‹ Des manuscrits de Buffon: avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateurs (volume 2)Chapitre 43 sur 60 · I.ir. MAM'SCRITS DE DUFl'ON · texte numérisé non relu

I.ir. MAM'SCRITS DE DUFl'ON

meiU dans l'air*, fond sur sa proie avec la rapidité d'un trait, ou, légère comme les vents ^, s'élève jusqu'aux nues, et va

chercher le calme en s*élançant au-dessus des orages.

(bcxon.)

Si la régularité des formes, la justesse des proportions, Taocord et Tensembie des parties • donnent aux animaux ce qui fait à nos yeux la grâce et la beauté, si leur rang* est marqué auprès de nous à proportion qu'ils savent plaire; pour qu'ils soient chers à la nature, il lui suffit qu'ils puissent vivre : elle nourrit également au désert la jolie et svelte' gazelle et le difforme chameau * ou la gigantesque girafe; elle lance à la fois dans les airs l'aigle superbe et le hideux vautour, cache '^ sous rherbe mille générations d'insectes sous les formes les plus bizarres, et en dérobe encore daps l'abîme des eaux de plus étranges; elle admet les composés les plus disparates en apparence pourvu que par une secrète correspondance de parties, ils puissent subsister et se reproduire : c'est ainsi que, sous la forme de feuilles, elle fait vivre les mantes, que sous une coque sphérique, pareille à celle d'im fruit, elle emprisonne les oursins, qu'elle filtre la vie et la ramilie, pour ainsi dire, dans les branches de Tètoile et de la méduse ^, qu'elle aplatit en marteau la tète de la zygène et arrondit en boule épineuse le corps entier de l'orbis'.

(corrections de BI'FFO.N.)

•* quand, à l'instant, elle fond sur sa proie avec la rapiditô

d'un Irait, et lorsque les aii's sont agités par la tempête, léprère. . . . ^ le vent.

* de toutes les parties

* si leur rang près de nous n'est marqué que par ces caractères, si nous ne les distinguons qu'autant qu'ils nou:; plaisent, la nature ignore ces distinctions, et il suffit pour qu'elle les chérisse qu'ils puissent exister et se multiplier.

HISTOIRE DES OISEAUX Vu

trait, et lorsque les airs sont agités par la tempête, légère comme le vent, la frégate s'élève jusqu'aux nues, et va chercher le calme en s'élançant au-dessus des orages.

(boppon.)

Si la régularité des formes, Faccord des proportions et les rapports de Tensemble de toutes les parties donnent aux animaux ce qui fait à nos yeux la grâce et la beauté ; si leur rang pri''s de nous n'est marqué que par ces caractères ; si nous ne les distinguons qu'autant qu'ils nous plaisent, la nature ignore ces distinctions, et il suffit pour qu'ils lui soient chers qu'elle leur ait donné l'existence et la faculté de se multiplier ; elle nourrit également au désert l'élégante gazelle et le difforme chameau, le joli chevrotain et la gigantesque ghrafe; elle lance à la fois dans les airs l'aigle superbe et le hideux vautour ; elle cache sous terre et dans l'eau mille générations d'insectes de formes bizarres et disproportionnées; enfin elle admet les composés les plus disparates, pourvu que par les rapports résultants de leur organisation ils puissent subsister et se reproduire ; c'est ainsi que sous la forme d'une feuille, elle fait vivre les manteSy que, sous une coque sphérique, pareille à celle d'un fruit, elle emprisonne les oursins, qu'elle filtre la vie et la ramifie, pour ainsi dire, dans les branches de l'étoile de mer, qu'elle aplatit en marteau la tête de la zygène et arrondit en globe épineux le corps entier du poisson-lune.

(CORRECTIONS DE BlFFOS.l

'• au désert Télégante gazelle

* le joli chevrotain et

'* elle cache, sous terre et dans l'eau, mille générations

d'insectes de formes bizarres; enfin elle admet les composés les plus disparates, pourvu que, par les rapports résultant de leur organisation, ils puissent

® de TtHoile de mer, qu'elle aplatit

. du poisson-lune.

158 MANUSCKITS UK BUFFON

le courlis.

{bexov.^

Dans l'hisloire dos animaux, les noms composés do sons imilatifs qui rendont les voix, les chants, les cris, sont toujours reconnaissables ; ce sont*, pour ainsi dire, les noms de la nature : aussi sonl-ce ceux que Fliomme a imposés les premiers; les langues sauvages sont pleines * de ces noms donnés par instinct; et le goût, (|ui n'est qu'un instinct plus exquis, les conserve plus ou moins aux langues polies*, dont la plus helle, comme la plus ancienne, la grecque, est la plus riche de ces mots d'hîirmonie qui la rondent;>i pittoresque, qui parlent sans cesse à l'imagination et peignent en nommant. Tel est celui d'élorios dans lequel nous reconnaissons le courlis, que la courte phrase d'Aristote n'aurait pas suffi pour distinguer, et que caractérise indubitablement ce nom imitatif de son cri, que notre nom de courlis veut imiter aussi....

LE PÉLICAIV.

Le pélican est* romarquable par sa grande taille et par le grand sac qu'il porto sous le hoc, autant que son nom est célèbre dans les emblèmes religieux ; il y représente la charité, et, suivant les ficlions pieuses, il la porte pour ses petits jusqu'à se percer la poitrine pour les nourrir do son sang ; mais

'cOnflF.nTIONS de nUFFON."»

* Les noms composas des sons imitatifs de la voix, dii chanl, des tris des animaux, sont, ponr ainsi dire, les noms de la nature, et ceux que l'homme

* nous offrent mille exemples de ces noms

' les a conservés plus ou moins dans les langues polies; dans

la grecque surtout, plus pittoresque quaûcune autre, puisqu'elle peint même en nommant. Tel est le mot dV/or/Vw. par lequel on peut reconnaître le courlis; la courte description d'Aiislote n'aurait pas suffi,

lirSTOlHK hES OISK.VÎ'X I5y

LE COIJMU8.

{BOfFOK.)

Les noms composés des sons imitatifs de la voix, du chant, (les cris des animaux, sont pour ainsi dire, les noms de la na^ ture ; ce sont aussi ceux que Thomme a imposés les premiers ; les langues sauvages nous offrent mille exemples de ces noms donnés par instinct, et le goût,*qui n'est qu'un instinct plus exquis, les a conservés plus ou moins dans les idiomes des peuples policés, et surtout dans la langue grecque, plus pittoresque qu'aucune autre, puisqu'elle peint même en dénommant. La courte description qu'Aristote fait du courlis n'aurait pas suffi sans son nom élorios, pour le reconnaître et le distinguer des autres oiseaux. Les noms français courli% curlis, tvrlis, sont des mots imitatifs de sa voix.

(blfpon.)

Le pélican est plus remarquable, plus intéressant pour un naturaliste par la hauteur de sa taille et par le grand sac qu'il porte sous le bec, que par la célébrité fabuleuse de son nom, consacré dans les emblèmes religieux des peuples ignorants; on a représenté sous sa figure la tendresse paternelle se déchirant le sein pour nourrir de son sang sa famille languis-

(CORRECTIONS DE BOPPOM.i

sans ce nom, pour le distinguer des autres oiseaux. Les noms français cùtirliSy curlùt, turlis, sont aussi des sons imitatifs du cri de cet oiseau.

^ plus remarquable, plus intéressant pour un naturaliste par

h hauteur de sa taille et par le grand sac qu'il porte sous le bec que ! ar la célébrité fabuleuse de son nom, consacré dans les emblèmes .eligieux des peuples ignorants. On a représenté la charité sous sa figure, et la tendresse paternelle se déchirant le sein pour nourrir de son sang sa famille languissante; mais cette fable

100 MANUSCRITS DE DUFFON

celte fable, que les Égyptiens racontaient déjà du vautour *, convient mal à un oiseau pêcheur, qui vit plus qu'aucun autre dans Tabondance, et auquel la nature a donné de plus ' qu'à tous un sac dans lequel il porte et met en réserve le produit * de sa pêche, toujours très-considérable.

tJEH HIII«:V1>EK,I.KS DE MER.

(bexon.)

Malgré des diflerences essentielles dans la forme du bec et des pieds, c'est avec raison qu'on a donné le nom d'hirondelles de mer* à une petite famille d'oiseaux pêcheurs*, à longues ailes et à queue fourchue, qui, par leur vol constant à la surface des eaux, représentent assez bien sur la plaine liquide les allures de l'hirondelle de terre dans nos champs et autour de nos demeures. Non moins agiles et aussi vagabondes, les hirondelles de mer ', dont quelques-unes vivent sur nos lacs et nos rivii'res, d'une aile rapide rasent les flots, longent les côtes et enlèvent en volant ou en se posant légèrement sur l'eau, les petits poissons qui font leur proie, sans les poursuivre à la nage, quoique leurs pieds soient garnis de membranes ; mais, à la vérité, ces membranes sont moins pleines et plus retirées entre les doigts que dans les vrais oiseaux nageurs : comme si la na-

(CORRECTIONS DE BrrFON.)

- ne devait pas s'appliquer an pélican qui vit dans. . .

^ qu'aux autres oiseaux pêcheurs un grand sac. . . .

* toujours très-considérable de sa pèche.

* Dans le grand nombre de noms Iran portes pour la plupart sans raison des animaux de la terre à ceux de la mer, il s'en trouve quelques-uns d'assez heureusement appliqués, comme ce]'»i d'hirondelle, qu'on a donné

* pêcheurs qui ressemblent aux hirondelles par leurs longue

ailes et leur queue fourchue et qui par leur vol

' .... les hirondelles de mer rasent les eanx d'une aile rapide et

IIISTOIUR J>ES OISKAÎ X U\\

snulo ; mais cette fable, que les Égyptiens racontaient déjà du vautour, ne devait pas s'appliquer au pélican qui vit dans Tabondance, et auquel la nature a donné de plus qu'aux autres oiseaux pêcheurs une grande poche dans laquelle il porte et met en réserve Tample provision du produit de sa pêche.

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