‹ Des Manifestations Gastriques, Intestinales et Gastro-Intestinales Du PaludismeChapitre 20 sur 25 · EN · texte numérisé non relu

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C’est d’abord à l’état larvé : elle est alors apyrétique, intermittente, périodique, quelquefois chronique et justiciable du traitement quinique.

M. Moursou en a relaté un exemple dans ses recherches sur l'asphyxie locale des extrémités. IL est emprunté à la thèse de M. Bréhier (Paris, 1874), sur la même affection. Cette dysenterie a coïncidé avec l’asphyxie locale des extrémités et de la congestion pulmonaire; et, dans ses conclusions, M. Moursou a admis pour l'expliquer une congestion intestinale similaire de l’asphyxie corrélative.

Voici, prise au point où elle nous intéresse, cette observation et les réflexions qui la suivent :

« P..., lieutenant de vaisseau...

» L’asphyxie s'étend ensuite au nez et un nouveau symptôme se montre à deux reprises différentes et à quinze jours d'intervalle, c’est l'apparition « de diarrhée avec garde-robes sanguinolentes sans trace de mucosités et sans hémorrhoïdes ». La première fois, ce symptôme dure un jour; la deuxième fois, les selles ont pendant trois jours « l’aspect de melæœna ». Pendant ce temps,les symptômes thoraciques sont toujours au même degré. Quelques crachats sanglants ont lieu. Enfin ce malade s'éteint, par suite de sa lésion pulmonaire et de son asphyxie locale, dans un état de faiblesse extrême... ».

« M. le médecin en chef Lauvergne, dans le service duquel était ce malade, n'hésita pas à envisager ces complications pulmonaire et intestinale à un point de vue encore plus saisissant, par rapport à l’asphyxie locale. Elles lui parurent si intimement liées aux phénomènes d’asphyxie cutanée, qu'il ne craignit pas de faire pour le poumon et pour l'intestin ce que M. Raynaud avait fait pour l'œil. IL créa l’asphyxie locale de ces deux organes. Malheureusement, l'emploi de la quinine et des courants continus descendants n'avait pas encore été trouvé par le professeur de Paris, car il est à présumer que ces moyens auraient également réussi chez ce malade... ».

Coste, dans son rapport du premier trimestre 1879 sur la clinique de l'hôpital militaire de Saint-Pierre (Martinique), relate un cas de dysenterie larvée, également très intéressant par sa coexistence avec une autre manifestation larvée, et sa disparition en même temps que celle-ci sous l'influence de la quinine.

« Il s’agit, écrit-il, d’un gendarme entré à l'hôpital le 2 mars, atteint depuis quatre jours de dysenterie et d’un hoquet opiniâtre. L’éther, le laudanum, le bromure de potassium, le chloral, le vésicatoire morphiné au creux épigastrique ne le modifièrent en rien. Cette coïncidence du hoquet avec la dysenterie commençait à me faire penser à une affection de la partie convexe du foie que la percussion ne me dévoilait pas, lorsque le 10 mars, saisissant un moment où le hoquet venait de cesser (rémission) j’administrai au gendarme un gramme de sulfate de quinine en solution. J'ai continué ce sel diminuendo jusqu'au 18 où ce militaire fut mis exeat. Le hoquet n’a plus reparu depuis l'administration du sel quinique et la dysenterie guéris-

sait en même temps sans autre médicament ».

Voici encore deux observations de dysenterie larvée et chronique guéries par la quinine, après inefficacité de tous les: moyens ordinairement employés contre cette affection. Elles ont été recueillies à l'hôpital de Saint-Pierre (Martinique) par M. le docteur Clarac, médecin de première classe.

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