‹ Des manuscrits de Buffon: avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateurs (volume 2)Chapitre 46 sur 60 · L'OISKAIJ DU TROPIQUE OU LE PAII.I.E-EN-QUEUE · texte numérisé non relu

L'OISKAIJ DU TROPIQUE OU LE PAII.I.E-EN-QUEUE

(buffon.)

Nous avons vu des oiseaux se porter du nord au midi, et parcourir d'un vol libre tous les climats de la terre et des mers; nous on verrons d'autres confinés aux régions polaires comme les derniers enfants de la nature mourante sous cette sphère de glace; celui-ci semble, au contraire, être attaché au char du soleil sous la zone brûlante que bornent les tropiques; volant sans cesse sous ce ciel enflammé, sans s'écarter des deux limites extrêmes de la route du grand astre; il annonce aux navigateurs lem* prochain passage sous (es lignes célestes ; aussi tous lui ont domié le nom (ïoiseau du IropiquCy parce que son apparition hidique l'entrée de la zone t4>rride, soit qu'on arrive par le côté du nord ou par celui du sud, dans toutes les mers du monde que cet oiseau fréquente également.

(tOlïREGTIONS l)i: UOFFOV.^

aux régions polaires.

sous cette sphère de glace

attaché au chnr du soleil

lui ont donné

parce que son apparition indique.

de la zone torridc

soil qu'on arrive

du sud dans toutes les mei:^ du mande que cet oiîjeaii,

l()8 MAMîSCHlTS Î)E liUH 0>

LB NODOl.

lUEXON.)

L'iioiiinie si iier de sou domaine, et qui eu efiiet cominaude êà maître sur * presque toute la terre, est à peine connu dans une autre grande partie du vaste empire de la nature *. Les mers, ces barrières du monde qu'il a osé francliir, et sur lesquelles, non content d'ensanglanter la terre, il va porter ses l'urours, les mers sont cet écueil de son audace, où il trouve des emiemis au-dessus de ses forces, des obstacles plus puissants que son art, et des périls plus grands que son courage*, où tous les éléments qui semblent ailleurs lui obéii% Taii', roau,le feu, la terre même, sont conjurés contre lui, et où la nature veut régner seule : aussi ne paraît-il qu'en fugitif et sans laisser de trace sur la plaine sillonnée des flots : s*il en trouble les habitants, si même* une partie d'entre eux, tombée dans les filets ou sous les liart)ons, devient victime d'une main qu^elle ne connaît pas, le plus grand nombre, à couvert au fond de ses abîmes, voit bientôt les frimas, les venls et les orages balayer de la surface des mers ces hôtes importuns et destructeurs qui ^ en troublaient la liberté et la vaste solitude.

L'AVCfCEl rii:.

(llEXON.)

Quoique ravocetle ait les pieds palmés*, elle a les jambes Irôs-haules, au coulniii'e de presque tous les oiseaux palmi-

(CORR£CTIO>'S DE DliFFUN.)

' sur la leiTc qu'il habile, est à peine

- delà nature. Il trouve sur les mers des ennemis. . . .

^ courage; ces barrières du monde qu'il a osé franchir sont

les écuciis où se brise son audace, où tous les éléments, conjures contre lui, conspirent à sa ruine, et où la nature, en mi mot, veut réi,aier seule. Aussi u'y paraît-il qu'en fugitif plutôt qu'eu maître; s'il on trouble

IllSTOlUE DES UISEALX lOt»

le ivoudi.

(buffon.)

L'iioniiiie si lier de son domaine, et qui en elïel commande en maître sm' la terre qu'il habite, est à peine connu dans une autre grande partie du vaste empiie de la nature; il trouve sur les mers des ennemis au-dessus de ses forces, des obstacles plus puissants que son art, et des périls plus grands que son courage : ces barrières du monde qu'il a osé franchir sont les écueils où se brise son audace, où tous les éléments conjurés contre lui cons[)irent à sa perte, où la nature, eu un mot, veut régner seule sur un domaine qu'il s'efforce vainement d'usurper; aussi n'y parait-il qu'en fugitif plutôt qu'en maitie. S'il en ti'ouble les habitants, si même quelques-uns d'entre eux, tombés dans ses filets ou sous les harpons, deviennent les victimes d'une main qu'ils ne connaissent pas, le plus grand nombre, à couvert au fond de ces abîmes, voit bientôt les frimas, les vents et les orages balayer de la surface des mers ces hôtes importuns et destructeurs, qui ne peuvent que par inslants troubler leur repos et leur liberté-

L'AVÔCETTE.

(BOFFOJC.)

Les oiseaux à pieds palmés ont presque tous les jambes courtes; l'avocette les a très-longues, et cette disproportion, qui

(COllRECTIUKS blù UUFFON.)

■^ si niéiiie quelques-uns d'entre eux

"^ ne peuvent que par instants troubler leur repos et leur liberté .

* Les oiseaux à pieds palmés ont, presque tous, les jambes courtes; l'uvocette les a très-longues, et cette disproportion qui surfirait, presque seule, pour distinguer col oiseau des autres palmipcdei^, càt accompagnée d'un caractère encore plus frappant par sa singula-

rilr. c'est le renversement du bec; sa courbure

pêdes et iiageui-s ; mais cette disproportion de ses jambes est encore moins frappante que le renversement de son bec, dont la courbure rebroussée en haut ' trace un ^ arc relevé dont le centre est au-dessus de la tète; sa substance* est tendre et presque membraneuse à la pointe, mince ^, faible, comprimé horizontalement, incapable d'aucune défense et^ presque également d'aucun effort. Ce bec de Tavocette paraît être une de ces erreurs, ou, si Ton veut, de ces essais de la nature au delà desquels elle n'a pu passer sans détruire ellemême son ouvrage, car', supposant à ce bec un degré de courbure de plus*, il devient comme impossible à Foiseau de saisir ni d'atteindre aucune sorte de noun^ture, et Forgane donné pour la subsistance^ produit en effet la destruction. L'on doit donc regarder le l)ec de Tavocette comme l'extrême des modèles qu'a pu tracer, ou du moins conserver la nature*®, et comme le trait le plus écarté, et pour ainsi dire le plus saillant hors de la masse des formes sous les(]uelles elle a dessiné la physionomie des oiseaux.

i.i-: raÉNicoPTÙRE ot: lk fe^ammaxi.

(bf.xon.)

Dans la langue d'un peuple spirituel et sensible *, les mois, caractérisés par Fobjet, sont l'abrégé de son image. Le nom do

^COKKECllO^'S DE BUFFON.t

^ tournée.

* présente.

* il est d'une substance

^ il est mince

^ défense et d'aucun effort; c'est encore une de ces erreurs

^ car, en supposant.

^ de plus, l'oiseau ne pourrait atteindre ni saisir aucune

«orte

' no serait qu'un oltstade qui produirait la do>lructicMK

suffirait presque seule pour distinguer cet oiseau des autres palmipèdes, est accompagnée d'un caractère encore plus frappant par sa singularité; c'est le renversement du bec: sa courbure tournée en haut présente un arc de cercle relevé, dont le centre est au-dessus de la tête ; ce bec est d'une substance tendre et presque membraneuse à sa pointe; il est mince^ laible, grêle, comprimé horizontalement, incapable d'aucune défense et d'aucun effort. C'est encore une de ces erreurs, ou, si Ton veut, de ces essais de la nature, au delà desquels elle n'a pu passer sans détruire eile-mêmeson ouvrage; car, en supposant à ce bec un degré de courbure de plus, Foiseau ne pourrait atteindre ni saisir aucune sorte de nourriture, et l'organe donné pour la subsistance et la vie ne serait qu'un obstacle qui produirait le dépérissement et la mort. L'on doit donc regarder le bec de l'avocette comme l'extrême des modèles qu'a pu tracer ou du moins conserver la nature ; et c'est en même temps, et par la même raison, le trait le plus éloigné du dessin des formes sous lesquelles se présente le bec dans tous les antres oiseaux.

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