‹ Des Manifestations Gastriques, Intestinales et Gastro-Intestinales Du PaludismeChapitre 5 sur 25 · OU VUS L'ONN TT · texte numérisé non relu

OU VUS L'ONN TT

FTAX

« M. Thibaut, chirurgien principal de Ja Junon, en station sur les côtes occidentales d'Afrique de 1861-1863, y a observé de nombreux cas de coliques saturnines à la présence fréquente desquelles à bord des navires il croit fortement ; mais a néanmoins déclaré que d’autres cas ont été fournis par des hommes profondément anémiés par des récidives nombreuses de fièvre d'accès, à la suite d’un long séjour à la côte d'Afrique. Ils ne furent accompagnés, comme les premiers, ni de la présence du liseré bleu des gencives, ni des accidents nerveux, complications habituelles des maladies de plomb. Quelques-uns eurent une très courte durée. Il les a qualifiés de simples entéralgies ou coliques nerveuses de nature rhumatismale, ou autre, survenant fréquemment chez les sujets atteints de cachexie palustre, ne

méritant même pas le nom de maladie... » (Lefèvre, in nouv. doc.).

Une distinction identique a été faite à Cayenne par M. Chéron, en Cochinchine par M. d'Ormay, au Gabonenfin par M. Griffon du Bellay.

« Les névropathies, écrit Griffon du Bellay, sont les accidents que la cachexie entraine le plus souvent après elle au Gabon, J’en ai observé une grande variété, surtout pendant les premiers mois de 1862, époque où se trouvaient réunis à bord de la caravane un grand nombre d’anémiques provenant des rivières du Gabon, d’autres du Grand Bassam, d’autres enfin, en plus grand nombre, des deux navires à vapeur la Zelée et l'Arabe affectés alors à l'immigration du Congo.

» Les gastralgies et par suite les dyspepsies rendaient l'alimentation d’autant plus difficile que nos ressources étaient très bornées.

» Un chauffeur du Pionnier, le novice Kéruel, « à peine guéri d'une fièvre intermittente grave qui n’était pas la première, resta pendant près d’une semaine sous l’étreinte d’une colique nerveuse qu'il me paraît bien difficile de rattacher à un empoisonnement. Elle avait été contractée à l'hôpital même »...…. « Cet homme était à l'hôpital depuis une huitaine de jours (janvier 62) atteint de fièvre intermittente, quand il fut pris de coliques sèches qui durèrent 7 jours. Il n'avait pas de liseré gengival, il était anémié, mais pas outre mesure par l'influence paludéenne. Ce cas, qui a élé assez

violent, est resté isolé tant à bord du Pionnier d'où provenait le malade

qu'à bord de la Caravane où la maladie avait éclaté. Il n'a laissé aucune

lésion consécutive. Je n’avais pas les moyens d’investigations nécessaires

pour constater s’il yavait ou non intoxication saturnine, mais je ne le crois

pas. ; » Je crois que beaucoup de cas de ce genre ont dû être comptés, comme

colique sèche à la côte d'Afrique. IL n’est certainement pas nécessaire de faire intervenir l'influence saturnine pour expliquer leur production, mais il n’est pas nécessaire non plus d’en faire une affection spéciale, du nom de

colique sèche ».

Finalement, résumant son opinion sur la nature de l’ « anémie et de son cortège de névropathies », l’auteur ajoute :

« Ils sont produits par l'influence combinée de l’impaludation, de la débilitation qui résulte d'un climat constamment chaud et humide et enfin par

l'influence d’une nourriture qui est défectueuse par sa monotonie ».

Lefèvre, nous l’avons vu, s'est prononcé formellement sur la distinction établie par les auteurs dont les noms précèdent.

« Parmi les observations consignées dans ce mémoire, dit-il, plusieurs établissent une distinction entre les gastralgies, les entéralgies et la prétendue colique sèche. Cette distinction, faite à Cayenne par M. Chéron; au Sénégal par MM. Thibaut et Griffon du Bellay; en Cochinchine par M. d'Ormay, doit être conservée. »

Cet aveu du maître a sa valeur, je pense. Aussi aï-je été trés étonné de trouver noté dans le travail de M. Moursou (loc. cit.), comme cas de saturnisme compliqué de paludisme, l'observation du nommé Kéruel... relatée par Griffon du Bellay.

« Il est évident, écrit M. Moursou, que …. l’intoxication saturnine, bien que latente, a déterminé, en additionnant ses effets à ceux du poison paludéen, l’apparition des accès de fièvre... Puis ces accès traités par la quinine ont laissé l’organisme débilité en présence de limprégnation saturnine qui à

à Pa

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