‹ Des manuscrits de Buffon: avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateurs (volume 2)Chapitre 11 sur 60 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

« les jansénistes, dont le gazetier m'a attaqué aussi « vivement, mais un peu moins malhonnêtement qu^ii « n'a fait le président Montesquieu. Il a répondu par « une brochure assez épaisse et du meilleur ton. Sa <( réponse a parfaitement réussi. Malgré cet exemple, « je crois que j'agirai différemment et que je ne ré- (c pondrai pas un seul mot. Chacun a sa délicatesse « d'amour-propre : la mienne va jusqu'à croire que de « certaines gens ne peuvent pas même m' offenser,...

« Nous avons reçu à l'Académie M. de Malesherbes* « à la place de M. le duc d'Aiguillon, qui est mort « il y a six semaines. Je reçois souvent des nouvelles a de Maupertuis, et j'ai envie de lui faire vos com- « pliments.

« On donnera après Pâques une pièce de Marmon- « tel, Cléopâtre; quelques gens en disent beaucoup « de bien. Amfomèna" est tombé à l'impression. Nous « aurons aussi, à ce qu'on prétend, Rome sauvée de « Voltaire ; il dit dans le monde que madame la duf< chessedu Maine a exigé qu'il la donnât au public... « N'ouWiez-pas, dit Buffon en terminant cette lettre, « de gagner le grand jubilé pour vous et vos amis. »

Aux critiques, aux réfutations, aux pamphlets, Buffon n'opposait que le silence. Les querelles que la Sorbonne tenta de lui susciter s'évanouirent de-

* A r Académie des sciences.

* Autre tragédie de Marmontol.

DE BUFFON xxxi

vant le bon sens qu'il mettait à toutes choses : a Je « vous suis très-sensiblement obligé, » écrit-il à son confident habituel *, « des services que vous m'avez « rendus au sujet de mon livre. J'ai pris la liberté « d'en écrire à M, le duc de Nivernais", qui m'a réa pondu de la manière du monde la plus polie et la a plus obligeante. J'espère donc qu'il ne sera pas « mis à Yindex^ et, en vérité, j'ai tout fait pour ne « pas le mériter, et pour éviter les tracasseries théo- « logiques que je crains beaucoup plus que les critia ques des physiciens et des géomètres. La troisième « édition de cet ouvrage vient de 'paraître et se déa bite avec autant de rapidité que la première et la (c seconde. »

Comme preuve de ses dispositions pacifiques, il ajoute : « Je partage avec vous la satisfaction « que vous avez eue de voir vos ouvrages goûtés « par tout ce que nous avons de plus respec- « table dans l'Eglise, et je suis charmé que vous a les ayez présentés à Sa Sainteté, et que vous « ayez eu son approbation. J'ai fait voir cet ar- « ticle de votre lettre à quelques personnes, et j'ima- « gine qu'à votre retour vous obtiendrez le privilège « que vous demandez et qu'il est en effet très- « injuste de vous refuser. Le P. Jacquier' est un

1 Montbard, 23 juin 1750.

' Alors ambassadeur auprès du Saint-Sicge.

^Jacquier (le Père François) né à Vitry-le-Français, le 7 juin 4711.

Page 1