‹ Des manuscrits de Buffon: avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateurs (volume 2)Chapitre 30 sur 60 · LORSQUE LES EADX ONT COUVERT NOS CONTINENTS · texte numérisé non relu

LORSQUE LES EADX ONT COUVERT NOS CONTINENTS

A la date de trente ou trente-cinq mille ans de la formation des planètes, la terre se trouvait assez attiédie pour recevoir les eaux sans les rejeter en vapeurs. Le chaos de ratmosplière avait commencé de se débrouiller : non-seulement les eaux, mais toutes les matières volatiles que la trop grande chaleur y tenait reléguées et suspendues tombèrent successivement ; elles re(Dplirent toutes les profondeurs, couvrirent toutes les plaines, tous les intenalles qui se trouvaient entre les éminences de la surface du globe, et même elles surmontèrent toutes celles qui n'étaient pas excessivement élevées. On a des preuves évidentes que les mers ont couvert le continent de l'Europe jusqu'à quinze cents toises au-dessus du niveau de la mer actuelle, puisqu'on trouve des coquilles et d'autres productions marines dans les Alpes et dans les Pyrénées jusqu'à cette même hauteur. On a les mêmes preuves pour les conthients de l'Asie et de l'Afrique; et même dans celui de l'Amérique, où les montagnes sont plus élevées qu'en Europe, on a trouvé . des coquilles marines à plus de deux mille toises de hauteur au-dessus du niveau de la mer du Sud. Il est donc certain que dans ces premiers temps le diamètre du globe avait deux lieues de plus, puisqu'il était enveloppéd'eau jusqu'à deux mille loises

(oonnECTIOiXS faites par UUFrO.N SUR I.A COi'IE.)

^ entre les aspérités de la surface du globe, et même clies

surmontèrent toutes celles qui n'élaiciit pas cxcc^sivcmcnl élevées. Ou a des preuves «..

^ mille

^ — de rAiViqucel de T Amérique; Il est dunc.< .

* certain.

*^ du globe.

(copie.)

une assez* longue suite de siècles, la mer Fa recouverte en entier, à Fexception de tous les sommets et des crêtes de montaghes qui seuls surmontaient alors cette mer universelle-, dont Félévation était au moins à ces mille toises de hauteur^, où Fon cesse de trouver des coquilles ou d'autres débris des productions marines. Les animaux auxquels ces dépouilles appartiennent ont donc été les premiers habitants du globe, et leur multitude était innombrable, car c'est de leurs détriments qu'ont été formés toutes le^ pierres calcaires, tous les marbres, les craies, les marnes *, etc.

Et *, dans les commencements de ce séjour des eaux surJa surface de la terre , n'avaient-elles pas un degré de clialeur que nos poissons et nos coquillages actuels n'auraient pu supporter? et ne devons-nous pas présumer que les premières productions de la mer^ encore bouillante étaient différentes de celles qu'elle nous offre aujourd'hui? Cette grande chaleur ne pouvait convenir qu'à d'autres natures de coquillages et de poissons; et par conséquent c'est à cette époque intermédiaire "^ que Fon doit rapporter l'existence de ces espèces perdues 8, dont on ne retrouve nulle part les analogues vivants; telles que les énormes volutes, dont nous avons parlé, toutes les cornes d'Ammon , les grands oursins armés de grosses bélemnites, etc. Ces événements se sont passés depuis l'année vingt-cinq mille de la formation des planètes jusqu'à Tannée trente-cinq mille, à laquelle environ nous avons fixé le com-

(conr.ECTiONs faites par ulffon sur la copie.)

* Irès-loiiguc

- à Fexceplion pcut-clre des plus hauts sommets et des pics

de montagnes qui seuls surmontaient celle mer universelle

** dont îélévalion était au moins à celle hauteur de mille

toises, où l'on cesâc de

* des productions marines, d'où l'on doit inférer que lesani*

maux auxquels ces dépouilles ont appartenu doivent être regardé)» comme les premiers habitants du globe ; et celte population était im-

(imprimé.)

de liauleur. La surface de h terre en général était donc beaucoup plus élevée qu'elle ne Test aujourd'hui; et pendant une loîigue suite de temps les mers Font recouverte en entier, à Texception peut-être de quelques terres très-élevées et des sommets des hautes montagnes, qui seuls surmontaient cette mer universelle, dont Télévation était au moins à cette hauteur où Ton cesse de trouver des coquilles ; d'où Ton doit inférer que les animaux auxquels ces dépouilles ont appartenu peuvent être regardés comme les premiers habitants du globe, et cette population était innombrable, à e:i juger par Timmense quantité de leurs dépouilles et de leurs détriments, puisque c'est de ces mêmes dépouilles et de leurs détriments qu'ont été formées toutes les couches des pierres calcaires, des marbres, des craies et des tufs qui composent nos collines et qui s'étendent sur de grandes contrées dans toutes les parties de la terre.

Or, dans les commencements de ce séjour des eaux sur la surface du globe, n'avaient-elles pas un degré de chaleur que nos poissons et nos coquillages actuellement existants n'auraient pu supporter? et ne devons-nous pas présumer que les premières productions d'une mer encore bouillante étaient différentes de celles qu'elle nous offre aujourd'hui? Cette grande chaleur ne pouvait convenir qu'à d'autres natures de coquillages et de poissons ; et par conséquent c'est aux premiers

(CORHECTIONS FAITES PAH BCFFON SUn LA COPIE.)

mensc, car la multitude de leurs dépouilles est innombrable, puisque c'est de ces mêmes dépouilles et de leurs détriments qu'ont été formés toutes les pierres calcaires, tous les marbres, les craies, les marnes, etc., qui composent nos collines et s'étendent sur de grandes contrées dans toutes les parties do la terre

« Or

• d'une mer. ...

"> c'est aux premiers temps de cette époque.. ..

s des p s pèces perdues

(copie.)

mencement de la nature vivante* sur la surface sèche du globe, c'est-à-dire au temps où elle s'est trouvée assez refroidie pour permettre 'aux êtres sensibles comme nous de la toucher sans se brûler.

Et Ton ne doit point être étonné de ce que j'avance ici. qu'il y a eu des poissons * et d'autres animaux aquatiques capables de supporter un degré de chaleur beaucoup plus fort que celui de la température actuelle de nos mers méridionales, puisque, encore aujourd'hui, nous connaissons des espèce» de poissons et de plantes qui vivent et végètent dans des eaux presque bouillantes, ou du moins chaudes jusqu'au cinquantième et soixantième degré.

Reprenons donc ce second temps où les eaux ', jusqu'alors réduites en vapeurs, se sont condensées et ont commencé de tomber sur la terre aride et desséchée * ; tâchons de nous représenter les prodigeux effets qui en ont résulté : la sépai ation de l'élément de l'air et de l'élément de l'eau, la production des vents, la purification de l'atmosphère par l'abandon et la chute de toutes les matières aqueuses *, huileuses, bitumineuses et de toutes les substances volatiles ; telles que le mercure, les acides, les alcalis, etc., qui toutes descendirent et tombèrent avec plus ou moins de précipitation. Quels orages ont du précéder, accompagner et suivre rétablissement local de chacune de ces substances^? et ne devons-nous pas rapporter à ces premiers moments et aux temps innnédiatemcnt

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(conRF.CTioNs Faites i*.\r ulffox sun j.a copie.)

• Ces premières espèces, maintenant anéanties, ont subsiste pendant les quatre ou cinq cent mille ans qui ont immédialement suivi le temps auquel les eaux venaient de s'établir, et c'est à cette seconde date de quatorze ou quinze cent mille ans de la formation des planètes que nous avons fixé le commencement de la nature vivante

- 1.... ici, qu'il y a eUj avant ce second temp«, des poissons

(n!PRIM£.)

temps de cette époque, c'est-à-dire depuis trente jusqu'à quarante mille ans de la formation de la terre, que Ton doit rapporter Texistence des espèces perdues dont on ne trouve nulle part les analogues vivants. Ces premières espèces, maintenant anéanties, ont subsisté pendant les dix ou quinze mille ans qui ont suivi le temps auquel les eaux venaient de s'établir.

Et Ton ne doit point être étonné de ce que j'avance ici qu'il y a eu des poissons et d'autres animaux aquatiques capables de supporter un degré de chaleur beaucoup plus grand que celui de la température actuelle de nos mers méridionales, puisque encore aujourd'hui, nous connaissons des espèces de poissons et de plantes qui vivent et végètent dans des eaux presque bouillantes , ou du moins chaudes jusqu'à 50 ou 60 degrés du thermomètre.

Mais, pour ne pas perdre le fil des grands et nombreux phénomènes que nous avons à exposer, reprenons ces temps antérieurs, où les eaux, jusqu'alors réduites en vapeurs, se sont condensées et ont commencé de tomber sur la teire brûlante, aride, desséchée, crevassée par le feu : tâchons de nous représenter les prodigieux effets qui ont accompagné et suivi cette chute précipitée des matières volatiles, toutes séparées, combinées, sublimées dans le temps de la consolidation et pendant le progrès du premier refroidissement. La séparation de l'élément de l'air et de l'élément de l'eau, le choc des vents et des flots qui tombaient en tourbillons sur une terre fumante ; la dépuration de l'atmosphère, qu'auparavant les rayons du so-

(COBRECTIOIfS FAITES PAR BOFFON SDR LA COPIE.)

' Mais pour ne pas perdre le fil des grands et nombreux phénomènes que nous avons à exposer, reprenons ces temps antérieurs où les eaux

* et desséchée par le feu

et la chute des matières aqueuses. . . .

* de chacun de ces éléments....

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