‹ Des manuscrits de Buffon: avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateurs (volume 2)Chapitre 31 sur 60 · PIE · texte numérisé non relu

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subséquente les grands bouleversements, les aiîaisseraents, les iFFi]q[>tionset tous les changemenls qui ont donné une seconde forme à la surface du globe? Il est aisé de sentir que les emt cpi en couvrirent alors presque toute la surface étant conti* nullement agitées par Faction du flux et du reflux S ont commencé par sillonner la terre, ^t que, par leur long séjour» dles se sont ouvert des routés souterraines, ont rempli les d^ernes, et se sont abaissées d'autant pins, que ces mêmes cavenies se sont affaissées en plus grand nombre ; elles étaient l\>uvra^du feu : Teau les a détruites et continue de les détruire encore.

Les eaux ont en même temps saisi toutes les matières ^^dles pouvaient délayer ou dissoudre; dles ont fondu les sels, séparé les bulles et les bitumes '^et transporté de place en {HÉtee tout ce qui se trouvait réduit en poudre ' ou en petits v^umes, 11 s'est donc fait da^^ps dix mille années, c'est^ ^re depuis vingtrdnq jusqu'^Pnite-einq mille ans de la for* mation des planètes, un si grdsd changement 'à la surface du globe, cpfô k mer> alors ^ élevée ed mille toises, comme Findiquent ses productions qu'on trdlive ' à cette hauteur, s'est successivement abaissée pour remplir les profondeurs occasionnées par l'affaissement des cavernes dont les voûtes naturelles, sapées par le mouvement des eaux ^, ne pouvaient plus

(corrections faites far DIFFON SUR LA CO.^IB.)

* .. .. Par l'action de leur chute, par celle du flux el du reflux, par les vents impétueux, elles auront obéi à toutes ces impulsions, et que dans leurs mouvements elles auront commencé par sillonner la terre, en renverser les pointes les moins solides, rabaisser et percer les chaînes les plus faibles des montagnes primitives et ensuite par leur long séjour, elles se sort ouvert des routes souterraines, ont rempli les cavernes, et cette mer presque universelle s'est abaissée successivement et d'autant plus que ces mêmes cavernes se sont affaissées en plus grand nombre: elles étaient l'ouvrage du feu, l'eau les a détruites et continue de les détruire encore. Nous sonimis

(uirniMÉ.)

leil ne pouvaient pénétrer; cette même atmosphère obscurcie de nouveau par les nuages d'une épaisse fumée ; la cohobation mille fois répétée et le bouillonnement continuel des eaux tombées et rejetées alternativement ; enfin la lessive de l'air par l'abandon des matière volatiles précédemment sublimées, qui toutes s'en séparèrent et descendirent avec plus ou moins de précipitation : quels mouvements , quelles tempêtes ont dû précéder, accompagner et suivre l'établissement local de chacun de ces éléments ! Et ne devons-nous pas rapporter à ces premiers moments de choc et d'agitation les bouleversements, les premières dégradations, les irruptions et les changements qui ont donné une seconde forme à la plus grande partie de la surface de la terre? 11 est aisé de sentir que les eaux qui la couvraient alors presque tout entière, étant continuellement agitées par la rapidité de leur chute, par l'action de la lune sur l'atmosphère et sur les eaux déjà tombées, par la violence des vents, etc., auront obéi à toutes ces impulsions, et que dans leurs mouvements elles auront commencé par sillonner plus à fond les vallées de la terre, par renverser les éminences les moins solides, rabaisser les crêtes des montagnes, percer leurs chaînes dans les points les plus faibles; et qu'après leur établissement, ces mêmes eaux se seront ouvert des routes souterraines, qu'elles ont miné les voûtes des cavernes, les ont fait écrouler, et que par conséquent ces mêmes eaux se sont

(corrections faites par BIIFFON SDR LA COPIE.)

donc bien fondés à attribuer l'abaissement successif des mers à cette première cause qui nous est démontrée par les faits.

* De place en place toutes les scories de verre et toutes les

matières qui se trouvaient réduites eu poudre

' Il s'est donc fait dans ces quatre ou cinq cent mille années un si grand changement

* D'abord.

^ Ses productions trouvées à.....

* I... sapées ou percées parTnction et l'effort des oaux

(copie.)

soutenir les terres dont elles étaient chargées. A mesure qu'il se faisait quelques grands affaissements par la rupture d'un« ou plusieurs jcavernes, Teau arrivait de tous côtés pour remplir cette nouvelle profondeur, et, par conséquent, la hauteur générale des mers diminuait d'autant, en sorte qu'étant d'abord à mille toises d'élévation, elle a successivement baissé jusqu'à son niveau actuel * .

On doit donc présumer que ces coquilles et les autres productions marines que l'on trouve aujourd'hui * à mille toises de hauteur '', sont les espèces les plus anciennes de la nature; et il serait bien important pour l'histoire naturelle de recueillir un assez grand nombre de ces premières productions de la mer qui se trouvent sur nos montagnes à la plus grande hauteur, et de les comparer avec celles qui sont dans les couches inférieures de ces mêmes montagnes ou dans les plaines voisines. Nous sommes assurés que dans nos collines et sur nos petites montagnes la plus grande partie des coquilles qu'on y rencontre* ne se trouvent actuellement existantes que dans les mers méridionales. Nous trouvons dans les mêmes endroits plusieurs autres coquilles dont on ne connaît point les analogues vivants. Si jamais on fait un recueil de ces pétrifications, prises à la plus grande élévation dans les montagnes, on sera peut-être en état de prononcer sur rancîenneté plus ou moins grande des espèces relativement aux autres espèces de ce genre ^. Tout ce que nous pouvons en dire aujourd'hui, c'est que la plupart de ces espèces ^y dont nous ne connaissons pas les analogues vivants, étaient beaucoup plus grandes qu'aucune espèce du même genre actuellement existante : des

(corrections faites par BUFFON SIR LA COPIE.)

* jusqu'au niveau où nous la voyons aujourd'hui.

* l'on trouve à mille toises

•" (le hauteur au-dessus de ce niveau

* rencontre appartiennent à des espèces inconnues, c'est-à-

(imprimé.)

abaissées successivement pour remplir les nouvelles profondeurs qu'elles venaient de former : les cavernes étaient Fouvrage.du feu; Teau dès son arrivée a commencé par les attaquer; elle les a détruites, et continue de les détruire encore; nous devons donc attribuer l'abaissement des eaux à Taffaissement des cavernes, comme à la seule cause qui nous soit démontrée par les faits.

Voilà les premiers effets produits par la masse, par le poids et parle volume de Teau; mais elle en a produit d'autres par sa seule qualité : elle a saisi toutes les matières qu'elle pouvait délayer et dissoudre; elle s'est combinée avec l'air, la terre et le feu pour former les acides, les sels, etc.; elle a converti les scories et les poudres du verre primitif en argiles ; ensuite elle a, par son mouvement, transporté de place en place ces mêmes scories, et toutes les matières qui se trouvaient réduites en petits volumes. 11 s'est donc fait dans cette seconde période, depuis trente-cinq jusqu'à cinquante mille ans, un si grand changement à la surface du globe, que la mer universelle, d'abord trés-élevée, s'est successivement abaissée pour remplir les profondeurs occasionnées par l'affaissement des cavernes, dont les voûtes naturelles, sapées ou percées par l'action et l'effet de ce nouvel élément, ne pouvaient plus soutenir le poids cumulé des terres et des eaux dont elles étaient chargées. A mesure qu'il se faisait quelque grand affaissement par la rupture d'une ou de plusieurs cavernes, la surface de la terre se déprimant en ces endroits, l'eau arrivait de toutes parts pour remplir cette nouvelle profondeur, et par conséquent la hauteur générale des mers diminuait d'autant; en sorte qu'étant d'a-

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