L. SIMON
14; ans auparavant, par Lisfranc, d'une glande au sein gauche, pour laquelle elle avait subi l'amputation de cet organe. Il n'y avait pas eu de récidive.
Cette femrne se plaignait, lorsque je la vis, d'une leucorrhée muqueuse, très-abondante, souvent sanguinolente ; la ménopause était terminée pour cette malade depuis six ans.
Je reconnus au toucher, que le vagin était rempli par un polype très-long, dont la grosse extrémité était tournée vers la vulve, et dont le pédicule, qui avait la grosseur du petit doigt, s'insérait sur la lèvre antérieure du museau de tanche.
15 mars. — Je donnai d'abord sulphur, 30% 5 globules dans 120 grammes d'eau, une cuillerée tous les matins.
Au bout de huit jours, rien n'était changé, la leucorrhée seule était moindre.
22 mars. — Thuja, 24% 6 globules, pris comme sulphur.
27 mars. — Le polype a diminué, il est plus flasque^ moins rouge, semble flétri.
Thuja, 30% 6 globules, ut suprà.
Lorsque la malade revint, au bout de huit jours, le polype était tombé spontanément et cette femme nous l'apportait. Il fut constaté, à l'aide du spéculum, qu'il existait à la place du point d'insertion une tache rouge, nettement circonscrite, qui disparut en trois semaines, sans autre médicament.
Cette, femme a souvent depuis eu recours à mes soins; il n'y a jamais eu de récidive.
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Cest dans ce cas surtout, que Fon songera à invoquer la coïncidence. M. Cruveilhier n a-t-il pas reconnu que les polypes pouvaient tomber spontanément par étranglement de leur pédicule? Ceci est vrai. Je ferai observer seulement que rien ici ne pouvait étrangler la partie la plus mince de ce polype, que cette excroissance était parfaitement adhérente au museau de tanche, quand la malade fut examinée pour la première fois ; que lors du second examen, au con» traire,, le polype fut trouvé flétri, et qu'il fallut insister encore pour amener sa chute spontanée.
Il n'est pas possible, évidemment, de nier la guérison de quelques polypes par les seules ressources de la force vitale; mais c'est là une exception; exception tellement rare, que M. Velpeau n'a pu en citer que trois exemples puisés dans une des plus vastes pratiques chirurgicales qui fût jamais (1).
Malgré cela, ces faits ont une grande importance, car ils nous autorisent à faire intervenir la médecine dans le traitement des fibrophytes, et cela dans le but d'obtenir artificiellement et d'une manière constante, un résultat auquel la force vitale arrive à elle seule, mais d'une manière tout exceptionnelle.
Il importe donc de connaître toutes les ressources dont il nous est possible de disposer. Celles qui ont été indiquées par M. de Bœnninghausen (2), Jahr (3), Hir-
(1) Voy. Gazette des hôpitaux, n" du 17 mars 1860: De la curabilité spontanée de quelques polypes utérins.
(2) Manuel de thérap., p. 103.
(o) Traitement homœop.des mal, de /a;9eaw.Paris,l860,p.28O.
schel (1), comprennent; en outre des substances dont il a été question plus haut, ambra, antim. crud., aurum, belladona, dont FefFet se borne à diminuer Tétat congestif du polype, conium qui s'adresse surtout aux fibrophytes d'apparence carcinomateuse, graphites, utile seulement quand il y a une complication psorique ; hepar, lorsque la tumeur s'enflamme ; lycopodium, si elle est blanche, lisse d'apparence verruqueuse; mercurius solubilis, quand elle est enflammée et qu'elle sécrète une grande quantité de matières acres et purulentes, mezereum, natr. muriaticum, nitr. acid., quand la tumeur est mamelonnée ; enfin petroleum, phos. acidum, puhatilla, sepîa, sulphuris acidum.
Les indications de chacune de ces substances ont grand besoin d'être précisées. Comme c'est le plus souvent à l'aide des symptômes accessoires qu'on arrive à les reconnaître, il est impossible de rien dire de plus à leur égard.
J'ajouterai seulement que sabina et crocus sativus sont les médicaments les plus utiles pour modérer les métrorrhagies auxquelles les polypes utérins donnent souvent naissance.
Tous ces médicaments, à l'exception des deux derniers qui s'adressent surtout à un accident, doivent être prescrits à des dilutions élevées, en globules, à sec ou dissous dans une potion. La répétition des doses doit toujours avoir lieu à 12 ou 24i heures d'intervalle; lorsque l'amélioration s'est prononcée, il ne faut pas répéter le médicament tant qu'elle continue.
(l) Guide du méd. homœopathe, p. 151 et 314.
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Si elle s'arrête, il faut ou donner de nouveau le même médicament^ ou en chercher un autre.
Sabina et crocus sativus, étant destinés à conjurer un accident redoutable^ doivent être prescrits à la 12® ou à la 6® dilution^ dans une potion dont le malade prend une cuillerée toutes les 4 ou toutes les 6 heures.