‹ Des manifestations de la vie et de l'intelligence à l'aide de l'organisation;Chapitre 4 sur 35 · DE L'ACTIVITÉ PROPRE ET DE L'INDIVIDUALITÉ INTELLECTUELLE · texte numérisé non relu

DE L'ACTIVITÉ PROPRE ET DE L'INDIVIDUALITÉ INTELLECTUELLE

La nature se reflète dans ses créations en formant des unités multiples.

Chacune de ces unités représente, selon sa mesure, Yunité générale. C'est toujours une réunion d'organes concourant à une fin commune.

Les effets sont différents selon le mode d'association des parties. A telle ou telle combinaison est attachée telle ou telle qualité.

Tout être créé, étant une combinaison particulière, possède des qualités qui lui sont propres et qui le distinguent de F universalité.

Il est vrai que l'on ne peut rien concevoir en dehors

de l'infini, et que YÊtre absolu ne saurait produire une substance qui lui soit étrangère, car alors il ferait quelque chose de plus que lui , quelque chose de plus que l'infini, ce qui est contradictoire et absurde; mais en limitant la substance, en lui assignant des bornes particulières, il crée des individualités qui, en vertu de leur constitution spéciale, jouissent aussi de facultés spéciales, et sont capables de remplir des fonctions que des êtres, autrement conformés, ne sauraient exécuter.

L'organisation rend les êtres qui en sont doués plus ou moins accessibles aux forces générales de la nature, en même temps qu'elle leur donne une puissance de réaction qui en modifie les effets.

La différence d'organisation porte avec elle une réceptivité différente , une force propre.

Il en résulte un tout particulier qui se distingue du tout général.

La correspondance aux impressions varie selon le mode d'association des parties.

A telle organisation est attachée telle susceptibilité.

Plus la susceptibilité augmente, plus les rapports sont étendus, plus l'organisation est parfaite.

V activité propre de la créature dépend donc :

1° De sa capacité à recevoir l'afflux des puissances de la nature;

2° De son aptitude à répondre aux impressions internes et externes.

Les facultés qui différencient les êtres organisés tiennent à ces deux qualités fondamentales, et l'extension de ces deux qualités tient au développement de l'organisation.

L'individualité organique commence avec le règne végétal.

C'est par la contractilité des tissus que les végétaux entrent en participation active du principe animateur.

La contractilité est donc pour les créatures la première condition d'activité propre : cette activité, dans le règne végétal, ne se rapporte encore qu'aux fonctions de la vie nutritive et de la reproduction qui est la nutrition de l'espèce; elle est aussi restreinte que possible; concentrée dans l'intérieur du végétal , elle le laisse adhérent au sol, et ne lui donne prise que sur des éléments grossiers.

Pour trouver une activité plus grande, il faut atteindre une classe d'êtres doués d'une contrac-

tilité de tissus plus exquise : ce surcroît d'activité a mérité aux êtres qui en jouissent le nom iïêtres animés.

Au plus bas degré de ïanimalité, les individus ne semblent constitués que par une fibre extrêmement contractile, qui leur donne une mobilité toute particulière, tels sont lesinfusoires.

Nous trouvons une organisation plus développée chez le polype, mais les tissus qui constituent cet animal inférieur sont encore homogènes. 11 n'est, dans son ensemble, qu'un tube alimentaire doué d'une mobilité secondaire.

Bientôt, les formes changent; le mécanisme de l'organisation se complique. Nous observons des organes internes destinés à l'entretien de la vie nutritive, et d'autres organes destinés à mettre l'animal en communication avec le monde extérieur. Nous découvrons au nombre de ses tissus constituants des fibres de structure nouvelle, espèces de filaments blanchâtres qui ont pour point de départ des centres ganglionnaires de même nature, et qui de là s'irradient dans toute lé *onomie : ce sont les premiers rudiments du système nerveux.

A la présence et à l'intégrité de cet élément nouveau est attaché un mode de susceptibilité particulière que nous, nommons sensibilité.

La sensibilité est la faculté de recevoir des impressions et d'y correspondre, c'est-à-dire d'agir en conséquence.

Le système nerveux, selon le degré de son extension , rend l'animal plus ou moins participant du principe animateur et intelligent.

Chez les animaux où ce système correspond d'une manière presque exclusive aux organes de la vie végétative , toute la sensibilité se rapporte aux fonctions de nutrition; mais dès que nous apercevons un centre nerveux qui domine les organes de la nutrition, nous découvrons en même temps une sensibilité nouvelle , une nouvelle vie.

11 y a plus de spontanéité dans les mouvements de l'animal; il est soumis d'une manière moins fatale aux agents extérieurs ; il réagit sur les impressions avec quelque indépendance; il jouit d'un commencement de liberté.

A mesure que le centre nerveux dont nous parlons s'accroît et se perfectionne dans son ensemble et ses parties , ses moyens de communication avec

le monde extérieur se multiplient aussi et se perfectionnent; les organes des sens sont plus nombreux et plus subtils : le goût, l'odorat, la vue, l'ouïe, le toucher sont dévolus à l'animal; il acquiert ainsi la faculté d'apprécier les qualités des corps environnants; il se montre capable de choix , de préférence, d'attachement.

En cet état de choses, les sensations se rapportent au centre nerveux supérieur, que nous nommons cerveau, et du cerveau partent des volitions, des déterminations, des témoignages d'intelligence que l'animal exprime par les sons qu'il tire de luimême , par ses gestes , par ses regards , par tous ses actes.

Ces signes d'activité propre et d'intelligence sont constamment en rapport avec le développement du système nerveux depuis 1 insecte jusqu'à l'homme.

Et pour l'homme , comme pour les autres animaux, le cerveau est la condition absolue, exclusive de T individualité intellectuelle. C'est ce que nous allons examiner.

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