament chaque jour^ à rester à cette dose pendant plusieurs jours consécutifs; puis à augmenter successivement par l^adjonction de 1 gramme, jusqu'à ce qu'on soit arrivé à en faire prendre 6 dans les vingt-quatre heures. Franchement^ la chose est assez simple pour que tout le monde puisse la comprendre , pour que tout le monde sache rappliquer.

La question est un peu plus compliquée en homœopathie, où il nous faut déterminer, comme nous l'avons fait déjà, la dilution, la dose et la répétition du médicament.

Pour Viodure de potassium^ le point essentiel n'est pas de fixer sa quantité, mais sa dilution. Toutes choses égales d'ailleurs, on peut dire, comme fait d'observation, que ce médicament veut être donné à une dilution plus basse que tous les autres. La 3^, la 6% la 12^ au plus, sont préférables de beaucoup aux puissances plus élevées.

Il serait difficile, sans doute, de donner la raison de cette différence; tout au plus la trouverait-on dans certaines analogies. De même que nous donnons l'arnica en teinture-mère dans le traitement des affections traumatiques, de même que Hahnemann recommande l'emploi du suc de thuya dans le traitement des condylomes, de même devons-nous préférer les basses dilutions de l'iodure de potassium dans le traitement des tumeurs gommeuses.

Le grand point est d'employer ce médicament après

ravoir dynamisé; seulement il faut le dynamiser comme 6 ou comme i% et non comme 24 ou comme 30.

La dose en même temps doit être plus massive. Il est nécessaire de donner plusieurs gouttes, de 2 à 6^ dans la même potion. Quant aux intervalles de répétition, ils ne doivent jamais être très-rapprochés ; donner deux ou trois cuillerées de la potion dans les vingtquatre heures est toujours suffisant.

L'iode doit être à peu près administré comme je viens de le dire ; on pourra seulement employer des dilutions plus élevées, 18% 24' et 30^

Le mercurius solubilis sera prescrit à la 18® ou à la 30^ solution , par doses de quelques globules à 2 ou 3 gouttes. On pourrait le donner aussi en trituration par doses de 5 à 10 centigrammes chaque fois.

Le lycopodium , le phosphorus , le sulphur, le lachesis, le thuya, le nitri acidum, etc., seront ordonnés à des dilutions d'autant plus élevées que ces substances sont naturellement moins solubles et moins diffusibles; il faudra choisir une puissance comprise entre la 18° et la 30% employer des globules ou des gouttes, suivant la susceptibilité du malade, suivant aussi Tétat de ses forces et retendue des ravages causés par la maladie.

Le pansement sera toujours très-simple; s'il n'y a pas de solution de continuité de la peau, il n'y a rien à mettre sur la partie malade; une fois l'ulcère formé, il faut appliquer à sa surface une dilution inférieure du médicament pris intérieurement.

La gomme correspondant toujours à une période

avancée de la vérole^ à un moment où les forces du sujet sont épuisées ou amoindries, il faut toujours veiller sur le régime et sur l'hygiène, en tenant compte des préceptes que j'ai rappelés plus haut (p. 306).

Babington, dans les notes qu'il ajouta au Traité de la maladie vénérienne de Hunter, soutient que «les « affections vénériennes de la gorge présentent autant « de variétés que les éruptions vénériennes de la « peau (1). fi Cette opinion a été généralisée ; et M. Ricord, développant, quelques pages plus loin, ses idées sur les formes de la syphilis secondaire, admet qu'il est possible de rencontrer à la surface des muqueuses les formes dont l'enveloppe cutanée est ellemême le siège. M. Baumes a longuement et habilement défendu la même opinion (2).

Rien n'est plus vrai assurément. Seulement la ténuité de l'épithélium, l'action continuelle des liquides sécrétés par les muqueuses, font que les éruptions vésiculeuses, huileuses, pustuleuses, ne s'observent jamais à leur première période , le malade les signalant toujours lorsque l'épithélium est rompu et l'ulcération complètement développée. En fait, les affections que je dois décrire en ce moment, se trouveront limitées à une forme exanthématique , une forme papu-

(1) Traité de la mal. vénér., édit. de Richelot, p. 617.

(2) Traité des malad. vénér., t. II, p. 443 et passim.

leuse^ une forme squammeuse , à des ulcères qui succèdent à une vésicule, à une bulle ou à une pustule, à des tubercules ou à des gommes.

A. Forme exanthématique. — Elle se rencontre rarement seule. Des plaques plus ou moins rouges, d'une nuance cuivrée douteuse, disposées régulièrement ou disposées sans ordre, la constituent. Quelquefois le centre de ces plaques est blanchâtre; la muqueuse environnante est tantôt légèrement gonflée, tantôt absolument plate.

Cette forme est fugace , dure cependant pendant plusieurs jours, mais revient fréquemment. Elle cause peu de douleur ; aussi n'est-elle pas toujours accusée par les malades, quand elle existe seule et qu'elle s'est développée au fond de la gorge. Il n'en est pas de même si elle occupe la surface] des organes génitaux, et M. Ricord en a recueilli un exemple très-remarquable, qu'il a consigné dans son Iconographie de l'hôpital des Vénériens (d).

Il s'agit , dans cette observation, d'un malade porteur d'une roséole survenue à la suite d'un chancre infectant, et chez lequel il existait, sur le gland et le prépuce, des demi-cercles rouges, presque réguliers, sans érosion ni ulcération de la muqueuse.

B. Forme papuleuse. — Celle-ci est beaucoup plus commune que la précédente. Elle se compose, soit de petites papules acuminées , rouges, exulcérées à leur sommet, accompagnées d'une rougeur assez vive et

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