L. SIMON
lerée de trois en trois heures. Cantharides remplace V aconit , surtout si les douleurs sont vives en urinant et qu'un écoulement purulent accompagne l'hématurie; cannabis doit être donné après cantharides, lorsque ^ ce dernier médicament a réduit Fhémorrhagie à un suintement sanguinolent raêlé à Fécoulement urétral. L'hémorrhagie étant arrêtée, la maladie reprend son cours habituel, et il faut revenir aux médicaments qui ont été indiqués plus haut, à sulphur en particulier. Mezereum est aussi, en pareil cas, d'une grande .valeur.
Lorsque la blennorrhagie dépasse les limites du canal de l'urètre, elle amène des groupes de symptômes qui sont en rapport avec les fonctions des organes affectés et auxquels on a donné des noms divers. Il y a : 4° la cystite blennorrhagique ; cantharides calme le plus souvent les douleurs vives et le ténesme qui l'accompagnent; il convient quand il y a rétention d'urine, laquelle tient d'ordinaire au gonflement des valvules du col vésical et au spasme, conséquence de a douleur; si le malade éprouve une sensation de poids dans le bas-ventre avec pression et élancements à la vessie, douleurs de brûlure et d'excoriation au col, violents besoins d'uriner avec écoulement d'urine goutte à goutte. Il répond aussi aux frissons, au froid glacial des mains et des pieds qui accompagnent la cystite, aux besoins d'aller à la selle, aux vomissements, à l'anxiété accusée par certains malades; les urines étant d'un jaune pâle, ou rouges, sanguinoentes, muqueuses.
Cannabis remplace les cantharides^ lorsque ce médicament a diminué Facuïté dés douleurs^ que le malade indique une sensation de poids sur la vessie^ les urines coulant goutte à goutte avec douleur de brûlure et de déchirement dans le canal, l'urine étant claire comme de Teau, ou trouble, rouge et coulant par un jet étroit, qui s^éparpille.
Nux vomica et pulsatilla succèdent souvent avec avantage au cannabis : le premier chez les sujets robustes, actifs, bilieux, qui indiquent une sensation de poids dans le bassin avec des besoins d'uriner, douloureux la nuit, constriction spasmodique du col vésical , rendant rémission de Furine lente et difficile ; le second, chez les sujets lymphatiques et apathiques, s'il y a chaleur à la région vésicale, ténesme urinaire, brûlement et douleurs lancinantes au col de la vessie, besoins fréquents d'uriner, avec urine muqueuse, purulente, sanguinolente et visqueuse.
Les médicaments qui précèdent ayant calmé la douleur, et l'urine renfermant un dépôt purement muqueux, dulcamara, suivie de calcarea carbonica, met fin à cette complication.
2» Néphrite. Complication très-rare de la blennorrhagie primitive; beaucoup plus fréquente avec la blennorrhagie consécutive. On ^arrêterait, dès son apparition, avec cantharides, cannabis Qi pulsatilla, donnés dans l'oTdre où ils sont énumérés.
3°Épididymite. Les médicaments les mieux indiqués pour celte forme morbide sont : aconit, au début, quand il y a fièvre ardente, soif, agitation, gonfle-
ment, chaleur et rougeur des bourses du côté malade, et une grande sensibilité au toucher. Ce médicament doit être donné à la J2^ dilution, à la dose d^une goutte dans une potion de 125 grammes; le malade en prend une cuillerée de deux en deux heures.
PcLSATiLLA est le médicament qui doit succéder à Vaconit, et que Fon donne même tout d'abord quand les symptômes fébriles ne sont pas très-intenses. Il convient surtout quand le gonflement de l'épididyme est considérable, la tumeur étant le siège d'une douleur pressive insupportable, les bourses rouges et chaudes, et le malade se plaignant de frissons continuels, de nausées, de vomissements. La pulsatille doit être donnée comme Vaconit, seulement à des intervalles plus éloignés, quatre fois par jour environ.
Clematis a paru être plus utile encore que la pulsatille; mais, en réalité, c'est un médicament souvent infidèle. On comprendra son inefficacité relative, en se rappelant que la clématite porte son action également sur les deux testicules, tandis que le propre de répididymite blennorrhagique est de n'envahir qu'un côté à la fois. Il ne faudrait pas repousser absolument ce médicament, qui pourrait être utile après pulsatilla, dans le cas où la tumeur resterait douloureuse au toucher et par le mouvement, la peau des bourses étant chaude et rouge, et quand il y a encore de la courbature, des tiraillements dans Faine, des nausées et des vomissements.
Les symptômes inflammatoires ayant cédé sous l'influence* des médicaments précédents, l'épididyme res-
tant seulement engorgé et le siège d'élancements sourds qui s'étendent jusqu^aux cordons spermatiques, spongia tosta compléterait Taclion de la clématite, et nitri acidum serait très-utile ensuite, si le cordon restait engorgé.
Mercurius solubilis serait, au contraire, préféré à clematis, si un épanchement se formait dans la tunique vaginale, et qu'il s'accompagnât de l'inflammation du tissu cellulaire sous-cutané. Dans ce cas, il est trèsnécessaire de donner le sulphur après le solubilis^ lorsque la rougeur des bourses et leur sensibilité ont diminué.
S'il arrivait que l'épanchement eût lieu sans réaction inflammatoire, rhododendron chrysanthum devrait être donné à la place de mercure.
On a recommandé encore nux vomica, quand il existe une douleur spasmodique suivant le trajet du cordon; si l'épididyme est dur, gonflé, élastique, le testicule étant retiré vers l'anneau inguinal; les bourses chaudes, gonflées, sensibles à la pression ; surtout lorsque le gland est le siège d'une sensation de prurit ; qu'il y a de la soif et de la constipation.
Rhus a été indiqué, pour être donné après le mercure, dans le cas d'inflammation profonde du tissu cellulaire sous-scrotal ;
Staphysagria, quand une douleur pressive^ lancinante et brûlante se fait sentir dans le testicule et le cordon ;
Zincum, lorsque le testicule est gonflé et douloureux; indication insuffisante à tous égards.
Quand Torchite devient parenchymateuse,jOM/sa^i7/a et mercurius sont les médicaments les mieux indiqués : on les donne dans l'ordre où je les énumère. Hepar sulphuris succède au mercure^ lorsque Fabcès tend à se former. Silicea remplace le foie de soufre^ quand la tumeur est ouverte,, et que la cicatrisation de la fistule se fait attendre.
Tous ces médicaments doivent être donnés à des dilutions qui varient entre la 18^ et la 30% en globules ou en gouttes^ et à des intervalles d'autant plus rapprochés^ que la marche de la maladie est plus aiguë.
4° Les abcès péri-urétraux prennent naissance lorsque la maladie^, pénétrant en profondeur^ envahit les glandules muqueuses^ et y détermine une inflammation phlegmoneuse. Il n'est pas nécessaire, pour qu'il en soit ainsi, d'avoir affaire à une blennorrhagie trèsintense, ainsi qu'il ressort d'une observation publiée dernièrement par M. le docteur Gouriet (de Niort) (1).
Ce travail morbide, ayant une fois commencé, ne peut guère être arrêté dans son développement; le mieux est donc de le favoriser : on y parvient en donnant hcpar sulphuris, comme je l'ai indiqué tant de fois. Ce médicament a suffi chez un malade traité par le docteur Boyer. Ce malade avait une constitution scrofuleuse des plus marquées ; l'abcès survint à la fin
(1) Voy. Gazette des hôpitaux, n» du 24 avril, 1860. Il s'agit d'un jeune homme de 26 ans, d'une constitution chétive, d'un tempérament lymphatique très-prononcé, et chez lequel il se forma, à la fin du premier septénaire de la maladie, un vaste abcès vers le milieu de la verge. Cet abcès fut ouvert avec la lancette, et 'sa guérison fut rapide.
du second septénaire de la maladie; il fut accompagné d'un gonflement œdémateux considérable du prépuce et de la verge^ gonflement qui disparut dès que Tabcès fut ouvert. Le foie de soufre hâta la formation du puS;, qui fut évacué par une ponction, et après l'expulsion duquel la cicatrisation fut très-rapide, et eut lieu sans Tintervention d'aucun autre médicament.
5° La lymphangite cède à belladona, suivie de pulsatilla. Si les cordons lymphatiques restent durs, après que ces deux médicaments ont épuisé leur action, il faut faire prendre sulphur , qui complète la guérison.
6° Le bubon blennorrhagique réclame surtout le CARBO ANiMALis, qui estalors spécifique, selon Caspari. S'il est insuffisant, pulsatilla, belladona et mercurius doivent le remplacer.
; 7° Prostatite. Pulsatilla est ici le médicament spécifique : en le donnant au début, on évite des accidents graves, c'est-à-dire la rétention d'urine, et la suppuration de la glande. Il faut faire prendre la pulsatille à la i8^ ou à la 24® dilution, et en gouttes, quand on n'a pas à craindre la susceptibilité du malade.
L'état congestif étant diminué, mais non entièrement résolu, thuja, et peut-être aussi phosphorus, achèveraient de ramener la glande à son volume normal.
Si la prostate suppure, mercurius solubilis doit succéder à pulsatilla : on le donne comme cette dernière. Enfin, l'abcès étant formé et reconnu, hepar suLPHURis hâte sa maturation et le fait ouvrir.
Si la suppuration se prolongeait trop longtemps^, pulsatilla, phosphorus et silicea devraient être employés. Il faudrait les donner à des dilutions élevées, 24 à 30^ en globules^ et à des intervalles éloignés, trois fois par jour au plus.
3° Blennorrhagie sèche. — Le premier médicament à prescrire est cannabis, qui aura souvent pour effet d'augmenter Fécoulement, et de mettre en saillie les symptômes ordinaires de la maladie.
SuLPHUR devrait succéder au cannabis^ en raison de ce fait, que la douleur domine Técoulement.
Celui-ci devenant muqueux, ce dont il est possible de s^'assurer par le cathétérisme, natrum muriaticum remplacerait le sulphur.
Les complications de la blennorrhagie sèche seront traitées comme celles de la blennorrhagie avec écoulement.
4° Blennorrhagie urétrale chez la femme. — Elle ne réclame pas d'autres médicaments que ceux de la gonorrhée chez Thomme; comme elle est toujours accompagnée d'une affection semblable de la vulve ou du vagin, cette dernière caractérisera en général le médicament.
5° Blennorrhagie des organes génitaux de la FRMME. — Cette maladie occupe la vulve, le vagin et le col de Tutérus , mais elle ne change ni de nature ni de symptôme en changeant de siège. Il n'est donc pas surprenant de voir les médicaments appropriés à la blennorrhagie urétrale réussir également ici.
Cannabis, sulphur, natrum muriaticum sont les
agents spécifiques; ils suffirent à faire cesser les symptômes inflammatoires. Mercurius solubilis serait également utile, mais seulement après cannabis et sulphur, si la maladie occupait la vulve et quil restât de la rougeur avec un écoulement muco-purulent et beaucoup de douleur pendant l'émission des urines.
Ferrum, mezereum et thuja ont été aussi recommandés : ferrum lorsque Técoulement est devenu blanc, laiteux ou glaireux et abondant, et quand il reste de la sensibilité au clitoris, celui-ci étant gonflé et d^m rouge bleuâtre. Mezereum, recommandé par Attomyr, n'a point d'indications suffisamment précisées, et thuja ne paraît s^'adresser qu'aux femmes affaiblies, lorsque l'écoulement devient moins épais, tout en conservant une nuance verdâtre.
Dès que les symptômes d'acuïté ont disparu, s'il reste des granulations rouges sur la muqueuse vaginale vulvaire ou utérine, petroleum et mezereum sont parfaitement indiqués.
Le mode d'administration des médicaments est le même pour la femme et pour l'homme.
Les ulcères des grandes lèvres se traitent comme ceux de la verge; la lymphangite et les bubons réclament les médicaments qui ont été indiqués plus haut.
6° Blennokrhagie de l'anus.— Elle doit être traitée avec les médicaments qui précèdent.
7° La BLENNORRHAGIE DE LA PITUITAIRE, du CONDUIT
AUDITIF, de la MUQUEUSE BUCCALE n'ofî'reut non plus rien de particulier sous le rapport du traitement.
8° Blennorrhagïe de la conjonctive oculo-pal-
PÉBRALE^ [ophthidmie blennorrhogique primitive). — Le premier médicament à donner^ dès que la maladie commence^ est cannabis. Il faut remployer largement, à la 6^ ou à la 12^ dilution, à la dose de 4 à 3 gouttes dans une potion dont le malade doit prendre une cuillerée à bouche de trois en trois heures au moins. 11 est très-utile de faire bassiner, en même temps, rœil avec une solution composée de 10 gouttes de la 3^ dilution mêlées à 100 grammes d'eau distillée.
Le cannabis arrête la marche de l'inflammation, rend la sécrétion plus muqueuse. Sulphur doit alors être prescrit, à l'intérieur seulement, à la 18^ ou à la 24^ dilution, en gouttes ou en globules, la dose étant répétée toutes les trois ou quatre heures.
Si la maladie est déjà avancée lorsqu'on commence le traitement, que le gonflement des paupières soit considérable, la suppuration abondante, le chémosis charnu, il faut encore débuter par cannabis^ et lui faire succéder immédiatement lycopodium, donné à Tintérieur, à la 24f^ ou à la 30^ dilution, tandis qu'on l'emploie à l'extérieur à la 9^ Sulphur devrait encore succéder au lycopode.
Tussilago petasites a paru réussir également ; il fut donné dans un cas d'ophthalmie, après que tartarus emeticus eut rappelé l'écoulement urétral, qui s'était supprimé.
Le docteur Riickert, auquel nous devons cette première indication, a réuni quelques cas d'ophthalmie
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blennorrhagique guérie par china. nin\ ac, pulsatilla, tartarus emeticus.
China réussit dans un cas de blennorrhée de la conjonctive, alors que le danger était passé. Pulsatilla et to.rtarus emeticus s'adressèrent à des ophthalmies appelées métastatiques; et non à celles qui auraient été produites par le dépôt direct du muco-pus sur les paupières. Ils réussirent en ramenant l'écoulement.
NiTRi ACiDUM se rapporte au contraire à Tophtlialmie blennorrhagique la plus aiguë. Il conviendrait lorsque la muqueuse a une teinte livide^ qu'il existe de vives douleurs dans le globe oculaire, la cornée étant trouble, la photophobie extrême, Técoulement purulent et jaune, les joues gonflées et excoriées par le contact du pus, surtout s'il existe une forte douleur de brûlure, qui augmente la nuit.
L'acide nitrique doit être administré comme le cannabis et le lycopodium, à l'intérieur et à l'extérieur.
La maladie étant ramenée à l'état d'une simple blennorrhée, sulphur et colcarea carbonica suffisent à la guérir. On les donne à la 30^ dilution et en globules.
9° Écoulements urétraux non blennorrhagiques. — lime reste peu de choses à dire à leur sujet,
1° Les écoulements dus au virus syphilitique doivent être traités comme la syphilis primitive. (V. p. 330.)
2° La thérapeutique des écoulements sycosiques sera indiquée dans le chapitre suivant. "
3° Les écoulements psoriques, qui sont l'effet de la
localisation d'une dermatose sur la muqueuse urétrale, doivent être traités avec les médicaments qui s'adressent à cette dermatose elle-même. Il ne peut entrer dans le plan de ce travail de les indiquer.
4° Je ferai la même remarque relativement aux écoulements scrofuieux, qui se rapprochent cependant davantage de la blennorrhagie, puisqu'ils sont souvent un effet héréditaire de cette diathèse.
Sulphur, caicarea carbonica, et ipecacuanha pour le suintement urétral des jeunes enfants, sont les seules substances que j'indiquerai.