DE LA CURIOSITÉ
La curiosité est le besoin que nous éprouvons d'alimenter notre intelligence et d'exercer notre activité cérébrale.
Ce besoin se fait sentir après la naissance, dès que le cerveau est en état de fonctionner régulièrement. L'enfant veut agir et agir beaucoup : il est sollicité au mouvement par la puissance vitale qui tend ainsi au développement de 1 organisme. Il veut également toucher et voir toute chose; il est questionneur, avide de récits et de spectacles.
Non-seulement les impressions extérieures entretiennent en lui ce désir, mais il cherche spontanément ce qui peut le satisfaire. Il est sollicité à connaître, comme il est sollicité à agir.
Le besoin de connaître , qui se manifeste quelquefois indépendamment de toute excitation étrangère, suppose une stimulation interne communiquée
au cerveau, et partant une force motrice , source de l'intellect et de la volonté.
La curiosité est donc une des manifestations les plus évidentes du principe intelligent et actif, comme aussi elle doit nous prouver que nous ne participons à cet élément supérieur qu'en raison de nos dispositions organiques.
Effectivement, le degré de cusiosité et sa nature sont toujours relatifs au développement de l'encéphale, à sa constitution, à son activité.
Tous les enfants ne sont pas également curieux , et leur curiosité a des tendances diverses.
Il en est de même des hommes, qui sont plus ou moins avides d'instruction, et qui, en dehors même des influences de l'éducation, recherchent plus particulièrement tel ou tel genre de connaissances.
Que devons-nous en conclure?
Que la stimulation interne porte sur des cerveaux différemment constitués, différemment impressionnables, et qui ne sont pas également appropriés aux diverses branches des connaissances humaines.
Nous ne répondons aux stimulations de l'élément supérieur qu'en vertu de notre constitution cérébrale, ou plutôt l'élément supérieur ne produit
en nous son effet que selon la constitution du cerveau.
C'est donc cette constitution qui nous initie à la vie intellectuelle y et partant à la vie morale, puisqu'il n'y a pas de moralité sans connaissance du vrai et du faux, du bien et du mal.
Il nous reste à examiner si nos dispositions au bien et nos inclinations au mal ne tiennent point à la même cause, ou, en d'autres termes, si notre force morale n'est pas graduée d'une certaine manière par l'organisation.