‹ Des manuscrits de Buffon: avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateurs (volume 2)Chapitre 7 sur 60 · XV! INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XV! INTRODUCTION

mémoires, tous relatifs à des observations ou à des expériences sur les végétaux.

Ces expériences, il venait, chaque année, les faire dans le calme de sa province; les distinctions obtenues à Paris lui donnaient le plaisir d*y être admiré : briller dans son lieu natal eut, pour Buffon, à tous les âges de sa longue vie, une douceur particulière, et si réelle qu'elle semblait retremper les forces de son esprit.

A cette époque, les joies Juvéniles se font Jour dans les lettres qu'il adresse de Montbard à son ami l'abbé Le Blanc. En 1736, après avoir assisté à la tenue des états de Bourgogne, il lui écrit * : « S'il « m'avait été possible de jouir d'un instant, je n'au- « rais pas manqué de vous témoigner combien j'ai « été sensible à votre souvenir, à vos succès et à

« celui de votre pièce à la cour' Je n'ai pas

« rencontré l'abbé Flory aux états ; je crois qu'il « avait suivi M. de Dijon dans sa disgrâce; vous avez « su sans doute qu'il eut ordre de sortir de la ville « pendant la tenue des états, pour avoir refusé d'y « siéger après l'évêque d'Autun.

« Si je n'ai pas vu vos parents, j'ai en revanche « vu beaucoup de vos amis. Ruffey me demanda si

taux; seul, un mémoire sur le moyen d'augmenter la force du bois^ et plusieurs autres sur la culture^ sur le rétablissement des forêts, etc.

* Le 15 juin.

• La tragédie A'Abensaïd.

DE BUFFON. xvn

« TOUS ne Tiendriez pas, et il me dit qu'il vous « avait écrit pour vous offrir un appartement chez « lui ; il me parut un peu mortifié de votre si- « lence. Le président Bouhier me fit bien des c< questions sur votre compte ; il vous aime as- « sûrement beaucoup ; si vous veniez à Dijon, « vous y seriez accueilli et recherché de tout le « monde. Ne croyez pas, mon cher, que je vous le « dise ainsi parce .que Montbard est sur le passage, « et que vous ne pourriez vous dispenser d'y sé- «f journer. Je vous assure que je le souhaite beau- « coup, mais la vérité est que Ton vous honore beau- « coup dans votre patrie. J*ai, en mon particulier, « bien à m'en louer; je m'y suis réjoui à merveille, « et M. le duc * m'a fait la grâce de me parler trèsce souvIâDit, et de m'accorder une pépinière à Montce bard, aux frais de la province. Je suis actuellece ment très-occupé de sa construction

ce Savez-vous qu*il doit s'établir à Dijon une Acacc demie des sciences? Vous connaissiez peut-être le « vieux bonhomme Pouffier, doyen du parlement; « il a laissé des sommes considérables pour cet éta- « blissement, et Ton y travaille actuellement. »

C'est, en effet, avec les sommes laissées par le bonhomme Pouf fier ^ comme l'appelle Buffon, que furent jetés les premiers fondements de l'Académie de Dijon,

* Le prince de Gondé.

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