CHAPITRE PREMIER
Le mouvement suppose la vie; Yordre suppose Y intelligence. La vie et Yintelligence sont donc répandues partout dans l'univers, car il y a partout ordre et mouvement.
Je ne puis m'empêcher de reconnaître une œuvre d'art dans la plus simple des productions de la nature, puisque j'y trouve des proportions régulières et des parties liées entre elles et appropriées à une fin.
Il est vrai que ces proportions sont déterminées
par des lois constantes, mais ces lois elles-mêmes sont une manifestation d'intelligence, car toute loi implique prévision, combinaison, but.
L'accomplissement de la loi exige aussi l'intervention d'une puissance vivante qui se sert d'éléments matériels pour obtenir l'effet qu'elle veut produire.
Ce qui détermine dans l'univers des mouvements calculés est aussi ce qui détermine l'accord des parties, leurs formes diverses, l'harmonie de l'ensemble. Conséquemment, cette cause est à la fois vivante et intelligente, intelligente et vivante.
La puissance vitale ne peut s'exercer que par des organes.
On ne saurait donc séparer les éléments organiques ou physiques de la puissance qui les combine. Le monde est inséparable de son principe, quoiqu'il nous offre des parties distinctes les unes des autres.
L'organe étant un instrument approprié à une fin, manifeste toujours une intention.
Ce support matériel, nécessaire à la mise en scène de la vie, est donc un produit de l'intelligence. Par conséquent, l'intelligence est nécessaire aux mani-
festations de la vie aussi bien que l'élément matériel.
Le sensible rentre dans l'idéal, et l'idéal est lié au sensible.
Toute forme extérieure n'est qu'une idée phénoménalisée.
Donc l'idéal est la racine de tout, le principe