‹ Des manifestations de la vie et de l'intelligence à l'aide de l'organisation;Chapitre 9 sur 35 · MÉMOIRE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE

La mémoire est la faculté que nous avons de reproduire par l'intermédiaire du cerveau , des sensations antérieurement perçues, des idées de rapport, des raisonnements, des jugements.

Pour que nous nous rappelions ces choses, il est nécessaire que nous renouvelions le mode d'excitation cérébrale à l'aide duquel elles sont entrées dans notre domaine intellectuel, et si ce mode d'excitation ne peut pas être rapporté à une perception actuelle, il faut bien l'attribuer à cet élément supérieur qui meut le cerveau, et dont nous avons déjà reconnu la présence dans le phénomène de l'attention.

11 est certain que lorsque nous voulons nous rappeler un objet, un discours, nous cherchons à re-

nouveler dans notre cerveau l'impression produite par ce discours, par cet objet.

Et dans ce cas, qui est-ce qui cherche , si ce n'est le principe volontaire? Qui met le cerveau en mouvement , lorsque tout se tait autour de nous et que rien de semblable à ce que nous cherchons ne frappe nos regards? Qui provoque l'acte cérébral, si ce n'est le principe actif et intelligent?

Il se montre donc encore à nous , ce principe , dans le phénomène de la mémoire; mais ici, comme ailleurs, il ne peut produire son effet qu'à l'aide de certaines conditions organiques.

Nous ne nous souvenons nullement de ce qui se passe en nous pendant la vie intra-utérine, pendant la première enfance, pendant le sommeil parfait, pendant la syncope, pendant le délire de la fièvre, pas plus que dans l'état d'ivresse ou d'apoplexie. Le phénomène de la mémoire ne peut avoir lieu que lorsque nous avons conscience de nousmême, et nous n'avons conscience de nous-même que lorsque le cerveau est parvenu à un degré convenable de développement, qu il est dans l'état de veille, en rapport par les sens avec le monde extérieur, et de plus exempt de toute perturbation grave.

La mémoire baisse chez les vieillards parce que le cerveau ne leur transmet plus que des impressions affaiblies; elle se perd entièrement si la sensibilité sensoriale s'éteint.

C'est par la raison contraire que cette faculté est si active dans la jeunesse.

Tous les hommes ne la possèdent pas au même degré, et le même individu ne peut pas l'exercer avec un égal succès pour toutes choses.

Ainsi y j'ai la mémoire des idées et nullement celle des dénominations arbitraires par lesquelles on désigne les individus.

Tel a la mémoire des sons qui n'a pas celle des lieux; un autre aura celle des dates et non celle des idées.

La volonté de rappeler ces souvenirs effacés est la même chez tous ; si les résultats sont dissemblables, il ne faut en chercher la cause que dans la condition organique à l'aide de laquelle le souvenir doit être reproduit.

Ainsi , la fécondité de la mémoire en général , ses divers modes , son existence même dépendent pour nous de l'organisation.

Nous allons examiner si le besoin de connaître

qui nous tourmente tous, plus ou moins, n'est pas soumis à la même loi.

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