L. SIMON
Dans l'hépatite^ on constate deux ordres d^altérations : l'induration et la gomme.
Dans le cas d'induration^ on trouve à la surface du foie des dépressions radiées, auxquelles s'insèrent des brides ligamenteuses. A la coupe, on reconnaît, au niveau des parties déprimées, un épaississement notable de la capsule fibreuse, et, dessous, une masse dure, épaisse, d'un blanc éclatant, très-résistante, qui pénètre dans le parenchyme en respectant les canaux biliaires et sanguins. Si la maladie a pris un plus grand développement, il se fait des thrombus, qui finissent par s'organiser, tandis que les canaux biliaires sont aplatis, puis oblitérés. Dans ce cas, il y a ascite en même temps quïctère. Ces indurations syphilitiques sont les seules qui ne suivent pas les ramifications de la veine porte.
Dans le cas de dégénérescence gommeuse, on trouve dans l'épaisseur du foie des masses jaunes, dures, dont la partie centrale est formée par des granules graisseux, des noyaux et des cellules compactes. Ces granules sont contenus dans une trame libreuse ; selon M. Vircbow, ils ne seraient pas indurés.
Il arrive souvent de trouver, à côté de ces masses gommeuses, des dégénérescences qui se rapprochent beaucoup du cancer ou de la cirrhose.
Les symptômes des affections syphilitiques du foie sont très-imparfaitement connus. M. Ricord (1) parle de douleurs analogues aux coliques hépatiques;
{\y Iconographie.
SYPHILIS DES PARENCHYMES. 56 7
M. Virchow^ d'ascite et d'ictère. Mais ce sont là des caractères qui appartiennent à un grand nombre d'aflections hépatiques. graves, et qui ne peuvent rien pour établir leur caractère différentiel.
Aussi est-ce toujours par la connaissance des antécédents et des symptômes accessoires , qu'on est arrivé à reconnaître ;, pendant la vie, les affections syphilitiques du foie. Encore est-il juste de dire qu'on n'a jamais pu distinguer s'il s'agissait d'une périhépatite ou d'une hépatite, d'une gomme ou d'une induration.
Traitement. — Le choix du médicament doit être d'autant moins précis, que les données pathologiques nous font défaut.
Quand il s'agit d'un ictère passager, survenant pendant les premiers jours de la vérole, mercurius solu- BiLis et MERCURIUS vivus sont toujours employés avec succès.
S'ils restent insuffisants, il faut choisir les autres médicaments en raison des symptômes qui existent du côté delà peau, des muqueuses ou du système osseux.
Quand l'ictère accompagne des formes avancées de la syphilis constitutionnelle, on doit présumer l'existence d'altérations profondes du foie, et choisir le médicament en raison des autres symptômes causés par la diathèse. Si les formes de la vérole sont superficielles, il faut pencher poui' une périhépatite et recourir aux mercuriaux.
D. — Gommes du cœur. Des tumeurs gommeuses
ont été reconnues dans Tépaisseur des parois du cœur. M. Ricord^ dans son Iconog7'aphi€ (l),et M. Virchow, en ont rapporté des exemples.
Comme altérations anatomiques^ ces tumeurs ne diffèrent pas des autres gommes ; comme symptômes locaux, elles n'offrent rien qui les différencie des autres maladies organiques du centre circulatoire.
Dans le fait observé par M. Ricord, la mort eut lieu subitement.
Il est facile de comprendre qu'il soit impossible d'indiquer aucun médicament pour une affection si mal connue.
E. « — Sarcocèle syphilitique. Il n'en est pas de même, assurément^ des affections syphilitiques du testicule^ affections sur lesquelles on a beaucoup discuté et qui ont été le sujet de nombreuses études.
Celle qui a reçu le nom de Sarcocèle se compose d'une augmentation de volume et de consistance d'un testicule, souvent des deux, sans changement de couleur à la peau, sans douleur, causant seulement une sensation de gêne due à l'augmentation de poids de l'organe affecté.
L'induration syphilitique débute par l'extrémité libre du testicule ; l'épididyme et le cordon y restent étrangers ; c'est même là ce qui sépare le testicule vénérien de l'orchite blennorrhagique consécutive. Celte induration commence par la tunique albuginée, s'étend au parenchyme testiculaire lui-même , écarte