‹ Des manuscrits de Buffon: avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateurs (volume 2)Chapitre 28 sur 60 · CORRECTIOXS FAITES PAU BUFFON SLR LA COPIE · texte numérisé non relu

CORRECTIOXS FAITES PAU BUFFON SLR LA COPIE

* par la hauteur. Ces vallées de la mer, qui semblent être des

nbinies de profondeur, ne sont dans

^ réalité que de légères inégalités proportionnées

^ à la grosseur du globe et qui ne pouvaient manquer de se

former, lorsqu'il a pris sa consistance : ce sont des effets naturels et qui ont été produits par le premier refroidissement des matières en fusion lorsqu'elles se sont consolidées à la surface de la terre.

♦ .... à une grande dislance où la chaleur était moins fofle, landii

(imprimé.)

qu'un huitième de ligne est par rapport au diamètre d'un globe de deux pieds. Ainsi ces chaînes de montagnes qui nous paraissent si prodigieuses, tant par le volume que par la hauteur, ces vallées de la mer, qui semblent être des abimes de profondeur, ne sont dans la réalité que de légères inégalités proportionnées à la grosseur du globe, et qui ne pouvaient manquer de se former lorsqu'il prenait sa consistance : ce sont des effets naturels produits par une cause tout aussi naturelle et fort simple, c'est-à-dire par l'action du refroidissement sur les matières en fusion, lorsqu'elles se consolident à la surface.

C'est alors que se sont formés les éléments par le refroidissement et pendant ses progrès. Car à cette époque, et même longtemps après, tant que la chaleur excessive a duré, il s'est fait une séparation et même une projection de toutes les parties volatiles, telles que l'eau, l'air et les autres substances que la grande chaleur chasse au dehors et qui ne peuvent exister que dans une région plus tempérée que ne l'était alors la surface de la terre. Toutes ces matières volatiles s'étendaient donc autour du globe en forme d'atmosphère à une grande distance où la chaleur était moins forte, tandis que les matières fixes, fondues et vitrifiées, s'étant consolidées, formèrent la roche intérieure du globe et le noyau des grandes montagnes, dont les sommets, les masses intérieures et les bases, sont en effet composées de matières vitrescibles. Ainsi le premier éta-

(cORRECTtO.VS FAITES PAR BUFFON SDK LA COPIE.)

que les matières fixes, fondues et vitrifiées, s'étant consolidées, formèrent la roche intérieure du globe et le noyau des pics et des grandes montagnes, dont les sommets, les masses intérieures et les bases sont composés de

^ de plusieurs milliers de siècles.

^ la formation des montagnes et des collines calcaires i]u

n'ont existé qu'après l'établissement des mers et In production de toutes les subsiancesi . • . .

(copie.)

qu'elles n'ont pu tomber et s'établir sur la terre que quand ' sa surface s'est trouvée assez refroidie pour ne pas rejetei l'eau par mie trop forte ébuUition, et ce temps de l'établissement des eaux sur la surface de la terre n'a précédé que de peu de milliers d'années * le moment où l'on aurait pu toucher cette surface sans se brûler; en sorte qu'en admettant, comme nous l'avons annoncé, 74,852 ' ans à dater en arriére de ce jour pour l'époque de la formation des planètes, et 34,270* ans pour le temps nécessaire à son refroidissement * au point de pouvoir la toucher, il s'est peut-être passé plus de vmgtcinq mille ® de ces premières années avant que l'eau, toujours rejetée dans l'atmosphère, ait pu tomber et s'établir' sur la terre : car, quoiqu'il y ait une assez grande différence entre le degré auquel l'eau chaude cesse de nous offenser et celui où elle entre en ébullition, et qu'il y ait encore une distance considérable entre ce premier d^ré d'ébullition et celui où elle se disperse subitement en vapeurs, on peut néanmoins assurer que cette différence de temps n'est pas plus grande* que je l'admets ici.

Ainsi, pendant les premières vingt-cinq mille* années, le globe terrestre, d'abord lumineux et chaud comme le soleil, a conservé son état d'incandescence et de lumière pendant environ trois mille*® ans, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il ait été consolidé **; ensuite les matières fixes de la terre *^ sont devenues encore plus fixes par leur refroidissement, et ont pris leur nature et leur consistance telles que nous les reconnais-

• (corrections faites par BUFFON SLR LA COPIE.)

* qu'au moment où . ...

'^ que de quelques centaines de siècles.. ..

•'* . ... nécessaire au refroidisscnrent de la terre. ... ^ six ou sept cent mille de ces premières ....

(imprimé.)

blissement local des grandes chaînes de montagnes appartient à cette seconde époque, qui a précédé de plusieurs siècles celle de la formation des montagnes calcaires, lesquelles n'ont existé qu'après rétablissement des eaux, puisque leur composition suppose la production des coquillages et des autres substances que la mer fomente et nourrit. Tant que la surface du globe n'a pas été refroidie au point de permettre à Teau d'y séjourner sans s'exhaler en vapeurs, toutes nos mers étaient dans Tatmosphère : elles n'ont pu tomber et s'établir sur la terre qu'au moment où sa surface s'est trouvée assez attiédie pour ne plus rejeter l'eau par une trop forte ébullition; et ce temps de l'établissement des eaux sur la surface du globe n'a précédé que de peu de siècles le moment où l'on aurait pu toucher cette surface sans se brûler ; de sorte qu'en comptant soixante-quinze mille ans depuis la formation de la terre, et la moitié de ce temps pour son refroidissement au point de pouvoir la toucher, il s'est peut-être passé vingt-cinq mille des premières années avant que l'eau, toujours rejetée dans l'atmosphère , ait pu s'établir à demeure sur la surface du globe; car, quoiqu'il y ait une assez grande difTérence entre le degré auquel l'eau chaude cesse de nous offenser et celui où elle entre en ébullition, et qu'il y ait encore une distance considérable entre ce premier degré d'ébullition et celui où elle se disperse subitement en vapeurs , on peut néanmoins assurer que cette différence de temps ne peut pas être plus grande que je l'admets ici.

(corrections faites par UUFFON SDR LA COpIG.)

'' el s'établir à demeure sur la surface du globe.

^ ne peut pas être plus grande que...

' dans les premières sept cent mille années

*^ .... environ cent dix-sept mille ans

*^ entièrement consolidé

** du globe

(copie.)

sons aujourd'hui dans 'les pics et sur les sommets de toutes les hautes montagnes * dont Torigine date de cette époque, et qui* ne sont en effet composées dans leur intérieur ^ que de matières vitrescibles, telles que le granit, le roc vif, la pierre cornée, etc.

C'est dans ce long espace de temps de vingt-cinq ou vingtsix mille ans^ que se sont aussi formées par la sublimation toutes les grandes veines et les gros filons des mines où se trouvent les métaux; ces substances métalliques ont été séparées de la matière vitrée * par la chaleur longue et constante qui les a sublimées, et poussées de Tintérieur du globe dans toutes les montagnes^, où le resserrement des matières, causé par le refroidissement', laissait des fentes et des cavités qui ont été remplies* par ces substances métalliques que nous y trouvons aujourd'hui, car il faut, à ré^^ard de Torigine des mines, faire la même distinction que nous avons indiquée pour l'origine des matières vitrescibles et des matières calcaires, dont les premières ont été produites par l'action du feu, et les autres par l'intermède de l'eau. 11 en est de même des mines métalliques ; les principaux filons, ou, si l'on veut, les mines primordiales, ont été produites, comme je viens de le dire, par la fusion et par la sublimation, c'est-à-dire par l'action du feu, et les autres mines, qu'on peut appeler secondaires, ne se sont formées qu'aux dépens des premières et ont été produites ^ par le moyen de l'eau. Ces filons prin-

(CORRECTIONS FAITES PAR BUFFOIf SUIE LA COPIE.)

* aujourd'hui dans la roche du globe et dans le noyau de

loules

* ...... car elles ne sont

^ dans leur intérieur et jusqu'à leur sommet

* de sept cent mille ans

^ de la masse \itrescible du globe

^ de l'intérieur de la masse dans toutes les aspérités c( les

poinlei avancées de la superficie oi]i le resserrement i.**.

ÉrOQUES DE LA NATUItE 80

Ainsi dans ces premières vingt-cinq mille aimées, le globe terrestre, d'abord lumineux et tliniid comme le soleil, n'a perdu que peu à peu sa lumière et son feu : son état d'incande$i«iicc a duré pendant deux mille neuf cent trente-six ans, puisqu'il a fallu ce temps pour qu'il ail été consolidé jusqu'au centre; ensuite les matières fixes dont il est composé soûl deïenuesencoreplus fixes en se resserrant de plus en plus par le refroidissement; elles ont pris peu à peu leur nature el leur consistance telle que nous la reconnaissons aujourd'hui dans la roche du globe et dans les liautes monLigues, qui ne sont en eDet composées, dius leur mliniur et jusqu'à leur sommet, que de matières de h même nature : ainsi leur origine date de cette même epoqui

C'est aussi dans les premiers trente-sept mille ans que se sont formées par la sublimation toutes les grandes veines et les gros nions de mines ou se trouvent les métaux; les substances métalliques ont elé séparées des autres matières vitre&dbles par la chaleur longue et constante qui les a sublimées el poussées de l'intérieur de la masse du globe dans toutes les émineuces de sa surface, où le resserrcnieiit des matièi'es, causé par un plus prompt re[ix>idissement, laissait des fentes el des cavités, qui ont été incrustées et quelquefois remplies par ces substances métalliques que nous j trouvons ai^ourd'hui; car il faut, à l'égard de l'origine des mines, faire la même distinction que nous avons indiquée pour l'origine des matières vilrescibles et des matières calcaires, dont les premières ont été produites par l'action du feu, et les autres par rbiterméde de l'eau. Dans les mines métalliques, les principaux filons ou, si l'on veut, les masses primordiales, ontéti;

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(copie.)

cipaux, qu'on peut regarder comme les troncs des arbres métalliques, ayant tous été produits, soit par la fusion dans le temps du feu primitif, soit par la sublimation dans les temps subséquents* , ils se sont trouvés et se trouvent encore aujourd'hui dans les fentes perpend.culaires des plus hautes montagnes *; tandis que Ton trouve, au contraire, au pied de ces mêmes montagnes des petits filons que Ton prendrait d'abord pour les rameaux de ces arbres métalliques, mais qui ne leur tiennent néanmoins ni par la continuité ni même par l'origine, car ces mines secondaires se sont formées par l'intermède de l'eau qui, par la succession des temps, a détaché des particules (les anciens filons et les a déposées sous différentes formes ' à des distances assez considérables et toujours audessous du lieu de leur première origine*.

La formation 5 de ces mines parasites est, comme on le voit, bien postérieure* à celle des mines primitives; elle doit se rapporter, comme la formation des pierres calcaires, à une époque subséquente, c'est-à-dire au temps où la température de la terre a permis aux eaux de se rassembler dans les profondeurs de sa surface pour y former les mers, et ensuite au temps où les vapeurs ont commencé à se condenser contre les montagnes pour y produire les sources des ruisseaux et des fleuves. Mais avant ces temps il s'est passé' de grands effets préliminaires dont nous devons rendre compte^.

(corrections faites par BUFFON SUR LA COPIE.)

* dans les temps subséquents delà grande chaleur....

^ des hautes montagnes.. ..

.. par l'action successive de l'eau, qui, dans des temps bien postérieurs aux premiers, a détiché des anciens filons les particules métalliques qu'elle a charriées et déposées sous différentes formes

* première formation.....

•"» La production

^ moins ancienne que

(imprimé.)

produites par la fusion et par la sublimation, c'est-à-dire par faction du feu; et les autres mines, qu'on doit regarder comme des filons secondaires et parasites, n'ont été produites que postérieurement par le moyen de Feau. Ces filons principaux, qui semblent présenter les troncs des arbres métalliques, ayant tous été formés, soit par la fusion dans le temps du feu primitif, soit par la sublimation dans les temps subséquents, ils se sont trouvés et se trouvent encore aujourd'hui dans les fentes perpendiculaires des hautes montagnes, tandis que c^est au pied de ces mêmes montagnes que gisent les petits filons, que l'on prendrait d'abord pour les rameaux de ces arbres métalliques, mais dont l'origine est néanmoins bien différente; car ces mines secondaires n'ont pas été formées par le feu, elles ont été produites par l'action successive de l'eau, qui, dans des temps postérieurs aux premiers, a détaché de ces anciens filons des particules minérales qu'elle a charriées et déposées sous différentes formes, et toujours au-dessous des filons primitifs.

Ainsi la production de ces mines secondaires étant bien plus récente que celle des mines primordiales, et supposant le concours et l'intermède de l'eau, leur formation doit, comme celle des matières calcaires, se rapporter à des époques subséquentes , c'est-à-dire au ten^s où la chaleur brûlante s'étant attiédie, la température de la surface de la terre a permis aux eaux de s'établir , et ensuite aux temps où ces mêmes eaux ayant laissé nos continents à découvert, les vapeurs ont commencé à se condenser contre les montagnes pour y produire des sources d'eau courante. Mais, avant ce second et ce troisième temps, il y a eu d'autres grands effets que nous devons indiquer.

(corrections faites par bopfon sur la copie.)

' ..... il s'est encore passé

^ préliminaires que nous devons indiquer.

Arrivé à cette page-ci du manuscrit, je vois en marge, et de la main de Buffon, comme le sont d'ailleurs toutes les corrections (le texte seul est de la main du secrétaire), ces mots : page 22, 3* époque.

En effet, tout ce qui suit, jusqu'à un certain point que je marquerai, appartient à la troisième époque. C'est de cette partie détachée de la seconde époque, que Buffon a fait la troisième.

Buffon se réglait par les phénomènes : après la fusion^ la consolidation; après la consolidation^ la chute des eaux. Or, avec l'alinéa qui suit, commence, dans noire copie^ le phénomène de la chute des eaux.

En y ^nsant davantage, Buffon s'aperçut que c'était arriver trop tôt à ce second phénomène, que le tableau de la consolidation du globe n'était pas complet, que ce temps singulier, ce moment qui a été unique dans l'histoire du globe, où ce glohe ne se composait que des produits du feu, que des produits ignés^ que des substances vitrescibles^ n'était ni suffisamment décrit, ni assez fortement caractérisé.

Il s'arrêta donc, et s'attachant avec énergie à l'élude de ce globe primitif, si différent de tout ce que le globe a été par la suite, il fit de cette étude le sujet unique de sa seconde époque tout entière.

Et, cette grande intercalation opérée, il fit, de tout ce qui, dans la copie qui nous occupe, suit les parties de celte môme copie que j'ai déjà transcrites, sa

troisième époque — lorsque les eaux ont couveiit nos

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