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PARTICIPATION DES ÊTRES A L'INTELLIGENCE ET A LA VIE

Tout ce qui est participe plus ou moins à l'intelligence et à la vie.

Cette participation s'accomplit sous deux modes : passivement ou activement. Elle peut même être à la fois passive et active chez le même sujet, passive sous certains rapports et active sous d'autres.

Une explication est ici nécessaire.

Nous reconnaissons dans la nature des mouvements communiqués et des mouvements spontanés. Nous devons reconnaître aussi des idées spontanées et des idées communiquées ou à l'état d'empreinte.

Les êtres inorganiques nous présentent l'idée à l'état d'empreinte et le mouvement communiqué.

Les premiers signes de vie individuelle et de spontanéité se montrent avec les premières traces d'organisation.

A mesure que l'organisation devient plus parfaite, l'activité propre, la spontanéité, l'intelligence individuelle se manifestent de plus en plus.

Mais la formation primordiale de ces individualités, leur classification en espèces et en genres, leur conservation , leur reproduction requièrent évidemment l'intervention d'une cause générale intelligente et vivante.

Les éléments matériels qui servent à la composition des corps inorganiques ne sont que des moyens inertes à l'aide desquels la puissance intelligente réalise certaines idées.

Il en est de même des générateurs qui appartiennent au monde organique : ils sont encore des instruments aveugles sous la domination de l'intelligence souveraine qui opère par eux la reproduction des individus de leur espèce, sans qu'ils connaissent les secrets de cette reproduction.

Assurément, l'animation du germe, la détermination de la forme et du sexe dans le sein maternel, l'assimilation des aliments, les évolutions du fœtus au terme de la gestation , et le travail organique qui lui donne issue, sont des effets de la plus haute raison, et néanmoins la volonté des générateurs est étrangère à ces phénomènes.

Nous sommes donc forcés de les rapporter à la cause générale que nous trouvons partout présente et partout agissante,

C'est encore à elle qu'il faut rapporter les actes vitaux et les mouvements instinctifs dont nous n'avons point conscience, bien qu'ils soient éminemment rationnels.

Par exemple , le mouvement des muscles soustraits à l'empire de la volonté; les contractions du cœur et celles des vaisseaux; l'abaissement de l'épiglotte et le redressement de la luette dans le phénomène de la déglutition; ce phénomène luimême; la vivification des matières alimentaires dans l'estomac; l'élaboration du chyle; l'absorption de cette liqueur par les vaisseaux lactés ; le mouvement péristaltique des intestins suivant le temps et les degrés de la digestion ; l'assi-

milation ou le triage des éléments du sang pour la nutrition de chaque organe en particulier; les sécrétions et les excrétions de diverse nature; la formation du calus et des cicatrices dans la guérison des fractures et des plaies ; enfin, les sympathies qui unissent les organes entre lesquels il n'existe pas de rapports directs, comme cela s'observe à l'égard de la matrice et des glandes mammaires ; l'action d'un homme qui , dans une chute rapide , porte machinalement et sans réflexion les mains en avant pour atténuer le choc; l'action de l'enfant nouveauné qui cherche le sein de sa nourrice avant d'avoir aucune idée ; et tous les instincts, toutes les industries des animaux inférieurs qui supposeraient en eux une intelligence plus élevée que celle des animaux de premier ordre; tous ces phénomènes ne peuvent être attribués qu'à la cause plastique de l'univers, espèce d'atmosphère intellectuelle et vivante qui enveloppe tout, qui agit sur tout, qui anime tout.

Les animaux, sous plusieurs rapports, sont aussi étrangers au maintien de leur être qu'ils l'ont été à sa formation.

L'illustre Stahl voyait bien que les actes vitaux

dirigés vers un but déterminé, et les phénomènes de l'instinct, qui supposent une si haute sagesse, étaient dus à un principe intelligent, mais il se trompait en attribuant ces actes et ces phénomènes à l'âme individuelle, qui n'en a point conscience et dont la portée ne saurait aller jusque-là.

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