I.G .PHÉIVICOPTÊItE OU LE FLAMMAimT
(UUFFON.i
Dans la langue de ce peuple spirituel et sensible, les Grecs, presque tous les mots peignaient l'objet ou caractérisaient la «'hose, et présentaient l'image ou la description abrégée de tout
(corrections de bopfon.)
'^ c'est en même temps, et par la même raison, le trait le
plus éloigné du dessin des formes sous lesquelles se présente le bec dans tous les autres oiseaux.
' (els qu'étaient les Grecs, les mots présentaient l'image ou
la description abrégée de la chose. Le nom de phénicoptère
ITi MAMSCRITS J)K RUFFON
phénicoptère, de l'oiseau à Vaile de flamme -y a cette justesse et celte beauté qui prêtaient la grâce avec Fénergie au langage de ces Crées ingénieux, et que nous donnent* si rarement nos langues modernes '*, formées pour la plus grande partie dans des siècles ignoranls, sous des mœurs barbares, et par des imaginations peu vives, dans des climats moins heureux; ainsi ^ le nom de cet oiseau^, traduit par nous, ne peignit plus', et perdit enfin la vérité dans Féquivoque : nos plus anciens naturalistes ^ prononcèrent flambant ou flnmmant; peu à peu Fétymologie oubliée permit d'écrire flamant ou flamandy et, d'un oiseau de pourpre^ ou de flamme, on fit un oiseau de Flandre *". où il n'a jamais paru; c'était assez sans doute pour nous obliger de conserver au phénicoptère son nom ancien, plus riche, plus approprié, que les Romains eux-mêmes *' adoptèrent, et (|ue nos versions, en voulant le rendre, n'avaient ** fait que défigurer.
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C'est de la part de riioinnie une double conquête que d«' s'être assujetti des animaux à la fois hahiiants de lair et habitants de IVau. Libres sur ces deux vastes éléments, également prompts à piendrcles routes de rair,;i sillonner les fiots, ou à plonger sous Fonde, les oiseaux d'eau semblaient devoir toujours nous échapper, et ne pouvoir jamais, contracter
(corrections I»E DJFFOV.i
- est un exemple de celte justesse et de cette beauté qui
font la grâce
^' trouvons si rarement dans nos
* qui souvent même la dt'lifçurent en la trndui*^ant
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ne peignit plus l'oiseau
H1STUIP.E 1»ES OISEAUX 17r.
être idéal ou réel. Le nom de phénicoptèrej oiseau ù Vaile de flamme y est un exemple de ces rapports sentis qui font la grâce et Ténergie du langage de ces Grecs ingénieux, rapiîorts que nous trouvons si rarement dans nos langues modernes, lesquels ont souvent même défiguré leur mère en la traduisant. Le nom de phénicoptère, traduit par nous, ne peignit plus Toiseau, et bientôt, ne représentant plus rien, perdit ensuite sa vérité dans Téquivoque. Nos plus anciens naturalistes français prononçaient flambant ou flammant : peu à peu Tétymologie oubliée permit d'écrire flamant ou flamand, et d'un oiseau couleur de feu ou de flamme, on fit un oiseau do Flandre ; on lui supposa même des rapports avec les habitants tie cette contrée où il n'a jamais paru. Nous avons cru devoir rappeler ici son ancien nom, qu'on aurait dû lui conserver comme le plus riche et si bien approprié, que les Latins crurent devoir Tadopter.