X INTRODUCTION
auteur des Lettres sur ritalie; le président Ruffey \ l'un des fondateurs de TAcadémie de Dijon; Jean Nadault*, dont la famille s'allia deux fois à celle du naturaliste; un abbé Le Blanc'*, éternel candidat à l'Académie française ; un capucin Ignace*, éternel commensal du seigneur de Montbard.
Le Clerc terminait ses études lorsque le jeune duc de Kingston", quittantes cours de ce même collège, pour visiter, sous la conduite d'un gouverneur, le midi de la France, lui proposa de l'associer à son voyage.
* Ruffey (Germain-Gilles- Richard), né à Dijon, 17 octobre 1706, président de la Cour des comptes de Dijon, fut un philologue instruit, cultivant les belles-lettres, Thistoire et la science des antiquités. Il mourut à Dijon, le 19 septembre 1794. Ruffey eut, pour belle-mère, la baronne de La Forêt, qui habitait l'ancien château de Montfort, voisin de celui de Montbard; elle en faisait les honneurs avec beaucoup d'amabilité, et eut longtemps le privilège d'y réunir Félite de la noblesse de Bourgogne.
' Nadault (Jean) , né à Montbard le 25 octobre 1700, avocat général à la chambre des comptes de Dijon, 1750. Nomme correspondant de l'académie des sciences de Paris en 1749 ; vers la même époque, il fut élu membre de l'académie de Dijon. Mort en 1779.
' Le Blanc ^Jean-Bernard), né à Dijon, le 3 décembre 1707, publia plusieurs ouvrages en prose et en vers, donna, en 1756, sa tragédie d'Abensaïd, et fut trente ans candidat à l'académie française. Madame de Pompadour fit rétablir pour lui la place d'historiographe des bâtiments du roi. Mort à Paris, en 1781.
* Ignace Bougot, né à Dijon. Il passa sa vie sous le patronage de Bufîon, qui le cite dans les notes de VHislaire naturelle pour des observations faites sur les oiseaux, et qui en parle aussi dans sa correspondance.
'^ Évelyn Pierrepont, duc de Kingston, pair d'Angleterre et l'un des plus riches seigneurs de ce pays, marié, en 1769, à une femme originaire du Devonshire, devenue célèbre par ses bizarreries i Mort en 1775.
DE BUFFON. xi
L*excursion s'étendit jusqu'en Italie et dura plusieurs années. Pendant cette période, rien, ni dans les écrits ni dans la correspondance du voyageur, ne décèle son avenir \ L'homme jeune et vigoureux, en qui le physique l'emporte, parait avoir dominé. Cependant, ce voyageur, arrivé à Tâge où c'est l'expérience qui inspire, disait : a II faut faire voyager c< les jeunes gens, cela leur fmt de l'esprit, »
De retour en France, Buffon se rendit à Angers, pour y faire ce qu'on appelait son académie. Ce qu'il y fit réellement fut dese lier avec un savant oratorien, le P. Landreville, très-habile mathématicien, près duquel il retrouva l'aptitude au travail, et sur l'autorité duquel il aima, plus tard, à s'appuyer.
A l'occasion d'une querelle au jeu avec un Anglais, il se battit, blessa son adversaire, quitta Angers et vint à Paris (1731). Il avait vingt-quatre ans.
Au mois d'août de celte même année, sa mère mourut. Femme d'une raison supérieure, elle lui avait inspiré l'amour le plus tendre; il aimait à parler d'elle, n'en parlait que sur le ton de l'admiration .-^ et, comme pour justifier cette admiration, il ne manquait pas d'ajouter avec une naïve complai-
* « J'ai vu des lettres de BufTon qui datent de cette période de sa a vie. Rien n'y fait pressentir encore, même de loin, l'observateur ou « le peintre de la nature, ni, à aucun égard, l'écrivain ou le penseur. » (Voyez le très-savant et très-intéressant ouvrage de M. Foissel, intilnlé : î^e Président De Brosses.)