XXXII INTRODUCTION
« homme d'un grand mérite, et je suis charmé que « vous soyez de ses amis. Je vous serai bien obligé « si vous voulez Tassurer que personne ne peut Tes- « timer et Thonorer plus que je le fais. Dans la dis- « pute que j'eus, il y a plus de deux ans, avec Clairaut « au sujet du mouvement de l'apogée de la lune, je « défendis Newton et ses commentateurs ; mais Clai- « raut s' étant depuis rétracté et ayant supprimé les « parties de son mémoire qui attaquaient directement « les commentateurs , j'ai été obligé de supprimer « aussi tout ce que j'avais écrit pour maintenir cette « théorie, et il n'y a d'imprimé dans le volume de « 1745 que ce qui regarde en général la loi de l'atc< traction. Je vous écris ceci pour que le révérend « père Jacquier voie que je désire beaucoup une c( part dans son amitié.
« J'écrirai au premier jour à Maupertuis, et je tâ- « cherai de lui proposer d'une manière efficace les « choses que vous souhaitez. Au reste, je ne vous « réponds de rien. Maupertuis est en effet un hon- « néte homme ; mais il se grippe quelquefois, et je « ne sais s'il n'est pas toujours piqué. Quoi qu'il en a soit, je lui écrirai, et lui écrirai pre^samment, sur- « tout pour que vous soyez de l'Académie*.
« Je retourne à Paris dans trois semaines. Je suis
L'un des commentateurs de Newton ; professeur de physique expcrinienlale au collège romain, 1746. Mort à Rome le 3 juillet 4788. * De Berlin.
DE BUFFON. xxxiii
« venu passer ici le temps du voyage de Compiègne. « On vous aura peut-être écrit que Voltaire fait jouer « chez lui toutes les pièces que les comédiens ont c< refusées. J'entends faire à quelques-uns des éloges a de sa Rome sauvée; Tabbé Sallier*, qui Ta vu rea présenter, m'en a dit du bien. Vous avez bien fait « de lui écrire ; il m'a demandé souvent de vos nonce velles. Madame Dupré m'a aussi chargé de vous <x dire bien des choses de sapait. J'ai souvent parlé « de vous chez elle et chez M. Trudaine ", et il ne « m'a pas paru qu'ils aient, comme vous vous le « persuadiez, changé de manière de penser sur votre « sujet. OubUez, mon cher ami, les chagrins que « vous avez eus, les autres ont déjà oublié les ca- « lomnies qui les ont occasionnés. »
« Maupertuis, dit-il dans une autre lettre', me « marque que Voltaire doit rester en Prusse, et que c< c'est une grande acquisition pour un roi qui a (' autant de talent et de goût. Je crois que la prc- « sence de Voltaire plaira moins à Maupertuis qu'à a tout autre. Ces deux hommes ne sont pas faits pour c< demeurer ensemble dans la même chambre. ....
« Les affaires du clergé font toujours grand bruit ; (( tous les honnêtes gens admirent la bonté du roi,
' Sallier [Claude], philologue, né en 1685. Membre de rAcadémic des inscriptions, prefesseur d'hébreu au collège royal. Mort le 9 janvier 1761.
* Intendant général des finances.
'» Montbard, le 22 octobre 1750.